Fév 192021
 
Mon GR20 du sud vers le nord

Aujourd’hui, je laisse Raphaël, un lecteur de Randonner Malin, faire le compte rendu de son expérience du GR20. Lorsqu’il m’a parlé de cet article, j’ai accepté sa proposition sans hésitation, car j’étais curieux de connaître ses impressions sur le GR20 dans le sens sud nord. J’imagine que vous aussi, alors je ne vous fais pas languir plus longtemps… 

Bonjour à tous,

Je viens partager avec vous mon expérience sur le GR20, de ma préparation à la réalisation.

Présentation pour le GR20 et expérience en tant que randonneur

Je suis un randonneur expérimenté, ayant une bonne technique et un bon rythme, mais ayant essentiellement pratiqué la randonnée à la journée dans les Alpes. Si j’ai toujours eu le GR20 en projet, je ne m’étais jamais lancé, préférant le plaisir de grosses randonnées à la journée, le confort d’un logement et des repas. Peut-être avais-je aussi des doutes sur mes capacités d’endurance et mon envie de partir sur plusieurs jours d’affilée.

Dans un premier temps, je me suis testé sur 2 semaines de vacances. Mon objectif : me rendre compte de mon endurance (au final 13 000 m de dénivelé positif). Dans un deuxième temps, j’ai fait un grand tour du cirque de Gavarnie sur 3 jours qui m’a conforté sur mon envie et ma capacité à partir sur le GR20 dans de bonnes conditions.

Note de François : si comme Raphaël vous avez des doutes sur votre niveau de préparation physique pour la randonnée, cet article devrait vous intéresser : Êtes-vous prêt physiquement ?

Choix pratique : pourquoi parcourir le GR20 du sud vers le nord ?

Ne voulant pas partir avec un groupe organisé, et n’ayant pas trouvé de compagnon de route partageant les mêmes disponibilités, j’ai décidé de partir seul. Cela m’a permis de n’avoir aucune contrainte. D’autre part, le GR20 étant très fréquenté, on croise régulièrement d’autres randonneurs. Ainsi, j’ai pu faire de jolies rencontres dans les refuges, avec lesquelles j’ai partagé des tronçons du parcours par la suite. De plus, j’ai pu informer ma famille par téléphone tous les jours de mon avancée.

Pour le choix du sens, je me suis appuyé sur plusieurs éléments :

  1. La moitié nord est plus technique, avec des distances moins importantes mais des profils plus abrupts. Comme j’ai une préférence pour ce type de terrain, j’ai préféré commencer par le sud pour une mise en jambes, et donc finir par le nord (là où d’autres préfèreront le sens inverse pour finir tranquillement).
  2. En partant du sud, on se retrouve avec le soleil majoritairement dans le dos.
  3. Il m’est apparu plus facile de redécouper les étapes pour avoir une homogénéité sur les temps de parcours et le dénivelé positif (en restant sous les 8 h et sous 1 600 m+) en partant du sud.  

Pendant cette période, je voulais profiter de la pension complète offerte par les refuges, de début juin à fin septembre. Afin d’éviter la foule, j’ai préféré partir début juin (plutôt que fin septembre) : les journées sont plus longues, la flore est encore présente et il y a moins de risques d’orage. Mais attention : en fonction des années, il y a de la neige résiduelle !

Pour garder une certaine liberté dans l’organisation du parcours, au jour le jour, j’ai privilégié la tente plutôt que les réservations en refuge (cela m’a permis d’éviter les ronfleurs, sans parler des différents commentaires sur les punaises de lit présentes dans certains établissements).

Mon matériel : la liste complète (avec le poids)

J’avais déjà profité des différentes fiches-matériels de Randonner Malin, mais mon poids (58 kg pour 1,78 m) m’a obligé à optimiser tout cela. J’avais envie d’un « confort » un peu plus important que l’expérience rapportée par François sur son GR20, tout en me fixant un poids max de 9 kg (hors nourriture et eau) en comptant la tente.

