Jan 162015
 

Randonner en hiver 12 conseils pour votre sécurité et votre plaisirL’hiver n’est pas toujours la meilleure période pour randonner – car dans certaines régions, la météo n’est pas forcément très conciliante avec des sorties en plein air.

Pour certaines personnes, hiver ou pas hiver, cela ne change pas grand-chose. Pour d’autres, l’hiver annonce la fin de la saison et une pause de plusieurs mois. Pour d’autres encore, l’hiver est l’occasion de profiter de la neige (quand il y en a) et faire de belles randonnées en raquettes.

Peu importe à quelle catégorie vous appartenez, vous vous doutez sûrement que randonner l’hiver est un peu plus dangereux qu’en période estivale.

Bien évidemment, randonner en hiver ne va pas impliquer les mêmes choses selon les régions, les pays et les terrains. Dans certains endroits, les conditions sont par exemple bien plus hivernales en été que dans d’autres endroits en hiver. En montagne, certains itinéraires de randonnée d’été sont impraticables l’hiver à cause de la neige – ou sont pratiqués sous forme de courses d’alpinisme.

Cependant, avec une bonne préparation et en respectant quelques règles de sécurité, il est tout à fait possible de randonner l’hiver en sécurité et avec plaisir. 😉 En plus, ça permet de profiter de la nature d’une manière différente, avec des paysages et couleurs propres à cette saison et avec moins de monde sur les sentiers.

L’objectif de cet article n’est pas de faire de vous un alpiniste ou un aventurier polaire, mais plutôt de vous donner quelques conseils pour randonner l’hiver.

Conseil n°1 : Attention, en hiver les jours sont plus courts

C’est quelque chose auquel il faut faire attention quand on planifie ses randonnées. On a moins de temps dans une journée, donc pensez-y, à moins que vous n’aimiez finir dans la nuit.

En été, il est facile de prévoir une bonne marge avant la nuit. Par exemple : pour une fin prévue à 16h, ça laisse 5-6h de marge. En hiver, avec une fin prévue à 16h, ça peut laisser seulement 1h de marge.

Encore une bonne raison de ne pas oublier sa lampe frontale.

Conseil n°2 : Gérez bien votre habillement

Ce n’est pas un scoop, les températures sont plus froides en hiver. De plus, le soleil n’est pas si intense qu’en été, il n’est pas aussi haut dans le ciel et les températures peuvent chuter rapidement avec la tombée de la nuit.

Pensez donc à bien vous couvrir et à emporter suffisamment de vêtements avec vous – surtout si vous n’avez pas l’expérience de randonner dans le froid. Pensez toujours à prévoir une marge de sécurité.

En général, tant que vous marchez, vous aurez chaud, mais il faut aussi que vous puissiez rester au chaud si jamais vous êtes immobilisé – si vous vous blessez par exemple. N’oubliez d’ailleurs pas l’utilité de la couverture de survie dans ce cas.

Il y a déjà pas mal de ressources sur le blog au sujet de l’habillement :

N’oubliez pas que le système des 3 couches peut s’adapter ailleurs que sur le haut du corps. Pour le bas, ça peut par exemple être : collants en synthétique, pantalon polaire et pantalon imperméable et respirant. Par grand froid, il est d’ailleurs possible de multiplier les secondes couches, mais attention à ne pas être trop compressé dans vos vêtements, auquel cas vous risqueriez d’avoir froid.

Pensez aussi à bien couvrir vos extrémités.  Des chaussures imperméables et respirantes et des chaussettes chaudes sont recommandées ainsi que des gants, un bonnet (très important) et éventuellement une écharpe, un buff ou un cache col.

Conseil n°3 : Restez au sec

C’est un conseil que je donne même pendant les autres saisons, mais quand il fait froid c’est encore plus important si l’on ne veut pas « attraper » froid ou risquer l’hypothermie (quand le corps est à température trop basse pour fonctionner correctement). Il y a 2 principales sources d’humidité dont il faut se protéger (si on met de côté les chutes dans les cours d’eau) :

  • Sa transpiration.
  • Les intempéries (pluie, neige, etc.).

Se protéger de sa transpiration

Pour cela, le mieux est d’utiliser les bons vêtements et dans le bon ordre (voir les ressources du conseil n°2). Il est tout aussi important de bien réguler sa température corporelle et de faire attention à ne pas trop transpirer – en adaptant ses couches de vêtements et en utilisant les aérations de ses vêtements.

