Août 042016
 

Randonnée et peur du vide

Le vertige peut être très limitant pour les randonneurs.

Un passage aérien ou une pente trop forte peuvent par exemple entraîner une sensation de malaise qui rend la randonnée peu agréable ou même obliger à faire demi-tour.

Peut-être que cela vous est d’ailleurs déjà arrivé ?

Souvent, on entend dire que le vertige, soit on l’a, soit on ne l’a pas. C’est comme ça et il faut faire avec !

Pourtant, ce n’est pas le cas, la peur du vide peut se « soigner » et nous allons voir comment. Mais, avant de vous expliquer comment vaincre cette peur, essayons de la comprendre un peu mieux.

Peur irrationnelle et peur rationnelle

Vertige, peur irrationnelle et rationnelle

Pour bien comprendre le vertige et cet article, il faut distinguer deux choses :

  • La peur rationnelle : celle qui est nécessaire pour nous maintenir en vie et éviter de se blesser. Sans cette peur, on pourrait se mettre en danger facilement. Exemple : avoir peur du vide en haut d’une falaise sans protection. Cette peur nous protège car elle nous force à ne pas nous approcher trop près du bord.
  • La peur irrationnelle : celle qui nous paralyse dans des situations non dangereuses et qui peut parfois même les rendre dangereuses. Exemple : avoir peur du vide alors que l’on est sur un pont et qu’il y a une barrière de protection entre le vide et nous.

Bien évidemment, ce n’est pas toujours noir ou blanc et il y a parfois un mélange des deux et on n’est pas toujours capable de juger de la dangerosité d’une situation.

Par exemple, j’étais il y a peu de temps dans une pente schisteuse raide avec un ami dans laquelle il progressait avec plus de précautions que moi en utilisant parfois ses mains. Arrivés en bas, bien qu’aucun de nous deux n’avait le vertige, il m’a dit qu’il avait l’impression qu’il n’aurait pas pu enrayer une chute dans cette pente, alors que j’avais l’impression que c’était tout à fait possible. Dans ce cas, on ne peut pas vraiment savoir si sa peur était rationnelle ou pas – car on n’a pas testé la chute. 😉

Le but de l’article va être de vous donner des éléments pour vous aider à vous débarrasser des peurs irrationnelles liées au vide mais pas du tout de faire de vous un casse-cou qui n’aurait plus peur de rien. 😉

Mieux comprendre le vertige

Vertige et peur du vide

Qu’est-ce que le vertige ?

Le mot vertige est assez large et désigne à la fois la peur des hauteurs et les troubles de l’équilibre liés à différents facteurs.

Ici, on ne va s’intéresser au mot vertige qu’en tant que peur du vide. On parle aussi d’acrophobie quand cette peur du vide est extrême et est une réelle phobie – qui crée par exemple des réactions anxieuses à la simple pensée du vide (une prochaine randonnée avec des éventuels passages en hauteur par exemple).

Le vertige peut se manifester dans une situation où l’on se trouve en hauteur et même parfois quand on voit une autre personne en hauteur. Cela peut être amplifié ou atténué par de nombreux facteurs et est très dépendant de chaque situation.

Qui est touché par le vertige et l’acrophobie ?

Un certain pourcentage de la population est touché par le vertige à des degrés différents. Et les pratiquants de sports de montagne n’en sont pas épargnés. J’ai d’ailleurs plusieurs amis pratiquant l’escalade qui en souffrent.

Par contre, il faut savoir que ce n’est pas noir ou blanc. Par exemple, même pour des personnes pratiquant l’escalade régulièrement jusqu’à des hauteurs de 30-50 m, se retrouver sur une falaise à une ou plusieurs centaines de mètres pourra créer une sensation de vertige. Cela pourra par contre passer en quelques minutes ou dizaines de minutes (ou pas).

Ce qui est étonnant est que très peu de personnes essayent de combattre (activement) le vertige et de l’atténuer ou s’en débarrasser. Et c’est d’ailleurs ce qui m’a poussé à écrire cet article.

Symptômes

Les symptômes sont nombreux, mais c’est surtout une sensation de malaise qui ressort chez les personnes souffrant de vertige. Cette sensation pousse ces personnes à vouloir redescendre ou à s’écarter de la situation désagréable. Le malaise peut même se transformer en panique.

Les personnes concernées savent généralement très bien que la sensation de malaise qu’elles éprouvent est due au vide.

On peut aussi noter d’autres symptômes assez courants : augmentation du rythme cardiaque, augmentation du rythme respiratoire, bouffées de chaleur, nausées, étourdissements, tremblements, etc.

Causes

Comment se fait-il que certaines personnes aient le vertige et pas d’autres ?

Comment se fait-il que certaines personnes se mettent à avoir peur du vide d’un coup, comme ça ?

Il semblerait qu’une partie soit plus ou moins innée et que l’autre soit déclenchée par des expériences de vie (chutes, proches nous disant que quelque chose est dangereux, etc.).

Des évènements à eux seuls (pendant l’enfance ou à l’âge adulte) peuvent aussi être la cause soudaine de la peur du vide. On pense facilement à des situations liées au vide comme une chute, mais ça peut aussi très bien être un accident de n’importe quel ordre.

Le vertige peut aussi être lié à d’autres peurs, comme la peur de l’échec, la peur de ne pas être comme les autres, la peur de décevoir, etc. Et ça peut être lié à d’autres soucis de vie (santé, famille, travail, etc.).

Vous voyez que les causes possibles sont nombreuses et parfois multiples, ce qui en fait un problème assez complexe – comme beaucoup d’autres peurs et phobies d’ailleurs.

Comment vaincre le vertige

Vaincre le vertige

Eliminer les raisons d’ordre pathologique

Si vous souffrez du vertige (peur du vide), je vous conseille dans un premier temps d’essayer de déterminer si ce n’est pas un problème médical. Le vertige n’est pas une pathologie, mais simplement une peur ou une phobie. Par contre, une pathologie peut entraîner la peur du vide ou donner l’impression que l’on a le vertige.

Il y a de grandes chances que ce ne soit pas le cas, mais un problème de vue ou d’oreille interne peut par exemple créer une sensation de vertige face au vide et à un manque de repères.

Comment faire pour savoir ?

Vous pouvez éventuellement en parler à un médecin, mais essayez surtout de penser à d’autres indices qui pourraient indiquer que votre vertige pourrait être lié à un souci médical.

Par ailleurs, si jamais vous êtes régulièrement exposé au vide et ne voyez pas d’amélioration de la sensation de vertige, peut-être qu’il faut chercher de ce côté-là.

Thérapies auprès d’un professionnel de la santé

Si vous voulez vous débarrasser de votre vertige ou de votre acrophobie, le plus efficace est probablement de suivre une thérapie auprès d’un professionnel de la santé.

Le mot thérapie fait un peu peur à certains, le préfixe « psy » aussi, mais ça a été efficace pour beaucoup de personnes.

C’est sûrement un peu difficile de franchir le pas, mais si le vertige ou l’acrophobie sont vraiment limitants pour vous, je vous invite à le faire.

Des thérapies qui semblent être efficaces sont les thérapies comportementales et cognitives (TCC) (plus d’informations sur ce que c’est ici). L’approche est généralement progressive en exposant le patient petit à petit à des situations de plus en plus anxiogènes.

Ces thérapies sont dispensées par différents professionnels de santé et pour tous sortes de troubles (peurs, addictions, dépressions, etc.). Dans un premier temps, je vous conseillerais d’aller voir de telles personnes plutôt que de tenter des approches alternatives pas forcément reconnues par la médecine ou de vous rapprocher de « soi-disant » spécialistes.

Il est possible de faire ce travail soi-même (j’en parle plus bas), mais ce sera sûrement plus facile et efficace avec l’aide d’une personne compétente.

Médicaments

Une thérapie peut être accompagnée de médicaments – notamment dans le cas d’une acrophobie ou de soucis dont la peur du vide n’est qu’une conséquence. Je ne vais pas m’étendre là-dessus car c’est un domaine complexe et que je ne suis pas un spécialiste.

Cela dit, si vous allez voir un médecin et lui parlez de votre peur du vide quand vous êtes sur une arête en montagne, il y a très peu de chance qu’il vous prescrive des médicaments. Ou alors, c’est bizarre…

Certaines personnes peuvent être tentées de prendre des calmants pour faire face à des situations stressantes en randonnée. C’est quelque chose qui n’est absolument pas conseillé pour la simple et bonne raison qu’ils peuvent altérer votre prise de décision et vos réactions face à une situation. Donc ne le faites pas, ça pourrait être dangereux !

