Dès que l’on s’intéresse à un itinéraire de randonnée, on est amené à « rencontrer » des profils altimétriques ou à en tracer un soi-même – souvent par l’intermédiaire d’un logiciel ou d’une application GPS. C’est quelque chose qu’il est indispensable de maîtriser, notamment pour estimer la difficulté d’un parcours et le temps qu’il nous faudra pour le suivre (mais pas uniquement).
Je vous explique tout cela en vidéo – à l’aide de dessins (dont la beauté est très subjective). 😅
En complément de cette vidéo, je vous invite à lire l’article suivant qui reprend tous les points principaux pour bien comprendre le fonctionnement des profils altimétriques.
Le profil altimétrique est un outil graphique permettant de déterminer l’altitude pour un point précis ou une suite de points. Autrement dit, il s’agit d’une courbe construite sur deux axes :
La distance est généralement indiquée en kilomètres, tandis que l’altitude est donnée en mètres.

À la jonction des deux axes, nous avons notre point zéro. Il s’agit tout simplement du point de départ de la randonnée (le kilomètre zéro). À noter que pour l’altitude en revanche, on commence rarement à zéro à moins que le point de départ de la randonnée ne soit situé au niveau de la mer. Le point le plus à droite de la courbe est le point d’arrivée (qui peut aussi être le point de départ pour un itinéraire en boucle ou en aller/retour).
Dans l’exemple de profil altimétrique que je donne dans la vidéo (extrait dans l’image ci-dessus), on peut voir que l’itinéraire s’étend sur 20 kilomètres. L’altitude de départ sera de 500 mètres, il s’agit également du point le plus bas de l’itinéraire. Grâce au tracé de la courbe, on sait aussi que le point culminant se situe à environ 1 300 mètres au 11ème kilomètre.
Précision importante : comme mentionné précédemment, les altitudes sont données en mètres, tandis que les distances sont indiquées en kilomètres. Cela crée un effet d’exagération d’échelles. Il faut donc garder à l’esprit que sur le profil altimétrique 1 kilomètre pourra faire par exemple 0,5 centimètre en abscisse mais 2 centimètres en ordonnée. Cela permet notamment de ne pas avoir un graphique visuellement « écrasé » et donc de mieux se représenter les variations d’altitude.
Avec tout ça, le profil altimétrique permet donc de récolter de précieuses informations sur itinéraire. C’est un élément important dans la préparation de vos randonnées.
Pour les randonneurs, le profil altimétrique est ce qui va permettre de connaître le profil d’un itinéraire en déterminant les parties montantes, descendantes ou plates. Non seulement vous pourrez savoir quand vous aller monter ou descendre, mais vous saurez aussi si la pente est plutôt douce ou raide et sur combien de mètres / kilomètres elle s’étend.
Il s’agit donc d’un super outil pour déterminer le niveau de difficulté d’un itinéraire. En effet, vous pourrez savoir, avant même de commencer à marcher, toutes les montées qui vous attendent et gérer votre effort en conséquence. Rien ne sert de tout donner dans la première côte si une deuxième beaucoup plus difficile vous attend 2 kilomètres plus loin…
Grâce au profil altimétrique, vous pouvez aussi déterminer les dénivelés cumulés. Par ailleurs, si le concept de dénivelé est un peu flou pour vous, je vous invite à lire cet article qui devrait vous permettre d’y voir un peu plus clair. Lorsque l’on connaît les différents dénivelés et les distances, il est tout de suite plus facile de savoir combien de temps va nous prendre le parcours en question. Cela suppose bien entendu de connaître ses différentes vitesses de marche. Si vous ne savez pas comment les déterminer, voici un autre article qui vous aidera : comment estimer votre vitesse moyenne de marche en randonnée ?
Dernière utilité du profil altimétrique (et non des moindres) : l’orientation. Si vous savez très précisément à quel moment de la randonnée vous devez monter ou descendre, cela vous permet de vous orienter plus facilement. Si les variations d’altitude que vous rencontrez sur le terrain ne correspondent pas à ce que vous indique le profil altimétrique, c’est certainement que vous avez fait une petite erreur d’orientation. En recoupant les données de la courbe d’altitude avec vos observations, vous pouvez plus facilement corriger le tir en cas de besoin.
Vous pouvez trouver les profils altimétriques de vos itinéraires de randonnées :
Parfois, vous ne pourrez pas trouver le profil altimétrique de votre itinéraire. Dans ce cas, ce sera à vous de le créer. Cela arrive notamment si le parcours est peu connu / peu fréquenté, ou si c’est un itinéraire créé par vos soins.
