Oct 292012
 

Compte rendu GR20 en 7 joursIl y a un peu plus d’un an et demi, je publiais le premier article de ce blog, où je rendais public le défi que je m’étais lancé : parcourir le GR20 en 7 jours (au lieu de 15), du nord au sud et en autonomie complète (l’article se trouve ici pour ceux qui veulent en savoir plus).

L’article a depuis été très commenté, les curiosités attisées et j’ai reçu beaucoup de messages et d’emails à propos de ce défi. Je sais que nombreux d’entre vous sont impatients de savoir si je l’ai réussi ou pas.

Avant que vous ne vous précipitiez à la fin de l’article pour connaître la réponse, je vais tuer le suspense maintenant en vous annonçant que j’ai bien réussi mon défi. Et cela, sans courir, ou sans marcher à la lampe frontale… Je le précise, car des randonneurs rencontrés sur le chemin pensaient que c’était nécessaire pour faire le GR20 en 7 jours – surtout durant le mois d’Octobre où les jours sont courts.

Ce défi, je l’ai d’autant plus réussi, que j’ai pris énormément de plaisir à faire cette randonnée – et c’est surtout cela qui compte au final. 😉

Vous trouverez dans ce compte rendu les réponses aux questions que vous vous posez sûrement à propos de ce défi, des anecdotes, des photos, ainsi que quelques informations utiles pour ceux qui veulent se lancer sur le GR20.

Note : pour ceux qui ne sont pas trop familiers avec l’informatique, il suffit de laisser sa souris un instant sur une photo pour pouvoir y lire le commentaire associé.

Des réponses aux questions que l’on me pose souvent

Suis-je parti seul ?

Je suis parti avec un ami d’enfance, Nicolas – avec qui j’avais déjà fait plusieurs randonnées (courtes et longues). Il avait déjà effectué les 5 premières étapes du GR20, il y a 9 ans.

En plus du côté sympathique, partir à deux nous a permis d’alléger un peu plus nos sacs à dos – en partageant une partie du matériel. Comme nous avons tous les deux évolués vers la randonnée ultralégère au fil des années, c’était facile de se mettre d’accord sur le matériel et la nourriture à emporter afin d’optimiser le poids des sacs.

Quel était le poids de nos sacs à dos ?

Au départ, nos sacs à dos pesaient environ 11,5 et 12 kg tout compris (matériel, nourriture et eau). C’était leur poids maximal. Au minimum, ils étaient à environ 5 et 5,5 kg (sans nourriture, sans eau). Partir léger a été un très (très) gros atout pour réussir ce défi avec plaisir. Je reviendrai là-dessus dans un prochain article avec une liste détaillée de notre matériel. Si vous pensez qu’un sac à dos lourd est inévitable (comme nous le pensions tous les deux à nos débuts), cet article vous fera j’espère changer d’avis.

Dans le compte rendu journalier, j’ai indiqué une estimation du poids minimal et maximal de nos sacs à dos pour chaque jour.

Pourquoi faire le GR20 en Octobre alors que j’avais prévu de le faire entre Juin et Septembre 2012 originellement ?

Ce n’était pas vraiment le fruit d’un vrai choix, c’est plus « tombé comme ça » par rapport à nos emplois du temps. Nous avions quand même prévu environ deux semaines en Corse pour choisir le créneau de 7 jours le plus favorable au niveau météorologique. Au final, ça s’est avéré être une excellente période pour faire le GR20. Je vous en dis un peu plus à ce sujet par la suite.

Combien de temps avons-nous marché par jour ?

Sans compter les « grosses » pauses, nous avons marché entre 7h30 et 10h par jour environ, pour un total de 60h15 sur les 7 jours.

Dans le compte rendu journalier, j’ai indiqué le temps que nous avons mis pour effectuer chaque étape. Cela pourra servir d’estimation aux randonneurs qui marchent un peu plus vite que la moyenne.

Des blessures, des bobos ?

Tout s’est bien passé, pas de blessures et quasiment pas de bobos.

Mon genou a été un peu capricieux de temps en temps, mais j’ai réussi à minimiser cela en faisant des étirements, me faisant des massages et en utilisant mes bâtons au maximum.

A part ça, une toute petite ampoule au talon pour moi et quelques ampoules/frottements sur les mains pour nous deux à cause des bâtons (que nous avons utilisés intensivement). Quelques coups de pieds dans les rochers, quelques cognements de malléoles (nous étions équipés de chaussures de type trail), rien d’anormal !

Donc, on peut dire que tout s’est vraiment bien passé ! Pour la petite histoire, j’ai aussi réussi à planter la pointe d’un de mes bâtons dans mon pied. Ne me demandez pas comment, je ne sais pas ! 😉

Comment était la météo ? Quelles étaient les températures ?

J’y reviens régulièrement par la suite dans le compte rendu de chaque journée, mais voici un petit aperçu des conditions météorologiques que l’on a eues. Je tiens à préciser que les conditions en montagne sont très variables et que l’on aurait pu avoir des conditions beaucoup plus mauvaises et des températures beaucoup plus froides. On était d’ailleurs équipés pour faire face à de telles conditions.

Durant les 7 jours, il n’a pas fait très froid, on s’attendait à des températures plus fraîches – surtout en altitude. Le vent était par contre parfois assez fort – ce qui entraînait des températures ressenties assez faibles (à lire : « Le facteur vent ou pourquoi vous avez toujours froid en randonnée »). Quand il venait du nord, le vent était même glacial.

Dans la nuit, on ne pense pas que la température soit descendue en dessous de 5°C (à l’abri du vent). Cette donnée est à prendre avec des pincettes, car nous n’avions pas de thermomètre, c’est juste au « feeling ».

Certains jours, il a fait assez chaud – peut-être jusqu’à environ 25 °C (toujours au « feeling »). Nous étions parfois contents de randonner à l’ombre ! Si vous décidez de faire le GR20 au mois d’Octobre, ne sous-estimez donc pas la quantité d’eau à emporter et n’oubliez pas votre crème solaire.