Méthode « maison » (auto-thérapie)

Ce que j’appelle méthode « maison » est ce que je vous recommande si vous avez le vertige mais que ce n’est pas phobique et que vous pensez pouvoir régler cela seul. Si vous pensez que votre vertige est lié à d’autres soucis dans votre vie, un spécialiste sera plus approprié.

Même si c’est probablement mieux de suivre une thérapie avec un bon spécialiste, vous n’en avez peut-être pas envie pour le moment et voulez peut-être essayer de vous en débarrasser par vous-même.

Le principe est simple : vous exposer régulièrement à la hauteur pour vous y habituer et vous désensibiliser – par petites doses progressives. Je vous conseille de ne commencer qu’une fois que vous êtes un peu débarrassé mentalement de la dernière mauvaise expérience.

1 – La première étape consiste à sortir de votre zone de confort en vous exposant à une hauteur ou un vide qui vous fait un tout petit peu peur.

Le but est que ça ne vous traumatise pas, mais que vous soyez juste un peu mal à l’aise. En fonction de votre vertige, cela pourra par exemple être monter sur un muret ou regarder par-dessus la rambarde d’un petit pont.

Faites-le plusieurs fois ou restez-y jusqu’à être complètement à l’aise et détendu.

2 – La fois suivante (le lendemain ou quelques jours plus tard par exemple), refaites exactement la même chose.

Si vous remarquez que vous êtes à l’aise, augmentez la difficulté d’un cran (montez un peu plus haut par exemple) jusqu’à ce que vous soyez complètement à l’aise et détendu.

Si vous remarquez que vous n’êtes pas totalement à l’aise, restez à ce « niveau » et faites l’exercice jusqu’à être totalement à l’aise.

3 – Et ainsi de suite, en augmentant petit à petit la difficulté – jusqu’à ce que le vertige ne soit plus limitant pour vous.

Je vous conseille de multiplier les situations différentes, car on a tendance à avoir peur de ce avec quoi on n’est pas familier.

ATTENTION : quand vous faites ces exercices, ne prenez pas de risque et ne vous mettez pas en danger, le but est de vous débarrasser de votre peur irrationnelle uniquement.

Je vous rappelle les principes :

  • Ne pas se brusquer, sortir légèrement de sa zone de confort et attendre d’être totalement à l’aise avant d’augmenter la difficulté. Par exemple, ne tentez pas un saut à l’élastique en espérant que ça vous « guérisse », ça risquerait de faire le contraire.
  • Pratiquer régulièrement. C’est comme un muscle, plus vous pratiquerez, plus vous progresserez. Il faut aussi savoir que si vous ne vous exposez pas à la hauteur pendant un certain temps, vous devrez sûrement refaire un peu les exercices, mais que ça reviendra beaucoup plus vite (comme pour remuscler un muscle qui a déjà été entraîné).
  • Ne pas vous mettre en danger !

Attention de ne pas enlever la peur totalement mais juste celle qui est irrationnelle. La peur rationnelle est nécessaire pour rester en vie et prendre les bonnes décisions.

Essayez l’escalade en salle

Je vous propose une idée qui est à la fois ludique et qui fonctionne contre le vertige : l’escalade.

Avant de me dire que ce n’est pas fait pour vous, sachez qu’il est tout à fait possible de faire de l’escalade en salle, quelque soit votre niveau technique ou physique – même si vous n’en avez jamais fait.

De plus en plus de salles d’escalade voient le jour et il est possible d’y aller par séance, il n’y a pas besoin de s’inscrire à un club ou de prendre un abonnement (même s’il est possible de le faire).

Je vous conseille les salles d’escalade où il est possible de grimper avec des cordes, car il existe des salles de bloc qui montent à quelques mètres de hauteur uniquement (3-4 m) et où l’on grimpe au-dessus de tapis de réception. Pour beaucoup de personnes, ce ne sera pas suffisamment haut pour travailler sur le vertige.

L’avantage est que cela peut-être très progressif et que c’est ludique. Par contre, ça sera limitant en hauteur, la plupart des salles d’escalade n’ayant pas de murs de plus de 12-15 m. Et une fois que vous serez à l’aise tout en haut, il vous faudra vous exposer à plus de hauteur.

Vous pourrez alors vous rendre en extérieur sur des falaises plus hautes ou faire de la via-ferrata par exemple. Si vous n’avez pas les notions de sécurité, n’hésitez pas à prendre les services d’un moniteur.

Comment réagir dans une situation de vertige lors d’une randonnée

Soigner le vertige en randonnée

Si vous avez le vertige
  • Essayez de déceler les premiers symptômes et ne pas pousser la situation jusqu’à la panique – qui pourrait être dangereuse. Il se peut que vous puissiez vous habituer petit à petit, alors n’y allez pas trop brusquement. 😉
  • Essayez de rester calme et détendu. Maîtrisez votre respiration et souriez.
  • Essayez de vous assoir si possible ou de vous accrocher à quelque chose si le passage présente un danger.
  • Cherchez des repères visuels fixes, regardez plutôt loin devant vous et évitez de regarder ce qui bouge.
  • Parlez-en à vos coéquipiers (qu’il faut espérer compréhensifs) dès que vous avez une sensation de vertige, ils pourront éventuellement vous aider (voir ci-dessous).
Si vous êtes à côté d’une personne qui a le vertige
  • Prenez-la au sérieux. Une personne peut entrer dans un état de panique à un endroit qui peut vous paraître anodin et qui n’est absolument pas dangereux. Ce n’est pas parce que c’est irrationnel que ce n’est pas réel. J’ai vu une personne pleurer sur un caillou d’un peu plus d’un mètre de hauteur.
  • Restez calme et détendu, faites asseoir la personne si possible et protégez-la de dangers potentiels.
  • Essayez de la distraire, de lui parler d’autre chose, de la faire respirer tranquillement.
  • Ne vous moquez pas de la personne ou ne la faites pas culpabiliser, ça n’arrangera pas le problème.
  • Mettez-vous éventuellement devant la personne ou entre le vide et la personne (si c’est possible et pas dangereux) pour lui couper un peu la vue et la sensation de vertige.
  • Essayez de raisonner la personne en lui expliquant qu’il n’y a pas de risque majeur (si c’est le cas) avec des arguments concrets. Demandez-lui ce qui lui fait peur, car c’est parfois un élément particulier. Exemple : « les pierres roulent, j’ai peur de glisser, de dévaler la pente et de ne jamais m’arrêter ». Dans ce cas, essayez de trouver un argument concret, voire de montrer l’exemple en glissant sur les fesses dans la pente par exemple (s’il n’y a pas de risques).
  • Vous pouvez aussi essayer d’attendre que la personne s’habitue au vide, mais cela ne fonctionne généralement que si la personne n’a pas été trop traumatisée.

Dans le cas d’une situation potentiellement dangereuse et où la personne ne s’habitue pas au vide, il vaut mieux faire demi-tour, plutôt que de s’engager ou de forcer la personne. Car, si la personne panique, elle pourrait se mettre en danger ou mettre d’autres personnes en danger.

Il faut aussi savoir qu’une personne qui a peur se fatigue très vite, surtout si elle n’est pas habituée à maîtriser ses peurs. Donc, pensez-y avant de vous engager.

Quelques autres conseils pour finir

Vertige en randonnée, le comprendre et le vaincre

Quelques petits conseils sans ordre particulier :

  • Si vous souffrez de vertige et souhaitez régler le problème, je vous conseille de ne partir en randonnée qu’avec des personnes compréhensives et des personnes prêtes à faire demi-tour s’il le faut (sans râler).
  • Développez le « pied montagnard » en travaillant votre proprioception, votre équilibre et votre technique sur tous les terrains. Plus on est à l’aise techniquement sur un terrain, moins on a de chance de souffrir du vertige. Les bâtons peuvent aussi aider.

La liste est non exhaustive, mais j’espère sincèrement que ces conseils et cet article vous aideront à vous débarrasser du vertige si vous en souffrez.

Peu importe la solution que vous choisissez, ça vous demandera un certain effort, mais votre vertige ne va pas se régler tout seul ! Je vous conseille d’aborder ce travail comme une préparation nécessaire, au même titre que la préparation physique par exemple.

Imaginez les belles randonnées que vous pourrez faire en toute sérénité. 😉

Je vous invite à partager cet article avec vos proches qui souffrent de vertige – il pourrait les aider. 😉 Dites-moi également dans les commentaires si vous avez déjà réussi à vaincre le vertige, et surtout… comment !

