Août 042011
 

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Dans cette interview, Stéphane Rouge qui est accompagnateur en montagne indépendant, nous donne un aperçu de son métier – et en particulier du côté « pédagogie et découverte » de celui-ci que beaucoup de personnes ignorent. Vous pouvez retrouver Stéphane sur son site Empreinte Montagne.

Transcription texte de l’interview

François Jourjon : Bonjour et bienvenue pour cette première interview du blog Randonner Malin. Je suis avec Stéphane Rouge qui est un accompagnateur en montagne. Bonjour Stéphane

Stéphane : Bonjour

François Jourjon : Alors, est-ce que tu peux te présenter rapidement s’il-te-plaît ?

Stéphane : Je m’appelle Stéphane, je suis accompagnateur en montagne diplômé depuis 2008 mais j’ai une pratique de la montagne qui est antérieure. Je pratique la montagne, l’escalade, l’alpinisme et la randonnée aussi depuis bientôt 18 ans à peu près. J’ai décidé d’en faire mon métier il y a 4 ans en arrière bientôt. Je ne vis pas de ça mais j’essaye de mettre en place un certain nombre de choses, vers Genève où j’habite, dans les Alpes et en Himalaya aussi.

François Jourjon : D’accord, et donc, tu fais cette activité uniquement l’été en ce qui concerne la France et la Suisse ? Ou tu fais quelque chose d’autre l’hiver et justement tu vas dans d’autres endroits ?

Stéphane : Je fais ça principalement l’été, là justement je suis en train d’essayer de m’orienter vers tout ce qui concerne les raids et les trekkings d’altitude, ce qu’on appelle trekkings alpins sportifs. Voilà, je suis en train d’essayer de rentrer un peu là-dedans. Donc principalement en été, et en hiver c’est plus à la demande, un peu de raquettes… J’ai éventuellement l’intention d’organiser un trek en raquettes dans le Chablais français. Ca partirait du Lac Léman et ça irait jusqu’à Chamonix. Mais c’est encore un projet qui n’est encore pas mis sur pied. Autrement ça m’arrive aussi de partir, je suis parti en 2010 au Népal. Mais pas avec des clients qui venaient d’Europe. J’ai un ami qui a une agence à Katmandu, donc je suis parti faire un peu de trek avec des clients de cet ami.

François Jourjon : D’accord, donc en fait tu fais plutôt au cas par cas. C’est-à-dire qu’il y a quelqu’un qui te choisit d’abord pour faire soit un raid, soit un trekking ou une randonnée et ensuite choisit aussi l’itinéraire et tu fais au cas par cas. Ou tu proposes plutôt certains itinéraires déjà tout faits et que les gens choisissent ensuite ?

Stéphane : Non, maintenant ce que j’essaye de faire – c’est une des choses les plus difficiles en tant qu’accompagnateur – c’est de trouver sa clientèle. En tout cas pour un accompagnateur indépendant comme moi. On est quelques-uns mais on n’est pas beaucoup. Beaucoup d’accompagnateurs travaillent pour des centres, des maisons de vacances, des agences et c’est vrai que pour des accompagnateurs indépendants, ce n’est pas forcement évidemment de trouver leur clientèle. Donc moi ce que j’essaye de faire en ce moment, c’est de faire un peu de communication là-dessus, sur vraiment du trekking en vallée… Le tour du Cervin, Chamonix Zermatt pour aller au col et là c’est déjà proposé. Donc j’envoie par mail tout ça et si les gens sont intéressés, ils s’inscrivent.

François Jourjon : D’accord

Stéphane : C’est ce que j’essaye de faire un petit peu.

François Jourjon : Ok, est-ce que tu pourrais préciser en quoi consiste le métier d’accompagnateur en montagne ? Et est-ce que toi tu as une particularité par rapport à ça ou est-ce que tu fais un peu comme la plupart des gens ? Est-ce qu’il y a vraiment des gens spécialisés dans certains trucs ?

Stéphane : Mis à part la formation commune, qui est la même – en tout cas en France là où je l’ai faite aussi en Haute-Savoie – chaque accompagnateur va dans son domaine de prédilection. Il peut y avoir des accompagnateurs qui se spécialisent dans la botanique, les fleurs, la géologie… Ils peuvent se spécialiser dans les classes d’ados et faire beaucoup d’apprentissage. Moi, en ce qui me concerne, je me dirige plutôt dans ce que j’apprécie, ce que j’aime, les sommets en Haute-Savoie, le trekking, les treks en Himalaya… C’est un peu ce qui me plaît plus. En fait, chaque accompagnateur va un petit peu vers ses aspirations qu’il a dans le milieu de la montagne.

François Jourjon : Donc en fait, tu dis que c’est un peu séparé en deux : il y a les gens qui sont plutôt pédagogues et qui vont faire découvrir la montagne et ceux qui sont un peu plus comme toi et qui sont spécialisés dans vraiment les trucs un peu plus durs, un peu engagés ?

