Juil 182019
 
« La montagne dans la mer » – De Serriera vers Bocca San Petru – Y. GUYOT

Cet article est le second article invité rédigé par Yann, un lecteur du blog – le premier étant sur le GR738. J’ai accepté avec grand plaisir sa proposition d’article car bien qu’ayant pas mal randonné en Corse, je n’ai jamais randonné sur le Mare e Monti Nord et ne peux donc pas partager ma propre expérience sur ce sentier. En plus des informations pratiques et du compte-rendu qui fait rêver, l’aspect « découverte du trek » est intéressant. Place à Yann…

Au préalable, mes remerciements les plus chaleureux à François pour avoir accepté de publier ce nouvel article sur son blog ainsi que pour son aide précieuse sur la partie cartographie.

Ce compte rendu est structuré en deux parties : préparation et bilan, dont voici un sommaire.

1ère PARTIE : PRÉPARATION
Pourquoi le Mare e Monti Nord ?
Quelle préparation de l’itinéraire et quelles étapes ?
Quelle logistique en Corse ?
Quel équipement ?

2ème PARTIE : BILAN
Bilan par rapport à la préparation
Le Mare e Monti au jour le jour

Si la Corse évoque invariablement le GR20 et son univers plutôt sportif, le Mare e Monti (Nord) permet une initiation plus en douceur au trek dans un cadre tout aussi somptueux.

Ainsi, après un premier article sur le GR738 (un jumeau continental du GR20), place à un retour d’expérience sur le Mare e Monti (Nord) qui j’espère vous donnera envie d’arpenter ce chemin.

Au-delà d’un simple compte rendu, que j’ai à nouveau structuré en deux parties (préparation et bilan), je souhaite partager quelques réflexions que j’ai pu mûrir à l’occasion de cette itinérance et que vous trouverez tout au long de cet article.

1ère PARTIE : PRÉPARATION

Je cherchais pour le début du mois de mai un trek de 7 à 9 jours dans un environnement montagneux en France et qui soit praticable sans crampons et piolet.

J’ai rapidement rallié à mon projet Julien que j’ai rencontré lors d’un séjour en Jordanie cet hiver et qui comme moi avait quelques jours de congés à solder.

Pourquoi le Mare e Monti Nord ?

La Corse est un terrain de jeux formidable et même si la météo printanière peut y être particulièrement capricieuse en cette période de l’année, les températures sont plus propices au bivouac que dans les massifs préalpins du Vercors et de la Chartreuse.

Docteur Jekyll et Mister Hyde ou la météo en Corse en mai 2019… – Y. GUYOT

C’est que la Corse ne se limite pas au seul GR20 ! Elle est également traversée par les sentiers « Mare e Monti » (Nord et Sud) et « Mare a Mare » (Nord, Centre, Sud). Ces chemins de randonnée, techniquement plus accessibles et moins isolés que le GR20, réunissent mer et montagne dans une même itinérance que ce soit en traversant la Corse d’une côte à l’autre ou en oscillant au gré du tracé entre mer et montagne.

Grands itinéraires de randonnée en Corse

Le Mare e Monti (Nord) est réputé pour être, après le GR20, le plus beau sentier de l’île. Il offre par ailleurs une succession de vues magnifiques sur le golfe de Porto, ajoutez les combinaisons possibles avec le GR20 et le Mare a Mare (Nord) et le choix s’imposait de lui-même !

D’ailleurs, beaucoup de randonneurs ignorent qu’il y a deux Mare e Monti en Corse, celui du Nord ayant éclipsé celui du Sud, à tel point que la simple appellation « Mare e Monti » désigne invariablement le Mare e Monti Nord. Pour la suite de cet article, je vais moi-même profiter de ce raccourci sémantique !

Quelle préparation de l’itinéraire et quelles étapes ?

Le Mare e Monti représente approximativement 130 km pour environ 7000 mètres de dénivelé positif (et tout autant de dénivelé négatif) et se parcourt selon un découpage « classique » de 10 étapes.

Tracé du Mare e Monti Nord

Pour la préparation, j’ai adopté la même méthode que pour le GR738. Nous avons néanmoins moins peaufiné le travail de préparation sur carte, car à la différence du GR738, nous n’avions pas pour objectif d’être en autonomie complète. Par ailleurs, chaque étape du Mare e Monti traverse des (petits) villages, ce qui facilite les possibilités pour dormir (gîtes, campings) et pour se ravitailler en eau et nourriture.

Ainsi, une grande partie de notre préparation a été réalisée à partir :

Nous avons complété avec quelques recherches sur internet pour affiner les questions logistiques (avion pour se rendre en Corse, bus et trains sur l’île, gîtes/refuges/campings/possibilités de bivouac, ravitaillement).

Après quelques échanges avec Julien, nous avons rapidement convenu de doubler un certain nombre d’étapes et d’enrichir le Mare e Monti avec quelques variantes et détours via notamment le GR20. Nous avions donc deux options de fin de trek :

  • aller jusqu’à Cargèse, ville d’arrivée classique du Mare e Monti ;
  • ou bifurquer en cours de route plus profondément dans les montagnes pour aller jusqu’à Corte.

Pour autant, Il nous fallait tenir compte de l’expérience plus limitée de Julien en matière de trek notamment en restant « raisonnable » sur le découpage des étapes.

Nous avons donc séquencé les différentes étapes sur une itinérance comprise entre 8 et 9 jours en mettant en place les « garde-fous » suivants :

  • Pas d’étape de plus de 30 km.
  • Pas d’étape comportant plus de 1500 mètres de dénivelé positif ou négatif.
  • En cas de dénivelé positif supérieur à 1000 mètres, limiter l’étape à 20 km.
  • Limiter les étapes à 8h30 de marche (hors pauses) au plus.

Ainsi, notre variante la plus sportive (qui se finissait à Corte) représentait 150 km pour 7500 mètres de dénivelé positif (autant de négatif) à moduler entre 8 et 9 jours.

Par ailleurs, si nous avons repris ma méthode de calcul habituelle (base de 4,5 km/h et valorisation de 1 km par centaine de mètres de dénivelé positif), j’ai rajouté une option de calcul à 4 km/h ce qui nous permettait de cerner plus finement les étapes susceptibles de dépasser les garde-fous fixés.

Nous avons finalement retenu les options suivantes :

1 – Commencer par le GR20 : la première étape du Mare e Monti mène à Bonifatu, qu’il est également possible de rejoindre depuis les refuges des étapes 1 (Ortu) et 2 (Carrozzu) du GR20. Le point le plus élevé de la première étape étant 1570 mètres, le risque de rencontrer de la neige était assez limité. En revanche, la deuxième étape avec un passage à 2040 mètres posait plus question en cette saison. Nous avons donc décidé de couper la poire en deux et de faire la première étape du GR20 avant de redescendre sur Bonifatu via le chemin de liaison qui traverse la forêt du même nom.

En bleu, le Mare e Monti, en orange la variante prévue, en jaune la possibilité d’allonger d’une étape supplémentaire sur le GR20.

2 – Prévoir des variantes autour du golfe de Porto : Entre Galeria et Curzu nous avons retenu deux possibilités :

  • Passer par Girolata.
  • Et/ou suivre l’ancien tracé par la crête de la Salisei.
– Descendre à Girolata puis remonter par l’itinéraire du Mare Monti (chemin du facteur) (bleu).
– Descendre à Girolata puis remonter par l’ancien itinéraire du Mare e Monti (Salisei) (orange).
Passer par le col de Palmarella et ne pas descendre jusqu’à Girolata (pointillés jaune).

