Oct 052016
 

Via Dinarica - un futur sentier mythique à travers les Balkans de l’ouest

Cet article est un article invité rédigé par un lecteur du blog : Matthieu Couëdel. C’est donc lui qui s’exprime à travers les « je ». J’ai accueilli avec plaisir sa proposition d’écriture de cet article, car il avait eu des difficultés à trouver des informations en français pour préparer cette randonnée au long cours et souhaitait partager son expérience pour faciliter la préparation de ce chemin et le faire découvrir au passage.

Même si ce n’est pas un projet que vous envisagez, la lecture est très agréable et intéressante. 😉

Pourquoi ce billet ?

Début 2016, je quittais mon travail avec pour ambition de traverser l’Asie centrale. Le Pamir, les chevaux, le nomadisme sont pour moi toujours source de rêveries. Cependant, l’idée n’était pas de « booker » (ndlr : réserver) un billet d’avion pour rejoindre Tachkent ou Samarkand. Que devient un rêve s’il suffit de trois clics sur le net et d’un portefeuille pour le réaliser ? J’errais donc quotidiennement sur le web, dans les rayons des libraires, pour trouver un chemin terrestre qui m’y conduirait et si possible avec quelques randonnées sur le parcours pour m’échauffer.

J’avais connaissance d’amis ayant pris la route vers l’est en stop, en vélo, en vélo couché… Je connaissais l’histoire de pèlerins vers Jérusalem ou de longeur de côtes à pieds. Ce dont j’avais besoin, c’était d’infos plus précises sur de possibles randonnées en ligne droite (je dois être atteint de l’allergie du demi-tour !). Je cherchais donc des cartes, un fil rouge pour mon parcours. Par inadvertance ou par excès de sérendipité, une photo des montagnes bosniennes s’est affichée devant mes yeux. Le lien menait sur un article anglophone traitant de la Via Dinarica, une sorte de grande randonnée dans les Balkans. Je partis en quête d’informations et trouvais une carte grossière où s’étalait une ligne entre la Slovénie et l’Albanie… vers l’est…vers l’Asie. Mon fil rouge était trouvé.

Via Dinarica - Map of the trail
Le fil rouge, image issue de l’article du summitpost

Je parcourais la toile en tous sens, cherchant infos, cartes, retours d’expérience pour me faire une idée de ce qui m’attendait, demandant même l’aide d’un ami « geek » pour avoir accès aux sources des sites… mais rien ! Deux, trois articles en anglais très succincts, un vieux message sur un forum français et le site de la Via Dinarica encore en élaboration. J’ai opté pour partir le sac sur le dos, mais les mains dans les poches chercher en Slovénie un trek de quelques jours, puis filer vers la Bosnie pour une rando plus longue.

Deux jours avant d’arriver en Slovénie, alors que j’étais chez un ami dans le sud, j’ai pu mettre la main sur un tracé GPS de la Via Dinarica et télécharger pour la première fois une application GPS sur mon Smartphone… Je chercherai les cartes sur place, cela me donnait au moins une idée du tracé.

Au lieu de plusieurs mini-treks dans les Balkans, c’est un périple de 3 mois dans les Alpes Dinariques que j’ai accompli, à la rencontre de paysages somptueux, de bivouacs célestes, de refuges salvateurs et de populations chaleureuses. Au bout du chemin, l’envie de partager l’expérience et surtout de rendre les infos plus accessibles pour d’autres rêveurs de sommets.

Via Dinari… Quoi ?

La Via Dinarica, ce fut d’abord pour moi une leçon de géographie : les Alpes ne s’arrêtent pas à la France, la Suisse, l’Allemagne, l’Autriche et l’Italie ! La chaîne dinarique est en effet le prolongement de nos Alpes le long de la Méditerranée, jusqu’au nord de l’Albanie. Cette ceinture de montagnes traverse 7 pays : la Slovénie, la Croatie, La Bosnie, la Serbie, le Monténégro, le Kosovo et l’Albanie. 175 000 km², un point culminant à 2 692 mètres d’altitude et une traversée du massif considérée comme difficile car il existe peu de cols pour passer d’une vallée à l’autre. Voilà de quoi faire quelques randonnées.

A l’inverse des Alpes occidentales, ce massif est encore peu exploré. Cette chaîne est encore peu développée en infrastructures et en accès pour le tourisme. En traversant la Bosnie, j’ai eu l’occasion de rencontrer Kenan, guide de montagne et consultant dans l’association Via Dinarica à l’origine du projet. Cela m’a permis d’en connaître un peu plus sur cette plateforme.

Via Dinarica a comme ambition de recréer du lien entre les villages ruraux, les villes et les pays des Alpes Dinariques en préservant l’environnement et en respectant les diversités culturelles et l’authenticité de ces communautés. Soutenue par l’Europe, cette plateforme sert à promouvoir et développer les activités et les offres touristiques dans ces régions où l’économie tourne bien souvent au ralenti et où le chômage abonde. Comme trame de fond, le modèle de la Via Alpina et ses 5 000 km de sentiers de randonnée. C’est donc avant tout le rêve d’un chemin de grande randonnée traversant les Balkans ! Et ce n’est pas 1 mais 3 sentiers qu’ils tentent de mettre en place : le white trail par les montagnes, le blue trail par la côte et le green trail dans les terres.

Le white trail est à ce jour le plus avancé et dispose d’une trace GPS sur sa totalité, d’un balisage en cours et de premiers retours d’expérience. La plupart des informations peuvent être retrouvées sur le site de la Via Dinarica (c.f. liens en fin d’article).