Nous avons eu de belles journées ensoleillées, quelques journées nuageuses et un tout petit peu de pluie, donc une météo très satisfaisante pour le mois d’Octobre. Comme dans n’importe quel massif montagneux, les conditions étaient très différentes d’une vallée à une autre, d’une altitude à une autre, d’un versant à un autre et d’une heure à une autre.

Pour résumer les conditions météo, nous partions souvent avec les pantalons longs, les polaires et bonnets pour tout enlever rapidement et randonner en short et tee-shirt pendant la journée. Nous remettions le tout le soir. Pendant la journée, nous enfilions parfois une veste ou une softshell par-dessus les tee-shirts pour nous couper du vent.

Je vais maintenant faire comme à la télé ou à la radio, et vous donner les heures de lever et coucher du soleil. 😉 Ca a son importance pour planifier ses randonnées – surtout quand les jours sont courts.

  • Lever du soleil : entre 07h56 et 08h05
  • Coucher du soleil : entre 19h20 et 19h08
  • Durée du jour : entre 11h24 et 11h03

Comment nous sommes-nous préparés physiquement ?

Nous n’avons pas vraiment fait de préparation physique spécialement pour le GR20 – car nous étions en bonne condition physique grâce aux randonnées de l’été et nos pratiques sportives habituelles. Sans trop rentrer dans les détails, voici en quoi ont consisté nos « préparations physiques » :

  • Nicolas : rien de particulier, à part son entraînement habituel pour le trail (course à pied en montagne, pour faire simple) et des randonnées pendant l’été. Le trail est une excellente préparation physique pour des randonnées longues avec beaucoup de dénivelé.
  • Moi : beaucoup de randonnées (et beaucoup de dénivelé) jusqu’à fin Août. De retour dans une région plate, j’ai ensuite maintenu ma forme par la course à pied et le vélo elliptique une fois tous les deux jours. A cela se sont ajoutés mes entraînements d’escalade habituels (3-4 fois par semaine), qui m’ont permis de garder une bonne forme même s’ils ne préparent pas très spécifiquement à la randonnée.

Je tiens à préciser que nous faisons du sport régulièrement, et sommes donc en bonne condition physique la plupart du temps. Nous sommes également très loin d’en être à notre première randonnée. C’est pourquoi nous avons pu nous permettre de ne pas vraiment faire de préparation physique spécifique. Une autre raison, est que le GR20 en 7 jours n’est pas un exploit physique (même si cela n’est pas non plus une balade de santé). Ça demande une bonne condition physique pour ce type d’effort (en plus d’une bonne préparation et d’un sac à dos léger), mais cela ne nous a pas poussé à la limite de nos capacités (même si cela nous a poussé physiquement).

Notre parcours du GR20 en 7 jours

Parcours GR20 en 7 joursNous avons suivi le tracé original du GR20 qui est divisé en 15 étapes. Entre les refuges d’Usciolu et d’Asinau, le tracé original avait été récemment modifié et une étape ajoutée. Il est maintenant re-balisé et il est donc possible d’emprunter le tracé original ou sa variante.

Sur la carte ci-contre, vous avez un aperçu du parcours, qui traverse une bonne partie de la Corse en passant par les zones les plus montagneuses. En dessous, vous retrouvez le profil altimétrique du parcours dans son intégralité. Vu comme ça, ça fait un peu peur. 😉

On peut voir que la topographie est différente dans le nord (à gauche sur le graphique) et dans le sud (à droite). Le nord est plutôt constitué de grandes montées et de grandes descentes (avec peu de sections plates), alors que dans le sud, les montées et les descentes sont généralement plus courtes et le relief moins raide.

Dans le compte rendu, vous retrouverez le profil altimétrique de chaque journée.

Parcours GR20 de Corse

Etant donné que l’on ne peut bivouaquer qu’à côté des refuges, la préparation du parcours a été simplifiée. Il nous a simplement fallu « caser » 15 étapes en 7 jours. Logiquement, cela fait 2 étapes par jour, et un jour avec 3 étapes. Avant le départ, nous n’étions toujours pas totalement sûr de quand nous allions faire 3 étapes en un jour, mais nous avions quand même une préférence pour le 2ème jour – qui a beaucoup de dénivelé, mais peu de distance.

Nous savions également que par rapport aux horaires donnés, c’est sur ce genre de terrains accidentés et avec forts dénivelés que nous pouvions réduire grandement ces horaires. Comme les conditions météo étaient bonnes et que nous étions en forme, nous avons donc combiné 3 étapes le 2ème jour.

Voici un tableau qui récapitule les distances et dénivelés pour chaque jour de notre parcours. On trouve des dénivelés et distances très différents en fonction des sources – celles que je donne ici proviennent d’un tracé Openrunner que j’ai réalisé.

Dénivelés et distances - GR20 en 7 jours

Compte rendu jour après jour

Voici un (bref) compte rendu de chaque jour. Je ne vous ai pas refait tout le parcours en détails – les guides de randonnée sont là pour cela – mais j’ai surtout voulu partager mes impressions ainsi que quelques anecdotes et photos.

Jour 1 (05/10/2012) : Calenzana -> Ortu di u Piobbu -> Carozzu

Profil altimétrique GR20 - Jour 1

Poids approximatif des sacs à dos :

  • Max : 11,5 et 12 kg
  • Min : 9,5 et 10 kg

Temps de marche total (sans la pause déjeuner) : 7h25

Temps de pause déjeuner : 1h30

Temps de marche GR20 - Jour 1

Tout commence par un réveil qui sonne à 5h50 dans un camping de Calvi – le gîte d’étape de Calenzana étant fermé à cette période. Nous prenons un gros petit-déjeuner, histoire d’emmagasiner encore quelques calories supplémentaires avant le départ et nous plions la tente. Le voisin n’a d’ailleurs pas compris ni apprécié pourquoi nous nous levions aussi tôt ! Désolé pour le bruit…

Nous partons de Calvi à 7h00, garons la voiture dans un grand parking public de Calenzana, faisons nos sacs à dos et c’est parti pour nos premiers pas sur le GR20 vers 7h50.

