Juin 282021
 

Note de François : cette critique m’a été proposée par Camille, une lectrice du blog, passionnée de récits de voyages. Si vous recherchez un « bon bouquin » à lire cet été, cet article vous donnera sans doute envie de dévorer Sur les chemins noirs… Bonne lecture !

La marche comme thérapie

« Je vais sortir. Il faut oublier aujourd’hui les vieux chagrins, car l’air est frais et les montagnes sont élevées. Les forêts sont tranquilles comme le cimetière. Cela va m’ôter la fièvre et je ne serai plus malheureux dorénavant ». C’est par cette citation de Thomas de Quincey que débute Sur les chemins noirs

Le ton est tout de suite donné : marcher, arpenter les chemins, c’est la thérapie qu’a choisie Sylvain Tesson pour guérir de sa chute de huit mètres survenue un an plus tôt. Celle-ci lui a laissé de graves séquelles, physiques tout d’abord, mais aussi psychologiques. Comme il le dit lui-même : « j’avais pris cinquante ans en huit mètres ».

Celui qui avait l’habitude de parcourir le monde – et notamment les immenses étendues de Sibérie – sans se soucier ni de la fatigue, ni des douleurs du corps, doit désormais se reconstruire. Loin de lui l’idée de passer de longs mois en rééducation à marcher sur des tapis roulants. Depuis sa chambre d’hôpital, il prend alors une décision radicale : « si je m’en sors, je traverse la France à pied ». 

L’itinéraire de Tesson tracerait une diagonale, du sud-est au nord-ouest de la France, du Mercantour au Cotentin. Mais cette traversée pédestre de l’Hexagone, il ne veut pas la faire n’importe comment. Il empruntera des sentiers de traverse, ceux que l’on a oubliés et qui nous permettent d’avancer tout en étant caché du monde. Leur nom ? « Les chemins noirs », en référence au titre d’un roman de René Frégni. Il s’agit de ces passages secrets de l’ancienne France rurale et piétonne, à l’écart des routes et des circuits de randonnée balisés.

Sorti de l’hôpital, Tesson compte bien tenir la promesse qu’il s’est faite. Équipé de son sac à dos et de ses bâtons de marche, il prend alors le large à la recherche de ces fameux chemins noirs.

« Je fis les premiers pas en pensant que si je réussissais cette traversée de France, ce serait une rémission. Si je n’y parvenais pas, je prendrais mon échec pour une rechute. »

L’hyper-ruralité, paradis du randonneur ?

Autoroute, TGV, 4G (et même maintenant 5G, qui n’existait pas encore à la sortie de ce livre)… Le monde n’admet plus la lenteur. Il faut que tout aille vite ! Mais, cette vitesse qui « chasse le paysage », Tesson l’a en horreur. Rien de tel que de marcher pour profiter du monde, méditer, philosopher aussi parfois. La lenteur rend libre.

Pour que rien ne vienne perturber sa flânerie, il faut au vagabond des sentiers appropriés. Les « chemins noirs », voilà ce dont il a besoin : des « zones franches » épargnées de toute urbanisation. Mais cela est-il encore envisageable ? Peut-on vraiment traverser toute la France sans emprunter la moindre route, sans croiser la moindre voie ferrée ? Est-il encore possible de marcher plusieurs semaines sans tomber nez-à-nez avec un centre commercial, un parking ou une tour de béton ? Sylvain Tesson en rêve…

Pour préparer son itinéraire, il se servira notamment d’un rapport de l’aménagement du territoire paru en 2014 intitulé Hyper-ruralité. Celui-ci contient de précieuses cartes indiquant les zones du territoire qui « souffrent » entre autres :

  • d’enclavement ; 
  • d’une faible densité de population ;
  • d’un manque d’équipement, de services et de ressources…

Des endroits considérés par l’État comme étant en difficulté, mais que notre marcheur voit plutôt comme un Éden à parcourir.

« Tels les êtres inachevés, j’avais grand goût pour les recoins. L’”hyper-ruralité” était mon occasion. »

Itinéraire emprunté par Sylvain Tesson
Itinéraire emprunté par Sylvain Tesson – Source : Sur les chemins noirs, 2016.

