Juin 262020
 
Effets de l'altitude en randonnée

Avez-vous déjà remarqué comment certaines personnes peuvent randonner à 3 000 mètres et plus sans avoir l’air de souffrir de l’altitude, alors que d’autres sont essoufflées dès 2 000 mètres ?

Nous ne sommes pas tous égaux face aux effets de l’altitude. Que vous les ressentiez légèrement ou plus intensément, ces effets sont cependant bien présents. Dans cet article, je vous propose de regarder en détails comment ils se manifestent et quels sont ceux qui doivent vous alerter, ou non. Car si pour certains l’altitude n’affecte que très peu leur façon de randonner, pour d’autres en revanche il peut s’agir d’une vraie source d’inquiétude. Mais rassurez-vous, nous n’allons pas parler ici que du mal des montagnes. Et vous allez voir qu’il existe aussi, dans certaines conditions, des effets positifs de l’altitude.

Pourquoi l’altitude a-t-elle un effet physiologique sur les randonneurs (et les autres aussi) ?

Les réactions du corps humain à l’altitude

Pour beaucoup de monde, cela coule de source : l’altitude a des effets, plus ou moins intenses, sur notre corps. En randonnée, on s’en rend compte plus ou moins facilement. Souffle court, douleurs musculaires, maux de tête, troubles du sommeils sont autant de symptômes que peuvent rencontrer les randonneurs, même sans gravir de très hauts sommets. Il y a d’ailleurs de fortes chances pour que vous en ayez fait vous-même l’expérience, je me trompe ? 😉

L’hypoxie et la diminution de l’oxygène disponible

Alors comment se fait-il que même à des altitudes modérées, on puisse ressentir ces sensations ? Cela est dû notamment à la modification de la pression atmosphérique et au pourcentage d’oxygène disponible.

Note : techniquement, il s’agit de dioxygène, mais j’ai utilisé le terme courant « oxygène » dans cet article.

On entend souvent dire que plus l’altitude est élevée, moins il y a d’oxygène dans l’air. Ce n’est pas tout à fait exact. En réalité, le pourcentage d’oxygène dans l’air est constant et se situe aux alentours de 21 %. Ce qui diminue, c’est la pression partielle d’oxygène. Quésaco ? La pression partielle d’oxygène, c’est la pression qu’exercerait l’oxygène de l’air s’il n’y avait pas d’autres gaz dans l’air.
Au niveau de la mer par exemple, la pression atmosphérique est de 760 mmHg et, comme indiqué juste avant, l’air contient 21 % d’oxygène. La pression partielle d’oxygène est donc de 0,21 x 760 mmHg, soit 160 mmHg. En comparaison, à 4 000 mètres elle n’est plus que de 97 mmHg.

Au niveau de notre organisme, ce manque d’oxygène se traduit par ce que l’on appelle l’hypoxie. En d’autres termes, nos tissus ne reçoivent pas assez d’oxygène. C’est alors que l’on observe, par exemple, une augmentation du rythme cardiaque qui permet d’envoyer plus d’oxygène aux organes qui en ont besoin.

Pas d'effets de l'altitude au niveau de la mer
Badwater Bassin dans la Death Valley (Californie) : à 85,5 mètres sous le niveau de la mer. Ici pas d’hypoxie !

Les effets de l’altitude : un ressenti propre à chacun

En fonction de chaque personne et du niveau d’élévation auquel se trouve la personne, les effets de l’altitude seront différents. Et si nous regardions un peu plus en détails comment notre corps est susceptible de réagir en fonction des zones d’altitude dans lesquelles nous randonnons ?

Note : les niveaux d’altitude donnés dans cet article sont des valeurs générales. Bien évidemment, le ressenti de chacun en altitude peut être différent. En cas d’effets trop gênants, fiez-vous de préférence à ce que votre corps vous dit plutôt qu’à votre altimètre, et randonnez en conséquence. 😉

Les effets de l’altitude en basse et moyenne montagne

Les effets de l’altitude en basse et moyenne montagne

Entre zéro et 600 mètres d’altitude, il y a très peu de chances d’observer un quelconque effet sur l’organisme, même à l’effort. Cela s’explique notamment par le fait que la pression atmosphérique et le pourcentage d’oxygène disponible sont proches de ceux au niveau de la mer.

À une hauteur comprise entre 600 mètres et 1 800 mètres, les effets de l’altitude sur le corps humain commencent à être visibles… et intéressants ! Oui, je n’ai pas peur d’employer le mot intéressant et vous allez rapidement comprendre pourquoi.