Le temps est magnifique, soleil et ciel bleu sont au rendez-vous – c’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous sommes partis ce jour-là ! La météo s’annonce belle les prochains jours, même si ça devrait se couvrir en milieu de parcours avec peut-être même un peu de pluie.

Jusqu’au refuge d’Ortu di u Piobbu, ça monte bien, le terrain est assez roulant (pas très rocailleux) – il faut en profiter car cela ne durera pas. En montant, on a de superbes vues sur la mer, Calvi et sa citadelle.

Vue sur Calvi et sa citadelle

Nous avons de bonnes sensations, la montée est rapidement avalée et nous arrivons au refuge d’Ortu di u Piobbu assez tôt. La première chose qui nous surprend, sont toutes les tentes (bleues) plantées là – alors qu’il n’y a strictement personne. Ce sont des tentes qui appartiennent au refuge et qui servent d’appoint quand le refuge est plein, les jours de grande affluence. Mais pourquoi les laisser plantées alors que l’hiver arrive et qu’elles n’auront plus d’utilité ?

On déjeune à côté du refuge. Pain, saucisson, fromage, chocolat et fruits secs constitueront le déjeuner typique pendant ces 7 jours. Le pain sera remplacé par des galettes de riz soufflé et du pain croustillant pendant la deuxième moitié de la semaine. Après le repas, rien de tel qu’une petite sieste au soleil avant de repartir – nous ne sommes pas trop pressés aujourd’hui.

L’après-midi est un peu plus dure que la matinée. La montée est plus accidentée et elle est suivie d’une section plus ou moins plate le long des crêtes qui est assez technique et usante. L’ambiance du GR20 nord aux pics rocheux escarpés est déjà là ! Une superbe ambiance de haute-montagne alors que l’on n’est pas très haut en altitude.

Une dernière descente un peu raide mène au refuge. Nous sommes un peu fatigués de cette première journée, les jambes un peu raides, mais sans plus – un bon présage pour la suite.

Nous arrivons assez tôt au refuge de Carozzu, ce qui nous laisse le temps de choisir notre emplacement de bivouac. Nous n’avons que l’embarras du choix, car personne d’autre n’est là – mis à part des cochons que nous entendrons durant la nuit. Il n’y a pas foule, nous n’avons croisé que 5 personnes aujourd’hui, dont seulement 2 allants dans le même sens que nous.

Nicolas s’étonne des changements qu’il y a eu depuis la dernière fois qu’il y a campé (9 ans en arrière). Il y a maintenant de « vraies » douches. Pour ma part, je suis tout simplement étonné de voir des douches. Nous verrons même des lumières dans certains refuges (fonctionnant à l’énergie solaire) – plus de bougies…

Vue du bivouac à côté du refuge de Carozzu Nicolas cuisine à côté du refuge de Carozzu

Après le dîner, nous nous couchons à 20h30. La nuit sera un peu agitée, avec une souris s’amusant à grignoter mes barres de céréales. C’est évidemment un des inconvénients d’avoir un abri non fermé – les animaux s’y invitent. Mais au moins, ils ne se sentent pas obligés de faire un trou dans la tente pour accéder à la nourriture. 😉

Jour 2 (06/10/2012) : Carozzu -> Ascu Stagnu -> Tighjettu -> Ciottulu di i Mori

Profil altimétrique GR20 - Jour 2

Poids approximatif des sacs à dos :

  • Max : 11 et 11,5 kg
  • Min : 9 et 9,5 kg

Temps de marche total (sans les « grosses » pauses) : 9h05

Temps de pause déjeuner : 25 min

Temps de marche GR20 - Jour 2

Note : pause déjeuner de 25 minutes entre Ascu Stagnu et Tighjettu, ce qui explique un temps de marche de 3h45, alors que nous sommes partis à 11h et arrivés à 15h10.

Aujourd’hui, le réveil sonne à 6h00, on a gagné 10 minutes par rapport à hier. 😉 Le réveil restera réglé sur 6h00 jusqu’à la fin. Cela nous laisse le temps de profiter des superbes lueurs de l’aube et du lever du soleil tout en déjeunant, pliant l’abri et faisant les sacs à dos. Le tout assez lentement, car nous partirons rarement avant 7h30.

Nous sommes en bonne forme ce matin (heureusement, vous me direz, ce n’est que le début). Nous savons qu’aujourd’hui est une grosse journée, puisque nous combinons 3 étapes. Nous savons également qu’il y aura peu de plat – 3 montées et 2 descentes.

Nous avons toujours de belles vues sur la mer et Calvi dans la première montée et nous avons même parfois l’impression de nous en rapprocher. Nous apercevrons même un jeune mouflon, le temps de prendre 2-3 photos floues de loin, avant qu’il ne disparaisse ! Ce sera malheureusement le seul que nous verrons.

Du col (Bocca di Stagnu), nous apercevons le refuge d’Ascu Stagnu. On a l’impression qu’il est à 5 minutes de marche en contrebas – mais nous savons que l’impression est trompeuse. La descente est raide et exigeante. La montée dans l’autre sens doit l’être également. 😉

Nous arrivons trop tôt au refuge pour déjeuner. Nous en profitons par contre pour faire un peu de lavage (chaussettes et tee-shirts) vu qu’il fait très beau et chaud. Nous échangeons également quelques mots avec un groupe d’italiens et un français allants dans l’autre sens.

Il est ensuite temps de monter vers le fameux cirque de la solitude. Juste avant la montée finale pour accéder au cirque, nous sentons un manque d’énergie – il est temps de manger – en plus, il est déjà 12h15. La pause déjeuner sera courte (environ 25 minutes) et nous repartons vers le cirque.

Vue derrière nous avant d'arriver au cirque de la solitude

Le cirque de la solitude est très sympa. Les conditions sont très favorables pour nous, le temps est beau, nous avons des sacs à dos légers, nous sommes habitués à ce genre de passages et il y a très peu de monde. Nous serons remontés de l’autre côté en environ 1h.