La Via Dinarica White Trail en quelques chiffres :
  • 1260,8 km : distance totale officielle du trail. J’en ai parcouru plus de 1400, avec les erreurs de parcours et les détours volontaires.
  • 51 800 m : le dénivelé positif total (environ autant en négatif).
  • 188 m : point le plus bas.
  • 2 692 m : point culminant, il s’agit du Maja Jezercë en Albanie dans le massif de Prokletije ou « Bjeshkët e Nemuna » en albanais qui signifie les « monts maudits » !
  • 45 : le nombre d’étapes d’après le découpage de l’application Outdoor Active. Les étapes vont de 10 à 80 km (la moyenne tourne autour de 20 km).
  • < 10 : le nombre de randonneurs ayant parcouru l’ensemble du parcours.

Via Dinarica - Refuge mont Risnjak
Refuge du mont Risnjak en Croatie – crédit photo

Pour un aperçu du parcours, la suite de l’article offre quelques détails sur les pays traversés car il serait trop long de décrire l’intégralité du sentier. Pour chaque pays, j’ai donc choisi quelques coins notables.

Slovénie

La partie slovène s’étend sur 83 km pour un dénivelé positif de 2 400 m. Son point culminant se situe au mont Snežnik, 1 796 m. Le trek commence à la hauteur du château de Predjama, véritable nid d’aigle. Il se poursuit ensuite vers Postjona, l’occasion de découvrir son immense grotte, plus grande attraction touristique du pays. La majorité du chemin se situe ensuite sous les arbres et mène au mont Snežnik avant de remonter au château de Snežnik et vers la frontière croate.

Balisage et difficultés

Ici personne ne connaît la Via Dinarica, le chemin est partiellement balisé mais c’est un pays de coupeurs de bois et il est facile de se perdre dans les méandres des chemins tracés par les bûcherons ou de suivre par inadvertance le sentier européen E7.

Vie sauvage

La Slovénie est un spot reconnu pour observer les ours, on passe à côté de nombreux miradors et de ‘feeding area ». Quelques auberges proposent des sorties d’observations nocturnes en voiture ou en louant un mirador. On y croise cependant plus facilement des cervidés ou des renards (énormément de traces au sol). Si vous disposez de beaucoup de chance, vous pourrez apercevoir un loup.

Hébergement

Bivouac près des habitations pour éviter les rencontres nocturnes. Refuge sur le mont Snežnik.

Frontières

Le trek longe la frontière Slovénie/Croatie, ce sont de petites douanes qui ne posent aucun souci à pieds. Un plan général du trek vous permettra d’esquiver la question « tu vas en Syrie ? ».

Anecdote

Débusquer une militaire fumant sa clope derrière un arbre et apprendre que tout le pan de montagne est bloqué pour la journée pour un exercice de tir.

Via Dinarica - l'hiver en Slovénie
Quand l’hiver traîne en Slovénie – crédit photo

Croatie

La plus grande partie de la Via Dinarica se déroule en Croatie, plus de 500 km. Le sentier longe tout d’abord la frontière slovène jusqu’à la Kupa, magnifique rivière connue pour la pêche à la mouche. Le tracé se dirige ensuite vers la source de la Kupa, dans le parc national Risnjak où le Veliki Risnjak s’élève à 1 528 m. Bien que ce parc soit à une altitude modeste, les hivers sont longs et enneigés, j’ai pu ainsi profiter de deux jours de neige non-stop en mai.

Le sentier nous entraîne ensuite vers le Velebit et propose notamment de grimper Vaganski vrh, 1 757 m, et Crnopac, 1 404 m, qui se remarque par son imposant volume. Le massif Velebit est constitué de deux parcs nationaux, Velebit Nord et Paklenica.

De par sa proximité avec l’Adriatique, il peut passer pour un cousin du GR20 avec ses innombrables points de vue sur les îles au loin. La traversée peut se faire en une dizaine de jours et peut être une bonne solution pour ceux qui recherchent un trek pas trop loin de la France. Ici le sentier est une autoroute (comprendre qu’on ne peut pas se perdre) mais le sol est bien souvent dur et rocailleux, attention aux entorses ! La Via rejoint plus loin le Dinara, 1 831 m, et permet de voir de nombreux « trous bleus », sources de la rivière Cetina que l’on longe avant de rejoindre la Bosnie.

Deux précisions importantes sont nécessaires.

1- La première étape entre Prezid et Čabar passe par une forêt qui a été totalement détruite en 2014 par une tempête glacée. Le chemin est censé suivre un ancien lit de rivière mais celui-ci, comme toute la zone, est bouché par des troncs couchés et des branches arrachées. Tant que la zone n’est pas nettoyée, il est vivement déconseillé de s’y engager sauf si vous souhaitez effectuer un parcours du combattant pendant des heures.

2- Deux étapes consécutives sont sur routes bitumées pour rejoindre la frontière bosnienne. Le trafic y est important mais le stop est autorisé et facile. J’ai remplacé ces deux étapes par l’ascension du mont Troglav. Ce dernier dispose d’une vue magnifique, au sud s’étend la Cetina et la Croatie, au nord une vallée bosnienne. De nombreux refuges sont disponibles autour du mont Troglav.

Balisage et difficultés

Comme expliqué au-dessus, la première étape n’est pas très accessible. Le balisage couvre environ 70% du parcours notamment dans les parcs Velebit et Paklenica, où c’est une autoroute.

Vie sauvage

Comme en Slovénie, la Croatie est un pays d’ours. C’est ici, près du village de Tuk, que j’ai eu l’occasion d’en croiser deux. On repère aisément les traces de renards et de cervidés qui pullulent sur la première partie du trek. Dans le Velebit, beaucoup d’espèces sont endémiques, notamment des pics (oiseaux) faciles à entendre et un nombre incroyable de fleurs. On y trouve aussi des chamois, de gros lièvres d’Europe et des vautours fauves.