Le but est d’avoir des vêtements secs à même la peau pour éviter la sensation de froid. Ça peut valoir le coup d’avoir une première couche de rechange (même pour les randonnées à la journée) et d’avoir une petite serviette en microfibre pour sécher votre transpiration si jamais vous transpirez beaucoup.

Se protéger des intempéries

Il faut penser à protéger :

  • Ses vêtements et soi-même quand on randonne. Il faut donc toujours emporter une troisième couche (veste de pluie, poncho, éventuellement un pantalon de pluie, etc.). Prendre l’eau en été quand il fait chaud ou en hiver quand il fait froid n’est pas du tout la même chose. Plus il fait froid, plus il est indispensable de rester au sec.
  • Les affaires présentes dans son sac à dos. Pour cela je vous conseille la lecture de cet article.
  • Ses affaires lors du bivouac (pour les randonnées de plusieurs jours). Il faut pour cela avoir un abri bien imperméable, bien choisir son emplacement de bivouac et bien protéger ses affaires.

Conseil n°4 : Protégez-vous du vent

Tongariro Alpine CrossingPlus les températures sont basses, plus le vent a un impact important sur la température ressentie (voici un article sur le facteur vent si vous souhaitez en savoir plus).

C’est pourquoi, il est encore plus important de se protéger du vent en hiver. Pensez donc à avoir des vêtements vous coupant au maximum du vent (une capuche coupe-vent est très importante) et évitez les courants d’air en fermant bien vos vêtements et en utilisant les cordons de serrage.

Pensez aussi à vous abriter du vent pendant les pauses ou aux emplacements de bivouac si vous randonnez plusieurs jours.

Un petit exemple (photo ci-dessus) de mon visage bouffi par le blizzard, le froid et la neige/grêle. Au passage, notez l’excellente visibilité. Clignement d'œil  C’était sur le Tongariro Alpine Crossing en Nouvelle Zélande.

Conseil n°5 : Soyez vigilant pour vous orienter

Mais qu’est-ce que ça change en hiver ? Quand il n’y a pas de neige, pas grand-chose, mais quand il y en a, il faut être particulièrement vigilant !

En effet, les cartes topographiques sont des représentations estivales du terrain – c’est-à-dire de ce que l’on peut voir à la surface pendant la période estivale.

Quand de la neige est présente, elle cache une partie du terrain, peut atténuer certains reliefs (cuvettes, petits vallons, etc.) et en créer d’autres (corniches par exemple).

Pour s’orienter, naviguer et préparer ses itinéraires, il faut donc prendre en compte que certains indices sont cachés et se méfier des petits reliefs. Dans ces conditions, l’utilisation de la boussole est généralement un peu plus fréquente qu’en période estivale. Avoir un GPS et savoir bien s’en servir peut également être un plus – surtout en montagne.

Faites attention, même sur des itinéraires que vous connaissez déjà, le paysage est très différent et peut être méconnaissable avec de la neige.

Conseil n°6 : Apprenez à connaître la neige et la glace

Ça ne concerne bien évidemment que ceux qui risquent de rencontrer de la neige ou de la glace lors de leurs sorties. Cela n’est pas réservé à l’hiver, la neige et les névés sont courants en montagne au printemps et à l’automne.

Certaines sections praticables en été peuvent être dangereuses avec de la neige ou de la glace si on n’a pas le matériel, les connaissances et l’expérience nécessaires. Il ne suffit pas de grand-chose pour rendre un passage dangereux.

On pense naturellement aux avalanches, mais il existe beaucoup de pièges, comme les cours d’eau ou trous recouverts de neige, les corniches, etc. La neige et la glace sont des domaines complexes et difficiles à décrypter, donc méfiez-vous.

Voici par exemple une corniche dans les Vosges (photo de gauche) et un lac gelé en partie recouvert de neige en Nouvelle Zélande (photo de droite).

OLYMPUS DIGITAL CAMERA    Lac gelé recouvert de neige - Nouvelle-Zélande

Que vous soyez à pied ou en raquettes, préparez vos itinéraires en connaissance de cause, formez-vous et n’hésitez pas à faire demi-tour.

