Mai 192011
 

Ne_pas_se_prendre_la_tête_avec_ses_coéquipiers_de_randonnée Encore plus que dans la vie de tous les jours, il est très facile de se disputer pour tout et n’importe quoi en randonnée : à quelle heure manger, à quel rythme marcher, où planter la tente, etc.

Ceci est d’autant plus vrai que la randonnée est longue et difficile. Avec la fatigue ou le manque de confort beaucoup de personnes perdent patience très facilement.

Que ce soit en couple, entre amis, au sein d’un club, d’une association ou autres, il est nécessaire d’éviter les disputes. Pourquoi en randonnée plus qu’ailleurs ? La première raison est que ces disputes peuvent être à l’origine d’accidents – souvent à la suite de la séparation du groupe. Comme il est souvent impossible ou dangereux de se séparer, vous devrez rester ensemble, devrez vous parler et devrez vous supporter jusqu’à la fin de la randonnée. Enfin, j’imagine que vous randonnez pour votre plaisir, une dispute viendrait tout gâcher.

Voici 12 conseils pour ne pas vous prendre la tête avec vos compagnons de randonnée :

  1. Préparez bien votre randonnée. En étant bien préparés, vous limitez le nombre d’imprévus à gérer une fois sur le terrain. Ces imprévus sont très souvent sources de conflits. N’est-il pas facile de se disputer à cause : d’un oubli de matériel, d’un manque de nourriture, d’un itinéraire trop difficile, d’un refuge fermé, d’intempéries, etc. ? Mieux vaut se disputer pendant la préparation que pendant la randonnée.
  2. Assurez-vous avant de partir que tout le monde est d’accord sur le déroulement de la randonnée (nourriture, itinéraire, temps de marche, etc.). Il faut également s’en assurer pour chaque décision prise pendant la randonnée et pour tout changement de plan. De cette manière, personne ne pourra se plaindre et dire : « je n’avais pas prévu ceci » ou « je ne savais pas cela».
  3. Ne partez pas avec des gens que vous n’aimez pas trop ou supportez difficilement car cela risque de s’amplifier pendant la randonnée – notamment à cause de la fatigue ou du manque de confort. Vous perdrez patience plus facilement. C’est pourquoi il est préférable de partir avec des gens avec qui vous avez randonné auparavant (surtout pour les grandes randonnées).
  4. Ne partez pas en randonnée si vous n’en avez pas envie ou si vous faites cela uniquement pour accompagner quelqu’un. De même, ne forcez pas une ou des personnes à vous accompagner. Dans un cas comme dans l’autre, vous le regretterez.
  5. Pour les grands groupes, désignez un leader qui prendra les décisions finales si le groupe n’est pas d’accord et qui résoudra les disputes. En désignant le leader avant de partir, les membres du groupe lui donnent cette responsabilité et pourront moins facilement se plaindre des décisions prises, même s’il s’avère qu’elles soient mauvaises.
  6. Faites en sorte que chaque personne ait un équipement adapté, n’en manque pas et n’en ait pas trop. Des tensions se créent facilement si une personne doit par exemple partager sa nourriture parce qu’une autre n’en a pas amené assez, ou porter les 5 pantalons et les 10 tee-shirts d’une personne trop chargée qui n’avance pas. D’où la nécessité de faire une liste, peser le matériel et de vérifier les listes et poids des sacs à dos de chaque membredu groupe pendant la préparation.            Une scène dont j’ai été témoin : une famille arrive à un refuge sous la pluie. Tous souffrent d’ampoules sauf le père. Forcément, il s’était acheté une bonne paire de chaussures et le reste de sa famille avait des chaussures inadaptées. Pas besoin de vous faire un dessin pour expliquer la dispute qui a suivi…
  7. Faites en sorte que le poids des sacs à dos soit réparti équitablement en fonction du poids et de la condition physique de chaque personne. Ceci est facile pour des petits groupes où l’on partage par exemple la tente, le réchaud, la popote ou la nourriture. Pour des grands groupes, le plus facile est de s’organiser en petits groupes. Si vous ne faites pas cela vous risquez des remarques telles que : « c’est normal si je n’avance pas c’est moi qui porte la nourriture, la popote et le réchaud ».
  8. Pour les passages délicats (passages aériens, traversées de rivières, névés etc.) ne laissez pas les randonneurs à l’aise ou expérimentés passer en premier rapidement et laisser les autres derrière. Il faut qu’ils aident d’abord les personnes les moins à l’aise. Ils peuvent passer en premier mais uniquement pour montrer comment faire et ne pas s’éloigner. Si vous ne faites pas cela, c’est la crise assurée.
  9. Préparez-vous à vous adapter. Plus il y a de personnes dans un groupe, plus il y a de chances que vous ayez à changer quelque chose par rapport à ce que vous aviez prévu. Il faut penser que vous êtes un groupe et agir suivant les intérêts du groupe et non pas uniquement suivant les vôtres. Il faut faire des compromis. Cela peut être par exemple : renoncer à un sommet parce que quelqu’un est trop fatigué ou à l’inverse fournir un effort supplémentaire pour faire le sommet.
  10. Basez le rythme du groupe sur le rythme de la personne la plus lente et prévoyez du temps supplémentaire pour les pauses, les repas… Plus un groupe est grand, plus il faut prévoir de temps. Les horaires sont à la base de beaucoup de conflits. Prévoyez large et vous éviterez que les personnes les plus rapides râlent envers les plus lentes. De même, il est préférable de ne pas marcher trop en avant des personnes les plus lentes. Attendez les et faites des pauses avec elles – ne repartez pas quand elles viennent juste de rattraper le groupe. Cela ne sert à rien de s’en prendre à une personne qui est trop lente, il fallait prévoir avant de partir. Et qui sait, la prochaine fois ce sera peut-être vous.
  11. Admettez qu’il y a des choses qui sont faciles pour vous et qui ne le sont pas pour d’autres. A l’inverse, il y a des choses qui sont faciles pour les autres qui ne le sont pas pour vous. Cela peut être monter une tente, marcher dans un pierrier, etc.
  12. Appliquez les règles de bonne conduite qui sont valables dans n’importe quel groupe. Répartissez et partagez les tâches comme : planter la tente, faire à manger, faire la vaisselle, aller chercher de l’eau, etc. Une fois en randonnée, il est souvent trop tard pour faire demi-tour, c’est pourquoi il vaut mieux être tolérant et diplomatique.