Sur les chemins noirs : itinéraire de Sylvain Tesson

Partie 1 : départ du Mercantour vers le Rhône

C’est de la frontière italienne, à Tende, que démarre le voyage pédestre de Sylvain Tesson le 24 août 2015. De là, il va suivre l’itinéraire qu’il a soigneusement préparé pour se rendre jusqu’aux imposantes falaises du Cotentin. 

La première partie de son projet l’entraîne tout d’abord sur les sentiers du Mercantour, dans la vallée de la Roya, puis sur les chemins calcaires et les anciennes pistes muletières de Haute-Provence. La traversée des pierriers est une épreuve difficile pour son corps encore en miettes, mais cela ne l’empêche pas de savourer ces nuits tant attendues à la belle étoile.

« J’avais rêvé de m’allonger sous les sapins quand je gisais, un an plus tôt, à l’hôpital. Voilà que revenait le temps des bivouacs. »

Il faudra cinq jours à Tesson pour atteindre la haute vallée du Var. Grâce à ses cartes IGN, il parvient à trouver les pistes pastorales qui le font progresser dans les recoins les plus oubliés du pays.

Caché. Isolé. Sans jamais croiser quiconque, hormis d’anciens paysans mutiques ou de jeunes chamois intrépides. Il se plaît à « disparaître dans la géographie ». 

Continuant sa progression entre sentiers secrets et villages d’altitude abandonnés, il arrive sur le plateau de Valensole puis gagne Oraison. Là, notre randonneur quitte sans vraiment le savoir les chemins noirs et arrive en zone périurbaine, qu’il laisse aussitôt derrière lui pour avancer vers le monastère de Ganagobie où les moines l’accueilleront pour la nuit.

Après quelques jours de marche supplémentaires, Sylvain Tesson traverse Lure, ou plutôt ce qu’il en reste, puis rejoint les flancs du Ventoux en direction du Rhône marquant ainsi, doucement mais sûrement, la fin de l’étape Provençale de son périple.

Partie 2 : de l’Ardèche à L’Indre

Au fil des jours, le corps de Sylvain Tesson se répare. Les vertus de la marche et de la vie au grand air commencent à se faire sentir. Revigoré, il est rejoint temporairement par son ami Cédric Gras et continue sa progression en direction des falaises de la Manche, encore bien trop loin pour être visibles à l’horizon. 

Passé Brahic, les deux marcheurs font face à un tout nouveau paysage. Fini le sol calcaire et les champs de lavande. Ici, c’est le granit qui domine ! En direction du mont Lozère, ils rencontrent tour à tour broussailles, chasseurs et villages désertés. 

« Je visais le cœur du Massif central, pays des secrets villageois, des écrivains bizarres, des futaies du mystère, des roches magmatiques et des bêtes du diable. Ici, on pouvait effacer ses traces. »

Arrivé en Aubrac, l’auteur est fasciné par les lumières et les paysages lui rappelant les steppes de Mongolie. 

Dans le Cantal, accompagné d’Arnaud Humann, un autre « ami des taïgas », Tesson est frappé par une crise d’épilepsie. Il est conduit en urgence à l’hôpital d’Aurillac. Après une nuit passée en neurologie, il repart, la marche étant selon lui le seul remède possible à ses maux. Ussel, La Courtine, la Creuse et enfin l’Indre… Notre nomade laisse derrière lui le centre de la France pour des terres moins rudes et un relief plus doux.

Partie 3 : des grandes plaines vers les falaises

Éprouvé par sa progression douloureuse à travers le Massif central, l’auteur apprécie les vastes plaines de l’Indre et leurs sentiers boisés où « l’air sentait la mousse et le mystère humide ». Rejoint tour à tour par sa sœur Daphné, puis son ami Thomas Goisque, Tesson continue son voyage réparateur. 

De Châteauroux à Azay-sur-Indre en passant par Villedieu, il suit le cours de l’eau et installe ses bivouacs en prenant garde à « ne pas déranger les fées tutélaires » des sous-bois. 