3 – Bifurquer vers la montagne ou redescendre vers la mer : nous avons retenu deux possibilités :

  • Suivre le Mare e Monti jusqu’à Cargèse.
  • Ou bifurquer en cours de route après Evisa en prenant le chemin de liaison du GR20 pour faire l’étape du GR20 entre Verghio et Manganu avant de redescendre sur Corte par les gorges du Tavignano (cette option nous offrait le double avantage de faire la magnifique étape du GR20 comprenant le lac de Nino et de finir à Corte où la gare nous facilitait notre logistique de retour).
A Evisa, tout est possible. Continuer sur le Mare e Monti (bleu) ou remonter en direction du GR20 (orange)

Nous avons également balayé les possibilités pour nous nourrir et dormir. Chaque village étape dispose d’un gîte avec la plupart du temps la possibilité de bivouaquer et de déjeuner et/ou dîner sur place. Au-delà du ravitaillement possible auprès des gîtes et des épiceries saisonnières, nous notons deux possibilités de ravitaillement (superettes « Utile ») dans des villages (Galeria et Evisa) de notre parcours avec des horaires larges. Comme nous privilégierons la tente et afin de ne pas bloquer notre calendrier de marche qui reste modulable, nous n’avons pas fait de réservations à l’avance.

Vous trouverez dans la partie « Bilan » un tableau de synthèse des étapes et des solutions de bivouac finalement retenues.

Quelle logistique en Corse ?

Cette rubrique peut faire sourire, mais hors saison touristique, les transports en commun sont réduits et les bus entre les villes ne circulent pas le dimanche, à la différence du train. Un minimum d’anticipation s’impose donc !

Nous avons prévu un A/R en avion jusqu’à Bastia puis à l’aller de prendre le bus entre Bastia et Calvi et un taxi entre Calvi et Calenzana. Quant au retour, il se fera en train si nous arrivons à Corte et en bus puis train si nous arrivons à Cargèse (bus depuis Cargèse jusqu’à Ajaccio et train entre Ajaccio et Bastia).

Deux sites nous ont été particulièrement utiles : https://www.corsicabus.org/ et https://www.train- corse.com/fr/accueil.

Quel équipement ?

Comme pour le GR738, notre priorité a été la recherche de légèreté avec le souhait de descendre le poids porté (sans eau) sous les 12 kg.

Pour plus de détails, je vous invite à lire la rubrique « quel équipement » de mon article sur le GR738. J’en reprends la structure ci-dessous mais avec moins de détails et en m’attardant uniquement sur les quelques points qui ont été différents pour ce trek.

Équipement de trek

T-shirt thermique manches courtes

En prévision d’un temps changeant et de températures intermédiaires j’ai pris un t-shirt thermique manches courtes (gain de chaleur sans avoir trop chaud, les bras étant découverts).

Duvet

Sur le GR738 j’avais pris un duvet léger (500 g / température de confort de 7°C) qui avait parfaitement convenu. En saison intermédiaire avec une météo qui ne s’annonçait pas des plus clémentes j’ai préféré prendre mon « gros » duvet (1 kg / température de confort de -3°C), notamment en prévision de bivouacs éventuels au-dessus de 1000 mètres selon la variante réalisée. Julien a fait de même.

Tente

Pour ce trek, j’ai hésité à racheter une tente pour gagner en légèreté.

En effet, je dispose d’une tente de qualité (Hilleberg Anjan 3 places). Celle-ci pèse 2 kg là où les modèles 2 places actuels ultralégers permettent de limiter à un poids compris entre 1 kg et 1,7 kg – sans parler des solutions tente mono-paroi ou tarp encore plus légères.

Je n’ai finalement pas fait l’investissement pour ce trek et ce pour plusieurs raisons.

Tout d’abord cette tente se monte d’un seul tenant et ne nécessite pas de monter d’abord la chambre pour ensuite mettre le toit. Par temps de pluie ou dans des conditions climatiques difficiles, c’est un avantage non négligeable.

Ensuite, s’agissant d’une tente trois places, à deux il y a de « l’espace » pour y passer du temps si nécessaire sans se marcher dessus (à trois ce serait sacrément serré). J’avais fait l’achat de cette tente pour un trek en Islande et je n’avais pas regretté mon achat.

Enfin, au regard des conditions climatiques annoncées pour ce début de mois de mai en Corse et après en avoir discuté avec Julien, nous avons décidé de jouer la carte « confort », quitte à porter un peu plus de poids ; poids compensé par le principe de « mutualisation » et la quantité moindre de nourriture emportée en raison des possibilités de ravitaillement en cours de route.

Nourriture et système de cuisson

Pour ce trek, nous sommes restés sur une organisation dont j’ai l’habitude : 3 repas chauds par jour (100 g de muesli avec lait en poudre et sucre le matin, 100 g de semoule épicée le midi, 100 g de nouilles asiatiques parfumées le soir) avec en complément du saucisson sec, 100 g de fruits secs par jour, barres de céréales, pâtes de fruits ainsi que du thé matin et midi et de la tisane le soir.

Cette organisation ne nécessite que de faire bouillir de l’eau pour la verser ensuite dans un gros mug dans lequel le muesli, la semoule ou les nouilles vont s’imbiber et être directement consommables.

Nous partons avec un système de cuisson de la marque « Jetboil » (modèle « flash cooking system) qui permet de porter l’eau à ébullition en quelques minutes.

Le revers de la médaille est qu’il faut pouvoir trouver de la semoule en ravitaillement puisque le système de cuisson n’est pas fait pour faire la popote. En effet, le « Jetboil » est composé d’un récipient qui s’emboîte directement au-dessus du brûleur afin de permettre une ébullition rapide avec un minimum de combustible. En revanche, il n’est pas prévu pour cuisiner (le récipient ne le permet pas, que ce soit par sa conception ou par sa capacité). Vous pouvez avec les derniers modèles adapter sur le bruleur une casserole (de la même marque) pour faire la popote plus classiquement (mais cela va rajouter du poids : casserole et plus de combustible (gaz) à emporter). Il faut donc une nourriture de base qui se contente de gonfler au contact de l’eau bouillante pour être consommable (sans avoir besoin de plusieurs minutes de cuisson comme des pâtes classiques). La semoule est donc la solution naturelle.

Au regard des possibilités de ravitaillement « fiables » (Galeria en J2 ou J3 et Evisa en J4, J5 ou J6 pour 8 à 9 jours de trek), nous décidons de nous limiter à un poids maximum de 3 kg de nourriture, ce qui représente petit déjeuner, déjeuner et dîner pour 4 jours, des fruits secs et des barres de céréales pour 8 jours ainsi que le lait en poudre et le sucre pour 5 petits déjeuners supplémentaires.

J1J2J3J4J5J6J7J8J9TOTAL
Petit déjeuner – muesli80808080320
Petit déjeuner – sucre (5g) + lait (15g)202020202020202020180
Déjeuner (semoule)100100100100400
Dîner (pâtes)100100100100400
Barres céréales (2/jr)5050505067676767468
Fruits secs100100100100100100100100800
Saucisson64646464256
Chocolat (1 tablette)100
Thé + tisane80
3004

Nous ne nous interdisons pas non plus de dîner ou petit déjeuner en gîte si l’envie nous en dit !

Les bienfaits de la mutualisation

Partir à deux permet de mutualiser les « postes de charge » les plus lourds : tente et système de cuisson, mais pas que … Trousse à pharmacie, couteau, chargeur de téléphone…

Vous trouvez ci-dessous le comparatif entre mon portage « solo » sur le GR738 et le portage « duo » sur le Mare e Monti.

 Trek seulTrek à deux
 Trekkeur 1Trekkeur 1Trekkeur 2
Trousse de secours250 250
Tente10691460545
Réchaud412 412
Cartouche de gaz200 200
Sous-total193114601407
Total19312867

Soient 500 grammes de gagnés par personne, ce qui pour ma part compensait le poids de mon sac de couchage.