Note de François : comme je le dis souvent, mes listes de matériel et mes guides ne sont pas faits pour être suivis à la lettre. Comme l’a bien compris Raphaël, ils sont là avant-tout pour vous aider à faire vos propres choix 🙂 

Après un passage décevant dans  un magasin généraliste (« il vous faut un sac de 65 L ! »), je me suis rendu dans un magasin spécialisé, feu « La Montagne », à Limoges où les conseils ont été bien meilleurs (« revenez avec l’ensemble de vos affaires et on choisira le sac le plus adapté »).

Mon choix s’est porté sur l’Osprey Talion 44 L. Tout mon matériel y est rentré, sans la moindre affaire qui dépasse. C’est un sac extrêmement léger (1,124 kg) malgré une armature alu. Il est tellement confortable que j’ai racheté la version 18 L pour la journée.

Contenu et poids du sac : je ne compte pas la tenue quotidienne à prévoir en plus de la liste ci-dessous (chaussure, short, T-shirt, slip, chaussettes, chapeau, lunettes et bâtons de randonnée).

Vêtements

  • veste gore-tex (320 g) ;
  • veste windstop (410 g) ;
  • polaire (346 g) ;
  • pantalon-short (374 g) ;
  • 1 T-shirt (100 g) ;
  • 2 slips (120 g) ;
  • 1 paire de chaussettes (40 g), ;
  • 1 mouchoir tissu (20 g) ;
  • une paire de gants (64 g) ;
  • tongs (214 g) ;
  • des lunettes solaires de rechange.

Pour le confort du soir, j’ai rajouté un pantalon light (246 g) et un T-shirt coton (120 g), pour un poids total de 2,4 kg.

Note de François : le coton, pour le soir c’est très bien mais pour la randonnée, ça l’est moins ! Pour plus d’informations à ce sujet, je vous renvoie vers cet article : Le coton tue en randonnée.

Pour le bivouac

Sur les conseils de La Montagne :

  • tente 2 places Camp mini 2SL (1,5 kg, préférée à une tente 1 personne pour avoir de la place) ;
  • sac de couchage Millet Baikal 1 100 Reg 5° (1 258 g), je n’ai pas voulu investir dans un duvet plumes) ;
  • matelas Sea to Summit Ultra Light Regular (412 g) ;
  • un masque de nuit ;
  • des bouchons anti-bruit ;
  • et une lampe.

Poids : 3,2 kg

Mon nécessaire de rando

  • sac cover (76 g) ;
  • couverture de survie (62 g) ;
  • topo carte (210 g) ;
  • et divers accessoires : cordelette, CamelBak 3 L, couteau, couverts, crème solaire, 4 pinces à linge.

Poids : 670 g

Trousse de toilette et 1ers secours

  • serviette ;
  • 100 g de savon ;
  • mini-bouteille de shampoing 30 ml ;
  • mini dentifrice 40 ml ;
  • brosse à dents ;
  • papier toilette ;
  • pansements ;
  • antiseptique ;
  • ciseaux ;
  • coupe-ongles ;
  • tire-tique ;
  • aspirine et homéopathie (arnica et ruta graveolens).

Poids total : 500 g

Note de François : pour vous aider dans la composition de votre trousse de secours de randonnée, je vous renvoie vers cet article : Quel contenu pour votre trousse de secours de randonnée ?

Divers

  • téléphone + chargeur ;
  • appareil photo ;
  • liseuse ;
  • 1 Tupperware ½ L ;
  • papiers d’identité, carte vitale, argent (CB, liquide et chèque pour les refuges) ;
  • sac à dos ultralight (100 g) ;
  • sac plastique/à linge sale.

Poids : 950 g

En tout et pour tout, cela fait donc un poids de 8,85 kg hors eau et nourriture.

Le nerf de la guerre : la nourriture (et l’eau)

Je suis parti avec 2 kg de vivres : tube overstim, cacahuètes natures et salées (pour le sodium), banane séchée, nougat et baies de Goji. À noter qu’il est possible de se ravitailler en cours de rando en fruits secs.

Je prévoyais ½ L d’eau par heure de marche les jours de grosse chaleur, la poche de 3 L me permettant de ne jamais être à cours.

Tout compris, j’étais entre 11 et 14 kg en début de journée, eau et pique-nique compris. Ce poids aurait pu être diminué de 1,5 kg en début de GR avec moins de nourriture et un confort plus sommaire (tente 2pl, tenue du soir, liseuse et appareil photo).

