Avr 272017
 

Dès que l’on s’intéresse à un itinéraire de randonnée, on est amené à « rencontrer » un profil altimétrique ou à en tracer un soi-même – souvent par l’intermédiaire d’un logiciel. C’est quelque chose qu’il est indispensable de maîtriser, notamment pour estimer la difficulté d’un parcours et le temps qu’il nous faudra pour le suivre (mais pas uniquement).

Je vous explique tout cela en vidéo – à l’aide de dessins (dont la beauté est très subjective). 😉

Liens dont je parle dans la vidéo :

Transcription texte

Bonjour, ici François de Randonner Malin

Je vous retrouve aujourd’hui dans mon bureau, pour vous parler de profil altimétrique. Alors peut-être que ce nom ne vous dit rien ? Mais il y a de grandes chances que vous en ayez déjà croisé, que ça soit dans des logiciels de randonnée, que ça soit dans des GPS, que ça soit sur des sites d’itinéraire, ou même dans des guides papier de randonnées.

En tant que randonneur ou randonneuse, c’est vraiment quelque chose qu’il est important de maîtriser parce que ça permet de connaître le profil d’un parcours : quand ça va monter, quand ça va descendre, quand ça va être du plat. Ça permet de connaître les pentes, et en fait ça permet d’estimer la difficulté d’un parcours et d’anticiper l’effort à venir et l’effort sur tout le parcours dans sa globalité.

Ça permet également de connaître les dénivelés cumulés et les distances. D’ailleurs, si vous n’êtes pas très familier avec la notion de dénivelé, je vous mets en dessous de la vidéo un petit article que j’ai écrit sur ce sujet (ça devrait être beaucoup plus clair). Donc une fois qu’on connaît les dénivelés cumulés et les distances, ça nous permet de savoir quel temps on va mettre sur une section du parcours, et sur le parcours en entier. Alors bien évidemment pour cela il faut connaître ses vitesses de marche sur le plat, en montée et en descente. Je vous mets également un lien vers un article que j’ai écrit sur le sujet, qui devrait vous aider à faire cela.

Enfin, un profil altimétrique permet également de s’orienter, en tout cas d’aider à l’orientation. Par exemple, si vous suivez un sentier et que vous êtes à un point bas ou à un point haut, vous pouvez retrouver cela sur le profil altimétrique et savoir où vous êtes. Et c’est également la même chose avec un altimètre, où vous avez l’altitude à laquelle vous vous trouvez sur le terrain ; et vous pouvez recouper cela sur le profil altimétrique.

Ça permet également d’anticiper l’orientation, c’est-à-dire on regarde le profil : on va se dire tiens on va monter pendant tant de temps, descendre pendant tant de temps, faire du plat pendant tant de temps, etc. Et ensuite, on va pouvoir voir cela sur le terrain. Et si jamais ça ne correspond pas, se rendre compte qu’on a fait une erreur assez rapidement.

Voyons maintenant concrètement ce qu’est un profil altimétrique, comment le lire et comment s’en servir. Et pour cela, je vais commencer avec un petit dessin.

Un profil altimétrique, c’est un graphique qui représente en abscisse (donc sur l’axe horizontal), une distance. Donc c’est la distance par rapport au point de départ, elle est souvent donnée en kilomètres. Et en ordonnée (donc sur l’axe vertical), une altitude. Donc généralement, en mètres, comme ceci.

Donc ici, on a notre point zéro, c’est notre point de départ vu qu’on est à zéro kilomètre du départ. Ici on a par exemple, 10 kilomètres, et ici 20 kilomètres. On va mettre des points intermédiaires à 5 et à 15 kilomètres. Et ici, on a l’altitude de ces points, donc on peut être par exemple je ne sais pas : on va commencer à 500 mètres. On n’est pas obligé de commencer à zéro, parce que par exemple si on a une randonnée qui se fait entre 1500 et 2000 mètres, autrement on va avoir un graphique qui se retrouve tout en haut. Donc ici 500, ici on peut mettre par exemple 700, 900 et 1100. Et on peut avoir un graphique par exemple un profil altimétrique ; donc avec une montée, une légère descente, on remonte jusqu’à environ 1100 mètres, ensuite on descend vers 800 mètres, ensuite on fait du plat. Et par exemple, on redescend vers 500 mètres. Donc voilà, là on a un profil altimétrique avec l’altitude, la distance depuis le départ et à chaque point, on a une altitude et une distance.