Hébergement

Beaucoup de refuges (planinski dom) bien entretenus et des « winter room » pour les plus élevés ou les plus isolés. Le long de la rivière Cetina, les bivouacs sont autorisés et beaucoup de spots agréables sont munis de table, de bancs ou de foyers.

Frontières

La frontière est surveillée. De manière officieuse il est possible pour un Français de passer par le mont Troglav mais en empruntant un vrai sentier (beaucoup de champs de mines dans cette région). Si vous optez pour la frontière officielle il n’y a pas d’autres choix que la route de Kamensko. Les autres routes sont domestiques et vous serez bon, comme moi, pour un détour inutile de 30 km.

Anecdote

Ne soyez pas surpris que votre verre de vin soit arrosé d’eau gazeuse, c’est un Gemist, boisson nationale. Živjeli !

Via Dinarica - Kupa River
Je crois que les poissons m’ont repéré de loin, Kupa River – crédit photo

Bosnie

Environ 330 km pour traverser la Bosnie du lac de Busko à Maglić. C’est un minimum, car on est vite tenté de partir à la découverte de ce pays particulier à la jonction des civilisations et des religions.

La Via Dinarica passe par la réserve naturelle de Blidinje, offrant de magnifiques vues sur le lac du même nom, puis file vers Prenj. Ce massif est dominé par le Zelena Glava (tête verte) à 2 155 m. Il est situé entre Jablanica et son pont ferroviaire, symbole de la bataille de la Neretva, et la ville de Konjic, à mi-distance entre Sarajevo et Mostar. La montée sur le massif est ardue mais une fois sur le plateau, c’est plus d’une dizaine de pics dépassant 2 000 m d’altitude et quelques vues dantesques sur la Neretva qui vous attendent. En redescendant du massif, vous pouvez aussi profiter de la Neretva pour une sortie rafting.

Des villages traditionnels, des rivières turquoise, des montagnes encore très sauvages, la Via finit la partie bosnienne par le plus ancien parc national du pays, Sutjeska. Ce parc est blotti entre Zelengora, 2 209 m, et le mont Maglić, 2 388 m. L’ascension du Maglić, situé sur la frontière du Monténégro, offre une vue imprenable sur Trnovačko jezero, un lac en forme de cœur.

Balisage et difficultés

La Bosnie est certainement le pays qui met le plus de moyens pour baliser le parcours, notamment dû au fait que l’association Via Dinarica se situe à Sarajevo. Cependant, lors de ma traversée, moins de 60% du parcours était tracé dans ces montagnes. Parfois, la Via suit d’anciens chemins, ce qui demande d’une part d’ouvrir l’œil pour distinguer de vieux marquages et d’autre part d’improviser un peu lorsque la nature a repris largement le dessus. Les locaux sont souvent au courant des chemins praticables.

Vie sauvage

Ours, chevreuils et autres cervidés, renards. Je suis tombé aussi par deux fois nez à nez avec des groupes de sangliers. Un des dangers ici sont les serpents et notamment une espèce qui semble être la vipère ottomane. Ce serpent passe son temps à se réchauffer au soleil sans bouger et n’attaque qu’en cas d’agression. Regardez où vous mettez les pieds !

Hébergement

Beaucoup de refuges sont privés et nécessitent une clé, il est donc conseillé de s’informer au village précédent. En vallée, on trouve facilement une auberge ou des familles pour vous accueillir. Il est préférable de demander aux gens du coin pour poser sa tente, ils vous indiqueront probablement un endroit où bivouaquer.

Frontières

Au milieu du chemin, vous pourrez croiser un vieux panneau indiquant la frontière, c’est entrée libre !

Anecdote

Couper à travers champs pour récupérer le chemin sur un autre versant et finir sur un magnifique panneau « Champs de mines » pointant vers la partie traversée… Ouf, maintenant on suit le balisage.

Via Dinarica - Refuge massif de Prenj
Refuge sur le massif de Prenj – crédit photo

Monténégro

La Via Dinarica parcourt le Monténégro sur quelques 220 km, elle suit en partie la « Crnogorska transverzala » qui relie sur une distance de 120 km le Durmitor aux monts Kučka krajina, en passant par le Sinjajevina, le Bjelasica, le Komovi et le Maglić.

Le Durmitor, est un massif karstique chapeauté par le Bobotov Kuk qui culmine à 2 528 m. Ici, beaucoup de randonneurs se limitent à la partie basse, un refuge au milieu du parc permettant pourtant de profiter aisément de tout le domaine.

La traversée du Monténégro offre ensuite beaucoup de plateaux situés à 1 800-1 900 m d’altitude comme autour de Komovi.

Balisage et difficultés

Le Monténégro est probablement l’une des parties les plus faciles, le sentier est à 90% balisé et les zones non marquées sont aisées à traverser. Les 50 km un peu après Žabljak sont limitées en eau, sous forte chaleur il est bon de se charger de quelques litres supplémentaires.

Vie sauvage

Pas grand-chose à se mettre sous la dent hormis les troupeaux de moutons et les chevaux en libertés. Cela était peut-être dû à la période estivale. Il est normalement possible d’observer les chamois dans le Durmitor et de nombreux rapaces. Heureusement, comme partout, on peut admirer pendant des heures les papillons et s’endormir sous les berceuses des chouettes !