Arrivé au sud de Tours, il fait à nouveau cavalier seul vers le nord, en direction de la mer. En Touraine, les nombreuses propriétés privées et autres « accès strictement interdits » posent bien des soucis à qui veut rester sur les chemins noirs ; les cartes IGN ne mentionnant pas le régime juridique (ex : privé, accès réglementé…) des chemins et sentiers.

S’ensuivent ensuite un passage par le Cher, la traversée de la Loire puis de la Sarthe, avant d’arriver en Mayenne. Imperceptiblement, le paysage évolue. Les mouettes, premières ambassadrices de la Manche, commencent à pointer le bout de leur bec, tandis que l’automne et ses brumes s’installent doucement.

Suivant un chemin vers Avranches, l’écrivain-randonneur entame alors la dernière partie de son processus de guérison, et de son voyage, qui doit s’achever au cap de la Hague. Après avoir longé le littoral entre Avranches et Genêts, il continue sa progression vers Granville pour atteindre, enfin, le 8 novembre, le Cotentin et ses falaises qui l’obsèdent depuis des semaines.

« J’avais rêvé cette balade en France dans un lit, je m’étais levé pour l’accomplir, elle s’achevait. C’était un voyage né d’une chute. »

Pourquoi ce livre de Sylvain Tesson devrait vous plaire ?

Non content de nous faire voyager via les sentiers oubliés de France, Tesson nous raconte également l’histoire de l’urbanisation de notre pays. De la fin de la Seconde Guerre Mondiale à aujourd’hui, il retrace ces politiques successives qui ont entraîné la modernisation des campagnes… puis leur déclin. 

De prime abord, cet ouvrage peut sembler un peu trop nostalgique, amer, voire réactionnaire. Il ne l’est pas ! Plutôt que de se complaire dans le « c’était mieux avant », l’auteur nous invite plutôt à nous évader en nous recentrant sur nous-même, loin des villes et de l’hyper-connexion. Il vous donnera envie de marcher, randonner, loin du bruit, des lumières et de l’agitation pour revenir à l’essentiel : un bivouac, une poignée de mûres cueillies dans les ronces et du temps pour soi. 

Les amoureux de littérature apprécieront la plume de Tesson. Personnellement, je trouve qu’il est l’un des écrivains contemporains les plus talentueux. Son écriture, à la fois sophistiquée et accessible, est un véritable régal pour qui aime lire. Lorsque l’on se plonge dans Les chemins noirs, on ne voit pas le temps passer, ni les pages défiler. On est embarqué dans un voyage à la fois géographique et intellectuel. 

Si vous ne savez pas quoi lire cet été, vous savez ce qu’il vous reste à faire !
(Vous pouvez par exemple vous le procurer chez Cultura ou Eyrolles)

De plus, vous trouverez certainement dans le périple effectué par Sylvain Tesson des idées de randonnées hors des sentiers battus, à la découverte d’une France secrète et oubliée. D’ailleurs, si vous avez envie de marcher sur les pas de l’écrivain, vous pouvez retrouver le tracé de son itinéraire (de plus de 1 400 km), reconstitué par une communauté sur IGNrando.

Pour conclure, je vous propose de laisser le mot de la fin à l’auteur :

« On devrait toujours répondre à l’invitation des cartes, croire à leur promesse, traverser le pays et se tenir quelques minutes au bout du territoire pour clore les mauvais chapitres. »

  44 commentaires à “Critique de « Sur les chemins noirs » de Sylvain Tesson”

Commentaires (44)
  1. Dommage quand même que l’auteur ne puisse s’empêcher de donner des avis péremptoires sur la politique, la société et le temps tel qu’il va. Cela agace et paraît hors sujet.

    • Un peu comme dans ses autres livres, en fait …

    • Celui qui randonne ne devrait-il parler que de marche ? Non, celui qui randonne est quelqu’un qui pense, analyse, écrit dans sa tête, avant d’écrire sur le papier. Les sujets abordés dans la solitude de la marche sont multiples, pourquoi Sylvain Tesson devrait-il faire l’impasse de certains d’entre eux dans ses livres ? Sylvain Tesson est un homme franc envers lui-même et envers les autres, c’est ce qui fait sa force.