Mon parcours sur le GR20

Début juin 2018, j’ai rejoint la Corse par avion via Bastia. De là, il y a un train qui fait la liaison jusqu’à Calvi et un bus jusqu’à Conca.

Élaboration du parcours

Je me suis servi du topo guide FFR comme base, d’Openrunner pour recalculer les étapes en utilisant les refuges privés, et j’avais installé Maps.Me sur mon téléphone pour m’en servir de GPS de secours (il s’est avéré suffisamment précis en restant sur le parcours officiel).

Le guide FFR se base sur une vitesse verticale de 300 m+/h  et 450 m-/h hors pause. En ce qui me concerne, ma vitesse de marche est plutôt de 400+ et 600-, une petite pause de 5 minutes toutes les heures comprises. Je vous indique donc la distance, le dénivelé positif et négatif, le temps estimé (TE) par le guide ; et le temps réel (TR , hors pique-nique, avec les temps intermédiaires si un refuge/point d’eau en cours d’étape).

J’ai mis 10 % de temps en moins sur les étapes roulantes par rapport au temps estimé, et jusqu’à 40 % sur les étapes techniques. Mon but étant de me faire plaisir et de profiter, je n’ai pas cherché à faire des temps. Excepté sur les 3 étapes les plus longues, j’ai pris mon temps.

Note de François : savez-vous comment estimer votre vitesse moyenne de marche en randonnée ?

Descriptif des étapes : le GR20 dans le sens Sud-Nord

1er jour

Conca – I Paliri- Bavella : 17 km, +1 496 m, -488 m, TE 7h45, TR 6h (4h40+1h20)

Attention : pas de refuge ou camping à Bavella mais nuit en auberge sur réservation. Cette première étape ne présente pas de difficulté particulière mais permet de se rendre compte du terrain caillouteux que l’on va rencontrer durant tout le GR.

2e jour

Bavella – Asinau – Bassetta : 23 km, +1 250 m, -1 127 m, TE 9h, TR 8h (5h+3h)

Le temps est brumeux au réveil, j’évite donc la variante alpine (qui aurait pu me faire gagner 45 min). Par contre, j’ai suivi l’ancien tracé pour passer par le Mont Incudine.

Les paysages rocailleux du GR20

3e jour

Bassetta – Usciolu-Prati – Col de Verde : 25 km, +1 414 m, -1 460 m, TE 13h, TR 8h25 (3h+4h10+1h15)

Premier passage aérien avec l’arête avant l’arrivée au refuge de Prati.

4e jour

Col de Verde – Capannelle – Vizzavona : 29 km, +938 m, -1293 m, TE 8h50, TR 7h50 (4h10+3h40)

J’avais envisagé de passer par la variante via le Mont Renoso (+500 m de dénivelé), mais le risque de neige associé au fait d’être seul m’en dissuade. Cette étape devient très roulante et clôture la partie sud.

Il n’y a pas de refuge à Vizzavona, mais un camping, des auberges et des restaurants.

5e jour

Vizzanova – Onda : 11 km, +1 171 m, -703 m, TE 6h40, TR 5h

Le profil devient plus alpin sans présenter de difficulté particulière. Mais encore une fois, la neige m’empêche de passer par la variante via le Monte d’Oro.

6e jour

Onda – Petra Piana via la crête : 6,7 km, +759 m, -359 m, TE 4h, TR 3h40

Sur cette partie, la neige est absente. Fin de la randonnée sous l’orage, je ne double pas vers Manganu. La météo se dégageant dans l’après-midi, je monte jusqu’au lac Rotondo (voir photo ci-dessous) (+400m) entièrement gelé.

GR20 - Lac Rotondo

7e jour

Petra Piana – Manganu : 8 km, +590 m, -800 m, TE 6h, TR 5h.

Etape très enneigée, beaucoup se sont équipés de crampons. J’évite le détour par les lacs, aucune trace ne remontant dans la neige vers la brèche de Capitello (photo de droite). Première main courante avec une chaîne pour monter vers Bocca alle Porte (photo de gauche : on part de la gauche pour arriver au milieu de la crête en arrière plan). Possibilité de pousser jusqu’à la bergerie de Vaccaghja (+3 km, on ne m’en a dit que du bien).