Enfin, rappelez-vous que vous faites cela pour votre plaisir – que ce soit le plaisir d’être dans la nature, de marcher, du retour à la simplicité ou autres… Alors restez zen quoiqu’il arrive ! Oui je sais, ce n’est pas toujours facile. Surtout quand on vous annonce au début d’une randonnée de trois jours : « je crois que j’ai oublié le pain… ».

Si vous ne l’avez pas encore fait, laissez-moi votre prénom et votre email dans le formulaire à droite de cet article pour recevoir le guide « Comment bien choisir ses chaussures de randonnée ».

  15 commentaires à “12 conseils pour ne pas se prendre la tête avec ses coéquipiers de randonnée”

Commentaires (14) Pingbacks (1)
  1. Engager un accompagnateur en montagne, ce n’est plus vous qui gérer quoi que ce soit, il est là pour ça.

    Du coup vous ne prendrez que du plaisir pendant vos randonnées…

    A bon entendeur,

    A bientôt sur les sentiers

    • Bonsoir Mathieu,

      J’ai bien entendu, mais je connais pourtant des randonneurs qui prennent beaucoup plus de plaisir à organiser leur propre randonnée plutôt que de confier cette tâche à un accompagnateur professionnel.

      Bien sûr,on prend aussi du plaisir quand on est accompagné, mais ce n’est pas le même. Et les souvenirs non plus.