Il existe différentes méthodes pour créer un profil altimétrique. Vous pouvez soit utiliser une carte topographique, soit utiliser un logiciel (VisuGpx, OpenRunner, Visorando, Basecamp, Land, etc.) soit une application GPS (Iphigénie, LocusMap, WeTrek, SityTrail, etc.).

Pour obtenir un profil altimétrique à partir d’un logiciel ou une application, c’est souvent assez simple. Il vous suffit de tracer votre parcours point par point. Lorsque c’est fait, il ne vous reste qu’à cliquer sur l’icône qui vous permet d’obtenir le profil altimétrique et le logiciel ou l’application le génère pour vous. Vous pouvez ensuite l’imprimer et / ou le télécharger.
Beaucoup d’outils permettent d’obtenir des profils altimétriques très détaillés. En plus de la distance et de l’altitude, ils peuvent vous donner les différentes pentes grâce à un code couleur. De plus, ces outils calculent généralement automatiquement le dénivelé positif cumulé ainsi que le dénivelé négatif cumulé. Enfin, ils vous donnent l’altitude mini et l’altitude maxi de votre parcours.

Lorsque vous créez votre tracé sur le logiciel ou l’application, vous pouvez aussi souvent déplacer votre curseur sur le profil altimétrique et voir à quel endroit cela correspond sur le parcours (exemple dans VisuGPX ci-dessous).
📎 En complément, j’avais tourné il y a quelques temps des tutoriels pour deux outils différents qui permettent notamment la création de profils altimétriques :
Lorsque vous avez votre profil altimétrique, il est tout à fait possible d’y ajouter des informations complémentaires. Si par exemple vous savez que sur votre itinéraire il y a un point d’intérêt comme une bergerie au 12ème kilomètre, vous pouvez le noter sur votre courbe et ainsi obtenir l’altitude de la bergerie.
C’est aussi un très bon moyen de jalonner votre parcours avec des points de repère qui vous aideront pour l’orientation.
J’espère que cette vidéo explicative et ce petit article vous auront aidé à comprendre et à vous servir des profils altimétriques pour vos randonnées. N’hésitez pas à indiquer dans les commentaires si vous avez l’habitude de les utiliser ou non pour préparer vos randonnées.
Note : c’est également un sujet que l’on aborde dans mes 2 formations en ligne – pour une utilisation avant une sortie (ex : préparation d’itinéraire), pendant une sortie (ex : orientation) et après une sortie (ex : données sur la sortie effectuée). Cliquez ici pour en savoir plus.
Si vous appréciez les articles et vidéos publiés gratuitement, de manière indépendante, sans sponsors et sans pubs et souhaitez que cela continue, n'hésitez pas à donner un coup de pouce à Randonner Malin.
👍 Je soutiens
Bonjour
Je saisis bien la notion de dénivellé positif / négatif, mais la question que je me pose est celle du pourcentage de la pente. Je fais un peu de course à pieds, et les organisateurs indiquent bien le D+ ou D-. Mais qu’en est il de la pente ? Car le D+ entre 2 points sera différemment encaissé par le corps si la distance entre ces deux points est longue ou courte. Et ça (le %) , c’est rarement indiqué… pouvez-vous m’en dire plus sur le pourcentage pour aborder les courses nature dans d’autres disposition? Merci de votre réponse François. Cordialement, Julie
Bonjour Julie,
Le pourcentage d’une pente se calcule de la manière suivante = (dénivelé x 100) / distance
Pour ce qui est de l’effort physique, c’est assez variable en fonction des personnes. Certains sont plus rapides (pour un même dénivelé) sur des pentes raides et que sur des pentes faibles et pour d’autres c’est le contraire.
A bientôt,
François
Toujours des explications très clairesMerci françois!
Bonjour François,
Merci pour cette vidéo très claire, et de façon générale pour ton site !!!
De mon côté j’utilise déjà les profils pour mes rando.
Je pars souvent avec des groupes d’ amis et je prépare ces profils au préalable. La question récurrente : ça va monter raide ? Et la descente, on va avoir mal aux genoux ? Etc…..
Avec les exagérations d’ échelle dont tu parles, le profil ne donne pas une bonne idée de la pente réelle, ce dont parle Julie plus haut. Du coup la pente peut paraître très raide alors que non.
Je calcul le % donc.
Ma question : De façon générale pour un marcheur moyen+, sais tu quelles fourchettes de % correspondent à des pentes faciles/moyennes/difficiles ?
Ou bien as tu une autre méthode d’évaluation ?