Hébergement

Il existe très peu de refuges au Monténégro. Bien que de nombreux chalets se transforment aujourd’hui en hébergement l’été (eco-selo), il est préférable d’avoir sa propre tente pour éviter les prix abusifs et surtout profiter des nombreux lacs (90% de mes soirées monténégrines se sont déroulées au bord d’un lac).

Frontières

Le trek passe deux fois la frontière Monténégro-Albanie.

Une première fois pour rejoindre Vermosh. Une hollandaise, Eva, effectuant le parcours en sens inverse et rencontrée auparavant, m’a indiqué que le tracé propose un passage de frontière non balisé et compliqué. Sur ses conseils et la confirmation des locaux, j’ai fait un détour par le sud vers un lac magnifique. Aucun problème, si ce n’est déranger les coupeurs d’herbes.

Une seconde fois par le parc national de Prokletije, l’essence coûte trop cher pour que des rangers s’y déplacent. Aucun contrôle et possibilité de bivouaquer sur la zone frontalière (si par malchance un ranger vient, il vous en coûtera 2 euros pour rester dormir).

Anecdote

Si le temps est ensoleillé et que vous croyez entendre le tonnerre, rangez-vous ! On n’est jamais à l’abri d’une horde de chevaux sauvages.

Via Dinarica - Frontière Monténégro-Albanie
Coin de paradis à la frontière Monténégro-Albanie – crédit photo

Albanie

Ce n’est qu’un bref passage qui est effectué en Albanie, une cinquantaine de kilomètres essentiellement dans les « Monts Maudits ». La Via Dinarica traverse dans ce parc quelques lacs glaciaires pour quelques baignades rafraichissantes avant de s’attaquer au Maja Jezercë, point culminant de ce trek.

Balisage et difficultés

En arrivant du Monténégro, la montée du Maja Jezercë est compliquée mais balisée. La ligne de neige se situe à 1 800 m, il est donc nécessaire de passer plusieurs névés pour atteindre le sommet. La partie sommitale et la descente sont totalement rocailleuses, avec un sac trop lourd la grimpette s’avère compliquée ! La première partie de la descente vers Teth n’est pas balisée. Il faut faire confiance aux cairns (note de François : un article sur les cairns) ou suivre les chèvres !

La dernière étape de la Via Dinarica pour rejoindre Valbona est une balade après tous ces kilomètres parcourus.

Vie sauvage

Trop court pour apercevoir quoi que ce soit. C’est un coin de randonnée réputé ce qui fait fuir les quelques gros mammifères durant l’été. On se rattrape sur les poissons de rivière délicieux.

Hébergement

Dans le massif, il est possible de bivouaquer, à Teth et Valbona se trouvent une quantité impressionnante d’hébergements.

Anecdote

« Il te faut des bottes si tu marches en montagne !  » Point de vue d’un berger avant que l’on se lance dans une réparation de fortune de mes chaussures pour mon dernier jour de trek.

Via Dinarica - réparation chaussures
Réparation avec une colle japonaise après 3 mois de voyage – crédit photo

Ma Via

Afin de compléter cette brève description du parcours, voici un retour sur mon expérience. Comme expliqué en introduction, je n’étais pas parti pour effectuer 3 mois de randonnée en montagne. Ma préparation quasi absente et ma logistique pauvre pourront donc rassurer sur les difficultés rencontrées sur le trek. Bien que j’aie lu et apprécié un grand nombre d’articles de Randonner Malin et d’autres blogs, je n’ai pas toujours (à mon grand regret !) suivi ces précieux conseils.

Backpack : la naïveté de ne pas peser son sac !

Je me promène avec Balou, sac Millet de 70 litres (55 + 15), vieux compagnon de voyage qui a gagné son surnom durant ce trek. Au départ, j’ai taché de réduire mon paquetage et d’investir dans un peu de matériel sans prendre la peine de le peser. Une fois chargé en eau et en nourriture, Balou m’a vite pesé dans les sentiers.

Après deux semaines, j’ai donc profité d’une pause imposée par la météo et mes entorses (certainement dues en partie au poids du sac… ou du bonhomme) pour renvoyer deux kilos d’affaires en France. Je pensais alors que Balou pesait environ 17 kg. Une halte dans une famille au Monténégro m’a révélé la vérité deux mois plus tard : Balou pesait alors 21 kg (1,5 litre d’eau et 2 jours de vivre) !

Mon insouciance m’a certainement aidé à le porter, mais je suis en quête aujourd’hui d’un nouveau sac et vais appliquer la règle du « plus le sac est petit, moins il pèse » ! Je recommande vivement d’être plus léger, notamment pour les quelques via-ferrata, le Maja Jezerce et la région de Bijele et Samarske Stijene en Croatie. Voici une rapide liste commentée de tout ce qui m’a été utile :