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  92 commentaires à “Vertige en randonnée : le comprendre et le vaincre”

Commentaires (92)
  1. je souffre de vertige de puis tout petit meme au deuxième étage sur un balcon je peut ressentir les effets du vide.
    j’ai meme eu des vertiges en regardant les étoiles allonger sur un transat c’est pour dire

    • C’est amusant, je suis peu sensible aux grand hauteurs, par contre c’est le fait de regarder en l’air à côté d’un vide qui me donne du vertige (probablement parce que je ne contrôle plus le danger de mes yeux).

  2. J’ai travaillé très longtemps en extérieur sur des hauteurs très importantes et je n’avais aucun vertige mais la semaine dernière j’ai fais marche arrière sur le sentier VERO – PUNTA SAN ELISEO à cause du vertige. Sur la fin de la randonnée il fallait escalader, j’ai commencé sur 10 mètres et j’ai renoncé car à presque soixante ans j’ai le vertige. En lisant cet article je comprends mieux les choses. Merci François pour l’excellent travail.

  3. Hello,
    Merci pour cet article très complet, c’est vraiment chouette et instructif !

    On m’a expliqué il y a peu de temps pourquoi je pouvais avoir une légère peur du vide, et notamment l’impression, face à une crevasse, ou au bord d’un toit, que J’ALLAIS SAUTER, et ne pas pouvoir me rattraper.
    En fait, c’est une réaction de notre cerveau, qui essaie de résoudre le paradoxe entre d’une part : le danger immédiat (le vide, avec une hauteur de laquelle on peut se blesser voire mourir) et d’autre part : une sécurité relative (je suis derrière une barrière/je sais tenir debout tout seul depuis suffisamment longtemps pour savoir que je ne vais tomber sans raison). Du coup, pour tout de même nous prévenir de ce danger, notre cerveau « fabrique » la sensation qu’on va sauter, ou que quelqu’un va nous pousser, pour nous obliger à prendre conscience du risque.

    De savoir cela m’a beaucoup aidé, et j’appréhende beaucoup moins maintenant les passages un peu tendus, même si je n’irai JAMAIS prendre une photo de mes pieds au bord d’une falaise !
    J’espère que ça aidera aussi quelques autres personnes.

    PS: évidemment, je suis loin d’avoir une phobie, ce n’est pas pathologique, c’était juste une gêne et un sentiment bizarre de vouloir à tout prix sauter dans le vide…

    • Merci pour l’information, c’est très intéressant. 🙂

    • Ce n’est pas « pathologique », mais c’est bien une « phobie », une de plus (on en fourmille tous de plein d’autres…cherchez bien…) , même en étant « normal »… Car il n’y a, en fait , pas de frontière nette entre le normal et le pathologique en matière de psychisme, et une des caractéristiques de notre époque et de notre civilisation est de vouloir toujours « normaliser » : chez nous les gens à problèmes psychiques sont traités, voire enfermés (de moins en moins actuellement, mais c’était ce qu’on faisait jusqu’à une époque récente), alors qu’à d’autres époque ou dans d’autres civilisations ces personnes étaient ou sont parfaitement intégrées dans le groupe (par exemple: Bernadette Soubirou, Jeanne d’Arc, les sorciers et sorcières, Hitler et Donald Trump, nombre d’artistes…etc.)
      Quant au mécanisme psychique de la « phobie »,c’est simple: une réaction phobique survient chaque fois que l’on se trouve dans une situation de non-contrôle de notre situation: survient alors dans « l’inconscient » une assimilation de cette situation avec celle – identique quant à cette sensation de « non-contrôle » – du moment où on passe de vie à trépas ou à celle dans laquelle on est quand on est mort, (si toutefois la personne en question croit qu’on est encore quelque-chose une fois mort…)
      Il est ainsi de multiple substrats de phobies: claustrophobies agoraphobies arachnophobies…etc. Quant à moi, et par exemple, j’ai été longtemps phobique aux boutons de vêtement dans mon enfance: va savoir pourquoi! Probablement ai-je eu , une fois, très tôt, une association d’un bouton avec une peur de mourir! dont je n’ai gardé ensuite que la peur du bouton!
      Pour sortir de sa phobie, c’est ce qu’explique très bien François, il suffit(…!) de faire ce qu’il dit, c’est-à-dire de réaliser une « immersion » dans la situation phobique en question, de façon progressive, « désensibilisante » .Mais bien souvent on se heurte à une réaction de défense névrotique, (car la phobie est une névrose) de « résistance d’emblée, »(réaction bien connue de ceux qui ont tâté à la psychanalyse), et on refuse de … »guérir »!

      Alain de Batistaule

  4. Je confirme l’escalade en salle a beaucoup atténué ma peur du vide. Je suis restée coincée un jour dans une via ferrata à cause de cette phobie alors que cette via ferrata est classée facile. C’est l’épuisement de la panique qui finalement m’a fait avancé. J’ai refait cette via ferrata quelques années plus tard sans aucun problème. De un parce que je suis plus à l’aise avec le vide qu’à l’époque et deuxièmement j’avais une personne de chaque côté ce qui me coupait du vide total. La première fois, je fermais la marche ce qui était une très mauvaise idé☺.

  5. Merci pour cet article 🙂
    J’aime beaucoup personnellement les bâtons, ils me donnent presque l’impression d’être à quatre pattes , du coup ça attenue ma peur.

  6. Merci pour cet article. J’ai eu le vertige lors d’une étape du Gr20 sud. Mais j’ai pu passer en gardant mon calme, effectivement. L’année prochaine je fais la partie nord qui est plus technique. J’avoue que j’appréhende. Il y a donc du travail et c’est difficile à préparer à l’avance

  7. Merci Feancois pour cet article très intéressant. J’ai fait l’année dernière en Suisse un stage de 3 jours pour apprivoiser la peur du vide…. Ce stage m’a beaucoup aidé et apporté…je ne sens un peu plus à l’aise mais comme tu le conseilles également je continue à « m’exposer » et me tester à chaque fois que j’en ai la possibilité .

    • avec Thias Balmain?

    • Merci à Corinne pour vos commentaires.
      Vous mentionnez que vous avez fait l’année dernière en Suisse un stage de 3 jours pour apprivoiser la peur du vide. Comme je suis helvète, pourriez-vous svp me communiquer les coordonnées du responsable de ce stage, car je suis également fort sensible au vertige. Merci par avance.

  8. Merci François pour cet article complet.
    J’ai de (mauvais) souvenirs de vertige dans le massif de la Vanoise à un endroit appelé ‘Col Rosset’… qui mène au col noir près du creux noir (tout un programme !)… de magnifiques sentiers en balcon avec vue panoramique sur les sommets de la Vanoise et la Grande-Casse. A cette époque, je n’avais pas compris que ce vertige était surtout dû à mes yeux. C’est plusieurs années plus tard que mon ophtalmologue me l’a appris à ma grande surprise. En fait, de le savoir m’a donné une meilleure assurance. Maintenant, j’appréhende le vide plus ‘sereinement’ !

  9. Très bon article…

    Je me suis revu passant une crête à quatre pattes juste parce que c’était trop pentu à gauche et à droite. 😉

    Pour le vertige sur les névé à traverser en dévers, je conseille les petit crampons à sangler aux chaussures de marche classique, ils permettent d’avoir confiance en ses pas et cela aide beaucoup.

    Merci

    • Attention quand même de bien fixer ce type de crampons, car quand ça se détache, ça peut faire très bizarre !

  10. Bonjour,

    Pour moi le vertige a commencé à partir de mes 45 ans environ et cela devient de pire en pire, surtout des vides non protégé par une barrière. Avant, jamais le vertige, je faisais tous les manèges possible, je m’asseyais au bord des vides d’un balcon. Mais depuis quelques temps, des balcons d’appartement à partir de la 4eme, 5eme étage et des hauteurs style la Tour Eiffel (quand même protégé) j’ai le vertige. Dernière experience : le London Eye. J’y vais quand même, je le surmonte mais je suis content d’être de nouveau en bas.
    Mon père a eu le même parcours : rien jusqu’à ces 50 ans environ, maintenant il n’ose même plus approché un bâtiment de 20 étages, il évite même d’être en-dessous de la tour Eiffel (« elle pourrait s’écraser). Bon, j’en suis pas encore là mais la photo en dessous de « Mieux comprendre le vertige » de votre article me donnait déjà le vertige. Et en effet, j’évite les rando marqué « vertige », sans que cela me chagrine : il y a assez de choix non-vertigineux.

    • Est-ce que ça ne pourrait pas être lié à un problème de vue ?