Merci
Philippe
Bonjour Philippe,
Ça dépend de la nature du terrain, mais en gros à 5% tu as une montée raide et à partir de 15% c’est raide.
Sur Openrunner, tu as un code couleur pratique pour repérer cela.
A bientôt,
François
je trouve très intéressant votre article et votre façon de présenter la notion de « dénivelé ». En tant que cavalier randonneur breton, c’est une notion que j’intègre à ma feuille de route lorsque je prépare une rando en Auvergne, Pyrénées, … et, je fais aussi le calcul du km effort. Même si je sais que cette notion est un peu « arbitraire ».
J’ai cependant une p’tite question. Si on utilise différents outils cartographiques pour tracer et ou visualiser un parcours on obtient des dénivelés quelques fois très différents. Ceci est relativement gênant pour le calcul des km effort. Iphigénie que j’utilise indique des dénivelés « GPS » et des dénivelés calculés par le système « MNT » qui, en général, sont assez différents.
Ma question, si je peux me permettre, y a t il une bonne mesure des dénivelés ? si oui avec quel outil ?
MERCI de votre réponse
Gérard Bouric
randochevalblog
Si votre smartphone ne possède pas de baromètre, il vaut mieux se baser sur les « dénivelés MNT » car les altitudes enregistrées sont probablement peu précises. S’il en possède un, les « dénivelés GPS » devraient être relativement précis, mais les MNT peuvent faire l’affaire aussi.
Dans tous les cas, ça vaut le coup de regarder le profil altimétrique et s’il n’y a pas des trous dedans ou des saccades, auquel cas il vaut mieux se fier au profil à partir des altitudes MNT.
Bonjour, Cela peut être accessoirement utile pour déterminer les « parties vues et cachées » en montagne ou terrain vallonné pour faire un « tour d’horizon ».
Bonjour François,
Très bien pour votre cours sur les profils altimétriques . Cependant je me suis souvent posé deux questions sur lesquelles vous allez pouvoir nous éclairer :
1- Sur certaines cartes de randonnées en boucle les dénivelés positifs cumulés ont une valeur différente des dénivelés négatifs cumulés . Pour ma part j’ai toujours pensé qu’ils devaient être égaux ; Qui a raison ?
2- Sur les cartes de « profil altimétrique » avec des dénivelés importants si les longueurs portées sur l’axe xx sont comme sur vos graphiques (par exemple 1cm=2km & 1ocm = 20km ) , les distances effectivement parcourues sont plus importantes que celles indiquées sur l’axe xx du fait des dénivelés importants .
Ceci explique peut-être les différences de résultats de « distances parcourues » pour un même parcours trouvées par des randonneurs qui ont des moyens de mesure différents (GPS ,applis sur portables , etc…).
A bientôt ; Merci Cordialement Claude cclo63
1 – Vous avez totalement raison : quand le point de départ et le point d’arrivée sont les mêmes, les dénivelés cumulés sont forcément égaux. En fonction des outils utilisés pour les calculer, il peut y avoir une marge d’erreur, mais elle ne devrait pas être énorme.
2 – Vous faites à allusion à la différence entre la distance sur la carte et la distance réelle. Dans des activités comme la randonnée (même avec du dénivelé) la différence n’est pas très significative. Les différences que l’on observe en fonction des outils dépend beaucoup des méthodes de mesure. En effet, plus la fréquence de points GPS enregistrés est importante, plus la distance totale risque d’être surestimée. De même, moins la précision est bonne, plus la distance totale risque d’être surestimée. Il faut également faire attention que des points ne soient pas enregistrés pendant les pauses. A cela s’ajoute généralement un algorithme qui essaie de « gommer » les erreurs – avec plus ou moins de réussite.
Tous ces logiciels, j’en suis revenu ! Pour un même itinéraire, l’un me donne 900m de dénivelée positive, l’autre 768 ! (openrunner, outdooractive, etc)….mort de rire !
Le sujet est assez complexe et il y a beaucoup de facteurs qui jouent sur le chiffre final :
1 – Il n’existe pas de « vraie » donnée de dénivelé cumulé sur un itinéraire, car on peut théoriquement faire le choix de compter chaque petite bosse de 20 cm, de 1 m ou ne pas compter toutes les montées descentes de moins de 5 m, etc.
2 – Les altitudes de chaque point ne sont pas forcément déterminées de la même manière.
3 – les logiciels utilisent des méthodes de calcul et algorithme différents.
L’important est d’en être conscient et de soit faire une moyenne entre différents outils, soit d’utiliser toujorus le même outil – car ce qui nous importe en général est d’avoir un point de comparaison par rapport à nos randos passées pour estimer la difficulté.