Je comprends par contre que ce passage puisse être un calvaire pour des randonneurs surchargés, n’ayant pas l’habitude d’utiliser des chaînes pour franchir des passages délicats ou par mauvais temps. Le cirque est un éboulis géant où la végétation se fait rare. Nous apprécions cependant beaucoup l’ambiance minérale typique de cette partie du GR20.

Nicolas en haut du cirque de la solitude Nicolas, avant de descendre dans le cirque de la solitude Les chaînes typiques du cirque de la solitude

Une descente nous mène ensuite vers le refuge de Tighjettu. Une pause à l’ombre est de rigueur après avoir passé une bonne partie de la journée au soleil. Il est déjà 15h45, donc largement le temps de repartir pour la dernière étape de la journée. Une descente, puis une pause stratégique « barre de céréale », avant d’attaquer la montée finale (oui, les sections plates sont assez rares dans le nord du GR20).

Dans cette montée, on commence à ressentir un manque d’énergie (malgré la barre de céréale ;-)), mais on arrive au col (Bocca di Foggiale) avec une belle vue sur le lac derrière nous (Sidossi) et la superbe lumière d’une belle fin de journée.

Vue sur le lac de Sidossi de Bocca di Foggiale

Contents d’être arrivés, on se rend rapidement compte que le refuge n’est pas au col, mais qu’il faut encore monter un peu… Ce n’est pas long, mais on croyait vraiment avoir fini cette longue journée – qui sera la plus dure en rétrospective.

La vue de l’emplacement de bivouac vaut 4 étoiles, un pur bonheur. Il ne fait pas très chaud, car le vent souffle. Nous mangeons donc dans le refuge, où nous nous joignons à quelques personnes – dont la propriétaire d’un topo-guide trouvé sur le chemin. Comme la veille, nous sommes couchés à 20h30.

L'emplacement de bivouac à Ciottulu di i Mori  La vue 4 étoiles de Ciottulu di i Mori

Jour 3 (07/10/2012) : Ciottulu di i Mori -> Manganu -> Petra Piana

Profil altimétrique GR20 - Jour 3

Poids approximatif des sacs à dos :

  • Max : 10 et 10,5 kg
  • Min : 8 et 8,5 kg

Temps de marche total (sans la pause déjeuner) : 10h00

Temps de pause déjeuner : 45 min

Temps de marche GR20 - Jour 3

Note : pause déjeuner de 45 minutes entre Ciottulu di I Mori et Manganu, ce qui explique le temps de marche de 6h05 alors que nous sommes partis à 7h40 et arrivés à 14h30.

Réveillés à 6h00, nous sentons ce matin que nous n’avons pas passé les deux dernières journées derrière un ordinateur – les jambes sont un peu raides. Le ciel est superbe au lever du soleil, nous ne regretterons jamais de nous lever tôt !

Lever de soleil de l'emplacement 4 étoiles au refuge de Ciottulu di i Mori

La descente commence tranquillement, puis s’intensifie jusqu’au col de Vergio. A partir de là, le GR20 est nouveau pour Nicolas. Les paysages sont un peu différents, moins rocailleux et avec plus de végétation. Les pins laricio agrémentent très bien les paysages et nous rencontrons pas mal de cochons dans la forêt.

Un petit cochon près du col de Vergio

Nous croisons un peu plus de randonneurs que les jours précédents, car la route est proche, on est dimanche et la météo est assez clémente (bien que les nuages se soient invités).

Un peu plus loin, nous apercevons le lac de Nino où l’on profite d’un beau point de vue surplombant le lac pour manger. Nous redescendons ensuite vers le lac de Nino puis passons deux bergeries avant de remonter vers le refuge de Manganu.

Cette première étape est assez longue en distance mais dénote des étapes précédentes car les pentes sont peu raides et certains passages sont même bien roulants. Les paysages autour du lac sont très beaux et expliquent sa popularité auprès des randonneurs en été.

Nous ne restons pas longtemps au refuge de Manganu et nous mettons en route. La première partie de la montée est jolie et surprenante, les couleurs rougeâtres de l’automne étant présentes. Elles laissent rapidement la place aux rochers et aux éboulis dans lesquels se fait la montée.

Dans la première partie de la montée après le refuge de Manganu Dans la seconde partie, un peu plus rocailleuse

La seconde étape de cette journée est beaucoup plus similaire aux deux journées précédentes par ses paysages, ses pics escarpés et par ses chemins cassants et très rocheux.

Arrivés à la Brèche de Capitello, les nuages ont rempli les vallées. Nous descendons dans les éboulis puis suivons les crêtes avec de superbes vues sur les pics alentours et les lacs glaciaires Capitello et Melo qui sont d’un bleu très surprenant. Malheureusement, le temps n’est pas top, les nuages cachant la vue par moment et le vent étant assez fort.

Lac sur le GR20 Lac sur le GR20

Cette partie est assez technique et exigeante, on suit la base des crêtes puis passe de l’autre côté avant une descente assez difficile vers le refuge de Petra Piana. Elle est raide et mouillée par un ruisseau qui passe par là. On sent bien nos cuisses en bas de celle-ci.

Nous sommes prêts à continuer en pensant que ce soir nous devrions être à Vizzavona (je ne sais pas pourquoi nous avions cela en tête). Nous vérifions quand même la carte (avec un léger doute) pour finalement nous rendre compte que nous sommes en fait censés être à Vizzavona demain soir. Nous regarderons régulièrement la carte par la suite et ne suivrons plus uniquement bêtement le balisage.

Le vent souffle fort aux alentours du refuge, nous plantons bien l’abri pour être sûr qu’il ne s’envole pas et nous retrouvons une ambiance cosy dans le refuge au milieu d’étrangers (anglais et allemands) et de quelques français.

Ce soir on veille, le coucher se fait à 21h. La nuit sera agitée, l’abri claquant à cause des grosses rafales de vent.