      • je suis d accord avec vous, je l ai lu et c’est un très beau récit .Je le conseille vivement

      • Exactement. Je viens de finir ce livre, j’apprécie cet auteur d’une érudition sans bornes, d’une richesse littéraire incroyable, qui au fil de sa marche effectivement donne son opinion, mais qui ne la donne pas ! celui que ça dérange n’a qu’à pas le lire, car finalement c’est surtout des constats qu’il fait, souvent très justes, très crus. Il s’émeut parfois, de voir ce que les politiques font de ce pays, connaissant ou non les vraies conséquences … Nous venons de les élire, on devrait peut être leur offrir ce livre !

      • tout à fait d’accord avec Mireille, j’ai lu le livre et beaucoup apprécié

  2. Une aventure qui pourrait paraitre « fadasse » quand on connait ses voyages précédent, mais compte tenu de sa convalescence, elle prend une belle dimension. Il est bon de retrouver ces chemins oubliés…

  3. Merci pour la parution de cette critique littéraire. J’ai lu tous les livres de S. Tesson et si un auteur a sa place sur ce site, c’est bien lui !
    Et comme ce sont de vrais carnets de voyages, il est normal et apprécié d’y trouver aussi une once de politique, un soupçon de géographie, des réflexions sur le bon sens, des rencontres, des paysages, une belle part de patrimoine et de culture… et de la wodka en Russie (un peu trop à mon goût mais je ne la bois pas !).
    Les carnets des siècles passés ont un grand intérêt bien sûr, mais ici on se réjouit de partager notre temps avec un écrivain-voyageur de notre époque, dans le présent, sur les chemins, à travers le monde.

    • Je suis entièrement d’accord avec vous, j’ai découvert Sylvain tesson en lisant  » les chemins noirs » quelle découverte et quel bonheur. j’ai dévoré depuis bon nombre de ses bouquins et j’ai regretté de n’avoir jamais fait de philosophie ce qui m
      ‘aurait aidé pour certains

  4. Je l’avais lu à sa sortie (la famille apprécie la plupart de ses livres) et il m’avait effectivement plu. Vous avez parfaitement résumé son style « sophistiqué et accessible » et votre critique au sens noble devrait inciter les randonneurs que nous sommes à se le procurer. Je ne suis pas d’accord avec Thierry quand il lui reproche des avis « péremptoires » sur la … Qui est péremptoire ? celui qui s’exprime ou celui qui juge péremptoire ? Toute randonnée est l’occasion de réflexions que l’auteur nous propose à notre propre jugement. Cela n’est pas hors sujet et son bouquin n’est pas un guide de trucs et astuces et quand bien même, ces réflexions n’iraient pas dans notre sens, c’est l’occasion d’exercer son esprit critique (au sens noble, bien entendu)
    Bravo pour cette initiative, continuez le combat !
    Petite observation sur ces chemins abandonnés qui amènent nulle part : moi qui connais bien le Cantal, je peux vous assurer que s’ils existent encore, ils sont devenus quasiment infranchissables car devenus des fossés de broussailles, arbustes et autres plantes épineuses et de plus, barrés par ces fameux fils de fer barbelés.Peut-être est ce ce qu’on appelle la licence poétique dont se serait permis S Tesson.

    • Je ne peux qu’aller dans votre sens! Merci pour ce commentaire pertinent. Je ne partage pas toutes ses idées mais j’ai toujours un réel bonheur à lire sa prose et j’éprouve une certaine admiration pour le personnage;

  5. J’aime beaucoup ces « chemins noirs » car ils agissent sur notre nature comme aucun psy ne saurait le faire. La noirceur du quotidien est soudain éclairée par les éclairs d’une raison libérée de ses cultures.
    Bravo à M. Tesson qui nous démontre que le fruit d’un choix peut dépasser nos espoirs.