Grégoire Millet, physiologiste et professeur de l’Université de Lausanne a fait le point sur quelques études sur les effets de l’altitude modérée sur la santé et en a tiré un certain nombre de conclusions plutôt positives. Le fait de résider et/ou de pratiquer une activité sportive modérée à une altitude entre 1 000 mètres et 1 800 mètres d’altitude, serait associé avec :

  • une facilité de perte de poids chez les personnes souffrant d’obésité ;
  • une réduction de l’hypertension artérielle de manière plus efficace qu’en plaine ;
  • une limitation des risques cardiovasculaires chez les personnes âgées ;
  • une réduction des risques de contracter un cancer du côlon.

Note : le domaine est encore mal connu et ces conclusions sont à prendre avec des pincettes – même si elles arrangeraient toues les personnes qui vivent ou randonnent en montagne. 😉

À cette altitude, des sportifs s’entraînent d’ailleurs en hypoxie légère (les fameux stages d’entrainement en montagne) pour essayer d’améliorer leurs performances. Ces techniques d’entraînement restent cependant discutées au sein de la communauté sportive et scientifique, car peuvent apporter à la fois des bénéfices et effets délétères – je vous conseille d’ailleurs la lecture de cet article sur le sujet.

Effets de l’altitude : au-delà de 2 000 mètres, tout change

Effets de l’altitude : au-delà de 2 000 mètres, tout change

Au-delà des 2 000 mètres, notre corps commence à réagir de manière différente à l’altitude et c’est à cette altitude que des difficultés peuvent commencer à se faire sentir. Cela peut notamment se traduire par :

  • un essoufflement plus important, surtout à l’effort ;
  • de légers maux de tête ;
  • l’apparition de petites douleurs musculaires ;
  • des légers troubles du sommeil ;
  • la tête qui tourne.

À partir de 3 000 mètres, tout le monde est susceptible de ressentir les premiers effets gênants de l’altitude, de manière plus ou moins intense. Ces symptômes traduisent l’effort que fournit l’organisme pour s’adapter à son nouvel environnement. C’est ce que l’on appelle l’accommodation.

À cette hauteur, la pression atmosphérique n’est plus que de 525 mmHg et le pourcentage d’oxygène disponible, quant à lui, n’est plus que de 70 %. Le corps doit donc améliorer sa capacité à emmagasiner l’oxygène disponible et à le transporter aux organes. C’est pourquoi on observe notamment une augmentation du rythme cardiaque et que la respiration s’intensifie. Généralement, le fait de séjourner suffisamment longtemps à cette altitude permet à l’organisme de compenser les effets de l’altitude et aux symptôme de s’estomper. C’est ce que l’on appelle l’acclimatation.

Les effets de la haute et très haute altitude sur l’organisme

Les effets de la haute et très haute altitude sur l’organisme

Je sais que tout le monde n’est pas adepte d’alpinisme, mais parfois nos randonnées nous entraînent sur des reliefs plus ou moins hauts. Il n’est pas rare pour un randonneur ou une randonneuse expérimenté.e de franchir la zone des 3 800 – 4 000 mètres d’altitude, et cela n’est pas toujours sans conséquence sur l’organisme. À 4 000 mètres, il n’y a plus que 60 % d’oxygène disponible, et les efforts que doit fournir notre corps pour s’adapter deviennent beaucoup plus importants. Dans cette zone, seuls quelques chanceux pourront passer à travers les effets désagréables de l’altitude. En revanche, à partir de 5 000 mètres, tout le monde est concerné, sans condition d’âge, de sexe ou de niveau sportif.

Vous pourrez ressentir des symptômes bénins (mais néanmoins déplaisants) du mal d’altitude comme :

  • une sensation de fatigue ;
  • un essoufflement, y compris au repos ;
  • des maux de tête ;
  • certains troubles digestifs ;
  • des troubles du sommeil ;
  • de légers vertiges.

Si vous prévoyez une randonnée de plusieurs jours à haute altitude, veillez à ne pas grimper trop rapidement. Laissez à votre corps le temps de s’habituer progressivement à ces nouvelles conditions. Si malgré une phase d’acclimatation, les symptômes ne s’estompent pas, soyez vigilant et restez à l’affût des complications qui peuvent annoncer un mal aigu des montagnes.

Sachez qu’il existe certains médicaments contre les effets de l’altitude. N’en n’ayant jamais utilisé, je ne saurais vous recommander ou non ces traitements.