Par exemple, ce point ici, il est… Donc c’est le point qui se trouve à environ on va dire 8 kilomètres, 7,5… Mais 8 kilomètres du départ, et ici, il se trouve à environ à 900 mètres. Donc ce point, c’est un point qui se trouve sur notre itinéraire, c’est au bout de 8 kilomètres du départ, on sera à 900 mètres d’altitude. Un profil altimétrique peut se construire à la main à partir d’une carte topographique, ou à l’aide de logiciels qui font cela de manière automatique.

Alors pour bien comprendre ce que c’est qu’un profil altimétrique, voyons rapidement comment en créer un. Donc avec ici un bout de carte topographique, et on va par exemple prendre ce chemin. Par exemple, partir d’ici et arriver allez, ici ! C’est un tout petit bout de chemin, mais c’est juste pour l’exemple : comprendre notre profil altimétrique.

On a ici notre distance en kilomètres, et ici, notre altitude en mètres. En fait, ce qu’il se passe c’est qu’on prend le premier point : ici on va dire que c’est notre départ zéro. On regarde l’altitude. Donc ici on a une courbe de niveau à 100 mètres, ici à 110 donc on va dire… On n’a pas besoin d’être précis c’est pour l’exemple ici. Donc on va dire 108 mètres, par exemple on va mettre ici une graduation à 110. Donc le premier point. On va aussi mettre à maximum 150. Donc ici, on aura 40, 30, 20… 110, donc ici on sera à 100. Voilà. Je vais tout tracer.

Voilà, donc on a ici notre échelle d’altitude. Notre premier point ici donc il est à zéro kilomètre, il est à 108 mètres d’altitude, donc il se trouve à peu près ici. Le second point, donc on va prendre par exemple ici sur le chemin, il est à 110 mètres d’altitude, et il y a cette distance-là qui sépare. Donc en fait ce qu’il se passe c’est qu’on mesure cette distance sur la carte et on la reporte à cet endroit-là. Et donc par exemple, on va être à cet endroit-là à 110 mètres d’altitude et cette distance correspondra à cette distance ici. Ensuite, on fait la même chose par exemple avec ce point-là où on va prendre cette distance. On va la reporter ici, en respectant l’échelle bien évidemment. On va regarder l’altitude : donc ici c’est à 120. Donc on va tracer notre point qui se trouve à 120 mètres d’altitude et à cette distance-là du départ. Ainsi de suite. On va prendre ici pour ce point-là, voilà ce point-là qui se trouve ici à 130. La mètre chose, 140, 150… On va se retrouver avec quelque chose ici comme ceci. Et voilà.

Et ensuite, on trace notre courbe et on a notre profil altimétrique. Donc ici c’est juste sur un tout petit exemple pour vous montrer, mais voilà en gros comment c’est fait. C’était juste pour vous montrer comment ça fonctionne, et mieux comprendre comment le lire.

Voyons maintenant deux petits exemples de profils altimétriques. Donc celui-ci c’est un profil que j’ai obtenu avec Openrunner, un logiciel pour tracer des itinéraires. Donc, on voit ici qu’on a bien notre distance, notre altitude. Et on peut ensuite voir donc le profil, qui a différentes couleurs. Donc les couleurs ici correspondent à des pentes. Plus c’est pentu, plus la couleur est foncée. Donc ça, ça peut être assez pratique.

Une autre chose, bon ici c’est sur ce profil-là, on a le dénivelé positif cumulé, dénivelé négatif cumulé. Donc ça, c’est toutes des informations qu’on peut retrouver même si on a que le profil avec l’altitude et la distance.