J’en profite pour rappeler que le matériel ne fait pas tout. La randonnée dans la neige nécessite dans beaucoup de cas un équipement de sécurité (DVA, pelle et sonde), mais il faut apprendre à s’en servir et ce n’est pas parce que vous avez ce matériel que rien ne peut vous arriver. Il existe également des sortes de crampons et semelles antidérapantes adaptables sur des chaussures de randonnée, mais il est important d’apprendre à se déplacer avec, de savoir ce que l’on peut faire avec et de connaître leurs limitations. Entre parenthèses, quand de la neige et de la glace sont présentes, les bâtons peuvent être d’une grande utilité.

Pensez aussi que marcher dans la neige (avec ou sans raquettes) est plus fatigant et plus lent que sur un sentier. Adaptez donc vos estimations de temps de marche.

Mount Feathertop et Razorback

Une randonnée en Australie, vers Mount Feathertop (photo ci-dessus) m’avait par exemple probablement pris environ 25% de temps en plus à cause de la neige.

Conseil n°7 : Pensez à vous hydrater correctement

J’ai déjà écrit un article sur l’hydratation, mais je pense qu’il est important de le repréciser. En effet, la sensation de soif est moins importante quand il fait froid et on peut se déshydrater facilement sans s’en rendre compte. Il faut également savoir que la déshydratation favorise l’hypothermie.

Pensez donc à vous hydrater même si vous n’en avez pas forcément très envie. Si l’eau glacée ne vous tente pas (ce que je comprends), vous pouvez opter pour une boisson chaude dans une bouteille isotherme. Je ne le recommanderais pas forcément pour des randonnées de plusieurs jours à cause du poids de la bouteille isotherme.

Conseil n°8 : Ne sous-estimez pas vos besoins énergétiques

Dans le froid, on dépense plus d’énergie et notre corps a besoin de plus d’apports. C’est quelque chose à prendre en compte surtout pour les randonnées de plusieurs jours. Il faudra prévoir plus de nourriture que pour une randonnée estivale.

Pour une randonnée à la journée, c’est moins important – même s’il ne faut pas oublier de s’alimenter au cours de sa randonnée. Au pire, vous vous rattraperez le soir en rentrant chez vous. 😉

Conseil n°9 : Attention, l’eau ça gèle !

J’ai mentionné l’importance de bien s’hydrater, mais encore faut-il faire attention que son eau ne gèle pas. En été, beaucoup de personnes ont une gourde ou une bouteille d’eau sur le côté de leur sac, ou utilise une poche à eau avec pipette. En faisant cela par températures froides, l’eau risque de geler.

Il vaut donc mieux glisser sa gourde, sa bouteille ou sa poche à eau au milieu de son sac pour l’isoler. Il existe même des protections isothermes pour éviter que l’eau ne gèle dans la pipette. Sinon, il est conseillé de souffler dans la pipette après chaque utilisation pour que l’eau retourne dans la poche et ait moins de chances de geler.

Pour les randonnées de plusieurs jours, faites attention là où vous stockez votre eau, pour éviter de devoir tout refaire fondre le matin (ce qui nécessite aussi plus de combustible).

Je vous laisse le plaisir de découvrir par vous-même les chaussures gelées, les lacets rigides, les vêtements gelés, la nourriture gelée, les boutons de montre gelés et autres… 😉

Conseil n°10 : Un bivouac en hiver ne s’improvise pas !

Un bivouac en hiver ne s’improvise pas ! Bien évidemment, ce que cela implique dépend encore une fois fortement des endroits.

D’ailleurs, je ne vous conseille pas de vous lancer dans un bivouac dans la neige ou dans des conditions froides si vous n’avez jamais fait de bivouac en saison estivale.

Qu’il y ait de la neige ou pas, il vous faudra un sac de couchage plus isolant qu’en période estivale ou vous habiller plus chaudement à l’intérieur. Je vous assure que se réveiller toutes les 15 minutes à cause du froid n’est pas très reposant. 😉

Sachez qu’il existe des doublures qui se glissent dans le sac de couchage pour mieux isoler. Vous pouvez également envisager d’utiliser deux sacs de couchage l’un par-dessus l’autre (ce n’est pas vraiment optimal au niveau poids, mais cela permet de faire des économies).