Enfin, gardez à l’esprit que l’organisme n’est pas fait pour résister indéfiniment au manque d’oxygène. Si votre ascension vous emmène au-delà des 5 000 mètres, il vaudra peut-être mieux redescendre en-dessous de cette altitude pour bivouaquer.

Petites explications concernant l’acclimatation

Pour ne pas souffrir des effets désagréables de l’altitude, il est important de laisser l’organisme s’acclimater. En effet, après une ascension, il est normal de ressentir pendant quelques temps de la fatigue, un essoufflement et même quelques légers maux de tête, y compris au repos. La bonne nouvelle, c’est qu’une fois acclimaté, vous ne devriez plus ressentir les effets gênants de l’altitude.

Une petite note, vu que l’on entend toujours parler de globules rouges lors de séjours en altitude. Lors de tels séjours, l’hormone érythropoïétine (oui la fameuse EPO) est sécrétée pour stimuler la production de globules rouges qui seront « opérationnels » au bout d’une semaine environ. Et en restant à la même altitude, l’acclimatation (à cette altitude) met environ 3 semaines pour être totale.

Ce n’est donc pas en vivant à 200 m d’altitude et en allant faire 2 jours de randonnée en montagne que vous allez faire le plein de globules rouges – comme on l’entend souvent. 😌 Mais la production de globules rouges n’est pas le seul processus qui rentre en compte dans l’acclimatation. 😃

Il faut savoir qu’entre 2 500 et 4 000 mètres, le corps a généralement besoin de 2 à 4 jours pour s’acclimater. Au-delà de 4 000, il faut compter une à plusieurs semaines pour que l’organisme puisse compenser les effets de l’hypoxie. Dès lors que vous revenez en plaine, votre corps se « désacclimate » rapidement, les effets de l’adaptation à l’hypoxie durent rarement plus d’une dizaine ou une quinzaine de jours (oui, c’est un peu ingrat comme truc 😆).

A noter que la facilité ou difficulté d’acclimatation ne dépend pas vraiment de votre forme physique. Mais si vous souffrez à la fois de l’altitude et d’une mauvaise condition physique, votre sortie risque d’être encore plus difficile qu’en souffrant uniquement de l’altitude – donc ça vaut le coup d’être préparé physiquement. 😉

Si vous prévoyez une randonnée en haute ou très haute altitude, voici donc quelques conseils pour réussir votre acclimatation :

  • si possible, passez 2 – 3 jours entre 2 500 et 3 000 mètres d’altitude avant d’entamer votre randonnée ou votre trek ;
  • pendant ces quelques jours, évitez les efforts trop intenses ;
  • au-delà de 3 500 mètres, évitez de faire plus de 400 mètres d’ascension par jour environ – l’important étant surtout la différence d’altitude entre deux nuits consécutives, il est possible de monter un peu plus haut temporairement dans la journée (ce qui peut d’ailleurs améliorer l’acclimatation) ;
  • si votre parcours vous entraîne sur des ascensions plus importantes (ex : 700 – 800m), il est conseillé de passer 2 nuits à cette altitude avant de poursuivre l’ascension ;
  • si le mal d’altitude est trop intense au repos, redescendez de 200 ou 300 mètres et attendez que les symptômes s’atténuent avant de remonter ;
  • faites attention de bien vous hydrater.

Note : il ne s’agit que de quelques conseils pour vous donner une idée du processus. Mais si jamais vous prévoyez un séjour en haute altitude, je vous recommande de bien vous renseigner sur le sujet et d’éventuellement considérer passer un test en hypoxie.

Pression atmosphérique en altitude
Les différents niveaux de pression atmosphérique et d’oxygène disponible selon l’altitude

Focus sur le mal aigu des montagnes (MAM)

Le MAM est redouté de nombreux randonneurs et trekkeurs adeptes de la très haute altitude. Mais il est important de savoir que cela n’arrive pas uniquement à très haute altitude. À vrai dire, le MAM peut survenir dès les 3 000 mètres si l’ascension est trop rapide.

Les symptômes à surveiller sont les suivants :

  • difficulté respiratoire accrue, même au repos ;
  • nausées et vomissements ;
  • maux de tête violents ;
  • apathie et grande somnolence ;
  • vertiges ;
  • insomnies ;
  • saignements de nez ;
  • confusion, voire hallucinations.

Si vous ou l’un de vos coéquipiers êtes victimes de ces symptômes et qu’ils perdurent, la meilleure chose à faire est de redescendre.