Une autre chose ici qu’on pourrait avoir c’est par exemple avoir un point ici en disant qu’ici on a une bergerie, et on pourrait savoir à quelle distance elle se trouve du départ, à quelle altitude elle se trouve. Alors ça, c’est des informations qui peuvent être pratiques, donc on en retrouve sur certains profils altimétriques. Après, vous pouvez tout à fait les ajouter par vous-même, et on peut même retrouver cela directement sur des logiciels pour tracer les itinéraires de randonnée. Donc ce qui est assez pratique, on peut voir le curseur qui bouge directement sur la carte quand on se déplace sur le profil altimétrique. Donc on voit sur le terrain directement quel point correspond avec le point sur le profil altimétrique.

Alors, il y a une dernière chose dont j’aimerais vous parler, ce sont les exagérations d’échelles. Vous avez pu voir sur les profils altimétriques que souvent en abscisse ici on est en kilomètres, et ici en ordonnée donc une altitude, on est en mètres. Et qu’en fait on n’utilise pas la même échelle. Ce que je veux dire par là c’est que souvent par exemple on va avoir zéro, ici 5 kilomètres, 10, 15, 20… Et qu’ici, on va être par exemple je ne sais pas à 500 mètres si on commence à 500 mètres, et on va monter par exemple jusqu’à 2000. Et entre-deux, on aura 1500, 1000. Et on voit bien qu’ici, on a entre là et là, on a 1 kilomètre, ici on a une différence d’un kilomètre, alors qu’un kilomètre sur cet axe-là c’est ici. Ici on a un petit kilomètre. Donc en fait, ça ne correspond pas du tout, ici on a une grande exagération d’échelle.

Ce qui fait qu’en fait, ça nous permet de voir un profil comme ça, mais si on ramenait exactement à la même échelle, en fait ça nous ferait quelque chose de complètement écrasé.

Par exemple si on avait un kilomètre ici, on aurait un profil… alors je vais vous le tracer ici, je vais vous le tracer là. Donc si on garde le même : 5, 10, 15 et 20. Ici on met toujours la distance en kilomètres, et ici l’altitude en mètres. Donc on va dire à 1000 mètres. Donc si on prend la même échelle, donc ici 1km et ici 1km, on aura un profil qui ressemblerait alors à quelque chose vraiment écrasé comme ça. Bon je n’ai pas bien refait le profil, mais en gros voilà c’est juste pour vous montrer l’idée. L’intérêt de l’exagération c’est pour bien voir les dénivelés, bien voir les pentes. Et autrement, quand c’est complètement écrasé, c’est vrai que ce n’est pas facile à lire.

Donc c’est vraiment quelque chose auquel il faut faire attention, après avec l’habitude vous voyez que c’est tout à fait normal. Mais voilà, je voulais quand même mentionner ça pour éviter que vous vous fassiez avoir si jamais vous faites des petits calculs de dénivelés et de distances.

On arrive maintenant à la fin de cette vidéo, si vous l’avez aimée, n’hésitez pas à mettre un petit pouce en l’air et à la partager avec vos amis. Si ce n’est pas déjà fait, n’hésitez pas à télécharger vos guides pour randonner malin juste ici, et à vous abonner à la chaîne, pour être notifié des prochaines vidéos !

Alors d’ici là, je vous souhaite d’excellentes randos, et je vous dis : à bientôt !

  3 commentaires à “Comprendre les profils altimétriques”

Commentaires (3)
  1. Bonjour
    Je saisis bien la notion de dénivellé positif / négatif, mais la question que je me pose est celle du pourcentage de la pente. Je fais un peu de course à pieds, et les organisateurs indiquent bien le D+ ou D-. Mais qu’en est il de la pente ? Car le D+ entre 2 points sera différemment encaissé par le corps si la distance entre ces deux points est longue ou courte. Et ça (le %) , c’est rarement indiqué… pouvez-vous m’en dire plus sur le pourcentage pour aborder les courses nature dans d’autres disposition? Merci de votre réponse François. Cordialement, Julie

    • Bonjour Julie,

      Le pourcentage d’une pente se calcule de la manière suivante = (dénivelé x 100) / distance

      Pour ce qui est de l’effort physique, c’est assez variable en fonction des personnes. Certains sont plus rapides (pour un même dénivelé) sur des pentes raides et que sur des pentes faibles et pour d’autres c’est le contraire.

      A bientôt,
      François

  2. Toujours des explications très clairesMerci françois!

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