  6. J’ai tout lu de Sylvain Tesson.
    Ce que j’aime chez lui, c’est sa capacité à poétiser l’ivresse au travers de ses récits de voyage. Non pas que je cautionne cette pratique, néanmoins je l’associe toujours au plaisir de la seule bière que je m’autorise parfois après une bonne rando (et oui, je fais partie des irréductibles).
    Pour en revenir à ce livre, j’en connais au moins un, de ces chemins noirs. C’est à l’image du personnage: tout en rudesse et en finesse, un bon mélange.
    J’en profite pour inviter tous ceux qui aiment cet homme à aller voir son dernier reportage dans la forêt guyanaise, au sein de la légion étrangère. Je connais bien ces deux milieux, j’affirme que c’est de loin, le meilleur que j’ai visionné sur ce sujet. Délicat et émouvant.
    Merci de votre intérêt.
    Cordialement.

    • Oui j’ai vu son dernier reportage récemment à la TV. Je dirais « pas mal » car un film ne vaut pas un bon récit.

  7. Au contraire c est ce qui fait que Sylvain est un écrivain qui marquera et qui distille avis sociétal et penser philosophique.Eh oui mon brave monsieur tout est politique y compris marcher sur les chemins noirs et aussi de dire que Sylvain Tesson ne devrait pas distiller ses pensées .dire cela c est aussi prendre position et donc faire et donner son opinion et de fait faire de la politique. Bonne soirée.

  8. Bonjour, je ne suis pas très littéraire mais c’est Sylvain Tesson qui m’a donné envie de lire. Il confirme mes réactions et pensées que je n’arrivaient pas à argumenter aux opposants à cette philosophie. J’ai aussi constater que Tesson n’est pas très connu contrairement à des champions qui traversent des GR et des sommets en des temps records. Le monde n’admet plus la lenteur, en montagne aussi? Sylvain je crois pourrait répondre avec sagesse à cette question.
    Lui qui à beaucoup vu, et subit physiquement, doté d’une grande culture, a été impressionné par Vincent Munier par la patience en étant à l’affût, encore plus lent.

  9. J’ai lu Les Chemins Noirs il y a un peu plus d’un an et j’en garde un excellent souvenir. C’est aussi un plaisir de lire les commentaires de ce blog: ce livre de 2016 est comme un vin de garde, ses saveurs et son actualité vont durer.
    J’adore aussi les connexions entre des livres de sujets et styles différents. Ici le principe des chemins que l’on parcourt caché me fait faire le lien avec Les Furtifs d’Alain Damasio (2019). C’est un ouvrage de science fiction dans un futur proche et qui mélange des trouvailles dans son domaine (SF) mais aussi littéraires et typographiques…Ici encore l’auteur partage des idées « politiques » auxquelles il est sain de se frotter, puis accepter ou refuser, quand on apprécie de déambuler dans la nature.
    Je ne suis pas qualifié pour en faire la critique eshaustive…

    • Bonjour

      Je vous invite à lire « la zone du dehors » de Alain Damasio…
      Pour moi marche et méditation se rejoignent.
      Je viens de finir le tour du Morvan…le pays oublié tout comme le plateau de Millevache

      Gardez vous bien

      • Il vient de sortir « sentir et savoir » mais cela me semble hors de mon entendement, n’étant pas scientifique

    • Il reste à Sylvain le plaisir de marcher sans but lucratif ou d’intérêt pour être sous la lumière des projecteurs à la recherche de son image ,,d’une reconnaissance . Le chemin de soi qui oublie son égo et s’êtrifie sur des terrains vagues parfois sans écumes,parfois avec.
      Mais bon je suis un vampire et je dois dire que ses écrits sont de la bonne chaire saignante et bleu comme une orange…….

  10. J’ai lu aussi plusieurs livres de sylvain Tesson mais son livre sur le lac Baikal est mon préféré. J’aime sa façon d’écrire sur ses réflexions du marcheur qu’il est, et surtout on sent en lui une soif énorme de liberté et d’indépendance a contre courant de toutes les modes. Je vous conseille le livre « la bérézina » sur l’ invasion Napoléonienne en Russie il fait des allé retour sur l’histoire et le présent qui sont superbes. Un grand merci de parler des chemins noirs j’ai envie de le relire je l’avais acheté a sa sortie, c’est un bon livre a prendre lors d’une rando a lire en pleine nature allongé sous un grand chêne avec un superbe paysage car S Tesson c’est aussi une nature omniprésente. merci et bonne lecture.