Vêtements
  • 1 veste coupe-vent imperméable : un déluge durant 4h en Croatie m’a prouvé que son imperméabilité avait une limite.
  • 1 poncho récupéré dans un refuge : essentiel pour protéger surtout le sac.
  • 1 polaire Millet : encore une vieille amie performante et robuste.
  • Pantalon de rando : le basique de chez Décath.
  • Short : fait office de short de bain, cause de la perte d’un téléphone, déconseillé l’été sur les chemins non balisés… sauf si comme moi vous adorez traverser des champs d’orties ou couper à travers bois pour vous rayer les mollets.
  • Bermuda : le truc de vieux qui permet de ne pas trop passer pour un randonneur en ville.
  • 1 chemise de bucheron : idéal le soir après la rando pour couper du bois ou pour sortir en ville.
  • 1 t-shirt technique : le basique de Décath, séchage rapide.
  • 1 t-shirt coton : oui, je sais, faut pas, mais c’est un cadeau (Note de François : Matthieu fait référence à cet article) !
  • 1 haut à manches longues et un collant en laine mérinos : ultra utile quand tu es bloqué dans un refuge pendant 2 jours à cause de la neige.
  • 1 paire de pompes The North Face… Plus de crampons, le Gore-Tex déchiré, la semelle gauche recollée avec de la glue, elle est à votre disposition dans une auberge en Bulgarie pour les intéressés !
  • 3 paires de chaussettes de rando, 3 caleçons et beaucoup de rivières pour laver ça.
Couchage
  • Matelas gonflable (taille enfant) : meilleur investissement, sur gravier ou terrain rocheux je ne sens pas le sol.
  • Sac de couchage confort 0 degré + sac à viande : suffisant pour l’époque de l’année.
  • Tente : légère, 1,4kg et peu encombrante, comme Balou c’est une amie de longue date.
Popote
  • Un réchaud à gaz : parfait pour le café du matin, peu utile le soir (beaucoup de feux de bois), peu de cartouches de gaz compatibles sur le trajet.
  • Une cartouche de gaz universelle : elle m’a duré 3 mois !
  • Popote, fourchette, cuillère Décath.
  • 2 couteaux suisses : un de secours pour ouvrir les bouteilles.
  • + 1 couteau plus massif pour couper du bois ou construire un cendrier.
Autres
  • 1 trousse de secours à laquelle j’ai rapidement ajouté des pansements pour ampoules et de la pommade pour soulager entorses et périostite tibiale (et du raki comme médecine chamanique ! )
  • De la corde pour fil à linge et pour secours.
  • Une canne à pêche : des rivières en Croatie et Bosnie, des lacs au Monténégro, des fans de la pêche à la mouche… Mais je suis débutant, c’était surtout une raison pour ne pas toujours marcher. Poissons attrapés = 0, on va donc dire que je suis végétarien ou pacifiste !
  • Lecteur mp3 + mini-enceintes : pour écouter du rock agricole en montagne… Ou de la trap. 😉
  • Des livres, des carnets, des crayons, une boussole…
  • Un document expliquant le parcours, pour justifier au douanier que je ne vais pas en Syrie.
  • Un Smartphone faisant office de GPS/radio/appareil photo/etc. quand il ne disparaît pas dans la montagne !

Via Dinarica - chargement sac à dos
Chargement d’origine de Balou – crédit photo

Logistique

Il n’existe pas de cartes papiers indiquant toute la Via Dinarica à une échelle utilisable. Il est apparemment possible de récupérer les cartes militaires sur Internet mais c’est un poids en plus au vu de la longueur du parcours. J’ai opté pour le GPS de mon smartphone uniquement (ce qui m’a gratifié de deux jours à me guider sur les crêtes en fonction du soleil et des doigts des bergers pointés vers l’horizon). Lors de la traversée des parcs nationaux, j’ai pu récupérer quelques cartes papiers. Deux applications m’ont été utiles :

OruxMaps : application gratuite, que je recommande vivement, permettant d’utiliser des cartes topographiques hors-ligne.

Outdoor Active : cette plateforme a un partenariat avec la Via Dinarica et la version gratuite m’a permis de disposer d’un découpage par étapes et des dénivelés du trek, enrichis des commentaires d’utilisateurs. Elle permettra d’éviter les parties non praticables ou connaître les numéros de téléphone des refuges par exemple.

La rencontre de Kenan m’a aussi permis d’avoir un support « si nécessaire » et d’obtenir des infos précieuses pour la fin de mon parcours. Il est possible de contacter la Via Dinarica via leur page Facebook, ils ont toujours essayé de me répondre rapidement et de m’aider autant que possible. Je précise que je n’ai aucun lien avec cette association, j’ai simplement réellement apprécié leur contact et leur disponibilité.

Liberté avec la trace

A contrario de certains GR ou du PCT (Pacific Crest Trail), ici l’on est loin d’une autoroute pour randonneurs. Le balisage n’est pas toujours présent, le parcours dans sa totalité rarement fait, les retours d’expériences peu nombreux. L’existence même du sentier est encore inconnu dans certains coins. Cela permet de s’offrir rapidement quelques libertés avec le parcours et d’improviser son propre chemin. J’ai ainsi plusieurs fois préféré continuer sur les crêtes plutôt que redescendre dans la vallée pour un village ou un refuge. Ces escapades et ces sentiers peu balisés m’ont permis d’apprendre à un peu mieux lire la montagne.

Par ailleurs, l’histoire chargée de ces pays et la culture « balkane » donne envie d’en connaître plus. Durant ces 3 mois, j’ai effectué, entre autres, un break d’une quinzaine de jours pour visiter les régions de Mostar et Sarajevo en Bosnie.

Plantes comestibles

Je ne suis hélas pas expert en plantes et baies comestibles. Je sais que certains lecteurs sont adeptes de cueillette en rando et je m’excuse de ne pas fournir plus d’informations sur ce sujet. Je tiens juste à signaler que l’on trouve le long de ces massifs énormément d’espèces endémiques qui nécessitent d’être protégées. Pour ma part, j’ai cueilli thym et menthe sauvage pour le thé, l’été m’a offert en fin de parcours mûres, framboises et myrtilles… Les noisettes arrivent !

Rencontres

Sur ces 3 mois de marche, j’ai été accompagné seulement 6 jours. Cependant, une longue randonnée se passe rarement totalement isolé du monde. Des dizaines de rencontres agréables sont venues ponctuer mon parcours : des locaux, des bergers, des montagnards, des ours, quelques randonneurs, des propriétaires de refuges ou leurs souris, des sangliers peu causant, des biches, des familles hospitalières, des histoires et parfois l’Histoire, en y donnant souvent un goût de raki ou de café (excepté les sangliers qui ne donnent pas envie de s’arrêter boire une bière). Une mention spéciale à la Bosnie qui fût pour moi une magnifique expérience.