8e jour

Manganu – Castel di Vergio – U Vallone : 30 km, +1 100 m, -1 260 m , TE 11h30, TR 9h20 (7h10+2h10)

Départ au lever du soleil pour cette grande étape très roulante avec le passage par le Lac de Nino. Possibilité de manger à Castellu di Vergio. J’avais prévu de m’arrêter à Ciottulu mais finalement je pousse jusqu’à U Vallone. Seule la descente après la Bocca di Fuciale est caillouteuse.

Lever de soleil sur les montagnes corses

9e jour

U Vallone (photo petit dej) – Ascu Stagnu : 9,35 km, +1 225 m, -1 244 m , TE 8h30, TR 6h30

Étape la plus redoutée, essentiellement du fait de la présence de neige sur une bonne partie de la descente après le col (photo prise côté nord, le sentier passe au milieu des névés). La montée ressemble à une randonnée alpine, la fin de la descente est équipée à plusieurs endroits de chaînes pour passer des rochers. J’ai bien essayé de pousser jusqu’au Monte Cinto, mais j’ai fait demi-tour à mi-chemin à cause de la présence de neige très dure.

10e jour

Ascu Stagnu – Carrozzu : 9,6 km, +711 m, -878 m, TE 4h45, TR 4H

Jolie étape avec quelques passages aériens (attention en cas de pluie), et la pluie s’en mêlant alors que j’arrivais au refuge, je ne double pas.

11e jour

Carrozzu – Orto di u Piobbu – Calenzana : 10,5 km, +1 026 m, -1 982 m, TE 10h, TR 7h30 (4h30+3H)

Réveillé par la pluie, je me lève aux premières clartés. La montée se fait sous l’humidité. La partie jusqu’à Ortu di u Piobbu est très aérienne et abrupte, surement l’étape la plus typique des paysages corses tels que je m’attendais à les découvrir. Encore quelques difficultés après Orto, puis après Bocca a u Saltu, c’est une grande descente calme jusqu’à Calenzana sans cailloux…

Fin du GR20 dans le sens sud nord

Bilan : alors ce GR20, aussi dur qu’on le dit ?

La première chose qui m’a marqué en arrivant sur Conca et en discutant avec les autres randonneurs, c’est le manque d’expérience, voire l’inexpérience de la randonnée en montagne d’une bonne majorité d’entre eux. Le GR20 est « le » défi à relever. Souvent c’est un membre du groupe ou du couple qui entraîne les autres, sensation que je n’ai pas eu en faisant le tour des glaciers de la Vanoise. Ceci explique, à mon avis, en grande partie le taux d’échec de 50 % et le ressenti d’un trek très difficile. Par exemple, je n’ai jamais vu de randonneur équipé de crampons pour passer les névés dans les Alpes, alors que c’était l’équipement à avoir absolument pour pouvoir espérer faire toutes les étapes…. Méfiez-vous des commentaires !

Note de François : je n’ai pas réussi à trouver de confirmation officielle du taux d’échec sur le GR20. Le chiffre de 50 % est donc à prendre avec prudence.

Cela étant dit, le GR20 présente des difficultés dues à ses chemins très minéraux : soit avec la présence continuelle de pierres instables, soit des passages dans de gros éboulis ou des chemins tracés à travers des veines rocheuses avec plus ou moins de dévers voire de vide, le terrain devenant très glissant en cas d’humidité.

J’en ressors avec le sentiment d’avoir plus « piétiné » sur beaucoup de tronçons, que véritablement randonné. Il faut toujours être attentif, d’autant plus avec un sac à dos lourd et volumineux qui a vite fait de nous entraîner en cas de déséquilibre. Ceci explique aussi les temps de parcours. Même si j’ai mis en moyenne 25 % de temps en moins que le topo, j’en ai mis 10 % de plus que mes premières estimations basées sur mes expériences dans les Alpes ou les Pyrénées ! Par contre, du fait de mon expérience, je n’ai pas éprouvé de difficultés techniques particulières. Si la présence de neige (très abondante pour la saison d’après les Corses) et une météo assez couverte dans l’ensemble m’ont dissuadé de faire les variantes (j’avais fait la promesse de ne prendre aucun risque afin de rassurer ma famille), je n’ai pas eu à me plaindre de grosses chaleurs qui doivent finir par peser sur l’organisme.