2ème PARTIE : BILAN

Bilan par rapport à la préparation

Itinéraire

Réalisé vs Préparation

Nous avons finalement suivi le Mare e Monti (à l’exception de la première étape remplacée par celle du GR20) jusqu’à Cargèse sans bifurquer vers le GR20 et Corte. Nous avons fait ce choix pour deux raisons (que je détaille ci-dessous) : la météo et le fait que Julien se soit blessé.

Pour autant, nous n’en avons nourri aucun regret. Le Mare e Monti est un chemin magnifique qui invite à cheminer plus paisiblement que sur d’autres treks plus engagés.

ÉtapeDistance [km]Temps1 [h] (*)Temps2 [h] (*) Temps réalisé [h]Altitude [m]D+ [m]D- [m]Commentaires
J0Calenzana270Tente
Via GR2019,08,207,298,911380109445 min. de détour
J1Maison forestière de Bonifatu536Tente, Di + Pd au gîte
28,39,388,349,169241409
J2Galeria26Tente, ravitaillement
13,85,354,766,00760780
J3Girolata4Gîte, Di + Pd au gîte
Via chemin du facteur18,48,087,188,0013901360
J4Serriera69Hôtel, Pd hôtel, ravitaillement
11,75,204,626,16910600
J5Ota340 Gîte, Di + Pd au gîte
12,44,784,244,84670270
J6Marignana720Tente
18,16,105,426,50630740
J7E case605Tente
12,94,203,734,50390920
J8Cargèse91
TOTAL134,651,2845,5954,0770547173

Type de nuit + repas pris hors provisions :
– Di : dîner
– Pd : petit déjeuner
(*) Temps 1 : temps de marche estimé à 4 km/h + 1 km pour 100 mètres de dénivelé positif
(*) Temps 2 : temps de marche estimé à 4,5 km/h + 1 km pour 100 mètres de dénivelé positif

Difficulté de l’itinéraire, bilan physique

Avec du recul, malgré les garde-fous mis en place, le séquençage des étapes était trop dense pour une découverte du trek.

Le Mare e Monti ne présente pas de difficultés techniques ou physiques particulières, en revanche en doublant les étapes, l’itinéraire gagne en densité et certaines descentes peuvent paraître interminables en raison du manque de visibilité (les forêts de pins mais surtout le maquis « haut » bouchent la vue).

Au milieu du deuxième jour, Julien a ressenti une douleur sur le devant du tibia à la jonction avec le pied, qui ne l’a plus quitté. Si le plat et la montée n’occasionnaient qu’une gêne légère, les descentes étaient en revanche plus difficiles et nous avons adapté notre programme en conséquence.

J’en retiens les enseignements suivants (qui paraîtront sûrement évidents à la plupart d’entre vous) dans l’optique d’une découverte du trek :

1 – Chacun est le meilleur juge de ses capacités physiques personnelles.

Ce que je ferais différemment : les garde-fous que nous avions mis en place correspondaient à ma perception « d’étapes allégées », ce qui était forcément biaisé dans la mesure où j’ai une activité « outdoor » plutôt soutenue et régulière.

2 – Prévoir une montée en puissance progressive des étapes. Ne pas hésiter à considérer la première étape comme un tour de chauffe.

Ce que je ferais différemment : notre première étape comprenait l’étape 1 du GR20 ainsi que la redescente sur Bonifatu par un chemin de liaison. La redescente (1000 mètres de dénivelé négatif) était en trop, d’autant plus que le dénivelé négatif est particulièrement exigeant physiquement.

3 – Prendre en considération la récupération et la fatigue générée par l’accumulation.

Ce que je ferais différemment : en lien avec la montée en puissance progressive, le trek nécessite de supporter une accumulation d’efforts sur plusieurs jours. Pour une première approche du trek, prévoir des étapes plus douces de récupération peut être une bonne solution.

NB : une solution toute simple consiste également à suivre le découpage « officiel » qui généralement prévoit plusieurs étapes d’une grosse demi-journée. En revanche, en procédant ainsi vous rallongez le nombre de jours de marche et le poids porté en nourriture si vous partez dans une optique d’autonomie complète ou semi complète.

4 – Prendre en compte le dénivelé négatif.

Ce que je ferais différemment : les entraînements de trail m’ont réconcilié avec le dénivelé négatif. J’avais donc un peu éludé cette partie alors que le dénivelé négatif, d’autant plus en cas d’accumulation, est plus traumatisant pour le corps.

NB : si la montée sollicite essentiellement le « cardio » et les muscles, la descente pour sa part met en contrainte les articulations (d’autant plus avec un sac à dos d’une dizaine de kg). Pour moins « subir » le dénivelé négatif, les bâtons et des chaussures adaptées (c’est-à-dire pas trop petites pour éviter que les doigts de pieds ne tapent à la descente) sont un bon début. Ensuite, la meilleure solution reste d’accumuler les descentes. Le corps prend l’habitude de ces contraintes et vous trouvez le bon pas et le bon positionnement du corps.

Météo

La météo est une des raisons qui nous a poussé à rester sur le Mare e Monti (à l’exception de notre première étape). Le temps était changeant et particulièrement mauvais sur les montagnes où les nuages restaient accrochés alors qu’ils passaient plus rapidement sur la côte. Il a d’ailleurs neigé à 1000 mètres quand nous étions sur le Mare e Monti. Sur la côte, à part la journée entre Galeria et Girolata, nous avons bénéficié soit de très belles journées, soit de franches éclaircies en fins de journées. Pour les Corses, ce début de mois de mai était particulièrement froid. Pour ma part, j’ai trouvé cette fraîcheur bienvenue, c’était la température idéale pour marcher.

Quand nous avons fait relâche à Bastia après le trek et avant de prendre l’avion, nous avons eu une journée d’orages et des trombes d’eau. Nous étions bien contents d’avoir fini de marcher à ce moment- là !

Par contre, l’été la chaleur doit se faire sacrément sentir sur le Mare e Monti et je reste persuadé que les saisons intermédiaires sont plus agréables pour marcher à ces altitudes (qui restent basses et sous 1000 mètres la plupart du temps).

Logistique

Bivouac, gîtes, refuges

Sur le Mare e Monti, la civilisation n’est jamais loin – ce qui peut rassurer pour un premier trek. En conséquence, le bivouac n’est pas des plus simples même s’il y a certains « spots » qui valent le coup. Le bivouac est en revanche interdit quand on est dans le parc naturel régional.

Un point important, le bivouac était interdit dans certains villages et les gîtes se sont vus retirés leurs autorisations en ce sens (Serriera, Ota).

Sur les étapes que nous avons faites, il y avait toujours un gîte permettant le dîner, la nuitée et le petit déjeuner. La plupart du temps (cf. exceptions ci-dessus) il était également possible d’y planter la tente. Nous avons toujours rencontré un accueil chaleureux et très bien mangé quand nous prenions la demi-pension. En haute saison, il sera utile (voire indispensable) de réserver à l’avance, plus particulièrement à Serriera où le gîte affiche très vite complet – même en basse saison.

Ainsi, pour ceux que la nuit sous tente rend sceptique, il est possible de parcourir le Mare e Monti de gîte en gîte.

Eau et ravitaillements

Pour l’eau, l’approvisionnement se fait essentiellement dans les villages étapes, même si on trouve parfois quelques sources en cours de route.

Nous nous sommes ravitaillés en nourriture à Galeria (supérette Utile) puis Serriera (épicerie mitoyenne d’un bar et très bien achalandée). Il y a également une supérette Utile à Evisa.