Jour 4 (08/10/2012) : Petra Piana -> L’Onda -> Vizzavona

Profil altimétrique GR20 - Jour 4

Poids approximatif des sacs à dos :

  • Max : 9 et 9,5 kg
  • Min : 7 et 7,5 kg

Temps de marche total (sans la pause déjeuner) : 7h40

Temps de pause déjeuner : 1h40

Temps de marche GR20 - Jour 4

Encore un très beau lever de soleil ce matin, près du refuge de Petra Piana qui s’active déjà. En tendant l’oreille, j’entends que deux français accompagnent un anglais à Vizzavona pour ensuite prendre le train et l’emmener à l’hôpital de Corte. Je n’entends pas pour quelle raison, et n’ose pas demander. Pourquoi je vous dis cela ? Ca a son importance par la suite !

Lever de soleil, de Petra Piana

Nous nous sentons toujours en bonne forme physique. Un peu courbaturés, mais nous savons que ce sera comme cela tous les matins à venir. Le petit déjeuner est plus léger aujourd’hui car il semblerait que l’on ait mangé un peu trop les deux jours précédents (le petit déjeuner est réparti dans des sacs congélation pour 3 jours). Tant pis, on fera avec. De toute façon, ça tombe bien, aujourd’hui est notre jour de « repos » – ou plutôt notre jour un peu plus tranquille. 😉

De belles amanites tue-mouches - non comestiblesÇa commence par une descente, à l’instar de celle de la veille – raide et accidentée dans les éboulis. Rien de tel pour réchauffer rapidement les cuisses. La pente devient ensuite plus douce et on descend dans la forêt le long d’une rivière. Les champignons sont de sortie. Dommage que l’on n’ait rien pour les faire cuire correctement, car ce ne sont pas les cèpes et les coulemelles qui manquent ! On les laissera aux animaux.

Dans la descente, je commence à sentir mon genou et me dis que j’ai complètement oublié de m’étirer jusqu’à maintenant – chose que je n’oublierai plus par la suite. On remonte ensuite vers le refuge de l’Onda où l’on en profite pour se laver à la source (ou plutôt se rafraîchir – l’eau étant très froide à cette période) et laver quelques vêtements.

Depuis ce matin, le temps est magnifique, on mange donc seuls au soleil sur la table du refuge. Il est tôt, mais le petit déjeuner était léger, donc ce n’est pas un problème. En attendant que les affaires sèchent, on s’allonge au soleil en profitant du paysage et du calme (que l’on ne doit pas retrouver en Juillet, Août ou Septembre).

On repart ensuite pour une montée au soleil sur une arête avec de belles vues de chaque côté. En haut, on retrouve les deux français accompagnés de l’anglais (je vous assure, ça a son importance !). A partir de là, il ne reste plus que de la descente jusqu’à la gare de Vizzavona. Les nuages commencent à s’agglutiner dans la vallée. La descente commence rapidement, dans les pierriers, puis elle s’adoucit le long d’une rivière ayant entaillé la roche pour former de petits canyons par endroits. La fin de la descente se fait dans la forêt.

Autant avoir une belle vue pour brouter !

Arrivés à Vizzavona, on se dit que la montée dans l’autre sens doit être assez mémorable – avec une fin qui doit n’en plus finir (des témoignages ?). On trouve la gare, puis une aire de bivouac. On est surpris de voir qu’elle est payante. Le prix est de 5 euros par personne. Il n’y a pas de toilettes (qui sont en construction) ni d’eau. Il y a une source accessible en contrebas, en descendant pendant quelques minutes le long de la rivière. Elle est indiquée par une flèche. Le propriétaire de l’aire de bivouac ne manquera pas de vous l’indiquer.

Il est assez tôt et on est en bonne forme. J’en profite pour faire une petite séance d’étirements avant de prendre l’apéro un peu plus tôt que d’habitude. Avant que certains ne se demandent comment on fait pour avoir un sac aussi léger et emporter l’apéro, je précise qu’il consiste de cacahouètes salées uniquement (comme tous les soirs).

Pendant le repas, un sac plastique bouge. Première pensée : « c’est une souris ! ».  Deuxième pensée : « depuis la nuit où la souris a grignoté tes barres de céréales, tu vois des souris partout, ça doit être le vent ! ». Troisième pensée : « c’est marrant cette forme qui se déplace dans le sac plastique ». J’attrape le sac plastique, et à ma surprise, ce n’est pas une souris – mais une musaraigne. On dormira donc avec la nourriture bien empaquetée entre nous deux – plutôt qu’à nos pieds. On n’est pas du genre partageur en rando, quand on a juste ce qu’il faut comme nourriture. 😉

Nous sommes couchés à 20h30 pour une bonne nuit de sommeil, ou presque.

Jour 5 (09/10/2012) : Vizzavona -> Capannelle -> Prati

Profil altimétrique GR20 - Jour 5

Poids approximatif des sacs à dos :

  • Max : 8,5 et 9 kg
  • Min : 6,5 et 7 kg

Temps de marche total (sans la pause déjeuner) : 8h45

Temps de pause déjeuner : 1h45

Temps de marche GR20 - Jour 5

Nous sommes réveillés plus tôt que prévu par la pluie – il est 5h30. Il faut passer en « mode pluie », car nous dormons sur un Polycree (sorte de bâche ultralégère en polyoléfine) dans un abri non fermé. Pour éviter de se faire mouiller par les gouttes rebondissant sur le sol et par les ruissellements, nous relevons donc les bords (et perdons un peu d’espace vital).

Le temps de prendre le petit déjeuner sous l’abri, la pluie s’arrête. Juste le temps de se faire un petit café, de faire le plein d’eau et c’est parti ! Aujourd’hui, il y a beaucoup de dénivelé positif de prévu, beaucoup de distance, mais le relief devrait être assez doux.

Le temps paraît incertain avec déjà beaucoup de vent dans la vallée. Dès que l’on monte, c’est ambiance automnale garantie avec les couleurs rougeâtres des feuilles des arbres, et la tête dans les nuages. Les salamandres de Corse sont même de sortie.