      • Non.
        Le problème est que le vertige est une phobie, phobie parmi d’autres que nous avons tous à un degré variable selon les individus, et que pour chaque individu une phobie qui « guérit » est immédiatement remplacée par une autre! Comme si notre équilibre névrotique avait besoin d’un exutoire, manifesté par des phobies! On ne peut pas échapper à des traits de caractère névrotiques: cela fait partie de notre stratégie conjuratoire de notre problématique existentielle (au passage, la religion en est une autre, identiquement conjuratoire! on ne peut pas non plus y échapper, du moins au niveau des sociétés humaines, et sauf au niveau individuel, intellectuel)
        On acquière ainsi nos phobies les unes après les autres, au fur et à mesure de nos besoins conjuratoires…On peut donc les voir sous un angle finalement positif, même si le prix à payer est patent : bien comprendre que c’est pour notre bien! Et alors on la supportera mieux…

        • Pour information, certains problèmes de vue peuvent donner une sensation de vertige, d’où ma question à Roger.

          • Je voudrais apporter un point de vue (si j’ose dire). Les corrections de la vue par des verres multi-focaux ( presbytie+myopie+astigmatisme) provoquent des altérations des perspectives et des notions de pente en montagne. Cela influe directement sur notre perception de la dangerosité d’un parcours et peut nous amener à une situation de panique. J’en parle en connaissance de cause et le plus grave, c’est que tout en le sachant, l’habitude du port de verres correcteurs est telle qu’ils nous sont devenus « naturels ». Bien embêtant!!!

          • Je porte des lunettes surtout quand je conduis,pour voir de loin les indications routières. Parfois je fais de la rando avec mes lunettes, parfois sans. Je n’ai pas encore remarqué une différence de vertige avec mes lunettes ou sans lunettes. A verifier

  11. merci pour cet article.
    Pour ma part j’ai beaucoup atténué mon vertige en faisant de l’accrobranche. Il m’est arrivé d’être complètement paniquée, de ne plus pouvoir bouger et de pleurer à chaudes larmes sur un passage très large (au moins 1 m 50) et de 1 m de haut. Même sur un escabeau je ne suis pas rassurée !.
    Maintenant j’essaie de respirer lentement, mais cela n’est pas facile, mais je fais de bonnes randonnées d’une vingtaine de km avec des dénivelés de 500 à 900 m et des passages assez difficiles, il m’arrive encore d’avoir peur, mais je me raisonne. Il faut dire que j’ai 80 ans et ne veux pas m’arrêter de randonner.

  12. Salut François.
    Merci pour cet article très intéressant et très utile (en ce qui me concerne tout au moins).

    Je suis sujet au vertige. Je me suis reconnu dans la plupart des symptômes que tu cites. Malgré ça, je parviens, en groupe et en me concentrant, à franchir des passages délicats, comme la Vire des Fleurs (Faja de las Flores) au canyon d’Ordessa dans les Pyrénées espagnoles => http://www.komandokroketa.org/Faja_Flores/048faja.jpg. Une photo prise du fond du canyon, 1100 m plus bas => http://www.jpdugene.com/images/photos_rando/tozal_del_mallo/111_faja_de_las_flores_nom.jpg

    La veille, nous avions franchi la vire de l’Escuzana, moins connue et moins haute, mais assez impressionnante tout de même => http://www.randonneepyrenees.com/Images/rando/escuzana-tardiador/Images/faja_escuzana.jpg

    Juste un petit clin d’oeil, mais qui peut enrichir ton article. Je connais l’endroit montré par la dernière et très belle photo. C’est au Nepal, sur le tour des Annapurna. Elle est prise au début de la descente vers la vallée de la Kali Gandaki (une des plus profondes du monde paraît-il) après avoir franchi le col de Thorong-La (5416 m). La crête a l’air impressionnante sur la photo mais dans la réalité, elle ne présente aucun danger et n’est pas vertigineuse.

    Ce que je souhaite dire par là, c’est qu’il faut se méfier de l’impression qu’on peut avoir d’un passage lorsqu’on le considère d’en bas ou de loin. Un passage qui a l’air anodin de loin peut s’avérer vertigineux quand on y est. Inversement, un passage peut avoir l’air « flippant » de loin et finalement s’avérer facile et sans danger. C’est pourquoi je prends TOUJOURS mes bâtons. Il y a 4 ans, suite à la mauvaise appréciation d’une montée que j’ai attaquée seul et sans bâton, je me suis retrouvé obligé de m’asseoir sur la crête et d’attendre qu’un randonneur me rejoigne et veuille bien me prêter un de ses bâtons pour redescendre. Le chemin était par endroits en fort dévers et plein de graviers. C’était dans les Pyrénées, en montant vers le Piméné => http://korpa.fr/pyreneesecretes/pimene/images/017.jpg Ça n’a l’air de rien mais sans bâton, c’est « casse-gueule » et la pente est raide et nue, sans buisson ni arbre pour ralentir la glissade…

    Bonne continuation.

    • Une autre photo montrant l’environnement immédiat autour du Piméné => http://korpa.fr/pyreneesecretes/pimene/images/021.jpg

    • Merci beaucoup pour ton témoignage et les photos Robert. 😉

    • On t’aurait chargé de transporter à deux mains un plat ou une pièce montée que tu aurais peut-être aussi bien fait tes pas…!

      • Salut Alain.

        Qu’est-ce que tu veux dire par là ?

        • Qu’ à partir du moment où tu es diverti dans ta situation phobogène par un objectif quelconque (dont tenir tes bâtons! ou un ballon! J’ai connu ne petite fille qui à deux ans ne marchait qu’avec un ballon dans ses deux mains…) tu es à l’abri de ta phobie!

        • Comme celà est dit par François,et à plusieurs reprises par les uns et les autres, crois-tu que tu aurais eu besoin de tes bâtons sur un sol localement de même profil mais sans vide sur les côtés? C’est donc bien psychique , c’est dans la tête que cela se passe!
          Ceci-dit, prends plutôt tes bâtons qu’un ballon quand tu pars en montagne, ce sera plus adapté, a priori!

          • OK, je vois ce que tu veux dire. Utiliser les bâtons me demandent en effet un minimum de concentration et d’attention mais je pense que sentir leurs appuis me rassure aussi, d’autant que j’ai une cheville gauche un peu faible (elle a subi 3 ou 4 entorses). Sur une crête d’environ 40-50 cm de large, leur aide est essentiellement psychologique. C’est clair, avec l’exemple du plat que tu donnes. Mais sur un chemin en dévers (assez pénible pour une cheville fragile) et glissant, ils m’aident mécaniquement.

          • Je crois que même si la sensation causée par le vide joue un rôle important (qui peut être amplifié par des problèmes de correction de la vue) c’est le sentiment de précarité qui me paraît le plus déterminant. Évoluer sur une arête qui n’est constituée que de blocs plus ou moins instables où les bâtons sont plus une gêne qu’un soutien est une source d’appréhension qui peut mener à la panique. Idem sur une arête schisteuse (rien de pire que cette pierre) p. ex. l’arête de l’aiguille du Goléon dans la haute vallée de la Romanche. Vertigineux + instable (des piles d’assiettes).

    • Bonjour, peut être la réalité virtuelle peut permettre de vaincre la peur du vide, c’est l’occasion de tester ses limites sans prendre aucun risque (ou presque… quand même faire attention à l’équilibre dans la pièce, l’image affiché étant décalée de la réalité et pouvant déséquilibrer notamment si l’on est debout).

  13. excellent article ! merci François 🙂

    pour info, j’ai testé une piste supplémentaire pour ceux qui souhaitent diminuer ou enlever le vertige, c’est l’eft.
    c’est une technique simple et incroyablement efficace qui a fait passer ma peur du vide de 8-9/10 à 2/10 en 15-20 mn.

    je viens de terminer le gr 20 en étant vraiment surpris de n’avoir jamais été rattrapé par ce handicap !!
    vous pouvez taper « vertige eft  » sur google !

    et vous verrez c’est génial de se sentir « libéré » !!!
    bien à vous
    🙂

  14. Salut François
    Très bel article, sur un sujet qui rejoint mon activité de kinésithérapeute spécialisé en rééducation vestibulaire.
    Dans l’ethiologie du vertige des hauteurs, ce que tu mentionne est exact, il faut relier ces causes au système vestibulaire (oreilles internes)
    Encore bravo pour tout
    Stéphane

    • non!
      Si les vertiges organiques existent, ils ne sont qu’exceptionnellement en cause en montagne, où ils sont phobiques en règle.
      Mais – certes – un vertige organique en montagne passera un mauvais moment, et fera un (vrai) vertige rotatoire (les « vertiges » de montagne ne sont pas des « vertiges » , mais des malaises psychiques…), dans la mesure où ses repères compensateurs visuels sont modifiés.

