Août 122011
 

Eau pure - randonnée KimberleyL’eau naturelle peut provenir de beaucoup de sources différentes : lacs, cours d’eau, sources, pluie, neige, etc. Certains d’entre nous se posent souvent la question en randonnée : puis-je boire cette eau ? Mais beaucoup d’autres ne le font pas et ne connaissent pas les risques qu’ils prennent quand ils boivent de l’eau naturelle sans la purifier.

De nos jours, il n’est malheureusement plus conseillé de plonger ses mains dans un cours d’eau pour y boire directement, si l’on ne connaît pas la qualité de cette eau. La dernière fois que j’ai pu faire cela, était dans la région du Kimberley en Australie. Je dois avouer que c’était vraiment très agréable. C’est d’ailleurs la photo qui illustre cet article. 😉

Certaines eaux semblent pures et limpides, pourtant d’un point de vue biologique ou chimique elles ne le sont pas forcément. Purifier l’eau ne se limite donc pas aux eaux suspectes.

Cet article présente pour quelles raisons et dans quelles conditions il faut purifier l’eau ainsi que les risques encourus si vous ne le faites pas.

Les contaminants et les risques associés

Les eaux que vous rencontrez en randonnée peuvent être contaminées par un ou plusieurs des 3 facteurs suivants :

Les contaminants radiologiques

Ceci est un cas rare, où l’eau est contaminée par des particules radioactives (autour de Tchernobyl par exemple). Il est possible de filtrer l’eau mais cela contamine les filtres.

Les contaminants chimiques

Les contaminants chimiques (pesticides, nitrates, métaux lourds, etc.) peuvent être présents dans les eaux en aval d’activités humaines. Ce n’est pas un problème la plupart du temps en pleine nature, loin de la civilisation. Cependant, faites attention dans les endroits chauds où la concentration de produits chimiques dissouts dans l’eau peut-être élevée à cause de l’évaporation. Attention également en montagne où certaines eaux contiennent une forte teneur en minéraux – qui peut être toxique.

Choisissez bien le lieu où vous prélevez de l’eau car les toxines chimiques sont difficiles à éliminer. Ne prélevez pas d’eau en aval d’activités humaines ou d’élevages par exemple.

C’est généralement la consommation régulière d’eaux polluées chimiquement qui est dangereuse pour la santé.

Les contaminants biologiques

Sans rentrer dans les détails biologiques, voici un aperçu de quelques organismes qui peuvent contaminer les eaux naturelles. Ils peuvent être portés par les hommes et les animaux et donc être présents quasiment partout.

Les micro-organismes sont souvent présents dans les eaux contaminées par les animaux ou les humains.

Les deux micro-organismes les plus courants sont le giardia et le cryptosporidium. Ce sont des kystes qui se transmettent par voie fécale-orale. Quelques-uns des symptômes sont : ballonnements, diarrhées, flatulences, crampes, fièvre, perte d’appétit, etc. Rien de très agréable…

Les bactéries vivent et se développent dans l’eau. Certaines bactéries comme Salmonella, Coliforme ou E coli sont parfois présentes dans les eaux contaminées par les déjections animales ou humaines. Elles peuvent causer des nausées, diarrhées, maux de tête et autres…

Les virus peuvent survivre dans l’eau en attendant de trouver un hôte vivant et de s’y développer. Quelques symptômes d’infection sont : diarrhées, fièvre, infections respiratoires, etc.

Je ne vais pas rentrer dans les détails de tous les organismes et toutes les maladies que vous pouvez attraper, mais je pense que les mots « amibes, leptospirose, hépatite, dengue, méningite, cholera, typhoïde, polio, etc. » peuvent faire peur. Bien sûr, les risques sont beaucoup plus grands dans certaines régions et certains pays que dans d’autres.

Je ne cherche pas à vous faire peur. Mais souvenez-vous toujours que même si l’eau est synonyme de vie, sa consommation est à l’origine de beaucoup de maladies. C’est pourquoi il faut toujours se méfier de l’eau que vous consommez.