Plus nous montons, plus le vent s’intensifie et plus les nuages sont humides. Au col Bocca Palmente, le vent est extrêmement fort. Il est quasi-impossible de tenir debout. Au milieu du col, nous nous abritons derrière un rocher avant de repartir.

Ambiance automnale Nicolas, abrité derrière un rocher à Bocca Palmente Une salamandre corse

Avec le vent, les pas sont hésitants et les trajectoires assez aléatoires. Les bâtons (qui ne nous quittent quasiment jamais) sont très utiles pour (à peu près) garder l’équilibre. On est prudents, mais cela nous amuse beaucoup.

En redescendant, le vent est moins fort et nous marcherons à flanc de montagne dans les forêts de feuillus, quasiment jusqu’au refuge de Capannelle. On mangera même à l’intérieur du refuge à cause du vent. C’est d’ailleurs la seule fois que l’on mangera à l’intérieur le midi et que l’on se préparera une tisane.

Ce refuge n’est pourtant pas accueillant, il est en piteux état. Il gagnera de loin la palme du refuge le moins attirant. En descendant vers le refuge, un randonneur nous a même dit qu’il était infesté de punaises de lit. Cela sera confirmé par d’autres randonneurs le soir même.

Nous trouvons la partie qui suit un peu monotone (par rapport au reste), à flanc de montagne, dans la forêt, et avec peu de vues sur les paysages alentours. En arrivant au niveau du plateau de Gialgone, on retrouve le soleil, la vue est enfin dégagée et l’on aperçoit la côte. Nous ne l’avions pas vue pendant les 2 jours précédents, nous la verrons tous les jours suivants. L’ambiance est méditerranéenne, avec une végétation sèche et basse, des pins et des rochers.

Une petite descente vers le col de Verde, une petite pause, et on attaque la montée vers le refuge de Prati. Nous arrivons sur les crêtes et les efforts de la montée sont récompensés par de très belles vues sur la mer. L’endroit est magnifique, mais il fait froid à cause du vent, on se couvre rapidement.

Au refuge de Prati, après avoir trouvé une zone à l’abri du vent (mais en pente) pour planter l’abri, on retrouve une petite dizaine de personnes et surtout une bonne ambiance dans le refuge.

Refuge de Prati Notre abri

Certains nous racontent comment ils ont dormi assis sur un banc la nuit passée au refuge de Capannelle à cause des punaises de lit. Apparemment d’autres randonneurs étaient même prêts à partir en pleine nuit pour le refuge de Prati tellement les punaises de lit les rendez fous. Ce soir, ils dormiront allongés sur les bancs et les tables car il y a aussi des punaises de lit dans ce refuge. Un couple dormira même dehors sur la terrasse.

Après les punaises et le poids des sacs (le poids de nos sacs intrigue beaucoup), les discussions dévient inévitablement vers la météo – le sujet de discussion favori dans les refuges et au bivouac ! Du (très) mauvais temps est prévu pour jeudi soir (le soir où l’on a prévu de finir) et ce, jusqu’à dimanche. Beaucoup se demandent donc comment ils vont faire pour l’éviter. Faire un ravitaillement et attendre dans un refuge que ça passe ? S’arrêter avant la fin ? Essayer de doubler les étapes ?

S’en suivent des discussions sur les renards qui apparemment se mettent à attaquer les tentes des randonneurs. Ils n’ont apparemment plus peur de l’homme et ont récemment déchiré plusieurs tentes au refuge de Manganu et même mordu un randonneur à la main.

Sur ce, on se couche à 21h00 en rêvant de renards. 😉

Jour 6 (10/10/2012) : Prati -> Usciolu -> Asinau

Profil altimétrique GR20 - Jour 6

Poids approximatif des sacs à dos :

  • Max : 7,5 et 8 kg
  • Min : 5,5 et 6 kg

Temps de marche total (sans la pause déjeuner) : 9h05

Temps de pause déjeuner : 1h10

Temps de marche GR20 - Jour 6

Ce matin, nous plions l’abri avant de prendre le petit déjeuner au refuge pour éviter de réveiller les gens dormant sur les bancs et les tables. Finalement, ils étaient déjà levés. La lumière de l’aube est magnifique, le ciel rouge et la plaine orientale est remplie d’une superbe mer de nuages. Le lever de soleil est tout aussi beau, avec celui-ci émergeant doucement des nuages.

Mer de nuage et réflections au refuge de Prati

Le début de la journée est superbe avec de belles vues sur la mer et se déroule sur les crêtes, en passant d’un côté à l’autre de celles-ci. Un côté est ensoleillé et à l’abri du vent – il y fait très bon. L’autre est exposé au vent glacial et le sentier est parfois à l’ombre.

Vue des crêtes après le refuge de Prati Troupeau sur les crêtes

Le chemin alterne entre montées et descentes entre les blocs rocheux. On arrive ensuite au refuge d’Usciolu, qui est très joli et dans un cadre très sympa. En plus, il est au soleil et à l’abri du vent. La pause de midi est très agréable. 😉

Encore une superbe vue des crêtes

Quelques étirements pour moi, un peu de lavage pour Nicolas, le déjeuner, et c’est reparti !

L’étape en direction du refuge d’Asinau commence également par un passage en crêtes avant de descendre dans une vallée assez plate pour un peu de randonnée dans le maquis.

D’ici, nous voyons la montée qui nous attend (ou presque). En haut, au Monte Incudine, il fait froid, le vent est toujours aussi glacial, mais la vue est imprenable. On rajoute les « jambes » des pantalons, les vestes et polaires. On a une vue magnifique sur la mer et les aiguilles de Bavella.

Vue du Monte Incudine sur les aiguilles de Bavella Au Monte Incudine

En redescendant le long des crêtes, on croise une personne montant au calvaire sans sac à dos. On lui dit « bonjour », il nous répond « salut, ça va ? » avant de continuer. On se regarde avec Nicolas et se demande « c’est pas le gars que l’on avait vu au refuge de Petra Piana ? ». Nous ne sommes pas sûrs et nous demandons comment ça peut être lui.