Hormis la 2ème étape où, agacé de ne pouvoir faire la version alpine, j’étais parti un peu trop vite et j’avais coincé sur la fin de la montée d’Incudine, je n’ai pas eu de coup de mou. J’avais même le sentiment d’être de plus en plus en forme et je suis toujours arrivé aux refuges avant 17 heures, me laissant le temps de me poser. Par contre, je ne faisais pas long feu le soir… Par rapport aux randos à la journée, la difficulté réside surtout dans le poids du sac, mais ce n’est pas spécifique au GR20. Il faut aussi se connaître suffisamment pour savoir s’arrêter  au bon moment. J’ai vu plusieurs personnes incapables de repartir après avoir voulu doubler des étapes la veille.

Infos pratiques

A priori, tous les refuges officiels disposent d’un magasin pour le ravitaillement (à voir pour les privés). Les privés peuvent proposer des douches chaudes.

Les petits déjeuners sont souvent servis à table à partir de 7 heures, certains refuges laissent un plateau nominatif à disposition, mais la quantité est limitée.

Il faut prévoir un budget de 50 à 60 euros par jour pour la pension complète avec la tente.

Qu’est-ce que je garderais ou changerais si je devais recommencer cette aventure ?

Au niveau du contenu du sac

Moins de courses ! Il est possible de se ravitailler très régulièrement.

Au niveau du matériel

Peut-être l’ajout d’un pantalon de pluie ? Je garde la tente pour la souplesse que cela procure, de plus j’ai eu trop chaud lors des 2 nuits passées en refuge, et quel calme ! En fonction de la saison, il est possible de louer une tente sur les refuges officiels mais pas sur tous les privés. J’ai été très satisfait du matériel de nuit, aucun souci avec la tente sous la pluie, le matelas s’est avéré très confortable et le sac de couchage était adapté (température).

Le GR20 dans le sens sud nord

Je reste sur le GR20 du sud au nord : j’ai trop croisé de randonneurs en sens inverse qui me disaient s’ennuyer sur la partie sud. On est aussitôt dans une ambiance montagneuse et caillouteuse, mais les difficultés arrivent crescendo. Par contre, pour des randonneurs moins confirmés, le sens nord-sud n’est pas dénué d’intérêt, permettant de finir avec moins de pression.

Les étapes

Les étapes sud peuvent sembler longues (en distance) mais la présence plus importante de refuges privés permet d’adapter son parcours. La plupart des randonneurs que j’ai pu croiser dans ce sens bouclent le GR20 en 11-12 jours. Je trouve l’accumulation de dénivelé positif beaucoup plus fatigante que des étapes longues en distance. Si j’ai pu doubler les 2 dernières étapes, je n’aurai pas démarré sur 2 000 m de dénivelé positif en sens inverse. Je garde donc le même parcours et je tente les différentes variantes…

La période

Concernant la météo, je n’ai pas eu de chance, mais les conditions du début d’été 2018 ont été exceptionnellement mauvaises selon les dires des locaux. Il y avait peu de monde la première semaine, un peu plus sur la 2e sans que cela soit gênant. Je pouvais partir tôt (6 heures) quand j’en avais besoin. Excepté le risque de neige, je ne vois aucune raison de changer.

Petite pause sur le GR

Je n’hésiterai pas à repartir seul. Cela reste sur un chemin fréquenté (sauf peut-être les variantes ?) et j’espère pouvoir emmener mes enfants un jour.

Avant de partir, mes amis me souhaitaient bon courage, mais je me disais que ce GR20 ne pourrait être réussi que si j’y prenais du plaisir, et ce fut le cas ! Alors je vous souhaite à vous aussi du plaisir, que du plaisir !