Dans l’ensemble, il y a dans chaque village une épicerie saisonnière ou a minima le gîte assure cette fonction (avec des produits basiques). Néanmoins, sur les trois villages précisés ci-dessus, vous trouverez de quoi vous ravitailler avec un bon choix.

Transports

Les transports furent efficaces et conformes aux horaires que nous avions trouvés sur internet. Les offices de tourisme sont également de bon conseil. Attention, entre Cargèse et Ajaccio il y a un seul horaire de bus en basse saison.

Entre Ajaccio et Bastia nous avons pris le train qui permet une traversée magnifique de la Corse en diagonale. Viaducs et tunnels se succèdent dans la montagne sur une ligne non électrifiée qui paraît coupée du temps.

Balisage, fréquentation, faune et flore

Dans l’ensemble, le balisage (orange) est de qualité et tend à s’espacer sur les descentes sans embranchements.

Pas trop de monde en cette saison. La plupart des étapes pouvant être faites en randonnée à la journée, je pense qu’en haute saison il doit y avoir plus de monde (même si la chaleur peut avoir un effet dissuasif).

La première partie de l’étape entre Tuvarelli et Galeria qui longe le Fango est particulièrement courue et on marche au milieu des promeneurs à la journée en tongs venus profiter du Fango pour se baigner.

En matière de faune, les rapaces sont légions, comme les cochons corses. Nous avons également vu sangliers et marcassins.

Les fameux cochons corses – Y. GUYOT

Au printemps le maquis et les prairies sont en fleurs… De là dire que c’est la meilleure saison pour faire le Mare e Monti, il n’y a qu’un pas…

Aperçu floral sur le Mare e Monti – Y. GUYOT

Équipement

Focus duvet, tente, t-shirt thermique

Le t-shirt thermique à manches courtes est une réussite. Il permet à la fois de réguler la transpiration, sans avoir plus chaud qu’avec un t-shirt de randonnée et en protégeant du froid dès que le vent se lève (dit autrement, la polaire peut rester dans le sac plus souvent).

Sur cette saison intermédiaire, le « gros » duvet (je n’ai pas eu trop chaud) et la tente « solide » ont été appréciables. Evidemment, ce n’est pas nécessaire en gîte (mais je conseille tout de même de prendre un duvet léger).

Nourriture

Ce trek nous aura permis de découvrir une recette de haute gastronomie en remplacement de la semoule épicée : semoule nature + soupe en poudre + parmesan découpé en petit morceaux, un régal pour les papilles !

Pour le petit déjeuner la formule 80 g de Muesli + 15 g de lait en poudre + 5 g de sucre est un peu légère et il faudrait la renforcer. En ajoutant ne serait que 20 g de muesli, c’était déjà mieux (le dernier jour il nous restait quelques réserves et nous avons fait bombance).

Cartouche de gaz

Aparté nécessaire !

Nous avons couru toutes les grandes surfaces et stations-service de Bastia pour trouver une cartouche de gaz vissable. Rien à faire, il n’y a que du Campingaz. Nous avons été sauvés par le magasin Millet et avons appris un peu après que la station-service de Calenzana a également des cartouches vissables.

J’avais eu des déboires similaires à Reykjavik en Islande, à part les magasins spécialisés (fermés le dimanche) et une unique station-service (celle à côté de la gare routière), rien à faire.

Ma conversion au réchaud alcool maison ne va pas tarder !
Note de François : il faudra par contre être un peu plus patient avant de manger. 😉  

En conclusion…

Si le trek vous attire mais que vous hésitez à franchir le pas ou que vous ne savez où aller, le Mare e Monti est fait pour vous. Vous pouvez le parcourir en dormant en gîte et en prenant un minimum d’affaires dans votre sac à dos ou en emportant une tente pour profiter des aires de bivouac à proximité des gîtes (n’oubliez pas que le bivouac est interdit à Serriera et Ota à ce jour).

Si vous souhaitez prendre votre temps, vous pouvez suivre les étapes classiques ou les doubler si vous souhaitez une variante plus sportive.

Les paysages sont magnifiques et le contraste entre mer et montagne est saisissant.

Pour la première étape je conseille le détour par le GR20 qui offre des vues qui valent l’effort, la première étape du Mare e Monti en partie composée d’une route forestière n’étant pas inoubliable.

Vous pouvez également à partir des variantes et des autres chemins autour du golfe de Porto faire un trek plus ciblé autour du golfe. Cela nécessite d’étudier un peu la carte mais relier à pied Girolata et les calanques de Piana vaut indéniablement ce travail préparatoire.

Si le Mare e Monti n’est ni engagé ni sauvage, il serait dommage de le bouder pour ces seules raisons. C’est un trek qui invite à flâner un peu en route sans être dans une recherche permanente de performance…

Le Mare e Monti au jour le jour

Journée 1 : Calenzana -> Bonifatu via le GR20

La montagne dans la mer

Horaires : 8h00 – 12h05/12h55 – 13h50/14h25 – 18h20
Durée : 8h55 (dont 45 minutes de détour)
Distance : 19 km
D+ : 1380 m
D- : 1094 m
Météo : ensoleillé le matin puis se couvrant l’après-midi.

En route vers Bocca a u Saltu, vue « arrière » sur le golfe de Calvi – Y. GUYOT

Après une nuit au gîte communal de Calenzana, nous nous mettons en route pour la première étape de notre périple. Les ruelles de Calenzana sont marquées et nous arrivons facilement au début du Mare e Monti qui est également celui du GR20. Le sentier est bien balisé et s’élève pour laisser derrière nous Calenzana. Assez rapidement, nous arrivons à la séparation du GR20 et du Mare e Monti. Fidèles à notre programme, nous suivons le premier à travers un paysage qui garde les séquelles des incendies de février. Tous les pins entre Calenzana et Bocca a u Saltu sont carbonisés. Des pans entiers de forêt ne sont plus que troncs calcinés et terres noircies… Dans l’ensemble, ce sont d’ailleurs les pins qui ont été touchés, le maquis étant resté en partie épargné. La montée est progressive jusqu’à Bocca u Corsu, où nous traversons une zone plus plane qui ouvre une belle perspective sur les montagnes, puis le chemin s’élève jusqu’à être de plus en plus raide et nous ménage des vues magnifiques sur le golfe de Calvi.

Vue sur Calenzana – Y. GUYOT

Arrivés à Bocca a u Saltu, nous faisons une courte pause avant de reprendre notre route à travers une magnifique forêt de pins épargnée par les incendies. Le chemin au milieu de la terre, des aiguilles et des cailloux roulants est un peu « casse cheville » et nous enchaînons avec plaisir sur une partie plus alpine où nous devons poser les mains et nous aider de quelques câbles. Rien de bien difficile, mais il est surprenant de retrouver une telle ambiance alors que nous ne sommes guère qu’à 1300 mètres.

Ambiance alpine, les chaînes sont présentes pour aider – Y. GUYOT

La mer se dévoile à nouveau au détour d’un petit virage en balcon, « la montagne dans la mer », indéniablement… Après notre pause déjeuner, nous marchons encore une heure pour atteindre le refuge d’Ortu di u Piobbu. Cette fois-ci nous perdons la mer de vue pour nous enfoncer un peu plus dans la montagne par un chemin entre crêtes et balcons qui ouvre des vues magnifiques sur les sommets enneigés.

La mer n’est jamais loin… Y. GUYOT

Nous aurons bouclé cette première étape du GR20 en 5 heures, ce qui est un bon rythme. J’interroge Julien sur le rythme de marche. Il me précise avoir un peu forcé mais sans excès, nous convenons néanmoins de lever un peu le pied pour la suite.

Arrivés au refuge (attention ce dernier a brûlé peu après notre passage en raison d’un incendie criminel), nous faisons le tour du propriétaire et traînons un peu sur place avant de nous décider à redescendre.