Un peu plus loin, on tombe sur son coéquipier qui n’avait pas tellement envie d’aller au sommet. Ce sont les deux français qui avaient accompagné l’anglais à l’hôpital de Corte (dont je vous ai parlé précédemment). C’est à ce moment-là que l’on apprend qu’il s’était fait mordre à la main par un renard. On savait que quelqu’un s’était fait mordre par un renard. On savait qu’un anglais devait aller à l’hôpital. Mais on n’avait pas fait le rapprochement. La boucle est maintenant bouclée – l’histoire complète. C’est fou comme les nouvelles vont vite sur le GR20, uniquement par le bouche à oreille.

Les deux français avaient ensuite pris la voiture pour venir faire l’étape des aiguilles de Bavella avant que le temps ne se gâte – ce qui explique leur présence ici.

Après une descente raide vers le refuge d’Asinau, on arrive au refuge assez tôt, installe l’abri et profite de la chaleur du refuge pour dévorer nos cacahouètes. On est une petite dizaine dans le refuge : des anglais, des français, des allemands, des italiens et des québécois.

Il fait tellement chaud à l’intérieur qu’un des italiens se balade en slip dans le refuge. Mais attention, pas n’importe quel slip ! Il est aux couleurs du drapeau des États-Unis. Ca fera sourire beaucoup de personnes.

L’heure du coucher est assez classique : 20h45.

Jour 7 (11/10/2012) : Asinau -> Paliri -> Conca

Profil altimétrique GR20 - Jour 7

Poids approximatif des sacs à dos :

  • Max : 7 et 7,5 kg
  • Min : 5 et 5,5 kg

Temps de marche total (sans la pause déjeuner) : 8h15

Temps de pause déjeuner : 1h25

Temps de marche GR20 - Jour 7

Le départ se fait assez tôt, car le petit déjeuner est à nouveau léger. Décidément, les fins de sachets sont toujours plus petites ! C’est la deuxième fois que l’on se fait avoir. Certains semblent apprendre plus lentement que d’autres…

Nous sommes encore gâtés par une belle mer de nuages, coincée dans la vallée cette fois-ci. La matinée se passe surtout dans la forêt. A force de descendre, on se retrouve rapidement dans les nuages, avec une vue très limitée. On a cependant de belles entrevues des aiguilles de Bavella au niveau du col.

Joli paysage matinal en route pour le col de Bavella

Quelques minutes avant d’arriver au refuge de Paliri, nous sommes obligés de sortir les vestes de pluie. Heureusement, c’est passager – nous pourrons quand même manger dehors et admirer la vue sur les pics rocheux alentours quand les nuages ne les cachent pas.

On profite de la vue quand les nuages s'en vont

Le reste de l’après-midi se passe également dans les nuages entre les pins et les blocs de granite. Toujours en descente, il y a près de 2600 mètres de dénivelé cumulé négatif aujourd’hui !

En fin d’après-midi, on aperçoit un phare, puis des bateaux, la mer n’est plus très loin. On aperçoit ensuite Conca. On en profite pour s’arrêter quelques temps avant d’arriver à Conca pour manger notre dernière barre de céréale. Il ne nous reste maintenant plus de nourriture du tout (à part quelques grammes de tisane) – le calcul a été bon.

Le bronzage GR20, un mélange de saleté et de soleilNous arrivons enfin à Conca, et comme la plupart des randonneurs (je pense), nous profitons de la terrasse du bistro d’à côté avant de nous rendre au gîte d’étape un peu plus bas pour prendre une douche, planter l’abri et manger.

Nous n’avons pas eu tellement de chance avec le temps aujourd’hui, la journée aurait été plus sympa avec le soleil, mais on ne peut pas se plaindre vu le temps que l’on a eu les 7 jours passés.

Et après ?

Il nous a ensuite fallu récupérer la voiture à Calenzana – ce qui nous a pris une journée. Nous avions deux options : prendre le bus ou faire du stop.

Au final, nous avons pris une navette jusqu’à Sainte Lucie de Porto Vecchio à partir du gîte d’étape, puis avons été pris 6 fois en stop avant d’arriver à Calenzana. Ça a été plus rapide que le bus – même si il a parfois fallu attendre longtemps avant de se faire prendre. Le fait d’être deux gars barbus, pas très propres, n’a sûrement pas aidé. 😉

Le reste de nos vacances en Corse s’est partagé entre visites et plages tout en profitant de la gastronomie Corse et dégustant du vin autour de Patrimonio et du Cap Corse.

Nous en avons aussi profité pour randonner jusqu’au plus haut sommet du Cap Corse, la Cima di e Follicie. C’est une belle randonnée qui part de Pietrapiana (commune de Sisco) en suivant un balisage jaune jusqu’au col (Bocca di San Guivanni). Cela évite d’emprunter la piste qui monte au col. A partir du col, le sentier vers la Cima di e Follicie est balisé en rouge (suivre la variante alpine). La vue du sommet est très belle, elle aurait pu l’être encore plus si les nuages n’avaient pas bouché le côté est du Cap Corse. En tout cas, je vous recommande fortement cette randonnée si vous êtes dans le coin.

Quelques informations supplémentaires sur le GR20

On en entend souvent dire : « le GR20, c’est le plus beau chemin d’Europe », « le GR20, c’est le plus dur chemin d’Europe », « le GR20, c’est plus facile du sud au nord », etc. Qu’en est-il ?

Le GR20 en Octobre : un bon choix ?

Comme je l’ai dit un peu plus tôt, faire le GR20 en Octobre est surtout « tombé comme ça ». Ce n’était pas le choix initial, mais ça s’est révélé être une excellente période. Je le referai sans hésitation !

Je pense que le plus gros point positif (pour moi) est qu’il y a très peu de gens sur le sentier à cette période – on n’a pas l’impression d’être sur une autoroute.