  25 commentaires à “Mon GR20 dans le sens Sud-Nord : de la préparation à la réalisation”

Commentaires (25)
  1. Super Merci de nous faire partager vos PLAISIRS
    Dans la vie on a rien sans rien ……
    Alors soit je m’entraîne à fond ️soit je continue les bords de Loire
    Ce n’est pas les mêmes paysages
    Je retiens aussi toutes ces précisions qui concernent LE matériel…..
    Et maintenant je suppose d’autres destinations pour vous ?????

  2. Bravo et merci!
    Récit très intéressant pour quelqu un qui est passionné par la rando….et la Corse!

  3. Un compte rendu d’expérience exhaustif, plaisant à lire, je vous remercie Raphaël.

  4. Bravo pour ce récit et ces commentaires qui donnent envie de parcourir ce mythique GR20. Mais je pense que ce n’est plus pour moi qui ai 66 ans (et mon épouse qui craint les passages vertigineux). Nous préférons des randonnées au long cours (Stevenson, St Guilhem, tour de la presqu’île de Crozon…) avec l’aide de la Malle Postale pour ne pas souffrir du poids. Evidemment c’est une autre approche de cette discipline, moins aventurière, mais qui procure aussi de grandes satisfactions et beaucoup de plaisir. Merci pour ce beau récit.

  5. Merci pour ce descriptif qi permet d’avoir une idée pour un bon ‘sportif’. J’ai fait il y a quelques années la moitié du GR20 sud-nord mais pas à ce rythme, nous préférons prendre le temps pour regarder, prendre des photos, …
    Les intérêts du GR20 dans le sens sud-nord pour ma part sont au moins de trois importants, le soleil dans le dos pendant la majorité du temps, un effort plus progressif au long des étapes et évite la ‘bousculade’ des groupes dans l’autre sens.
    Merci encore pour ce récit.

  6. Super merci pour cette version sud nord qui est celle que jenvisage pour le jour ou… et bonne continuation !

  7. Merci raphael pour le partage de ce si beau parcours , et tous les conseils pratiques que vous donnez.

    J’ai lu avec un réel plaisir votre récit!

    Encore bravo et merci.l

  8. très précis et bon compte rendu, j’ai voyagé en Corse 7 ou 8 fois, et cette île est magnifique, autant en rando,que pour s’y prélasser agréablement, pour des baignades dans la Solenzara, ou en bord de mer en face des îles Lavezzi, on y trouve tout ce qu’il faut pour être bien, et encore plus en randonnée sous les fûts magnifiques des pins Laricio, et sûrement plus en dehors des mois les plus courus ou les refuges sont pris d’assaut comme l’a bien évité Raphael.
    il faut bien reconnaitre que 10 a 12 kg de charge se trouve être le maximum pour ne pas y laisser la carcasse, en intégrant bien que les frais de rando c’est entre 700 et 800 euros pour la traverser.

  9. Très bon descriptif nous l’avons fait également du Sud au nord comme vous dîtes pas de soleil dans les yeux et nous avons le temps de prendre nos marques avant les difficultés. Nous nous avons loué la tente au refuge beaucoup plus agréable que le refuge Vous savez raison le poid du sac est très important pour les articulations ne pas dépasser 20% de son poids. Bonne continuation et encore merci

  10. Merci pour ce beau témoignage.
    Il ne manque qu’une information qui me semble tout de même essentielle : entre les deux sens les dénivelés sont inversés. Le sens sud-nord est beaucoup moins éprouvant que le sens nord-sud. Toutes les étapes du nord au sud prendront plus de temps et d’énergie que celles du sud au nord. Quel que soit l’état d’esprit dans lequel on réalise le gr20, on ne peut pas ne pas le mentionner.

    • bonjour et merci.
      je ne peux pas me prononcer sur le coté + ou – éprouvant du sens dans lequel on l’aborde, tout dépend du découpage des étapes que l’on prévoit: avec mon découpage, sur les 3 premiers jours, je fait 60km pour +4000m et -3000m: dans le sens inverse, j’aurais été jusqu’à Ballone, soit 30km pour un dénivelé équivalent. C’est donc surtout une question de pente.