Les causes de contamination

Vous !

L’homme est en grande partie responsable de la contamination des eaux naturelles. Bien évidemment, vous pensez tout de suite aux activités humaines polluantes du type : élevage, culture, usines, égouts, déchets, etc.

Mais pas seulement. Dans des zones sauvages – en particulier – la majorité de la pollution provient des personnes pratiquant des activités en plein air. Pour la simple raison que très peu de personnes savent comment faire leurs besoins dans la nature sans polluer. Une grande partie de la pollution dans les endroits sauvages est causée par des « amoureux de la nature » qui ignorent les bonnes pratiques pour uriner et déféquer sans polluer les eaux naturelles environnantes.

Ceci fera l’objet d’un autre article. En attendant, je vous recommande fortement de lire le livre « Comment chier dans les bois : Pour une approche environnementale d’un art perdu » qui est très instructif et aborde le sujet avec humour.

Les animaux sauvages, les animaux domestiques et d’élevage participent aussi à la contamination des eaux naturelles mais il est difficile de leur interdire de déféquer et uriner où bon leur semble – à part pour les animaux domestiques peut-être.

Pourquoi purifier l’eau en randonnée ?

C’est simple ! Pour éviter toutes les maladies et tous les désagréments décrits dans la section « contaminants et risques associés ». Je ne cherche pas à vous faire peur ou vous rendre paranoïaques, mais juste à vous mettre au courant.

Dans quels cas faut-il purifier l’eau ?

Eau pure - randonnée TasmanieLa plupart des organismes qui contaminent les eaux naturelles sont invisibles à l’œil nu et peuvent être présents dans des eaux cristallines, au bon goût et sans odeur. Une eau sale peut être potable et une eau limpide peut être extrêmement contaminée. Pour preuve, l’eau boueuse de la photo ci-contre que j’avais récupérée dans un ruisseau en Tasmanie était potable et de très bonne qualité malgré un arrière goût de terre.

Le titre de cet article illustre mon avis sur la purification de l’eau en randonnée et celui de beaucoup de randonneurs expérimentés. Si je ne suis pas sûr de la qualité d’une eau, je la purifie.

Le mieux est de se renseigner pour savoir quels sont les points d’eau potable et ceux qui le ne sont pas. Vous pouvez faire cela avant de partir ou pendant votre randonnée auprès des locaux, des gardiens de refuge et autres randonneurs. Les points d’eau potable sont souvent indiqués sur les guides de randonnée. Parfois des panneaux indiquent même si l’eau est potable ou pas, à côté de points d’eau.

Attention :

  • Certaines personnes vous diront qu’une eau est potable et qu’ils la boivent depuis des années. La tolérance à une certaine eau dépend des personnes, et cette tolérance évolue au cours du temps. Certaines personnes peuvent donc boire une eau et n’avoir aucun problème alors que vous serez malades si vous en buvez.
  • La potabilité d’une eau peut varier suivant les saisons et les années. Les sécheresses et inondations peuvent affecter la qualité de cours d’eau par exemple.
  • Quand vous préparez votre randonnée, il faut absolument vous renseigner sur les points d’eau (potables ou pas) et prévoir un moyen de purifier l’eau.

Pour faire court : les recommandations en général sont donc de purifier toutes les eaux naturelles dont vous n’êtes pas sûrs de la qualité.

Cela ne veut pas dire que toutes les eaux naturelles sont contaminées et impropres à la consommation. Mais comme il est très difficile de savoir avec les moyens que l’on a en randonnée, je pense qu’il vaut mieux ne pas prendre de risques. Certains contaminants ne vous feront pratiquement rien alors que d’autres peuvent vous faire passer quelques mois à l’hôpital ou même vous tuer dans le pire des cas. Le plus grand danger direct en randonnée est la déshydratation à cause de fortes diarrhées.

Et pour me brosser les dents et me laver ?

Les recommandations de la section du dessus sont bien évidemment valables pour l’eau que vous consommez (cuisine et boisson), mais aussi pour l’eau que vous utilisez pour vous brosser les dents.