    • La Bérézina à relire et le lac Baikal c’est top un Robinson qui rencontre des indigènes forts dans tous les sens

  11. pourquoi ce « déchaînement d’intolérance » vis à vis de Thierry? On peut ne pas être de son avis et pour autant, ne pas le juger..comme vient de le faire Marcel….Quelle politique !!! quel sens de la relation!!!
    Thierry donne son avis, c’est tout ! qu’y-a-t-il de si dérangeant?
    Quand je vois la hauteur des débats politiques aujourd’hui, j’ai envie d’aller vivre dans une caverne.
    merci à Sylvain Tesson pour sa si belle écriture

  12. J’ai lu ce livre il y a deux ans et je ne connaissais pas sylvain Tesson. Un ami m’en avait parlé .
    En fermant la dernière page, je suis allée m’acheter un sac à dos!
    j’ai adoré ce livre sans devenir une inconditionnelle de Tesson pour autant! Je e conseille régulièrement car il m’a beaucoup touché.

  13. Merci beaucoup pour cette critique.
    Sylvain Tesson n’a pas écrit que ce livre (2016), fort heureusement.
    Beaucoup se sont passés en Sibérie ou autres contrées.
    Il a une une grande force d’écriture et une remarquable intelligence des mots ce qui fait, à chaque fois, des bons bouquins.
    Effectivement, ces chemins noirs ont été une espèce de thérapie pour un homme bien amoché et par moment, bien mal dans sa peau !
    Dans le genre des livres pour la marche, il est sympa à lire, certainement moins péremptoire qu’axel Kahn ou moins mondain que Mr Ruffin…mais toutefois, ces 2 bons auteurs sont aussi agréables à lire.
    Bonne lecture et n’hésitez pas à lire les autres livres de Mr Tesson

  14. C’est assez fun, je dois aller chercher ce livre chez mon libraire cette semaine.
    Je vais l’offrir à mon papa, qui a décidé de traverser la France du Sud-Ouest au Nord-Est par des chemins oubliés.

  15. Bonsoir,
    Personnellement j’ai aussi adoré les analyses de M. Tesson qualifiées de « politiques ». Dans la vie tout ne peux pas être toujours segmenté. Il est bon de relier les choses …
    C’est aussi souvent en randonnée solitaire que me viennent des idées créatives sur mes différentes activités ou relations aux autres. C’est un des attraits de la randonnée de se déconnecter de notre quotidien (feedback) et de se reconnecter à la nature source d’enrichissement philosophique mais pas que.
    Pour avoir entendu Sylvain TESSON aux correspondances de Manosque je reconnais aussi son côté provocateur. Mais pour qui sait recevoir cela provoque surtout de saines réflexions.

  16. Sublime prose que celle de Tesson. « Réactionnaire », vrombit quelqu’un. Moins que Chateaubriand, Baudelaire, Proust, Morand, Céline les dieux de la littérature française.

    • Chacun a sa religion : dans votre liste, j’en éliminerais deux non sur le fond mais sur la forme, car je suis très sensible au style que je désignerais comme élégant. Quant à Baudelaire, c’est de la poésie et non de la prose.

  17. livre bien intéressant (hormis ses goûts douteux en politique, je rejoins certains commentaires….) mais malheureusement, je l’ai déjà lu! donc il faudra trouver autre chose! 🙂 mais pour moi, les chemins noirs, ce sont aussi ceux dessinés sur les cartes IGN que François nous apprend si bien à lire, bien petits, quelquefois même en pointillés, pas balisés et assez secrets… qu’on découvre en se sentant si bien en général….

  18. Bonjour
    Je l’ai lu tout de suite à sa sortie ; il faut dire que j’aime beaucoup Sylvain Tesson et que j’ai lu tous ces livres !!