Nous prenons le chemin de liaison vers Bonifatu qui coupe à travers les emplacements de bivouacs avant de rejoindre la forêt de Bonifatu. Cette forêt nichée dans le cirque du même nom et traversée par une rivière est impressionnante. Les troncs gigantesques, l’eau limpide qui cascade et les sommets enneigés que l’on devine me rappellent (toute proportion gardée) le Népal.

La forêt de Bonifatu – Y. GUYOT

La descente n’en finit pas moins par devenir un peu monotone. Julien accuse le coup, le dénivelé négatif commençant à se faire sentir. Après avoir traversé la rivière, nous prenons la variante en balcons qui offre un beau panorama.

Arrivés à une intersection, nous perdons 50 minutes en nous embarquant sur le mauvais chemin par ma faute… Habitué aux cartes 1/25 000 j’ai fait une mauvaise lecture de notre carte 1/60 000 sur laquelle la lecture du dénivelé est par ailleurs moins intuitive.

Notre fin de descente dans une végétation touffue et étouffante nous paraît sans fin et c’est avec un plaisir non dissimulé que nous arrivons à l’auberge de Bonifatu après la traversée d’une passerelle.

Nous sommes très bien accueillis à l’auberge et plantons la tente avant d’aller profiter du repas servi.

Journée 2 : Bonifatu -> Galeria

Course contre les nuages

Horaires : 8h50 – 14h00/15h15 – 19h15
Durée : 9h10
Distance : 28,30 km
D+ : 924 m
D- : 1409 m
Météo : couvert puis se dégageant en milieu d’après-midi avant de laisser place au soleil en fin de journée.

Arrivée sur Galéria – Y. GUYOT

Nous nous mettons en marche tranquillement sous un ciel couvert. La montée jusqu’à Bocca di l’Erbaghiolu est plutôt monotone. Nous traversons différentes formes de maquis, plutôt touffues et il faut attendre l’arrivée au col puis le chemin en balcon jusqu’à Bocca di Bonassa pour profiter de la vue sur la mer. Le chemin redescend à travers les pins puis le maquis vers Tuvarelli. Si le début de la descente ouvre un beau panorama sur la vallée entre pins et maquis ras en fleurs, la suite de la descente se fait dans un maquis à nouveau impénétrable et interminable qui bouche la vue.

Redescente depuis Bocca di Bonassa – Y. GUYOT

Nous arrivons à 14h00 à Tuvarelli. Julien a plus subi qu’apprécié la descente en raison d’une douleur lancinante dans le tibia. Il faut dire que cette dernière était particulièrement longue et le paysage souffrait de la comparaison avec la journée précédente.

Notre déjeuner avalé, nous reprenons notre chemin le long du Fango. En nous retournant, nous comprenons que nous avons perdu notre course contre les nuages. Ces derniers s’engouffrent dans la vallée et les premières gouttes tombent. Nous longeons la rivière du Fango et croisons quelques promeneurs à la journée. Quel dommage de ne pas pouvoir profiter de cette rivière translucide sous le soleil ! Nous traversons le ponte Vecchiu avant de faire un peu de route pour arriver au lieu-dit « Le Fango ». Il n’y a guère d’endroit pour planter la tente, ce que j’avais initialement prévu. Par ailleurs, il est encore tôt et Julien me précise que malgré sa jambe qui tire il est d’accord pour continuer.

La rivière du Fango – Y. GUYOT

Nous reprenons donc le cours du chemin jusqu’à Galéria alors que le soleil fait sa réapparition. Cette traversée du maquis par un petit chemin avec de nombreuses vues sur la vallée du Fango et les montagnes est enchanteresse (le bivouac y est interdit). Si la matinée ne nous laissera pas un souvenir impérissable, l’après-midi entre le Fango (bien que sous les nuages) et cette traversée du maquis, fut d’un tout autre acabit. Alors que nous arrivons sur Galeria, le soleil est définitivement de retour.

A travers le maquis en direction de Galéria, la vue sur les montagnes se dégage – Y. GUYOT

Nous retrouvons à la terrasse d’un café un couple de bretons avec lequel nous avons sympathisé et partons ensemble planter nos tentes au camping après s’être ravitaillés à la supérette.

Alors que Julien soulage sa jambe avec une poche de glaçons, nous convenons de réorganiser notre périple pour maximiser ses chances d’aller jusqu’au bout tout et en tenant compte de la météo qui s’annonce exécrable sur les montages. D’ailleurs, la Corse est demain en alerte orange !

Journée 3 : Galeria -> Girolata

Alerte orange !

Horaires : 9h32 – 11h32/12h21 – 16h21
Durée : 6h00
Distance : 13,80 km
D+ : 760 m
D- : 780 m
Météo : très couvert et pluvieux, puis se dégageant en fin d’après-midi.

Le golfe de Girolata le temps d’une éclaircie… – Y. GUYOT

La météo n’a pas menti et l’alerte orange se fait sentir. Nous sommes réveillés par les rafales de vent qui secouent tout ce que le camping compte d’arbres. Le temps de prendre le petit déjeuner et de plier la tente sous un début de crachin et nous nous mettons à marcher.

Nous suivons la route un court moment avant de bifurquer à gauche pour prendre un petit chemin longeant un mur de pierres sèches. Nous avançons dans ce qui forme un petit val et devinons main gauche la mer au loin alors que se dessine devant nous le « col » que nous devrons passer aujourd’hui, dissimulé par le maquis et les nuages qui cascadent sur les lignes de crêtes.

La marche reprend dans un maquis d’abord ouvert et parsemé de fleurs qui se referme progressivement tout en devenant plus arboré. Il y a comme une ambiance de forêt équatoriale renforcée par la brume et l’humidité de la journée. Nous passons à côté d’un étang de retenue d’eau avant de traverser et retraverser un petit ruisseau un nombre incalculable de fois.

Entre maquis et ambiance tropicale – Y. GUYOT

Cette ambiance tropicale est des plus surprenante, nous sommes comme deux aventuriers perdus dans la jungle, si ce n’est que le balisage orange, particulièrement présent, nous sert de fil conducteur.

Alors que le chemin s’élève de plus en plus, la pluie se remet à tomber et les nuages à descendre toujours plus bas, passant et repassant au fil des bourrasques de vent. Nous atteignons un premier point de vue magnifique sur Galeria. Le temps a beau être exécrable, les contrastes nuageux dans le ciel, la mer qui bouillonne au loin, les rafales de vent et la pluie qui nous gifle concourent à graver l’instant dans nos mémoires.

Vue sur le golfe de Galéria – Y. GUYOT

Nous profitons d’un abri rocheux le long du chemin pour nous restaurer. La semoule chaude est appréciable par ce temps ! Nous continuons notre ascension de plus en plus raide qui doit nous faire basculer vers Girolata et le golfe de Porto. Arrivés là-haut, nous sommes en plein dans les nuages…

Pause déjeuner à l’abri, en plus il y a la vue – Y. GUYOT

L’ambiance prend une tournure fantastique au milieu des lambeaux de brume et des arbres couverts de mousses et de lichens. Nous sommes sur le plateau parsemé de diverses essences d’arbres.

Atmosphère brumeuse et nuageuse laissant place à l’imagination – Y. GUYOT

Alors que nous arrivons à la Punta di a Literniccia, la vue s’ouvre un peu, les nuages glissent sur les reliefs et nous avons un aperçu tourmenté du golfe de Porto.

Par temps clair, la vue ici doit être incroyable. Alors que nous nous engageons ensuite sur la ligne de crête qui marque la redescente, la vue se dégage à nouveau. Main gauche, main droite, la mer est partout, découpée par les reliefs qui y plongent abruptement.