    • En quoi est-ce fondamentalement différent ? Il y a à peu près les mêmes dénivelés cumulés (positifs et négatifs) dans un sens que dans l’autre. Du coup, qu’est-ce qui le rend « beaucoup moins éprouvant » dans le sens sud-nord ?

  11. Du sud au nord en 11 jours! Je comprends qu’il n’a pas été trop dur…
    C’est une promenade du dimanche, le vrai GR20 s’effectue du nord au sud, les « randonneurs » qui l’effectue dans le sens inverse ce n’est ni pour le soleil, ni pour la fréquentation (d’ailleurs quand il y a du monde c’est plus pratique d’aller dans le même sens que de les croiser) c’est simplement parce qu’il impressionne et que ces fameux randonneurs lisent sur des forums que le GR20 est plus abordable dans le sens inverse.
    De plus je ne comprends pas trop pourquoi vous n’êtes pas passé par le Monte Cinto?, col mythique et itinéraire officiel du GR20 depuis la fermeture du cirque de la solitude.

    • Bonjour Maxime
      Il y a donc un « vrai » GR20!
      La question de dureté dépend de sa forme physique, de sa capacité et de ce que l’on recherche: certains le font en 4 jours, d’autres en 15, et à mes yeux aucun n’a plus de mérite, je ne vois pas l’intérêt de les dénigrer. Je l’ai fait pour moi, pour me faire plaisir, et si je l’ai fait dans le sens Sud-Nord, ce n’est pas parce qu’il est plus facile que dans l’autre sens mais parce qu’il me paraissait plus me convenir. Je n’ai jamais lu qu’il était plus abordable dans ce sens, mais seulement que la moitié sud était plus facile que la moitié nord, quelque soit le sens dans lequel on l’effectue. Et au contraire, j’ai plutôt lu que les gens le faisaient dans le sens N-S de peur de ne plus avoir la force de le finir et pas parce qu’il était plus impressionnant. Dans un sens comme dans l’autre, les distances et les dénivelés sont identiques. Et comme je l’ai écrit, je n’ai pas cherché à repousser la difficulté mais j’ai gardé le dessert pour la fin…. La fréquentation? à moins qu’il n’y ait une double-voie, il y a autant de monde . Concernant le Monte Cinto : je suis passé par le col et j’ai poussé vers le sommet, mais comme je n’étais équipé ni de crampon, ni de piolet et les névés étant gelés, j’ai fait demi-tour à mi-chemin comme les rares qui s’y étaient engagés. Pourtant, j’étais le seul à me faire plaisir en faisant la descente du col en glissant…
      Ne t’en déplaise, la plupart des gens le font entre 10 et 12 jours, et c’est à eux que s’adresse mon article.
      Il y a 20 ans, je n’y serais pas parti avec le même état d’esprit et j’y serais allé pour me mettre dans le dur: je te donne donc RDV dans 20 ans pour voir si tu auras le même avis.

      • Bonjour Raphaël,
        je n’ai jamais fait le GR20, mais vous donner envie de le faire, merci pour la description bien précise de votre préparation et je suis comme vous, je fais mes randonnées avant tout pour le plaisir, prendre le temps et non prendre des risques inutiles. Bien à vous

    • Maxime, il y a des personnes qui font le GR20 comme une autre randonnée, juste pour se faire plaisir – pas uniquement pour pouvoir se vanter de l’avoir « fait ». Oui je sais, c’est fou, randonner juste pour le plaisir…

      Je suis tout de même étonné que tu n’aies pas fini ton commentaire en nous racontant comment tu l’as parcouru en 3,68 jours et en plus pieds nus !

      En tout cas, cette notion de « vrai GR20 » illustre bien la démarche de certains faux randonneurs (oui je suis taquin) que la notoriété de ce chemin a attirés.

    • Pour toi Maxime le GR20 se fait Nord-Sud mais en combien de jours maxi pour être LE VRAI GR20…..
      François DHAENE le fait en une trentaine d’heures. Au delà est-ce une promenade du dimanche ???
      J’ai du mal à comprendre.
      Les dénivelés sont les mêmes, la distance aussi.
      A chacun son plaisir et son rythme.
      Bravo à tous les GR 20 tistes du Nord, du Sud, trailers ou contemplatifs, avec ou sans assistance.
      Mais comme tous je ressens encore le plaisir et le bonheur qui m’ ont envahi à l’arrivée…à Calenzana pourtant…
      Merci Raphaël pour ce récit qui me rappelle trop le mien quasi identique.