  19. Bonjour à tous.
    Je ne connais pas monsieur Sylvain Tesson.
    Mais je cours chez mon libraire pour commander son dernier ouvrage.
    La marche et la randonnée m’ont permis de sortir de biens de périodes compliquées et même très compliquées, je ne suis pas parti à l’autre bout de la France ou du monde mais tout simplement autour de chez moi, il faut dire que j’habite dans une région magnifique qu’est l’Alsace.

  20. J’ai lu avec plaisir Axel Kahn lors de ses 2 traversées en diagonale de notre pays. Mais Sylvain Tesson que je viens de découvrir, ajoute un plus : sa poésie. Que du bonheur.

  21. Je suis une passionnée de la marche. À elle seule elle équivaut à toutes les thérapies. Quand, je vais mal moralement, ou même parfois physiquement, c’est vers elle que je me tourne. Vous comprendrez alors que le livre « Sur les chemins noirs » de Sylvain Tesson, je l’ai dévoré, comme tous ses autres livres. J’en ai aussi lu bien d’autres des livres d’écrivains-marcheurs, mais il n’y a que Sylvain Tesson qui sache mettre autant de poésie dans ses ouvrages. Son écriture est fine, ciselée, originale ; elle n’appartient qu’à lui et elle est loin de l’écriture technique, du journal de marche d’autres auteurs. D’autre part, marcher, ce n’est pas que mettre un pied devant l’autre, c’est aussi analyser ce qui nous entoure, y compris les populations que l’on traverse et leurs modes de vie, il est donc normal que la politique fasse partie des pensées et des réflexions de celui qui marche. Les rapporter, sans autocensure, c’est être honnête avec soi-même et envers ses lecteurs, et cela d’autant que les paysages que l’on traverse ne sont pas modelés que par la nature, loin de là, ils le sont tout autant par la ou les politiques d’une contrée, d’un pays. Et ces politiques, le marcheur ne peut ni les ignorer ni en faire l’impasse quand il écrit, car elles sont pour beaucoup dans ce que j’appellerai les changements, plus que l’évolution, de la nature.

  22. Même si ce n’est pas son objet principal est ce que ce livre donne des détails sur les aspects pratiques du voyage: navigation, longueur et difficulté des étapes, nature des hébergements/bivouacs, autonomie (poids du sac?), alimentation, etc.
    Merci.

    • Bonjour Jean-Pierre,
      Non, il s’agit vraiment d’un bouquin dans lequel on découvre et on partage les réflexions d’un écrivain-marcheur. Il n’y a que très peu d’éléments concernant la préparation, le matériel ou même l’itinéraire. Toutefois, si vous avez envie d’évasion, c’est un excellent livre ! 🙂

  23. Intéressant cette nouvelle rubrique littéraire.

    Sylvain Tesson , bien sûr que je le connais, il fait partie de mon top five d’écrivains préférés.
    J’ai adoré les chemins noirs , une aventure qui se recentre sur la France suite à son itinérance dans les grands espaces.
    Si j’ai tant apprécié ce livre c’est car on peut nous aussi s’imaginer l’auteur à arpenter des régions connues et proches de nous comme l’auvergne ou le cotentin, et aussi saluer son exploit de continuer à avancer malgré les épreuves.
    Si je met au sommet, dans les montagnes de sibérie par son talent littéraire,
    j’avais aussi beaucoup apprécié son bouquin de son tour du monde à vélo au temps de sa jeunesse et qui m’a donné envie de partir sur mon vélo( un peu moins loin juste la loire)
    Cependant j’ai été un peu déçu sur ses 2 derniers bouquins, Homère ou il rabâche un peu sur la mythologie et puis la panthère ou l’action est délaissée au profit de l’attente du félin.
    J’attends avec impatience et je suis loin d’être le seul sa prochaine aventure, son prochain bouquin.