Il est également très important d’avoir un matelas qui isole bien (« valeur-R » ou « R-value » élevée) pour ne pas sentir le froid du sol ou d’en empiler plusieurs. Le choix de l’emplacement est aussi important et il est possible de l’isoler un peu avec des matériaux naturels : branchages sur la neige par exemple (photo ci-dessous, en Australie).

Isolation bivouac neige   Bivouac dans la neige

Pour les bivouacs dans la neige, renseignez-vous un peu au préalable si vous voulez éviter les mauvaises surprises : comment préparer l’emplacement, comment utiliser des corps morts pour tendre son abri, comment éviter que sa tente ne s’écroule sous le poids de la neige, etc.

Je ne rentre pas trop dans les détails ici, car j’aimerais écrire un article entier sur le sujet. 😉

Bivouac dans la neige, Vosges

Ci dessus, une petite photo de mon premier bivouac dans la neige, dans les Vosges. Pour une première fois, on avait eu trop chaud pendant la nuit, tellement on avait prévu. Clignement d'œil On a aussi découvert le problème de la neige qui fond sous son corps avant de regeler pendant la nuit.

Conseil n°11 : Ne vous attendez pas aux même refuges qu’en été

Si vous avez l’habitude du confort des refuges d’été gardés, ne vous attendez pas à la même chose en hiver ! Encore une fois, ça dépend des endroits et des refuges, mais beaucoup de refuges d’hiver sont sommaires avec un endroit pour manger et un endroit pour dormir (parfois on dort d’ailleurs sur la table ;-)).

Si vous souhaitez passer une nuit en refuges d’hiver (souvent attenants aux refuges d’été fermés), faites comme si vous étiez en bivouac (avec le matelas et l’abri en moins). Il risque d’y faire froid et vous aurez besoin d’un bon sac de couchage.

Voici par exemple un petit refuge de Nouvelle-Zélande (4 lits) que j’ai partagé avec un couple de chasseurs d’opossums. Arrivé de nuit, j’ai été légèrement surpris quand la première chose que j’ai aperçu étaient des opossums dépecés qui étaient accrochés.

Refuge Nouvelle-Zélande Extérieur   Refuge Nouvelle-Zélande Intérieur

Conseil n°12 : Tous les combustibles n’aiment pas le froid

Tout est dans le titre. 😉 Certains combustibles brûlent mal, voire pas par températures froides. C’est notamment le cas du gaz et de l’alcool (c’est encore pire pour l’alcool) pour des températures négatives – même si cela dépend plus ou moins des réchauds.

Il est donc conseillé d’isoler le combustible du froid, une bonne technique consiste à mettre la cartouche ou la bouteille de combustible dans son sac de couchage pour dormir (en étant sûr qu’il n’y ait pas de fuite). Il est d’ailleurs aussi conseillé d’isoler le réchaud à alcool ou la cartouche de gaz du froid du sol pendant l’utilisation.

Pour des températures très froides ou plus de confort, il est sinon possible d’utiliser des réchauds à essence ou des réchauds multi-combustibles qui fonctionnent très bien par temps froid – même s’ils ont d’autres inconvénients.

Pour finir…

Randonnée raquettes en hiverJ’espère que ces conseils vous seront utiles pour vos randonnées en hiver. Ils ne doivent cependant pas remplacer les règles de sécurité classiques, mais s’ajouter à celles-ci (prévenir un proche et lui donner son itinéraire avant de partir, s’informer des conditions météorologiques, etc.).

Vous avez pu entrevoir quelques anecdotes de mes randonnées en hiver. Rassurez-vous, ça ne ressemble pas toujours à ça ! Beaucoup de randonnées hivernales sont plus « tranquilles » et ressemblent à des randonnées estivales. 😉

En attendant de nouvelles publications, je vous souhaite de belles randonnées hivernales ou une bonne préparation de vos randonnées hivernales.

Si cet article vous a plu, n’hésitez pas à le partager avec vos amis ou vos proches – pour leur plaisir et leur sécurité. 😉

  51 commentaires à “Randonner en hiver : 12 conseils pour votre sécurité et votre plaisir”

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  1. […] ai déjà parlé dans l’article « Randonner en hiver : 12 conseils pour votre sécurité et votre plaisir », les refuges d’hiver sont souvent plus sommaires que les refuges d’été avec des tables, […]

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