Pour ne pas finir …

Kenan précise sur le site « This is the adventure of a life time, but get yourself prepared well in advance: Via Dinarica is more than a trail, and diversity is its second name « .

Ceci n’est pas un mensonge, que ce soit par les paysages, l’état du sentier, les cultures, la météo, les vents, les habitants, tous les jours passés sur la Via Dinarica m’ont apporté leur lot de plaisirs, de challenges et de surprises. Le plus dur fût certainement de quitter le sentier et relever le pouce pour continuer ma route après 3 mois intenses dans ces montagnes.

Pour ceux qui souhaitent poursuivre, la randonnée « Peaks of the Balkans » peut se commencer à Valbonna…

Il est dur de résumer 3 mois de voyage et cet article est déjà beaucoup trop long. En l’écrivant, j’ai pu constater qu’il existait un peu plus d’infos sur ce trek qu’à mon départ, principalement sur le site de la Via Dinarica. Vous trouverez donc ci-dessous quelques liens utiles.

Via Dinarica - pont suspendu au-dessus de la Neretva
Pont suspendu au-dessus de la Neretva (Bosnie) – crédit photo

Liens utiles

Wikipedia :

Site officiel :

Applications GPS pour smartphone utilisées :

Le blog d’Eva, actuellement sur la Via Dinarica (en anglais et hollandais) :

L’article inspirant (complété depuis mon départ) :

Via Dinarica - Bivouac en Bosnie
Bivouac bosnien – crédit photo

  39 commentaires à “Via Dinarica : un futur sentier mythique à travers les Balkans de l’ouest”

Commentaires (39)
  1. Super ! Un sentier qui sort des sentiers battus ! Et bravo pour le courage. Je connais un peu ces contrées (Serbie et Croatie surtout), et sans parler des ours, des lynx, des loups, etc. j’avais remarqué que question balisage, cartes, etc. c’était pas tout à fait comme en France 😉 L’aventure n’en a été que plus intense 😀 Merci encore pour ce témoignage, ça donne sacrément envie. Par contre, 21 kg de sac : impossible pour moi à cause de mes genoux.

  2. Merci pour ce charmant retour qui donne envi. Bon retour dans notre monde

  3. ça donne vraiment envie, mais il ne me faut pas tarder car mon bulletin de naissance pourrait me rappeler à l’ordre…
    merci pour cette belle contribution

  4. très belle aventure ! ça donnerait presque envie… mais avec 3 enfants à la maison , pour l’instant … on ne fait que rêver !

  5. Cet un périple qui donne envie , très bonne prescription, de beaux pays à traverser. …J’ai fais St Jacques de Compostelle (1899km) en 3mois, mon sac pesait 12kg …donc 21kg~….dur dur pour les genoux A-M..

    • lire mon message précédent. …

    • bonsoir, super pour votre périple, moi j’ aie fait une partie des chemins de ST JACQUES , Le Puy en velay- Roncevaux , en plusieurs années, car vie de famille, pas facile, mais j’arrivais à m’échapper sur 4 ou 5 jours avec deux amies, que du bonheur, évasion totale,1er année sac 12kg, aprés on est passé à 9kg, on peut partir avec peu de chose, cette année aout 2016 trek de 7 jours dans le Queyras, trop bien, no probléme , je suis revenue enchantée pas une douleur, que de belles randonnées en France, profitons de ces bon moments cdt jackie p.s.: est il vrai que pour l’Espagne il est difficile de trouver hébergements

      • Bonjour,
        C’est marrant, j’ai fait le Queyras l’année dernière (une boucle de 7 jours à partir de Saint Véran) et Le Puy – Roncevaux cette année! 🙂
        Concernant le poids du sac, il a été inversement proportionnel au nombre de gîte pour dormir… Pas de miam mian dodo pour le Queyras, il m’a fallu porter la maison sur le dos! 😀

  6. Waouh! C’est vrai qu’on voyage rien qu’à vous lire, Matthieu.
    Pour moi aussi, à mon âge je ne me lancerai plus là dedans.

    Mais vous m’avez bien faite voyager, merci!

  7. Bonjour et bravo! Résumé fascinant!
    J’ai l’impression de marcher à tes côtés et de vivre un parcours excitant…
    Ça donne le goût d’aventure et de randonnées de plus en plus longues en montagnes!
    Merci!

  8. Ouah, je pars demain!

  9. Merci, c est inattendu , quasi inconnu et ça donne envie de marcher , prendre le temps . Bravo pour ce périple et pour le partage . Wi nà

  10. bonjour a vous
    je voudrais savoir
    d ou part le chemin de compostelle et ou arrive t il
    et qu elle et la partie la plus jolie ensuite qu elle et meilleur gps qui fait europe et qui et le plus fiable
    merci

  11. Génial ! Merci pour ce témoignage, je suis déjà en train de me demander si un congé sabbatique ne serait pas l’occasion de vivre cette aventure…