Stéphane : Oui, on peut dire ça comme ça. Ca fait, j’espère pas trop prétentieux… Ca n’empêche que même pour ceux qui sont spécialisés dans les treks ou les randonnées sportives, il y a quand même une part de découverte, de pédagogie par rapport à notre environnement, par rapport à ce qu’on a envie de faire découvrir à nos clients. Mais c’est vrai qu’il y a vraiment un certain nombre d’accompagnateurs qui sont vraiment spécialisés – par exemple dans la botanique ou la géologie, pour faire des conférences… Il y en a même qui vont se spécialiser dans la gastronomie en montagne, ou la relaxation, des choses comme ça… Ou la photographie, moi je sais que je suis aussi très branché sur la photo. J’aime bien la photo, j’ai pris quelques cours et j’aime bien faire ça avec mes clients.

François : Donc en fait, il y a beaucoup plus qu’accompagner une personne en montagne, lui faire faire un tour et voilà ? Dans l’idée de beaucoup de personnes, c’est juste un guide. Alors que c’est plus – bon je n’aime pas trop l’idée – mais c’est aussi un guide touristique dans le sens où il te fait découvrir tout le reste aussi, les fleurs, les animaux… Je ne savais pas par exemple qu’il y avait même la gastronomie, la relaxation, la photo, c’est vraiment complet en fait.

Stéphane : Oui, oui… C’est des choses qui se font, après ça dépend de chaque accompagnateur. Par exemple en hiver, il y en a qui proposent raquettes et fondue.

François : D’accord

Stéphane : Une journée de raquettes et après le soir tout le monde va manger la fondue. Ca peut même se faire dans des igloos… Il y a des choses assez originales qui sont proposées. Utiliser les services d’un accompagnateur, c’est pas juste aller faire une petite balade comme ça, de deux heures, et puis revenir. Il y a quand même un certain nombre de choses en général qui sont proposées, beaucoup de découvertes, c’est intéressant…

François : D’accord et donc au départ qu’est-ce qui t’a poussé à faire ce métier, est-ce que c’est ton amour pour la montagne ? Ou il y a un peu plus, le contact avec les gens ou … ?

Stéphane : Non, honnêtement au départ je pratiquais beaucoup la montagne. Je ne connaissais pas du tout ce métier, accompagnateur en montagne. Un jour je suis allé faire une randonnée avec une connaissance et il m’a dit qu’il était en train de terminer sa formation. Et on a discuté, discuté… Et puis après, une année après, ça me travaillait, j’y pensais, ça me travaillait beaucoup et pourquoi ne pas aller plus loin et en faire ma profession. Même si c’est pas ma profession principale, mais en tout cas faire quelque chose avec cet amour de la montagne que j’ai depuis quelques années. C’est comme ça que j’ai décidé de devenir accompagnateur.

François : D’accord, très bien. Et donc peut-être pour finir, à quel type de personnes conseillerais-tu d’engager un accompagnateur de montagne plutôt que de partir tout seul ?

Stéphane : Il y a toute sorte de gens. Il peut y avoir de la clientèle comme celle que j’ai eu dernièrement en trekking, qui sont des gens qui vont en montagne un petit peu, mais qui ne s’engagent pas au-delà d’une certaine limite et qui n’ont pas envie de s’embêter – entre guillemets – avec tout ce qui est orientation, recherche d’itinéraires, météo, orages, enfin tout ça… Il y a un certain nombre de choses à gérer pour faire du trekking. Et aussi, il y a la clientèle familiale. Cela peut être des familles avec des enfants ou des adolescents, qui recherchent à aller voir des animaux ou aller reconnaître des plantes ou faire des parcours d’orientation… Après, il y a toute la clientèle d’hiver, qui cherche à faire de la raquette, un peu plus hors-piste, dans des coins sauvages non balisés que les accompagnateurs connaissent. Pour reconnaître les traces, des choses comme ça…

François : Donc en fait, il y a une grande partie qui engage un accompagnateur de montagne surtout pour limiter le risque ou par manque d’expérience…

Stéphane : Il y a les deux. Il y a la découverte et il y a aussi une appréhension d’aller seul en montagne sur certains itinéraires. Il y a aussi des gens qui n’hésitent pas à aller seuls mais qui ont envie tout d’un coup de faire une découverte plus particulière. Qu’elle soit animalière, culturelle ou autre… Ca dépend des gens.

François : Merci beaucoup Stéphane d’avoir répondu à mes questions. Pour ceux qui seraient intéressés, Stéphane a un site internet. L’adresse est la suivante : http://www.empreintemontagne.com. Je mettrai le lien en dessous de ce podcast. Et donc, merci encore Stéphane et je te dis à bientôt.

Stéphane : Merci bien, merci à tout le monde et merci à toi.

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