  15. Bonjour . Merci pour cet article ..
    Vous avez raison il faut apprivoiser sa peur en pratiquant .
    C’est ce que j’ai fait pour soigner mes peurs .
    J’ai fait une chute de 18 m Sur une tribune dans un stade de foot . J’ai été très traumatisée pendant des années , plus d’avions , plus de télésièges , d’ascenseurs de ponts etc..
    La randonnée à été ma meilleure thérapie ..
    au début j’avais pas mal d’angoisses et renonçais souvent ,puis j’ai commencé à randonner avec des gens qui m ‘ interdisaient de faire demi tour , me réconfortaient et m aidaient bcp .
    Je grimpe de plus en plus haut , mes grosses angoisses ont disparus et surtout les appréhensions inutiles . Je grimpe à mon rythme .. vous avez raison il faut pratiquer .
    merci pour vos articles .

    • Merci pour le témoignage Pascale.

      A bientôt,
      François

    • Un exemple de « phobie » acquise (Cf. mon commentaire sous François Jourjon du 05/08 15h.49)
      Rien à voir avec un vertige organique, qui aurait probablement préexisté.

  16. Bonjour,
    J’ai remarqué qu’il y a plus de difficulté en randonnée engagée qu’en alpinisme facile, la différence ne viens pas du terrain mais de la corde!
    Pour maitriser sa peur il faut penser à ce que l’on fait et non à ce qui pourrait arrivé, et se dire il n’y a aucune raison objective de tomber.

    • C’est la différence entre marcher dans un couloir de 1,5 m de large sans toucher les murs et marcher sur une « arête » de 1,5 m de large avec le vide de chaque côté.

      La difficulté est exactement la même et pourtant, la perception est très différente – car la conséquence d’un échec est très différente. Alors que pour la plupart des gens (sobres) la probabilité d’échec est très proche de 0%.

      A bientôt,
      François

  17. Article très intéressant. D’accord également avec Joël. Il faut toujours rester concentré.
    J’ai guéri mon vertige (suite à une chute vertigineuse) en tombant amoureuse, je ne voulais me montrer ni vulnérable!, ni peureuse!!! Depuis j’ai perdu mon amoureux, mais garde cette belle liberté dans les hauteurs sans souffrir de vertige.

  18. bonjour
    Trés intéressant c’est vrai que c’est variable suivant le jour…un autre point indirect non soulevé, la peur que peu donner une autre personne lorsque l’on considère qu’elle prend des risques..

  19. Vertige et solitude. Je randonne seul parce que je deviens moins rapide en montée.
    J’ai remarqué que la fatigue jouait un rôle (sécuritaire ?) dans mes atteintes de vertige.
    J’ai aussi remarqué que j’avais des petites « piques » de vertige en fonction des verres de lunettes de vue myopie / presbytie de sexagénaire que je porte.
    Je m’assoie, j’enlève mes lunettes, comme ça je n’ai plus de points de repères ou d’attirance, je me savoure une rondelle de saucisson, j’écoute le vent, je m’offre au soleil ou me protège du froid et qqelque fois je pique un petit somme réparateur en veillant à être assuré.
    Ah aussi, je me promets une petite chartreuse verte en rentrant à la maison.
    Merci François pour ton site et tes conseils, l’an dernier à pareille époque, je faisais seul un raid en autonomie complète entre le Rhône (Vienne) et Vichy. Tu étais présent à mes côtés et à mes pensées. Et j’ai du granola maison et une fiole de Chartreuse ou de thé des Alpes à partager si un jour on se croise dans mes montagnes. S’il y a plus de sauc’, tu sauras pourquoi.

    • Merci pour ton message. Tu es sûr que c’est moi qui t’ai conseillé la Chartreuse ? 😉

      A bientôt,
      François

  20. c’est effectivement un gros problème pour les amateurs de randonnées. mon époux a le vertige et nous avons eu des soucis en faisant une partie du GR 34. a un moment il a complétement bloqué et ne pouvait plus avancer, donc nous avons fait demi tour. j’ai porté les deux sacs a dos et il prenait appui sur moi pour retourné a un endroit plus sécurisant pour lui. nous envisagions de faire ce GR en entier mais c’est mort !!!
    je ne veux pas que ce soit une contrainte pour lui et maintenant on fait les randos en prenant compte de ce soucis et de ce fait ca nous limite. et en fait chez lui le vertige et du au depart a une peur du vide (qui effectivement pourrait ce travaillé) et ensuite au fait qu’il a des verres progressifs et la je ne vois (facon de parler) pas de solution car sans ces lunettes c’est pas jouable…merci pour cet article François 😉

    • Est-ce qu’une paire de lunette juste pour la vue de loin ne pourrait pas régler le problème ?

      • Oui, c’est la solution : les lunettes à « verres progressifs »déforment la vision et les repères visuels, et – sauf expérimentation, habituation au (très) long cours – sont à l’origine de ses troubles.

  21. très bon article intéressant ,randonnant en club lorsque j’ai le vertige je ne peux plus avancer, alors mes amis me conseillent de respirer calmement puis marchent tout prés devant moi et je ne regarde que leurs chaussures, ils ne tombent pas ,je ne risque donc pas de tomber, et je passe facilement le passage vertigineux.

  22. ceci est très handicapant car cela perturbe le groupe et il n’y a pas tjrs qqun de sympa pour vous aider
    la dernière fois chemin étroit longeant ravin je me suis entendu dire : il faut que tu passes car tu ne peux faire demi tour : j ‘ai cru que j’allais tomber ds le ravin et depuis je ne randonne plus avec ces gens
    je fais le stage lutte contre peur du vide avec THIAS BALMAIN : très interressant .
    cela fait plaisir de constater que la compagnie est grande …
    j ‘ai également une instabilité vestibulaire que je vais reeduquer chez kine spécialisé
    Bonne soirée

    • Avez-vous acquis le « vertige » à ce moment-là, ou bien existait-il déjà auparavant?
      Mais on peut , bien sûr, sommer un vertige organique et un « vertige » phobique (Cf. mes commentaires sous 3 , 10 , et 14

  23. j ai bien lu cet article tres interressant et tous vos commentaires qui me semblent justes, j ai envie de rajouter deux choses qui m aident personellement en situation de panique due a la peur du vide.. d abord je me dis  » Agnes, accepte cette emotion . elle est la, c est ainsi.. et c est ni bien ni mal ( eviter le jugement interieur qui rajoute un conflit supplementaire a gerer) ensuite, se recentrer sur ses sensations corporelles.. le plus simple pour moi c est la respiration j inspire j expire en ressentant l air dans les narines ou mes mouvements du thorax ou de l abdomen sans changer le rythme juste etre present a sa respiration consciement. On peut aussi se concentrer sur les sensations dans les pieds et les zones de contact dans la chaussure et avec le sol..sans les regarder ( le regard est fixe sur un point au dela de la zone a franchir). en fait le but est de revenir dans la conscience de mon corps plutôt que de laisser emballer mon mental ..qui est tres rapide dans la creation des scenarios catastrophes ..
    je voulais dire aussi que c est hyper important que l entourage reste comprehensif ,patient calme et sans jugement.. cela permet de se sentir soutenu , accepté et epaulé.. franchement dans une telle situation on ne se sent pas tres fier alors ce n est pas la peine d en rajouter cote ridiculisation..bien qu un brin d humour fin et bien dosé a pu parfois m aidé a passer le pas plus facilement…
    vertigement votre…

    • Oui!
      D’une façon générale, ne jamais se moquer des phobies d’un autre…On en a d’ailleurs autant – voire plus- que lui..! Ce ne sont pas les mêmes , elles se manifesteront forcément dans leurs situations spécifiques , et alors ce sera à celui-là le tour de se moquer de nous!