Nous devinons en bas Girolata qui nous paraît encore loin, c’est qu’il reste toute la redescente, particulièrement glissante avec la pluie.

La descente, particulièrement raide, est difficile pour Julien qui sent douloureusement son tibia. Nous prenons notre temps et c’est finalement sous un ciel de plus en plus dégagé, pour ne pas dire un soleil radieux, que nous arrivons à Girolata.

Arrivée à Girolata, après la pluie, le beau temps – Y. GUYOT

La mer continuant à secouer avec de belles bourrasques de vent nous renonçons à pousser encore une petite heure jusqu’à la place de Tuara pour y planter notre tente et faisons halte au gîte « le Cormoran Voyageur ». Nous y passerons une excellente soirée, dégustant une soupe et un gratin de poissons des plus délicieux. Nous sympathisons avec un couple établi en Corse depuis 8 ans et engageons également la conversation avec deux jeunes femmes faisant le Mare e Monti en sens inverse de gîte en gîte.

Cette soirée est l’occasion d’échanger conseils et premières impressions. Ce soir, le gîte est le carrefour des trekkeurs poursuivis par les intempéries.

Girolata (ne prononcez pas le « a »), petit village niché dans le golfe du même nom et accessible uniquement à pieds ou par la mer – Y. GUYOT

Journée 4 : Girolata -> Serriera

Le retour du soleil

Horaires : 8h30 – 13h30/14h00 – 17h00
Durée : 8h00
Distance : 18,40 km
D+ : 1390 m
D- : 1360 m
Météo : ensoleillé.

Sur la ligne de crête menant au Capu di Curzu n’oubliez pas de vous retourner (!) – Y. GUYOT

Ce matin, nous décidons dans un premier temps de faire l’étape classique jusqu’à Curzu et de voir ensuite si Julien se sent à l’aise pour continuer, la descente d’hier ayant ravivé sa douleur.

Au petit matin, nous quittons Girolata en passant par la plage, passage obligé – Y. GUYOT

Nous choisissons l’itinéraire « classique » qui commence en douceur par le chemin du facteur, plutôt que la variante sportive par la crête de la Salisei (ancien tracé du Mare e Monti).

Le golfe de Girolata et la réserve de Scandola depuis le chemin du facteur – Y. GUYOT

Le ciel a été lavé de ses nuages et nous commençons à marcher sous un beau ciel bleu. Le chemin du facteur est un vrai régal et ménage des vues sublimées par la luminosité douce du matin sur Girolata et la côte.

Le cap Senino depuis le chemin du facteur – Y. GUYOT

Nous traversons la plage de Tuara que la tempête de la veille n’a pas épargnée, avant de remonter en douceur Jusqu’à la D 81. Il y a une source qui coule à mi-chemin, ce qui permet de faire le plein d’eau pour un bivouac sur la plage. Ne comptez pas faire le plein d’eau à la petite buvette au bord de la route, un panneau vous indiquant qu’ici il n’y a ni toilettes ni eau potable… mais de la bière pression !

Une fois la route traversée, nous tirons tout droit sur la ligne de crête en direction du Capu di Curzu. Aucune difficulté technique, mais ça monte raide avec très peu d’ombre et les rayons du soleil semblent vouloir rattraper le temps perdu. Cette montée est quasiment un 360 degrés permanent : main gauche le golfe de Girolata, main droite le golfe de Porto, derrière nous la mer et devant les montagnes enneigées font progressivement leur apparition, la vue se dégageant de plus en plus au fur et à mesure de la montée.

Le chemin ne monte pas jusqu’au Capu di Curzu (850 m) et s’arrête un peu avant (700 m) pour ensuite redescendre. Julien entame la descente à son rythme vers Curzu pendant que je pousse jusqu’au Capu. C’est en principe par là qu’arrive le chemin qui passe par la crête de la Salisei. Il n’y a plus vraiment de chemin mais tout juste une légère sente avec des restes de balisage écaillés. Le maquis a repris ses droits et je finis par arriver en haut en coupant au plus court par quelques rochers.

Montée vers le Capu di Curzu : mer, montagne, neige – Y. GUYOT

Au sommet, la vue est impressionnante mais un poil décevante car en partie masquée par la crête de la Salisei dont le Capu di Curzu n’est pas le point le plus élevé. Enfin tout est relatif, mais les belles perspectives de la matinée m’ont rendu difficile !

Sur la crête de la Salisei la vue doit être époustouflante, par contre le maquis est très présent et si le chemin n’est plus entretenu le passage ne doit pas être des plus aisés.

Je retrouve Julien à Curzu. Il est encore tôt (13h) et nous décidons de reprendre le chemin pour déjeuner en dehors du village et pousser jusqu’à Serriera qui sera notre étape du soir.

Après Curzu, le relief traversé s’adoucit quelque peu… – Y. GUYOT

L’après-midi nous fait découvrir des reliefs plus doux et plus marqués par la présence humaine. Espaces de pâtures et oliviers alternent avec le maquis. Une descente raide et ravinée au fond d’un vallon réveille les douleurs de la jambe de Julien. La montée qui succède est particulièrement pentue et la morsure du soleil se fait à nouveau sentir. Nous redescendons par une piste alors que nous sommes sur la fin de nos réserves d’eau. Un dernier petit sentier et nous arrivons à Serriera, village niché légèrement en hauteur au creux d’une vallée.

Arrivée à Serriera – Y. GUYOT

Nous nous présentons au gîte mais celui-ci et complet et le bivouac est strictement interdit dans la vallée (le gîte s’est vu retirer son autorisation de bivouac). Nous profitons néanmoins de l’épicerie voisine au bar très bien achalandée pour refaire le plein de provisions.

Pour cette nuit, nous avons le choix entre un hôtel un peu plus bas ou de descendre par la route jusqu’à la plage de Bussaglia et tenter d’y planter la tente.

Julien grimace, une longue descente sur le bitume avec sa jambe qui tire ne l’enthousiasme guère. Nous choisissons donc l’hôtel qui sera aussi un plus pour la récupération.

Nous en profitons pour faire notre lessive et faisons notre popote tranquillement dehors en profitant d’un coucher de soleil sur le Capu San Petru qui sera sur notre chemin demain.

Journée 5 : Serriera -> Ota

Cerise sur le gâteau

Horaires : 8h30 – 12h25/12h55 – 15h10
Durée : 6h10
Distance : 11,7 km
D+ : 910 m
D- : 600 m
Météo : ensoleillé avec quelques nuages en fin de journée.

Ascension de Bocca San Petru, vue sur les montagnes, Serriera et le golfe de Porto – Y. GUYOT

Aujourd’hui, nous ne doublerons pas afin de soulager la jambe de Julien. Nous remontons le long de la route depuis l’hôtel et reprenons la trace du Mare e Monti qui après une piste prend à droite vers Bocca San Petru. La montée est longue avec des portions raides mais la vue s’ouvre assez rapidement avec de très belles perspectives sur le golfe de Porto et la vallée dans laquelle est nichée Serriera. Le temps est magnifique, la vue sur la mer tout autant, cette étape s’annonce comme la cerise sur le gâteau !

Arrivés au Bocca San Petru, nous choisissons de faire l’aller-retour jusqu’au Capu San Petru. Peu avant le sommet, nous suivons une petite sente sur la gauche qui nous amène à un véritable belvédère sur le golfe de Porto.

Les calanques de Piana depuis Capu San Petru – Y. GUYOT

Nous rejoignons le tracé du Mare e Monti. Cette partie, avant la redescente sur Ota, traverse un plateau d’abord parsemé de vieux châtaigniers puis de pins. Le chemin contourne ensuite un cirque pour à nouveau ouvrir un vaste panorama entre mer et montagne. Nous profitons d’une source à proximité du chemin pour nous rafraîchir un peu et entamer une partie de la descente avant de manger.