  12. Merci pour ce récit mais dommage de rejoindre la Corse en avion ! Randonner exige une cohérence globale, surtout quand des modes de transports alternatifs existent .

    • Bonjour Yves
      je me suis posé la question du transport, voulant dans un premier temps éviter l’avion. Petit problème, je pars de Limoges, il m’aurai fallu une journée de transport à l’aller et au retour. Par le train, je te laisse regarder les horaires pour te faire une idée. En voiture, outre la fatigue, se serai posé la question du parking. Ayant la contrainte des 2 semaines, l’avion est la solution qui m’a paru la plus raisonnable afin de m’assurer un jour de marge ( initialement, j’étais parti sur 12 jours de randonnée).

    • C’est tout de même fort ballot que Raphaël n’a pas rencontré un consultant en exigence de cohérence globale avant de partir faire son GR20. En tous les cas, moi le béotien, si j’avais été un expert en la matière, je lui aurais conseillé sans hésitation de marcher de Limoges à Fréjus, puis de nager jusqu’à Calvi, puis de marcher jusqu’à Calenzana, puis de marcher jusqu’à Conca afin qu’il entame son GR20 Sud/Nord l’esprit tranquille et tout en exigence de cohérence globale. Et là, on aurait effectivement applaudi l’exigeant Raphaël. Et là non, patatras, nous avons eu affaire à un spécimen de Raphaël trop coulant, trop facile, trop accommodant.

  13. Pour moi, le GR20 est devenu la caricature de la randonnée. Il semblerait, à l’instar du sommet du Mont-Blanc (que j’ai fait 2 fois début des années 80, été et hiver), qu’il soit devenu un incontournable où se rassemblent les purs et durs dont le seul sujet de discussion intéressant, sur les forums, sur le terrain ou dans les refuges, soit le nombre d’étapes doublées ou triplées. Bref, dans le cercle des GRvingtistes, c’est à celui qui a la plus courte. Mon impression au final est que le terrain du gr20 n’est qu’un vaste stade où les uns se comparent aux autres. Très peu pour moi, merci.En revanche, le procès de l’avion pour se rendre en Corse, je trouve cela mesquin et surréaliste quand on pense à la pollution générée par les bateaux de croisière.

    • Claude, il me semble que vous soyez mûr pour le GR20. C’est incontournable parce que c’est d’une beauté fracassante. Quand bien même certains randonneurs y partiraient pour des raisons douteuses (le « hype », dire qu’on l’a fait, …), je suis persuadé qu’ils en reviennent plus sages. De plus, chacun sa route. J’y ai rencontré des escargots chargés comme des mules et des trailers qui s’amusaient à faire l’aller retour Calenzana/Conca en 6 jours. Vraiment, je vous sens prêt à y partir.

  14. Merci pour ton compte rendu, je pense que tu m’as convaincu de choisir le sens sud nord !

    • On adore ce perpétuel débat entre les Norversudistes et les Sudvernordistes. Parti de Calenzana, je suis un Norversudiste convaincu et je n’en veux absolument pas aux étourdis qui se sont trompés de sens. J’étais pressé d’en découdre avec la caillasse du nord et j’aime bien avoir le soleil dans la gueule plutôt que le sudoku. C’est toute la beauté du GR20 qui a rarement entendu un randonneur dire que s’il avait su il l’aurait fait dans l’autres sens. Quant aux Norversudistes qui affirment qu’ils se sont ennuyés dans le sud certes plus roulant, ce sont des pisse-vinaigre qui auraient dû prendre le train à Vizzavona pour rentrer au boulot plus tôt.

  15. Salut François
    Merci pour ce beau voyage, qui restera pour que « virtuel » en tout cas 30 kms d’étape avec un dénivelé de 1400 m positif ( plus à mon age !)
    Mais je suis conscient qu’il y a de quoi se faire plaisir.
    Merci encre pour ce magnifique récit et ces belles photos.
    Bien cordialement
    Daniel D

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