  24. Cet été, nous sommes partis en vacances dans le Trièves et avions décidé de faire la randonnée des passerelles himalayennes autour du lac de Monteynard (2 passerelles de 220 et 180m de long situées entre 45 et 85 m au-dessus de l’eau). Sachant que j’avais un vertige incontrôlable et ne voulant pas gâcher le plaisir des enfants, j’ai fait une séance d’hypnose pour me guérir de mon vertige 5 jours avant notre départ. Arrivés à notre gite, première épreuve : notre logement était au 2ème étage avec une magnifique terrasse. La première appréhension passée, je me suis approchée de la rambarde du balcon sans ressentir les « symptômes » habituels et au fil des jours, j’ai même pu regarder les enfants jouer dans le jardin sans trembler….le jour de la randonnée des Passerelles, je n’ai pas renoncé, je ne me suis pas arrêtée….. surtout pour traverser les passerelles, j’ai attendu que le chemin soit libre pour ne pas avoir à croiser qqn et donc à me rapprocher du bord 🙂 !!! Après la 2ème, j’ai même essayé de me confronter de nouveau au vide, mais c’était encore bien difficile et je n’ai pris aucune photo en étant sur les passerelles (il était trop difficile de s’arrêter :-(… Mais la difficulté éprouvée a été sans commune mesure avec les symptômes habituels qui me pousseraient presque à sauter du télésiège !!! Donc l’hypnose a pour moi, en tout cas été très efficace… Reste à se confronter régulièrement et progressivement au vide comme nous le conseille François….pour continuer à faire de progrès et se libérer peu à peu

    • Cf. mon commentaire sous le « 3 »
      il y a en effet deux façons de pratiquer une « immersion » dans une situation phobogène :
      -s’y immerger progressivement et en « réel », comme conseillé par François, et repris dans nombre de témoignages ci-dessus, dans une sorte de « désensibilisation »;
      -s’y immerger en pensée, comme on l’obtient en hypnose, avec , ici , en plus , un renforcement du processus dans le sens escompté , car dans cette technique on associe l’immersion en situation phobogène avec la pensée d’une expérience passée positive, agréable ,dans une « conscience modifiée », où les chose se passent de façon plus profonde dans nos couches mentales émotionnelles , affectives ,celles où le malaise, appelé communément « vertige », se produit.
      On obtient exactement la même chose en « sophrologie » , où seule la technique d’induction en « conscience modifiée » est différente (après apprentissage, on peut l’obtenir par ses propres moyens, seul, contrairement à l’hypnose qui requière l’action du thérapeute) , et une fois dans cette conscience, on fait par soi-même exactement la même chose que le thérapeute en hypnose : on obtient le même « renforcement » en faisant l’association – en pensée et dans cette « conscience modifiée » – de la situation à traiter et d’une situation positive, agréable, précédemment expérimentée
      La technique de sophrologie la plus adaptée au traitement du malaise vertigineux des montagnes est la « sophro-acceptation progressive ».
      On voit dans certains commentaires que certains font – instinctivement, intuitivement, intelligemment – presque ce qu’on fait en hypnose et en sophro.

  25. J’adore les randos mais j’ai ce problème de vertige, j’ai le vertige même sur une échelle, je vais essayé de « me soigner » !
    Merci pour l’article et les témoignages

    • Bonjour!

      Bon courage à vous pour corriger votre sensibilité.
      Pour être rassurant : très peu de gens se sentent à l’aise sur une échelle. j’ai du mal à croire que ce soit du vertige, mais plutôt quelque chose d’assez cohérent, vu la stabilité du bidule. Je n’ai aucun mal à passer sur une passerelle avec du vide en dessous, mais je galère sur un escabeau 😀

  26. article très intéressant.

  27. Bonjour et merci encore pour votre article.
    Je souffre de la peur du vide depuis toujours. J’ai réussi à me désensibiliser partiellement en faisant de l’escalade en salle c’est ce qui a été le plus efficace. J’ai également fait du parapente, des vias ferratas, du vol à voile et surtout des randonnées dont certains passages étaient difficiles en la matière. Je vous recommande d’ailleurs le Bisse du Rho dans le Valais en Suisse.
    J’ai donc expérimenté toutes vos préconisations d’auto thérapie. Je voudrais dire à tous vos lecteurs qu’elles ont été efficace pour moi. Je les complète par des exercices de respiration quand parfois je suis à nouveau sujet à une « crise ».
    Enfin, l’effet groupe permet parfois de franchir une difficulté que seul on aurait pas franchi, pour peu que l’on soit bien accompagné.
    Dans une situation sans danger (passerelle sécurisée) j’ai pu passer derrière une fillette de 10 ans qui est passée en s’amusant. (non mais)

    • Merci pour le retour Claude. Pour le vol à voile, parapente ou autre, je ne suis pas sûr que ça fonctionne très bien, car la peur du vide se manifeste normalement quand on a les pieds au sol.

      A bientôt,
      François

      • Chaque phobie survient dans des conditions très spécifiquement définies.
        Le malaise vertigineux des montagne ne se résume pas à la « peur du vide »

  28. Le vertige est un phénomène vraiment étrange : je pouvais pratiquer la poutre sans souci mais les barres asymétriques étaient pour moi une torture et je suis toujours incapable de tenir un équilibre ou un poirier.
    Pour autant, je n’ai jamais fait de crises de paniques, le terme exact est plus incommodée dans certaines rando, je vais devoir ralentir ou penser à autre chose et je sais que bizarrement j’ai moins de problème si le vide est à ma gauche que s’il est à ma droite (montée ou descente) peut être car c’était mon oeil le plus myope? L’une des choses qui marche pour moi dans ces moments c’est les batons ou alors écouter de la musique via des écouteurs. Ce n’est pas très sociable mais ça me donne un rythme et une source de diversion.
    Pour ceux plus hauts qui citaient le problème des verres progressifs, mon papa a eu le même problème, il m’a raconté qu’il avait eu l’impression d’être sur un bateau sur une mer démontée la première fois qu’il a abordé une descente avec ses verres progressifs. Par contre, selon le degré de presbytie, cela vaut peut-être le coup dans ces cas là de garder une paire de lunettes non progressives?
    Bonnes randonnées à tous

    • Merci beaucoup pour le retour. 😉

      • Il me semble que le vertige est lié est lié à la conscience que s’il arrivait quelque chose de fâcheux, on n’a aucune possibilité de se récupérer.
        Ainsi les lignes plongeantes d’immeubles font prendre conscience qu’il n’y aucune possibilité de s’accrocher à quoi que ce soit en cas de dérapage.
        Concernant le chemin de crête il n’y a pas forcément de lignes fuyantes, mais l’incertitude sur le risque de dérapage sur le chemin ou d’effondrement de l’appui, conduisent à la même peur.
        Une technique aide beaucoup = prendre conscience de la stabilité du pied dans la chaussure + de l’accroche de la chaussure sur le terrain + de la consistence du terrain qui ne risque pas de se fragmenter + de la progression calme et prudente. Petit à petit, on finit par avoir moins peur…. du risque de ne pouvoir rien maitriser.

        • (…) « du risque de ne rien pouvoir maîtriser »… tu as tout compris!
          C’est la problématique du « non-contrôle »qui définit une phobie.. Le « non-contrôle » nous met en référence avec notre passage de la vie à la mort, point après le quel on ne sait pas ce qu’il y a: c’est la grande inconnue, c’est insupportable d’angoisse , au point que , ne pouvant supporter cette question sans réponse , on en invente la réponse…(« comprenne qui a des oreilles pour entendre »: si je dis ici la raison de cette réaction – universelle – la majorité tombera en « résistance d’emblée »!

    • Oui: réponse en « 10 »

      • (suite…)
        Réponse en « 10 », tant pour les lunettes de vue (Nelisa) que pour le mécanisme de la phobie – « acrophobie » (jean)

  29. J’ai fait de l’escalade et du ski sans soucis pendant ma jeunesse, mais depuis la quarantaine le vertige devient incontrôlable, avec son lot de « ne t’approche pas du bord » envoyés à la famille, les « passages en regardant les chaussures de celui devant », les « passage à 4 pattes », et plus récemment les « refus d’aller plus loin » et les « demi-tours », voire dernièrement les « renoncements » aux rando avant même d’avoir tenté le « gaz »… Cet hiver j’ai même été pris de panique dans le télésiège dans une petite station de ski des Alpes du sud 🙁 Et le reste de la famille adore la montagne, quelle poisse!
    Comme le dit très bien Pierre-Antoine (et c’est assez rare de le voir écrit aussi explicitement) c’est pas du tout la peur de glisser ou de perdre l’équilibre qui pose problème. C’est la conviction que je vais céder à la tentation de sauter dans le vide!!! C’est assez terrible, car autant on peut se raisonner sur la sécurité d’un sentier, sur l’accroche des chaussures sur le terrain, autant quand cette « pensée virale » est implantée, il n’y a aucun moyen de la repousser, on tourne autour comme une bille qui spirale dans un entonnoir : l’issue sera le saut dans vide pas parce qu’on a glissé, mais parce qu’on a sauté volontairement. Ca parait dingue, et je suis quelqu’un de plutôt rationnel (voire excessivement rationnel). Mais c’est ainsi des phobies, aucun lien avec le rationnel.
    Depuis quelques mois, je souffre subitement d’une nouvelle phobie qui donne exactement les mêmes sensations que le vertige dû au vide: le vertige de la vitesse sur autoroute. Plusieurs fois j’ai dû passer le volant car ma vitesse tombait à moins de 80km/h et je m’approchais de plus en plus de la voie d’arrêt d’urgence. J’ai eu l’occasion de surveiller de très près l’arrivée des symptomes (car sur autoroute pas moyen de s’arrêter et faire demi tour comme sur un sentier en balcon): lutte contre l’arrivée des pensées parasites virales, mais comme on appréhende leur arrivée, et bien on y pense, et donc pics soudains d’adrenaline à la pensée qu’on pourrait céder à la tentation de donner un coup de volant à 130km/h pour faire 20 tonneaux.
    J’ai vécu des soucis importants au taf, et je me demande si l’aggravation des phobies ne pourrait pas y être liée. Autant je peux imaginer éviter les randos avec trop de gaz, autant ça me parait impossible de me passer de conduite à cause des déplacements pro, donc j’envisage de chercher des moyens de traitement, et qui sait, soigner les deux phobies d’un coup 🙂 Je tente la désensibilisation par mes propres moyens, mais avec franchement aucune amélioration notable, voire ça s’empire car la panique devient totalement « réflexe » à force de s’exposer.