  12. Ah !
    quel beau voyage ça m’a fait voyager comme j’aime
    MERCI!
    Micheline

  13. Superbe rando ! Ah ce temps qui nous manque … , parce qu’on le veut aussi bien entendu .. Yves

  14. c’est incroyable. Les seuls (ou la grande majorité) commentaires qui ressortent de la part des locuteurs sur ce périple dans les Balkans se résument à parler d’eux.
    1/ impossible pour moi à cause de mes genoux.
    2/ car mon bulletin de naissance pourrait me rappeler à l’ordre…
    3/ mais avec 3 enfants à la maison , pour l’instant
    4/ J’ai fais St Jacques de Compostelle (1899km) en 3mois, mon sac pesait 12kg …donc 21kg~….dur dur pour les genoux A-M..
    5/ bonsoir, super pour votre périple, moi j’ aie fait une partie des chemins de ST JACQUES , Le Puy en velay- Roncevaux , en plusieurs années, car vie de famille, pas facile, mais j’arrivais à m’échapper sur 4 ou 5 jours avec deux amies, que du bonheur, évasion totale,1er année sac 12kg, aprés on est passé à 9kg, on peut partir avec peu de chose, cette année aout 2016 trek de 7 jours dans le Queyras,
    6/ C’est marrant, j’ai fait le Queyras l’année dernière (une boucle de 7 jours à partir de Saint Véran) et Le Puy – Roncevaux cette année!
    7/ Pour moi aussi, à mon âge je ne me lancerai plus là dedans.

    Donc en fait il faudrait un blog pour les égos, les rêves ou les frustrations des uns et des autres!!!!
    Autrement l’article était très intéressant mais il manque peut être des détails sur la gestions de l’intendance (repas, le ravitaillement…), ainsi que la gestion du tracé pas toujours bien tracés (dixit).

    • Bonsoir Yvan,
      Il manque en effet beaucoup de choses a l’article mais comme je le précise à la fin, ca me paraissait deja une bien longue lecture!
      D’un point de vue global pour la nourriture je partais toujours avec 3/4 jours de nourriture (semoule, polenta, pain, fromage, fruits…) et j’avais toujours sur moi quelques sachets de noodles et du thé en surplus. J’ai eu quelques problèmes en croatie pour trouver de la nourriture (un détour de 20km) mais sinon le parcours passe par de petits villages où il est possible de se ravitailler ou du moins faire quelques repas en auberge et demander un peu de pain ou autre pour le jour d’apres. Via le découpage par étape il est facile de se faire une idée du nombre de jour en autonomie que l’on veut faire.

      Pour les parties non marqués j’ai soit utilisé le tracé gps soit l’aide des locaux qui m’indiquaient les chemins les plus viables.
      N’hésites pas si tu as d’autres questions!

      (Pour la partie égo, cela vient du fait que moi le premier je suis venu partager mon trek via cet article 😉 )

      • Bonjour Mathieu,

        L’article est superbement bien fait, merci à toi. C’est vraiment beau, pour le reste c’est à chacun de nous d’aller chercher l’info.
        Je t’invite à ne pas te justifier, Ah l’égo quand tu nous tiens ! tu es juste responsable du partage, et pas du reste, chacun de nous réagit à sa façon, tu nous as partagé une superbe aventure et c’est parfait, si tu ne l’avais pas fait, quelqu’un aurait pu te dire « pourquoi tu ne le fais pas ?
        MERCI, belles nouvelles randonnées et partage ça fit vraiment plaisir et rêver.
        Un jour j’ai rencontré une personne, qui me parlait de différents pays, à un moment je lui ai dit  » c’est super vous avez beaucoup voyagé », il me répondu je suis gravement malade, je voyage à travers les livres, les reportages, les récits des personnes qui ont voyagé.
        Je te souhaite une excellente journée
        Joëlle

  15. Merci de vos commentaires! Si l’article a motivé quelques un à tenter l’aventure (ou du moins à s’évader le temps d’une lecture) vous m’en voyez ravi!
    Si certains souhaitent des détails j’essayerai de répondre aux commentaires ou demanderai a Francois comment faire passer mon mail.
    Au plaisir de vous croiser sur les sentiers

  16. Belle aventure ! Encore faut-il disposer de trois mois, ce qui est peu courant…

    Une question n’est pas abordée : comment communique-t-on dans ces pays ? L’anglais ne doit pas être pratiqué par tous localement, quant au français, ça doit paraître comme une langue exotique…

    Ce qui m’aurait posé le plus de problème, c’est la sécurité, évoquée lors de la traversée du champ de mines, avec un balisage aléatoire, ça reste un gros point noir !

    • Les langues varient entre les pays mais ils se comprennent tous, j’ai appris quelques mots et phrases « serbo-croate » et les nombres. Les enfants apprennent l’anglais et font office de traducteurs dans les petits villages. L’allemand et l’italien sont plus utiles dans ces pays.

      Pour les champs de mine je peux vous rassurez. J’ai pris beaucoup de liberté avec le parcours à la frontière bosnienne. Les champs de mines sont normalement bien indiqué et contourné par des chemins visibles.

  17. C’est une très belle aventure, dans un décor pas encore frelaté par le mercantilisme. Ça viendra, certes, c’est pourquoi les jeunes gens qui le peuvent ( temps, moyens financiers, forme physique ) doivent s’y lancer. Je regrette que mon âge ne me le permette plus, hélas. Les contrées belles et sauvages sont de plus en plus rares sur notre planète : il ne faut rien laisser perdre ! Bravo à Matthieu pour cette belle découverte qui en fera baver plus d’un !!! il faut rêver, mais il faut tout faire pour concrétiser ses rêves.
    Rien à voir avec le « Chemin de Compostelle » (en fait : « les ») qui ressort plus de la promenade.