Il suffit par exemple de quelques kystes de giardia pour former une colonie entière dans vos intestins. Vous me direz : « si je n’avale pas d’eau il ne devrait pas y avoir de problème ». Et c’est vrai, car les kystes doivent atteindre les intestins pour s’y développer. Mais êtes-vous sûrs de ne jamais avaler d’eau quand vous vous brossez les dents ?

Pour vous laver, il n’est pas nécessaire de purifier l’eau en règle générale, du moment que vous n’avalez pas celle-ci. Si vous avez un doute sur sa qualité, ne la mettez pas en contact avec vos blessures en vous lavant ou vous baignant. Dans certains cas, il est même déconseillé de mettre sa tête sous l’eau pour vous baigner – cas que j’ai rencontré uniquement en Australie jusqu’à présent.

Attention :

Dans certains endroits il faut éviter de se baigner ou de se laver pour ne pas polluer une eau potable. Je vous ai parlé auparavant de la dernière fois que j’ai bu de l’eau naturelle sans la purifier. Il était interdit de se baigner dans cette piscine naturelle pour préserver la qualité de l’eau. Respectez donc ces interdictions !

Pour conclure

Que vous purifiez une eau ou pas, il faut toujours essayer de la prélever la plus claire possible, la moins stagnante possible et la plus en amont possible d’éventuelles sources de pollution (élevage, agriculture, cadavres d’animaux, rejets chimiques…). Nous verrons dans le prochain article les différents moyens de purifier de l’eau en randonnée.

Si un jour, vous devez choisir entre souffrir de déshydratation et boire de l’eau qui est peut-être contaminée, choisissez la deuxième option à moins que vous soyez sûrs de la très mauvaise qualité de l’eau. Il est possible de traiter une grande partie des maladies liées à l’eau, mais il est beaucoup plus difficile de traiter une mort par déshydratation. Dans certains pays par contre, je pense que ce choix peut être plus difficile car les maladies potentielles beaucoup plus graves.

Voici une erreur liée à mon inexpérience de l’époque pour illustrer cela : il m’est arrivé une fois d’avoir des boutons sur le bas du ventre pendant quelques semaines. J’ai tout de suite mis en cause l’eau douteuse – ruisselant au milieu d’un champ – que j’avais bue assoiffé quelques jours auparavant. Dans ce cas, la solution aurait été simple : bien se préparer en prenant plus d’eau et un moyen de purification. Ce n’était pas grand-chose mais ça aurait pu être plus grave, alors ne faites pas comme moi…

Si vous avez des questions sur le sujet, posez-les dans les commentaires, je serai ravi d’y répondre ou au moins d’essayer.

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  40 commentaires à “« Fontaine je ne boirai pas de ton eau » sauf si elle est purifiée”

Commentaires (33) Pingbacks (7)
  1. […] je vous conseille de d’abord lire l’article « Fontaine je ne boirai pas de ton eau » sauf si elle est purifiée avant de vous plonger dans […]

  2. […] a également une section sur le giardia et le cryptosporidium dont j’ai parlés dans l’article « Fontaine je ne boirai pas de ton eau » sauf si elle est purifiée. Cette section donne un aperçu de comment se transmettent ces contaminants, comment éviter leur […]

  3. […] des aliments secs avec une faible conteneur en eau – si vous pouvez trouver facilement de l’eau potable ou de l’eau que vous pouvez purifier. Pourquoi ? Tout simplement parce que ces aliments sont […]

  4. […] Est-ce que l’eau du ravitaillement sera potable ? […]

  5. […] est donc primordiale. Et c’est également à ce moment-là qu’il faut vous renseigner sur la qualité de l’eau et les méthodes de purification à utiliser si jamais vous comptez faire le plein en […]

  6. […] une solution pour ces situations. Par exemple : en cas d’orage, si quelqu’un se blesse, si la source d’eau est polluée, […]

  7. […] cela, il faut se renseigner sur les points d’eau potable le long de votre itinéraire et créer votre itinéraire en fonction de ces points. Ces points […]

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