    • Nos phobies et nos névroses sont le prix à payer pour rester « équilibrés ». c’est bien, non?

    • Bonjour Pascal,

      Je pense que ça vaudrait le coup d’aller voir un spécialiste, car 2 phobies en peu de temps et des soucis au travail ne sont peut-être pas des coïncidences.

      A bientôt,
      François

  30. Pour me guérir de ce vertige qui me gêne parfois en rando ….j’ai sauté en parachute !(accompagnée)

    Assise dans l’avion les pieds dans le vide juste avant le grand saut terrifiant . J’ai sauté .

    Aujourd’hui face à des pentes bien raides ou sur des sentiers étroits au-dessus du vide, une petite voix me dit « tu as sauté tu peux bien marcher là ».

    Un peu onéreux comme solution je vous l’accorde mais assez efficace

  31. Merci pour tes précieux conseils que j’essaierai de mettre en place dès que le cas se présentera à nouveau à moi,à savoir la peur d’un dénivelé brutal.
    Louis

  32. bonjour,
    Quel plaisir de lire un article sur le vertige ! Vu le nombre de réponses , je me sens moins seule!
    Je souffre énormément du vertige et ça s’accentue avec l’âge ( la soixantaine ) . J’ai quelques stratégie pour vivre avec ; en vrac :
    – ne jamais fréquenter de montagnards , c’est l’incompréhension assurée …
    – avant une rando , j’étudie soigneusement les cartes ; si un passage me semble suspect , je pars seule en me donnant la liberté de faire demi-tour si nécessaire , ainsi je ne gâche pas la rando des autres et il n’y a personne pour me faire ch…
    – si un passage me fait peur mais qu’il est bref , je tente de le franchir mais sans trop me forcer , je ne tiens pas à rester bloquée dans les coins déserts où je me balade !
    – avoir le vertige n’est ni une faute , ni une tare ;ne pas se culpabiliser et ne pas se laisser culpabiliser me semble fondamental ( ceci dit , c’est vraiment embêtant ) . Je marche pour mon plaisir , pas pour relever un défi .
    – il a toujours moyen de contourner un obstacle , même si c’est parfois très long et un peu ennuyeux ( sinon tant pis mais il a des choses plus graves qu’une rando loupée , non ? )
    Bref , j’ai abandonné l’idée de vaincre mon vertige qui est très violent mais je peux quand même faire de superbes balades dans ma région qui est très accidentée .
    Je ne sais ce qu’en pense Alain , je préfère pour ma part garder ce vertige qui ,certes m’empoisonne un peu la vie , que de voir cette phobie prendre une autre forme peut-être plus invalidante . Par contre , je regrette le peu de compréhension de nombreuses personnes ; les personnes non sujettes au vertige ne peuvent pas se rendre compte qu’entre la peur et la panique , il n’y a parfois qu’un cheveu .
    Avec ou sans peur , bonnes balades à tous !
    Tembia

  33. Bonjour
    Personnellement j’ai l’impression de m’améliorer à chaque randonnée 🙂
    J’ai 45 ans aujourd’hui, et à 20 ans je ne montais pas sur un tabouret.
    Je suis monté plusieurs fois sur des grandes échelles depuis pour vider la gouttière ou coupper du lierre, et si l’échelle est stable je n’ai pas peur. Je sais qu’après tout dépend de moi.
    Mes premières rando j’étais avec un ami qui se déplaçait comme un bouquetin, et rien que de le regarder ça m’effrayait. J’avais peur des montées et surtout des descentes. (Gr10).
    Depuis j’ai fais des randonnées avec la fille, et là j’étais obligé d’être responsable et d’assurer, donc je n’avais pas « le droit » d’avoir peur, et du coup je n’avais pas peur.
    J’ai aussi randonné tout seul, et la c’est encore autre chose parce que même si ça m’arrive d’avoir peur, je continue, à mon rythme.
    Avant j’utilisais tout le temps les bâtons de marche, ça me rassurait. En fait, j’ai compris récemment qu’au contraire je suis plus à l’aise quand je suis bien stable sur mes pieds sans les bâtons. Les bâtons sont des faux amis parce que je passe mon temps à m’appuyer dessus même quand je n’en ai pas besoin, et du coup ma tête reste dans un mode craintif alors qu’en fait tout va bien.
    Du coup je m’en sers surtout pour les descentes sur des sentiers glissants (cailloux).
    Quand je sens que j’ai peur je m’arrête, respire, et sens mes pieds bien stables sur le sol. Je bouge un peux pour le rendre compte que tout va bien, et ça va mieux.
    Bref maintenant je marche sur des cretes, je grimpe des sommets, je me régale mais je ne suis pas encore prêt pour une via ferrata ou même le canyon d’Ordessa par le haut.
    Bon rando à tous !

    http://sectionrythmique.com/randos

    • Intéressant comme partage d’expérience, car j’ai participé à une journée de coaching à vaincre son vertige: on nous a justement appris à ne pas marcher avec les bâtons, à sentir nos appuis et nos pieds ancrés dans le sol, et à se servir des bâtons tenus par les 2 mains comme d’un repère visuel qui casse la perspective du vide. Ça rejoint les astuces que tu t’es trouvé!

  34. Bonjour
    Tout d’abord , je voudrais signaler que le corps médical en général ne sait pas quoi faire ou dire quand on parle de vertige ; j’en ai fait l’expérience .Je tiens aussi à rassurer ceux qui ont le vertige , en effet j’ai eu le vertige y compris quand je regardais le fameux alpiniste EDLINGER à la télévision !! ce qui est un comble quand on est assis dans son fauteuil à regarder !! et chose très curieuse , je n’ai plus le vertige : pourquoi : mystère !! ce qui veut dire que cela peut disparaître sans que l’on ait fait quoi que ce soit !! et c’est plutôt une bonne nouvelle. je confirme aussi que si on est avec une personne qui a le vertige , c’est mon cas , il faut être très calme et surtout ne pas forcer la personne quitte à faire demi-tour
    Bon courage et confiance pour ceux qui ont le vertige

    • Très bon article mais j’aimerai revenir sur la définition de quelques termes utilisés ci et là :
      – La « Pathologie » est l’étude des maladies dont la racine Grec exprime « l’examen des passions ». Une pathologie est donc l’explication du contexte d’une maladie, de ses symptômes et aussi des remèdes possible.
      – Le « Vertige » est provoqué soit par un mauvais fonctionnement du système vestibulaire localisé au niveau de l’oreille interne ou soit d’une atteinte neurologique ou cérébrale qui déclenche une perte de connaissance avec une sorte de rotation de notre environnement et ce termine le plus souvent par une perte de l’équilibre.
      – La « Phobie » du vide est un symptôme qui provoque une peur irrationnelle plutôt d’ordre psychologique : pathogène ou non mais qui n’a rien à voir avec le vertige.
      Bref on utilise le mot « vertige » d’une manière inappropriée, ici on parle plutôt de la phobie du vide.
      Le vertige est médical qui peut-être provoqué par des causes comme une otite, une névrite vestibulaire, une altération de la circulation sanguine, une affection neurologique après un AVC par exemple, de l’hypertension intracrânienne, la maladie de Ménière, etc.

      Alors peut-on parler de pathologie pour une phobie ; je dirai normalement non car ce n’est pas une maladie mais avec réserve car rien n’est si simple.

      Personnellement j’ai déclenché une phobie du vide vers l’âge de 22 ans en allant une nuit où je n’étais peut-être pas en forme sur une grande roue avec des copains. Je n’avais aucun problème particulier avant (pas sans peur mais sans phobie), je n’arrivais plus par exemple à monter sur une échelle à 2 mètres de hauteur les jours suivants ; j’ai fait des progrès depuis en luttant.