  18. Salut, bravo à toi pour t’être lancé là dedans.
    Franchement, c’est super ça donne vraiment envie!
    Je suis tenté de le faire pendant les vacances d’été prochain, j’espère avori le temps, étant encore aux études haha.
    Mais je me pose la question de l’argent. Comment t’es tu organisé pour payer tes réapprovisionnements sur place? Tu payais en euro ou monnaie locale ? Si c’était en monnaie locale, comment procédais tu pour en obtenir? Avant le départ, bureau de change sur place ?
    Merci 🙂

    • En euro en Slovénie,Croatie,Monténegro.
      Monnaie local pour les autres pays. Il y a souvent des formules etudiants dans les banques francaises qui permettent de faire des retraits en Europe sans frais. Je retirais donc au premier distributeur croisé dans le pays.
      Il peut etre utile d’avoir une reserve en €.
      En terme de budget, la nourriture le tabac et la biere sont beaucoup moins cher qu’en France. Pour les auberges cela varie entre 5 et 20€ la nuit mais l’on m’a tres souvent invité.

  19. Merci pour cette vraie ouverture bienvenue sur l’Europe finalement si mal connue sinon à travers les jeux politiques et qui donne envie!
    Je vais essayer de ne pas être trop long mais la suite pourra peut être servir à la survie de quelques randonneurs encore « naïfs » comme le Persan des Lettres .
    Je viens de passer quelques jours et la montée au Refuge de Chalange dans les Écrins et mon récit est celui d’un randonneur de bonne volonté qui va faire rire les randonneurs et escaladeurs avertis et aguerris. Étant arrivé en haut c’est à dire en vue de la barre rocheuse visible au loin les explications que j’avais n’étaient pas du tout claires et je n’avais pas compris que le refuge était tout en haut . La nuit tombant et ne pensant pas à mettre ma lampe frontale j’ai décidé de bivouaquer là où j’étais ce qui est pour moi toujours un plaisir avec un petit matériel « imperméable » et tapis face alu je vous passe le froid de la nuit que je n’avais pas prévu et difficile à supporter au matin l’eau dans la gourde était glacée quelques gestes et rajouts mais les couches ne sont pas une solution mais ayant fini par m’endormir sous le magnifique ciel étoilé et le étoile tournant toutes ensemble . Mais voilà à présent j’en ris . La nuit comme cela doit se savoir une forte humidité monte et lorsqu’il fait froid cela fait que l’herbe est glacée et voilà le pic de la nuit je me suis brusquement senti glisser à forte vitesse en plein milieu d’un rêve très fort car la montagne est propice aux rêves et comme à la montagne tout est en pente je ne sais comment j’ai pu arrêter ma fausse luge en m’accrochant à l’herbe qui s’arrachait j’avais fait une bonne quinzaine de mètres heureusement je n’étais pas au bord d’un ravin mai d’une déclivité assez douce mais le ravin n’était pas très loin à vingt mètres je pense! J’ai fin la nuit sur une grande pierre plate en laquelle j’étais sûr de faire confiance. Mais mes deux jours au refuge ont été merveilleux , quelques passages seulement , même fermé ce refuge est accueillant et je remercie ses constructeurs. Si mon message est lu il y aura sans doute beaucoup de rieurs mais peut être ce qui reste pour moi une immense frayeur et mise en danger pourra peut être avertir les moins initiés aux cimes et à se méfier de l’herbe et faire confiance aux pierres plates qui ne trompent pas leur monde. Et encore merci pour l’existence de ce site

  20. Il me semble que vous n »avez jamais visité Serbie….La beauté naturelle serbe est magnifique. Désolé…

  21. Salut, à quelle période as-tu réalisé ce trail?

  22. Merci pour ce récit ! Je pars dans trois mois à Jérusalem à pied en passant par les Balkans (jusqu’en Grèce) et c’est la première fois que je trouve des infos utiles sur la traversée des Balkans ! Donc mille mercis !:) !
    Et je prévois d’avoir un sac de 7 kg hors eau et nourriture. C’est un peu la lutte, seule et en autonomie, mais j’espère y arriver !

    • Heureux que mes infos puissent t’aider, bon courage pour ce joli trip en perspective!
      (7kg, le bonheur!!!)

  23. Une petite question : qu’est-ce que la cartouche de gaz universelle ? Je suis intriguée et intéressée ? On trouve ça où ? ca marche comment ?

  24. Bonjour! ouah! super! Enfin quelqu’un qui est passé sur cette itinérance !!! Je recherche des infos dessus depuis quelques jours mais effectivement elle est peu pratiquée…
    J’ai une dizaine de jours début avril, donc environ 8 pour marcher…Quelle partie te semble la plus adéquate? j’ai vu que tu parlais de neige même en mai, or je pensais plutôt voyager « léger » question matériel d’alpi. La Croatie m’attirait mais je ne suis jamais allée dans ce secteur géographique donc peut être est ce une très mauvaise idée….Merci pour tes conseils, et déjà merci pour toutes ces informations! 🙂

    • Pour 8/10 jours, je conseillerai Velebit et Paklenica en Croatie. C’est assez facile d’accès, le parcours est tracé et il est possible de faire quelques variantes. Vous pouvez partir léger et ça permet de commencer ou finir par une petite baignade sur la côte.
      La Bosnie peut aussi être intéressante mais de France c’est plus difficile d’accès (Avion pour Sarajevo + stop ou bus pour rejoindre une entrée de trek) et plus ardue en terme de randonnée.

      En mai, j’ai marché en short dans la neige ce n’était pas des grosses couches, il faudra de toute façon une polaire pour passer des soirée plus agréable.

  25. Bonjour Matthieu,

    Je pars le 15 d’Albanie à la frontière bosnienne.

    Je me pose la question concernant le passage à Vermosh, tu dis que tu as fait le détour par le sud, c’est à dire que tu n’as pas suivi la trace de la via dinarica ?
    Tu as plus de précision sur le nom du lac ?

    Merci !

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