Lors de ma dernière randonnée qui était une itinérance en raquettes 🏔️ j’ai été confronté à un danger de la neige en forêt qui n’est pas forcément bien connu. C’est donc l’occasion de vous en parler. Quand on pense « neige » et « risques », on pense aux avalanches, aux pentes de neige dure, aux ponts de neige, etc., mais pas forcément à un phénomène qui se forme auprès de certains arbres, donc en forêt, lorsqu’il y a beaucoup de neige.
Certains conifères comme les épicéas ou sapins 🌲 peuvent avoir les branches basses orientées vers le bas, formant comme une jupe. Au cours des chutes de neige de l’hiver, ces branches basses retiennent la neige ou la dévient vers l’extérieur et empêchent la neige de s’accumuler et de se compacter sous celles-ci.
On se retrouve souvent avec une couche de neige entre le sol et les branches qui est meuble, voire avec du « vide ». Et deuxième effet accentuant le phénomène : la neige a tendance à plus fondre au niveau du tronc et du sol autour, tout en restant parfois présente au-dessus des branches.
Ça forme des sortes de puits (ça s’appelle d’ailleurs des « tree well » en anglais) qui peuvent être assez piégeux ⚠️ et un véritable danger de la neige en forêt. Si on s’approche trop près de l’arbre, la neige risque de s’effondrer sous notre poids.
C’est soudain et il y a rarement le temps de se rattraper. Cela peut aller de l’expérience rigolote où l’on s’enfonce d’un coup jusqu’à la hanche sans blessure à une expérience beaucoup moins drôle, voire fatale dans les pires cas. Dans les régions avec de la neige abondante, ces puits peuvent atteindre plusieurs mètres et il est extrêmement difficile d’en ressortir seul(e).
De plus, quand deux arbres sont suffisamment proches, cela forme parfois des ponts de neige, c’est-à-dire une couche de neige qui ne repose pas directement sur le sol (il peut y avoir du vide ou de la neige très meuble en dessous) et qui peut donc s’effondrer sous le poids d’un randonneur.
Pour que ce soit plus clair, je vous ai fait un schéma ci-dessous. On ne dirait pas, mais ça m’a pris du temps ! 😅

1️⃣ Observer et repérer de tels arbres, et les branches enfouies. Attention, car souvent une partie de l’arbre est enfouie et on ne connaît pas la longueur des branches. Plus l’épaisseur de neige est importante, plus il est difficile d’estimer. Attention également aux petits arbres qui dépassent de la neige : il peut s’agir de la cime d’un arbre plus grand que ce que l’on pense.
2️⃣ Contourner largement les arbres concernés et éviter de passer entre deux arbres proches de ce type.
3️⃣ Si on a un doute, sonder avec son bâton devant soi pour vérifier l’état de la neige avant de s’engager.
4️⃣ Dans ces zones, marcher prudemment et suffisamment lentement (moins de risques de blessure si une jambe traverse la couche de neige).
Et un dernier conseil pour la route 💡 : ce n’est pas parce que le plus lourd du groupe est passé devant vous sans souci que vous n’allez pas passer à travers.
Connaissiez-vous ce phénomène ? N’hésitez pas à partager cet article avec des personnes qui randonnent en raquettes ou à ski en hiver.
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👍 Je soutiens
Je n’ai jamais été confronté à ce phénomène mais il me vient aussitôt une idée qui permettrait de l’exploiter : est-il possible de confectionner un abri type igloo ou tranchée à neige à creuser dans l’épaisseur de neige qu’offrent ces puits ?..
Merci pour cet article concernant un danger dont on ne suspecte pas toujours la présence .
Je n’ai jamais testé la tranchée ou l’igloo à partir de ces puits, mais déjà dormi sous les branches basses d’épicéas et sapins qui abritent bien.
Ça doit être jouable de faire une « chaussette » à partir de l’extérieur des branches s’il y a suffisamment de neige. Pour quelque chose de solide, il ne faudra pas rester dans le puits lui-même. Du coup, c’est sûrement un peu pénible de dégager la neige jusque là.
Bonjour François
Bravo pour tes messages utiles, originaux et clairs !
Dans le même ordre d’idée, tu peux attirer l’attention sur le danger de suivre le fond d’un vallon enneigé : c’est là qu’on peut passer dans le torrent si la voûte de neige s’effondre,,,,
Passe le bonjour à ta maman Monique avec laquelle j’ai plein de bons souvenirs de courses en montagne !
Il y a effectivement pas mal d’autres pièges liés à la neige. Ma maman ne s’appelle pas Monique par contre, est-ce que je suis vraiment le François auquel tu penses ?
Au Québec, on appelle ça des « spruce traps », comme ce sont souvent des épinettes! voici un récit intéressant d’une randonneuse américaine : https://www.facebook.com/share/p/1JTYpnnYRY/