      Par contre je navigue beaucoup mais je ne suis pas sujet au mal de mer dû à l’état de la mer, ponctuellement je peux être incommodé mais pour des raisons extérieurs aux roulis ou aux tangages : l’appréhension et le froid en équipage. Mais nous naviguons souvent à 2 avec ma femme et cette responsabilité m’empêche probablement de déclencher ces appréhensions même si parfois le temps se dégrade avec un force 7 à 8 et que la mer devient plus très sympa en se retrouvant plus dans un manège de fête foraine que sur un bateau en rebondissant de vagues en vagues, gîté jusqu’au franc bord, avec des coups de roulis improbable, la mer blanchie et parfois une montagne d’eau nous assaille et sans parler du bruit assourdissant !

      Au mois de mars j’ai dû faire demi-tour sur un sentier malgré l’insistance de ma femme pour continuer car nous étions à moins de 500m du point souhaité. Y avait-il un risque je ne sais pas le dire ? Nous étions à 2 et seul à l’horizon sur un chemin que nous ne connaissions pas, à 1000m d’altitude, il y avait 15 cm de neige mais que le vent avait regroupé à cet endroit en une congère qui barrait le chemin. Il fallait donc passer le long d’une pente très raide et dans un virage ouvert, sans visibilité de la suite du chemin. Nous n’étions pas équipés pour la neige, juste des chaussures de rando en fin de vie (nous en avons ensuite acheté de bonnes paires avec les préconisations de François, merci) qui prenaient un peu l’eau.

      Ma peur est irrationnelle, par exemple j’aime le ski mais je fais aussi attention aux remontes pentes que j’utilise et parfois c’est même très compliqué. Si je dois prendre un télésiège qui me donne beaucoup de sensations au point de penser que je vais dévisser (comme on dit), je demande à la personne qui est à côté de moi (même si je ne la connais pas) de me parler… du coup j’oublie totalement mes peurs, investi totalement dans la conversation. Je n’en reviens pas moi-même !

      Lorsque je monte dans un phare ou une tourelle, ma peur est à la montée, la peur de ne pas pouvoir redescendre alors qu’à la descente je n’ai jamais eu de problème mais c’est plus fort que moi et il est difficile de me raisonner. Pourtant je monte sur le toit de ma maison qui a 2 niveaux, je m’occupe de son entretien comme par exemple le ponçage et la mise en peinture des planches de rive au bout d’une échelle à plus de 3,5m parfois en équilibre ; je ne dis pas que je suis sans émotion mais bon je le fais ! Je n’ai pas encore trouvé le bon truc pour repousser ces peurs pourtant je m’y intéresse, peut-être un stage… on verra dans l’avenir.

      Merci à François pour ces bons articles et à vous tous pour le résumé de vos expériences.

  35. Bonjour,

    Le vertige , c’est bizarre comme sensation.
    Ca me fout les jambes en coton, et l’impression que je suis « liquide », avec une grande angoisse qui me vrille les boyaux et me noue la gorge. !
    … en spéléologie jamais. Et pourtant je voyais la lumière de copains 90 m plus bas , avec descente dans le gaz. Rien Nada, que dalle : la protection de l’obscurité qui vous « protège »
    Par contre maintenant , 40 ans plus tard, j’ai le vertige en visitant un château moyenâgeux !
    Si si , lorsque vous êtes tout en haut et que vous voyez par les mâchicoulis la porte d’entrée 40 m plus bas ! et c’est pire si le chemin de ronde est en planches, car les lames sont disjointes et bougent…
    Mais j’y vais , car je sais que c’est dans ma tête et pas ailleurs que cela se passe .
    Avec certes du coton dans les jambes, mais j’y vais ( je reste plus coté mur que coté vide, en le caressant au passage ce mur )
    Idem sur l’échelle lorsqu’il me faut monter sur le toit de la maison.
    Avec les années , on s’habitue, et cela va mieux.
    Ha … et l’escalier du phare, celui qui vous permet d’accéder à la lanterne , qui est en métal, qui vibre et ou vous pouvez voir au travers … comme elle est la bienvenue cette rambarde qui « me donne la main ». lol
    Tout cela juste pour vous dire que le vertige cela se chope partout .
    Même en ascenseur … si les parois sont en verre et permettent de voir les alentours.
    Ce jours là je l’ai cramponné fort la barre , fermé les yeux , et me suis engueulé ( tout seul, hein, à l’intérieur de moi) et cela a passé.
    Je sais depuis longtemps que cela se passe dans me tête, et lorsque cela commence, je ne regarde pas vers le bas, je monte, et je me dis d’arrêter de déconner ! Et cela m’aide.
    Et la descente, : ça va bien mieux puisque je connais déjà le chemin et je sais que je serais bientôt en bas arf

  36. Article très intéressant. Les interventions d’Alain de Batttistaule mettent bien le problème (si complexe et multi-causal) en perspective. Excellent.

  37. Bonjour François,

    Merci beaucoup pour tout ce que vous nous donnez, conseils, parcours, photographies…PDF… Pour dépasser ma peur du vide, cet été ce fut bien avant d’arpenter certains cols pour randonner. Dans le Pays Basque, suivant le choix de nos randonnées, fréquemment mon mari choisissait de nous y conduire en empruntant de magnifiques petites routes étroites et bien ombragées où toute manœuvre pour faciliter le croisement avec un autre véhicule devient délicat bien qu’il y ait quelques passages réservés au stationnement de l’un ou l’autre véhicule…La voiture conduite par mon conjoint pointait le bout de son nez sur de belles hauteurs sans apercevoir la suite du ruban goudronné…Aucune visibilité avant d’avoir amorcé la descente de la route, c’était impressionnant.
    Un véritable défi de confiance mutuelle, d’une nouvelle prise de conscience face à la peur pour continuer d’avancer malgré les turbulences intérieures. Alors, oui, tout est possible avec amour, patience & tolérance de nos différences.

    Excellente continuation.

  38. Petite expérience perso : mon jeune fils avait le vertige, nous sommes partis en famille à la dent d’Orlu, il est arrivé en haut à 4 pattes et a refusé de se relever pendant que nous admirions les sommets environnants. Il tremblait et n’a accepté de se relever que bien serré entre sa mère et moi.
    Pour le retour nous nous sommes encordés, moi devant, lui au milieu et son frère ainé derrière.
    A mi-pente il nous demandait déjà de nous rapprocher du bord, avant d’arriver en bas il nous a demandé de le détacher.
    Il avait 10 ans à l’époque, 20 ans plus tard il n’a plus peur du vide.

  39. Bonjour Francois,

    Isn’t it that vertigo is actually the medical condition of spinning and losing the balance, rather than the fear of the emptiness or heights?
    Normally the vertigo is not necessarily connected with being on the edge, but can rather appear in any place or situation, when you walk, sit or even lie down.
    Thus, for me, what you refer as sensation of fear of heights or feeling dizzy because of that, is rather a phobia that can (or maybe cannot) be dealt.
    (It might also be that in french, vertige has a more general meaning?)

    Thanks for the nice work

    • Hi Georges,

      You are right, vertigo has a general meaning and it is both a fear of heights and a medical condition of losing balance and feeling dizzy. That’s why I specified in the article that I was using the word « vertige » but only meaning « fear of heights » as it’s the commonly used term.

      Regards,
      François

  40. Bonjour François,
    mon métier m’oblige très régulièrement à monter en hauteur, j’ai su maitriser avec les années le vertige, mais j’ai constater, qu’en fonction de mon état de forme, entre le début de matinée et le soir après une journée complète en hauteur, des conditions climatiques (gel, pluie, vent),des différentes matières structurelles ou j’évoluait, je pouvais développer des sensations différente.
    J’ai développer ainsi une forme de prévention et d’analyse des risques de chutes qui m’est utiles également lorsque je randonne.
    Je me rappel également un passage d’un livre sur un sportif de l’extrême, ou il expliquait très bien la différence qu’il y avait entre l’imprudence et l’inconscience, on sort un peu du sujet mais il peut parfois y avoir une liaison.
    Sinon c’était , comme d’habitude, un très bon article

  41. je suis un ancien pilote de l’armée de l’air et, j’ai aussi pratiqué le planeur et le parachutisme . Curieusement, je suis sujet au vertige , mais uniquement si je suis relié au sol , jamais en avion, en planeur, en parapente ou, même, à la porte de l’avion avant de sauter en parachute . Par contre, j’ai le vertige sur un échelle de 3m pour aller réparer un plafonnier !

  42. Bonsoir François,

    N’avoir pas lu tous les commentaires.. Certains préconisent de fixer un point au loin du lieu de randonnée (montagne ou autre) avant de continuer la route de manière à s’habituer à l’espace environnant.

    Belle continuation à Vous.

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