  24. J’ai lu  » Les chemins noirs » de S. Tesson et « les pensées en chemin » à propos des 2 diagonales effectuées par Axel Khan. Auteurs tous deux très présents sur les médias et deux motivations et façon de cheminer très différentes (surtout à l’arrivée de chaque étape !).
    Beaucoup plus confidentiels et très intéressants aussi, je vous recommande les 2 récits suivants (dans une région que j’affectionne particulièrement et qui m’est chère: le Massif central):
    « Le chemin des estives » de Charles Wright. Sans le moindre sou en poche, misant sur la générosité des gens, un jeune aspirant jésuite s’échappe de la ville et de la modernité avec le désir de renouer avec l’élémentaire. Dans ce livre, on croise les figures de Rimbaud, Charles de Foucault, des gens de caractères, des volcans, des vaches…
    « Cantiques de l’infinistère, à travers l’Auvergne » de François Cassingena-Trévedy (moine bénédictin). Ce dernier arpente en solitaire le Massif du Cézallier. C’est plus qu’un récit de randonnée, c’est un hymne de l’univers, un hommage au monde paysan et une profession de foi en l’amitié des hommes. Ce qui est passionnant dans tous ces récits, ce sont les personnalités, les motivations et les « cheminements » très différents de chaque auteur.
    Enrichissant!

  25. Bonjour François,

    Merci pour cet article, j’avais déjà lu le livre de Tesson, et l’article en est une bon aperçu.

    Pour ceux qui aiment lire des récits de traversée de la France hors sentiers battus,, y a , à la même époque,:

    les 2 traversées “en croix” Est-Ouest et Ouest -Est de 2012 et 2013 d’Axel Kahn, aux titres respectifs de :

    – Pensées en chemins : ma France des Ardennes au Pays Basque, Poche 2015
    – Entre deux mers : voyage au bout de soi, Poche, 2016, de la Pointe du Raz à la Méditerranée.

    Et, aussi, moins récent, mais très beau (je le recommande !) le récit de la traversée de Jacques Lacarière de 1970 (des Vosges à Menton par la France profonde, pas par le GR5 5 ! ). Titre :
    – Chemins faisant, Poche.

    Amitiés
    A bientôt

    Astrid

  26. Merci pour ton initiative François.
    J’ai adoré ce bouquin tant du fait de l’auteur dont j’ai dévoré de nombreux récits, que de l’idée consistant à traverser la France par les « chemins noirs ». Je partage les avis de Camille et la remercie au passage.
    C’est chouette de pouvoir accéder à la « trace » de Sylvain…peut être un prochain projet de rando pour moi.

    Amitiés et au plaisir d’une rencontre en chemin
    Jean-Christophe

  27. cher François –
    Tout ce qui touche à la randonnée me passionne , sur le terrain ( marcher , rechercher les traces . et tous ces paysages , les rencontres même ), la lecture des témoignages, vos conseils grâce auxquels je n’ai cessé de progresser – J’ai lu  » Immortelle randonnée » , je lirai bien sûr ces « Chemins noirs » (et d’autres signalés … ) –
    J’ai 75 ans , je regrette tellement d’avoir commencé à randonner tard – Et donc je suis touchée de voir comment vous-même , étant jeune , vous investissez- vous tant pour faire partager votre passion et pour aider les débutants – Tout ce que je n’ai pu réaliser , ni ne pourrai le faire à présent , j’ai l’impression de le vivre un peu à travers vous tous –
    Je voulais apporter mon témoignage sur la fiche de Villefort , sur le site IGN rando , avec de belles photos du LAC , mais elles n’ont pas été validées , ni mon commentaire – J’étais sur mon compte pourtant – Comment faire ? – En tout cas , sachez qu’il y a de magnifiques randonnées dans ce coin des Cévennes et sur le Chemin de la Régordane , moins connu que d’autres ( il a son « crédential » – pas trop officiel quand même – pour se faire plaisir ! )

  28. Il reste à Sylvain le plaisir de marcher sans but lucratif ou d’intérêt pour être sous la lumière des projecteurs à la recherche de son image ,,d’une reconnaissance . Le chemin de soi qui oublie son égo et s’êtrifie sur des terrains vagues parfois sans écumes,parfois avec.
    Mais bon je suis un vampire et je dois dire que ses écrits sont de la bonne chaire saignante et bleu comme une orange…….

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