Ensuite, il ne fait pas trop chaud pour marcher. En plein été, la chaleur doit être difficilement supportable dans les parties très rocheuses. L’eau est par contre très froide – il faut être très (très) motivé pour se baigner – et même pour se laver.

Il faut savoir qu’à cette période, les refuges ne sont pas gardés – bien qu’ils restent ouverts. La plupart des gardiens partent fin septembre. Il n’est donc pas possible de prendre de douche ni d’y acheter un repas.

Cela explique sûrement en partie la petite fréquentation du GR20 à cette période. Mais elle s’explique surtout par la météo je pense. En Octobre, elle a plus de chance d’être capricieuse qu’en été. Il est possible que les premières neiges tombent sur les sommets. En partant en Octobre, il y a donc plus de chance d’avoir du mauvais temps. Mais c’est peut-être un risque à prendre si vous aimez la tranquillité.

En tout cas, vous l’aurez compris, je suis ravi que ce soit tombé comme ça ! Par contre, si on avait eu une semaine de pluie, je ne suis pas sûr que ça ait été le cas. 😉

Plus facile du sud au nord ?

C’est difficile à dire, vu que l’on ne l’a pas fait dans l’autre sens. Dans le sud, les pentes sont moins raides, le relief est moins accidenté, le chemin un peu plus roulant que dans le nord, mais les distances sont plus longues.

En terme de dénivelé cumulé, c’est quasiment le même dans un sens ou dans l’autre – le départ (Calenzana) et l’arrivée (Conca) étant plus ou moins à la même altitude.

Dans l’idée de beaucoup de personnes, c’est plus facile du sud au nord car on peut « s’échauffer » dans le sud avant d’attaquer le nord. Pourquoi pas !

Mais on peut voir cela différemment : faire la partie considérée plus difficile (le nord) quand on est assez frais et la partie plus facile une fois que l’on est plus fatigué. Après, il faut aussi prendre en compte le poids du sac – qui est plus élevé au départ si vous emportez de la nourriture.

Honnêtement, je pense qu’il n’y a pas vraiment un sens plus facile que l’autre – cela dépend de chacun. A vous de choisir !

Le chemin le plus beau d’Europe ?

Je ne vais pas m’étendre là-dessus, car c’est très subjectif et il y a d’autres très beaux chemins. Par contre, c’est indéniable : les paysages sont magnifiques. Une des particularités du GR20 est que l’on a très souvent une vue sur la mer. On voit la mer dans le ¾ des étapes – même si uniquement brièvement dans certaines. Une autre de ses particularités est son ambiance haute-montagne dans la partie nord.

Donc je dirais simplement : le GR20 est un des plus beaux chemins d’Europe.

Le chemin le plus dur d’Europe ?

Je pense que cela est un mythe. Les étapes prisent une par une ne sont pas très longues. La difficulté provient surtout du terrain qui est rocailleux et accidenté, peu roulant et assez cassant. Il y a de plus, beaucoup de pentes raides et de passages techniques.

La seconde difficulté provient de sa longueur, s’il est effectué dans sa totalité (bien que certaines étapes soient plus tranquilles que d’autres et permettent de se reposer un peu).

Je crois que la principale raison de sa mythique difficulté est que beaucoup de novices se lancent sur ce chemin mythique avec peu d’expérience, et ont leur première expérience de grande randonnée sur le GR20. Mais je doute que beaucoup de personnes aient trouvé leur première grande randonnée d’une semaine (ou plus) facile. Quelqu’un ?

De plus, beaucoup de randonneurs partent avec un sac à dos trop lourd – ce qui est d’autant plus un problème sur ce genre de terrains.

Le GR20 n’est pas un chemin facile. C’est un chemin de montagne accidenté, long, avec beaucoup de dénivelé et des passages techniques mais tout à fait abordable pour des randonneurs ayant de l’expérience dans ce type de terrains.

Le mot de la fin

Au final, je suis très content d’avoir réussi mon défi et ai pris énormément de plaisir. 7 jours était très bien pour nous, cela nous a permis de partir avec un sac assez léger, de ne pas nous ennuyer, de nous pousser un peu physiquement et de profiter à fond des paysages et de la randonnée sans avoir à courir ou marcher à la frontale.

Je comprends pourquoi autant de personnes font le GR20 chaque année, sa beauté est spectaculaire et son ambiance particulière – d’autant plus qu’il est peu fréquenté en Octobre. Je vous le recommande donc si vous en avez l’occasion !

Dans mon prochain article, je répondrai à LA question que l’on m’a le plus posée. Elle concerne le contenu de nos sacs à dos. Je partagerai donc cela avec vous en détails. (Note : cliquez ici pour découvrir nos listes de matériel)

Voilà, le GR20 c’est fini pour moi, il ne reste maintenant plus que de beaux souvenirs et des photos. Quel est mon prochain grand défi/projet ?

Je ne le sais pas encore, mais je n’hésiterai pas à vous en parler dès que j’en saurai un peu plus.

Rendre un défi/projet public aide à le réaliser, car on s’engage publiquement. Avez-vous des défis/projets à venir que vous voulez partager ?

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  1. […] Le GR20 en 7 jours : compte renduwww.randonner-malin.com/le-gr20-en-7-jours-compte-rendu/ par RandonnerMalin il y a quelques secondes […]

  2. […] : Voici le compte rendu que j’ai fait de mon défi environ  un an et demi plus tard. PS : Cliquez ici et découvrez ma méthode pour enfin bien choisir votre matériel de […]

  3. […] la suite de mon compte rendu du GR20 en une semaine (et même avant), j’ai reçu un nombre assez incroyable de commentaires et […]

  4. […] ma randonnée sur le GR20, plusieurs randonneurs rencontrés étaient très intrigués et fascinés par notre réchaud. […]

  5. […] souvent difficile de boire suffisamment pour remplacer l’eau perdue pendant la marche. Sur le GR20 par exemple, je buvais très régulièrement pendant la journée et nous buvions en plus une tisane […]

  6. […] Récit: Le GR20 en 7 jours et en autonomie complète sur randonner-malin.com […]

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