Descente vers Ota, plein axe sur le golfe de Porto et les calanques de Piana – Y. GUYOT

Cette étape est des plus plaisantes car elle réunit, ambiance forestière, montagnarde et maritime quasiment tout au long de la journée. Si les vues sur le golfe de Porto sont moins « directes » que le jour précédent, le fait de dominer l’ensemble avec un premier plan forestier apporte une véritable richesse dans la composition visuelle. La redescente se fait pour sa première partie dans l’axe des calanques de Piana, reconnaissables à leurs tons rougeâtres même quand le soleil est au plus haut.

Pour Julien la descente sera rude car particulièrement raide. Un torrent et un peu d’eau glacée furent salutaires pour « anesthésier » sa jambe.

Les derniers kilomètres nous voient renouer avec le maquis et une partie un peu plus plane. Après quelques cactus, nous apercevons Ota village niché, comme Serriera (en plus isolé), à flanc de vallée entre les montagnes.

Arrivée à Ota et ses cactus – Y. GUYOT

Instruits de notre aventure de la veille et le bivouac étant également interdit à Ota, nous avons réservé un gîte, ce sera « chez Felix ».

Nous profitons le soir du restaurant du gîte pour s’octroyer un repas délicieux, le lieu ne lésinant pas sur la qualité et ni la quantité !

Journée 6 : Ota -> Marignana

A l’intérieur des terres

Horaires : 8h00 – 12h30/13h00 – 13h20
Durée : 4h50
Distance : 12,4 km
D+ : 670 m
D- : 270 m
Météo : nuageux avec un peu de pluie l’après-midi.

Un ciel tourmenté – Y. GUYOT

Aujourd’hui, nous avons décidé de grouper deux étapes courtes à faible dénivelé.

Ce matin le ciel est à nouveau gris. Nous commençons par cheminer vers la rivière, descente un peu gâchée par les détritus et le vieux matériel électroménager laissé ici à rouiller en pleine nature. Nous traversons un pont Génois de très belle facture puis longeons la rivière jusqu’à arriver au stade municipal laissé à l’abandon. Pour ceux qui souhaiteraient absolument bivouaquer, il y a la place, mais le lieu ne donne guère envie de s’attarder. Nous traversons la route puis prenons à droite pour remonter les gorges de la Spelunca jusqu’à Evisa.

Premier pont Génois après Ota – Y. GUYOT

Au creux des gorges, le paysage rocheux est impressionnant. Ici le chemin est « pavé ». Il s’agit d’un ancien chemin muletier assez bien conservé avec des murets de pierres sèches. On croise en chemin de nombreux écriteaux qui décrivent les différentes plantes ainsi que la vie en Corse au cours des siècles, l’utilité des chemins muletiers et leur construction pendant la période Génoise.

Cette étape est d’ailleurs pratiquée à la journée par de nombreux randonneurs tout au long de l’année et nous en croisons quelques-uns. Après un deuxième pont Génois, le chemin s’élève jusqu’à Evisa en remontant progressivement les gorges.

Nous arrivons à Evisa. Plus d’ambiance marine ici, nous sommes à l’intérieur des terres et les crêtes enneigées autour d’Evisa laissent deviner le GR20 qui passe au loin sur les hauteurs.

Nous traversons rapidement le village puis une châtaigneraie, refuge de quelques cochons, pour prendre un chemin en balcon qui ménage de belles vues sur les reliefs avoisinants et les petites routes tortueuses. Le ciel reste gris, paré de nombreux mouvements de nuages.

Les routes se faufilent jusqu’à l’intérieur des terres – Y. GUYOT

Notre déjeuner rapidement englouti, nous empruntons une passerelle et arrivons au hameau abandonné de Tassu. L’ambiance au milieu de ces maisons sans vie, mais en excellent état, est très particulière.

Alors que nous reprenons notre marche, nous voyons filer quelques marcassins et une laie. Les sangliers locaux sont de petits modèles et tiennent plus au niveau du gabarit du phacochère que du sanglier !

Il est à peine 13h30 et nous sommes déjà arrivés. Nous nous interrogeons sur la suite à donner et la possibilité de pousser un peu plus loin après Marignana ». Quelques gouttes de pluie et un temps de plus en plus menaçant nous convainquent de rester à Marignana et de planter la tente derrière le gîte.

Journée 7 : Marignana -> E case

Le maquis dans la mer

Horaires : 8h00 – 12h30/13h00 – 15h00
Durée : 6h30
Distance : 18,1 km
D+ : 630 m
D- : 740 m
Météo : couvert en début de matinée puis laissant place au soleil.

Le Mare e Monti redescend doucement vers la mer – Y. GUYOT

Ce matin, départ un peu plus matinal que les autres jours. Il a plu dans la nuit et c’est une tente trempée qu’il nous faut replier.

Le temps de traverser Marignana et le soleil commence à percer timidement au travers des nuages. Après la traversée d’une châtaigneraie, nous retrouvons un paysage de maquis assez ras et en fleurs.

Serriera disparaît au détour d’un virage – Y. GUYOT

Ici la vue est dégagée et l’univers beaucoup moins montagneux, il y a plus de rondeur dans le relief et l’ambiance est très différente de celle de la veille. Derrière nous, une fois le ciel en partie dégagé, nous voyons à nouveau les montagnes enneigées alors qu’au détour du sentier nous apercevons la mer.

Cette étape est particulièrement agréable, le dénivelé positif plutôt réparti ne se fait guère sentir, la vue est ouverte à la fois sur les sommets et la mer, le soleil se dévoile de plus en plus et le chemin alterne entre maquis ras et environnement plus caillouteux.

C’est une véritable étape de transition, le maquis dans la mer en quelque sorte. Nous croisons quelques panneaux indiquant deux sources, mais impossible de dénicher ces dernières.

Après les ruines de la bergerie Casta, la descente vers E Case se fait dans un maquis plus dru et plus haut. En l’absence de vue, la descente est plus monotone et les passages les plus pentus font grimacer Julien.

Au fond des vallées, le maquis « haut » limite la vue – Y. GUYOT

Plus nous approchons d’E Case et plus la présence de l’homme se fait sentir. Le maquis a été aménagé en parcelles et nous croisons quelques cochons apeurés.

Une dernière remontée dans un chemin qui tient plus de la tranchée et nous arrivons au « refuge » E Case à côté duquel flotte fièrement le drapeau Corse. Nous sommes rejoints par quelques randonneurs qui ont prévu d’y dormir. Pour notre part, nous plantons notre tente à l’emplacement dédié.

E Case mérite quelques lignes. Le refuge est isolé au milieu du maquis avec une vue splendide sur la mer au loin. Que ce soit le petit muret, les quelques pins qui font de l’ombre, les tables en bois dehors, la maison en vieille pierre, tout concoure à savourer l’instant présent en profitant du coucher de soleil sur la mer.

E Case, un « refuge » isolé et reposant – Y. GUYOT

Nous passerons la fin de la journée allongés dans l’herbe profitant du lieu et de son ambiance reposante.

Journée 8 : E case -> Cargèse

Aperçu du terroir Corse

Horaires : 8h00 – 12h30
Durée : 4h30
Distance : 12,9 km
D+ : 390 m
D- : 920 m
Météo : ensoleillé.

Du maquis à la mer, une descente qui en met plein les yeux – Y. GUYOT

Julien appréhende cette journée « descendante », nous partons donc dès 8h pour prendre notre temps.

Le soleil brille ce matin et la première partie du chemin nous emmène sur une ligne de crête plane avec une vue dégagée sur la mer. Avec le maquis au premier plan et la luminosité de ce début de matinée, le début de la descente est particulièrement agréable et nous traînons en chemin pour profiter de la vue.