      Cordialement,
      bernard77400

  2. Bonjour Matthieu,

    Effectivement, avoir un guide peut simplifier pas mal l’organisation et les prises de décisions. Par contre, peu de gens partant en randonnée en engagent un car ils ne pensent pas en avoir besoin.

    A bientôt.

    François

  3. Cet article me rappelle des souvenirs de voyage… qui sont bien résumés par tes différents conseils !
    Le fait d’avoir désigné un leader me semble vraiment vital, pour avoir vécu des situations où les « forts caractères » qui n’étaient de loin pas les plus expérimentés voulaient prendre des décisions risquées en pratique.
    D’autre part, le fait que le plus expérimenté du groupe vérifie AVANT que tout le monde ait un équipement ADAPTE me semble également très important. On a souvent des surprises lorsque l’on voit comment certains membres ont interprété la liste d’équipement envoyée ; nombreux sont ceux qui pensaient que dans la liste, les objets indispensables étaient « optionnels ». Exemple : le sac de couchage -30°C n’est pas une option et n’est pas équivalent au sac de couchage 0°C ! Après forcément le propriétaire du sac de couchage 0°C se plaint du froid, n’a pas bien dormi… bref, une super ambiance assurée 😉

    • Bonjour Ludivine,

      Comme toi énormément de gens peuvent témoigner de prises de tête pour toutes sortes de raisons. Le problème est que c’est loin d’être la première chose à laquelle on pense quand on prépare un voyage ou une randonnée. Et pourtant, cela peut faire la différence entre une randonnée réussie et ratée.

      François

  4. Étant moi-même animateur bénévole au sein d’une fédération de randonnée, je trouve que tu as fait ici une très très bonne analyse des situations pouvant arriver au cours de randonnées.
    Je viens de découvrir ton site François et je dévore les pages.

  5. Bonsoir François,
    Je randonne avec un club donc je suis assurée .
    Mais quand je randonne seule ou avec des amis faut-il une assurance perso spéciale rando ?
    en cas d’accident ?
    Merci de me donner l’info
    Je lire avec plaisir tous les conseils et infos

    • Bonjour,

      Je pense que cela dépend des clubs. Je te conseille de vérifier auprès de ton club ou ton assurance. Je sais que par exemple avec la FFME et le CAF, l’assurance (en plus de la licence) est personnelle et te couvre même quand tu es seule – plus ou moins suivant les formules choisies.

      A bientôt,
      François

  6. Bonjour François,
    de lire tes conseils sur la préparation d’une rando m’a rappelé des souvenirs. Et tout ce que tu écris est exact.J’ai vécu ces situations surtout lorsque le groupe est important.Avoir un leader (expérimente) est primordial.
    Merci de nous remémorer tous ces conseils , pour le moment les balades sont en stand by. On verra au printemps.
    Cordialement.

  7. Bonjour François,

    J’ai trouvé tes commentaires sur les randos en groupes très réalistes.
    Continue comme ça mon cher François c’est toi le meilleur.

    Jacques

  8. Pourriez-vous svp, François, traiter du sujet « assurances » lorsque une association se crée sans être affiliée à la FFRP ?
    Quelles responsabilités lorsqu’on randonne en groupe, en cas d’accident ? Le « porteur de carte »
    – ou GPS – est-il VRAIMENT le SEUL responsable ?

    J’ajoute ces lignes sur cette page, ne repérant pas la rubrique pouvant y répondre. Merci.

    • Bonjour Renée,

      Désolé, mais ça va être difficile pour l’instant, car je ne connais pas ce sujet. Je me souviens y avoir été confronté quand j’encadrais des randonnées, mais je n’avais pas trouvé de solution satisfaisante à l’époque.

      A bientôt,
      François

 Laisser un commentaire

Vous pouvez utiliser ces tags et attributs HTML: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

(requis)

(requis mais non diffusé)

159 Partages
Partagez158
Tweetez
+11