Après avoir croisé un troupeau de chèvres, nous arrivons dans un paysage plus aménagé et la pente se raidit sérieusement. Nous traversons ensuite une bergerie pour rejoindre une piste qui nous fait passer devant plusieurs élevages de cochons et deux chenils, concert d’aboiements garanti !

La « civilisation » se rapproche indéniablement et même si cette piste est un peu longuette nous avons un aperçu de toute la richesse du terroir Corse.

Un paysage « plus aménagé » à l’approche de Cargèse – Y. GUYOT

Cette variété d’ambiances et d’environnements traversés est incontestablement une des grandes richesses du Mare e Monti.

La plage de Peru, au nord de Cargèse, le Mare e Monti prendra fin dans quelques pas – Y. GUYOT

A la fin de la piste, juste après un chenil, nous prenons à gauche pour le dernier raidillon du Mare e Monti. C’est ici que l’on franchit l’essentiel du dénivelé positif de l’étape. La montée n’est pas très agréable, le chemin est raide et en partie raviné par l’eau. Mais la vue arrivés en hauteur fait vite oublier cette montée un peu pénible. La mer scintille avec des champs de fleurs sauvages au premier plan. La dernière descente se fait avec une vue dégagée sur la mer alors que Cargèse se dévoile au détour du chemin…

  21 commentaires à “Itinérance printanière sur le Mare e Monti Nord – ou comment découvrir le trek en douceur”

Commentaires (21)
  1. Et bien que dire !!! Juste je prends mon sac à dos et je … pars
    Un vrai bonheur cette lecture
    Comme j’ai fait le GR 20 l’an dernier j’ai juste envie de repartir
    Trop de bons conseils qui sont fort utiles
    Merci pour ce partage
    Maria

  2. Je l ai fait de Galéria à Cargèse en doublant une étape et en dormant et mangeant le soir dans les gîtes Ils ne se valent pas tous loin de là ! 3 sont pour moi exceptionnels vu les plats proposés et l acceuil reçu… Début mai pour moi le top car le maquis est en fleurs et j ai eu la chance de le faire sous le soleil… je rêve de faire le Mare à Mare Nord maintenant

  3. Merci pour cet article

    Il va m’être très utile puisque c’est le projet pour l’année prochaine

    Ce serait beaucoup demander de connaître le modèle et la marque de ton t-shirt thermique ?

    • Bonjour Marc,

      Référence ci-dessous :
      « SOUS-VETEMENT RACE MANCHES COURTES VELO B’TWIN » (décathlon)
      C’est un produit de vélo à la base mais pour 20 euros c’est un investissement que je ne regrette pas et qui me sert même en trail sous mon t-shirt en saison froide quand les bras peuvent encore être découverts. Seul « défaut », le modèle manches courtes est uniquement en blanc mais après tout cela reste un sous vêtement. La version manches longues pour la saison froide est également très bien et plus confortable que des tas de T shirt thermiques spécialisés biens plus chers

  4. Avez vous essayé de mitiger la douleur avec de pansements, application de glaçons au gîte ou anti-inflammatoires ?

    • Julien pourra compléter mais oui c’est ce qu’il a pu faire. Le plus efficace pendant la marche était la pommade anti-inflammatoire. En cachets moins efficaces. Et les glaçons le soir « soulageaient ». Mais tout ça n’était que masquant, la solution long terme reste le repos ou de monter uniquement :-).

  5. Chouette ! Je l’ai programmé pour début septembre 2019.

  6. Bonjour à tous,

    C’est une superbe idée de randonnée en montagne pour début mai ! On va pouvoir mettre ça sur la liste des idées randos en Europe :-). Bravo pour cet article très complet !

  7. super bien documenté et bien raconté les renseignements sont très utiles ! merci pour ce reportage très complet et plein de choses indispensables pour entreprendre ce trek qui est splendide !! MERCI

  8. BONJOUR AMIE RANDONNEUR, A EVITER LE GITE DE MARIGNANA TRES MAL ENTRETENU ET TRES SALE . Je suis passé deux le Mare à Mare nord et en 2017 mare è monti

    • Très bonne description de ce treck. J’ai été très intéressé par la partie préparation qui me sera très utile. Merci

    • Pour les gîtes, internet permet aujourd’hui de se faire une idée assez précise, un nombre important de commentaires permettant une certaine objectivité. A chacun de se faire son avis 🙂

      Sur le Mare e Monti (Nord), pour les gîtes j’ai pu observer deux philosophies : ceux qui se rapprochent plus des standards hôteliers (souvent, mais pas tjs, en raison de la concurrence de deux gîtes dans un même village) et ceux dont le gite n’est pas forcément l’activité première, dans des villages plus isolés avec des installations certes plus vétustes mais un accueil qui reste chaleureux quand on prend le temps de briser la glace et de discuter (en haute saison l’ambiance est surement un peu plus « expéditive » en raison de la volumétrie de visiteurs !).

  9. chapeau superbe article cela fait rever il nous faudrait des années en moins pour le pratiquer mais cela nous fait une superbe lecture et on prend certaines qui peut etre utile merci

  10. et on prend certaines infos

  11. Trop cool ce partage, milles merciS.

    Je me suis posée la question de faire ce treck avec nos enfants (7, 11 et 14ans) et j’ai donc découvert l’article d’Emilie dans randonner-malin (super!).
    J’ai bien l’intention de lancer l’idée dans la famille et de voir comment cela pourrait être adapté (étapes plus courtes, portage, parties en transport ou autre…) si jamais vous avez des idées sur le sujet… je suis preneuse.

    Encore bravo Yann, François (et Julien) pour écrits et images, toutes ces infos, préparation, compte rendu, conseils et ouverture d’esprit
    Louise/…!

    • Louise,

      Quelques pistes :
      – étapes plus courtes : tout à fait possible si tu suis le « découpage officiel » –> guide rother ou topoguide FFR. Pour des enfants l’étape entre Tuarelli et Galeria pour sa partie le long du Fango me semble toute indiquée. Celle entre Ota et Evisa sur l’ancien chemin muletier avec ses panneaux explicatifs est également adéquate (dans le sens Ota –> Evisa, il y a un bon 600 D+ mais la montée est progressive) et Ota est un village plus que charmant.
      – portage : n’hésite pas à regarder sur le site internet des gîtes –> certains peuvent organiser le portage en effet

      Yann

  12. BRAVO pour cette description détaillée et passionante que vous nous faites partager!!!!!
    Un grand merci car dejà rien que la lecture nous a transporté dans ces merveilleux paysages si bien racontés….
    JEAN MARC

  13. Ses jolie la corse et merci pour les detail technique. La derniere fois que je suis aller en europe j’ai jamais
    ete capable de trouver le gaz necessaire a mon poele de campigne*(naphta). Cette fois -ci je m’en achette un la bas.
    Ma premiere aventure sur les GR europeen j’ai hate, nous en amerique sur les sentier on a souvent besoin de plusieurs jours d’autonomie, sa me fait sourire tout ses petit villages sympathique sur le chemin. Je vais commencer mon voyage par ce qui est surement une classiques chez vous, la descente du vercors, ensuite probablement me perdre tranquillement sur les sentier en direction du verdon. essayer de rejoindre marseille ou aix, on verra se perdre plus ou moin selon la disponibiliter des cartes. j’en ai une general et une du vercors. Bref un aventure de quelque semaine.
    a+
    seb

  14. Merci beaucoup pour vos précieuses informations

  15. Bonsoir
    Belle lecture et photos qui font rêver en attendant les vacances.
    un grand merci de nous faire rêver et voyager . Magali

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