Le danger majeur est l’apparition d’un œdème pulmonaire ou cérébral. C’est pourquoi les symptômes respiratoires et les maux de têtes sévères doivent vous alerter immédiatement. Redescendre, ne serait-ce que de 300 mètres, permettra de soulager votre organisme et d’éviter l’apparition d’un œdème. Sécurité avant tout !

Je tiens quand même à vous rassurer : même si les symptômes du MAM peuvent apparaitre dès 3 000 mètres, il existe différents stades, et vous ne devriez pas développer un œdème à cette altitude. 😉 Il faut vraiment monter à des altitudes assez élevées et ignorer les symptômes du MAM pendant plusieurs heures (voire jours) avant que cela ne se produise.

Ce qu’il faut retenir des effets de l’altitude en randonnée

Randonner à basse et moyenne altitude est possiblement bénéfique pour l’organisme et pour les performances physiques et les effets de l’altitude ne sont généralement pas gênants.

Lorsque que vous planifiez une randonnée au-delà des 3 000 mètres, il est préférable d’y aller « en douceur » – si vous n’êtes pas déjà acclimaté (ex : vous vivez en plaine et n’avez pas été en altitude peu de temps auparavant). Autrement dit, l’ascension doit se faire de manière progressive pour laisser au corps le temps de s’accoutumer à son environnement et notamment à la réduction du taux d’oxygène disponible – et cela est d’autant plus important que l’altitude est élevée.

Si l’on ressent des effets gênants de l’altitude, il est important de prendre le temps de s’acclimater avant de continuer son ascension. Le mal d’altitude est souvent bénin, mais si l’on s’obstine à aller toujours plus haut sans précaution aucune, gare au mal aigu des montagnes ! Ce dernier ne doit jamais être négligé et l’apparition de symptômes sévères est le signe qu’il est temps de redescendre vers des altitudes plus raisonnables.

J’espère que cet article vous aura aidé à mieux comprendre les différents effets que l’altitude peut avoir sur votre corps lorsque vous randonnez. Il s’agit d’une approche très vulgarisée, car c’est un domaine complexe qui comporte en plus des facettes méconnues.

N’hésitez pas à indiquer dans les commentaires comment votre organisme réagit face à l’altitude. Je suis curieux. Faites-vous partie de ceux qui n’en ressentent pas vraiment les effets, ou cela a-t-il une incidence sur vos randonnées ?

  46 commentaires à “Quels sont les effets de l’altitude en randonnée ?”

Commentaires (46)
  1. Merci pour ce petit topo. Intéressant de savoir comment notre organisme peut réagir avant de s’engager dans une rando, chacun son rythme afin de ne pas se dégoûter définitivement de la montagne !

  2. L important est de ne pas se mettre dans le rouge au départ il faut commencer doucement et tout ira bien

  3. Merci pour ces bons conseils, mon fils vient d’emménager ds un petit village non loin du massif du Vercors. Je compte lui rendre une petite visite et en profiter pour aller randonner.
    Malheureusement je vais devoir confié mon fidèle compagnon pendant ce séjour car les chiens ne sont pas admis ds la plupart des parc.et pour certains tenue en laisse donc ce sera sans mon berger blanc suisse. Surtout renseignez vous bien, rarement acceptés.

  4. Merci pour cet article très intéressant qui fait le point sur un sujet souvent mal connu.

  5. J’ai gravi mes deux premiers 4000 en février (Ethiopie). Je craignais beaucoup le MAM. Mon médecin traitant m’a conseillé de prendre du DIAMOX. Tout s’est parfaitement passé (à mon rythme, celui d’un vieux canasson fatigué par les ans…). Quelle est la part de la chimie et celle de mon propre organisme… impossible à savoir.

    Un cadeau cette superbe citation de N. Bouvier :
    « Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui-même. On croit qu’on va faire un voyage mais bientôt c’est le voyage qui vous fait ou vous défait. »
    Jeff

  6. Depuis quelques années, je ne peux plus séjourner en montagne; j’ai 71 ans et j’éprouve des dérèglements intestinaux, ballonnements … etc dès l’approche des 2000m. Pour les nuits en refuge, je les passe aux toilettes ( pas sympa pour les copains ). Quand je monte plus encore, le phénomène s’aggrave rapidement. Dès que je redescend en dessous de 2000, le phénomène disparaît en moins d’une heure. J’en ai parlé autour de moi, quelques personnes ont des symptômes identiques, mais beaucoup moins importants. Mon médecin reste perplexe et m’a conseillé de ne plus aller en montagne…

    • Merci pour le retour intéressant, même si celui-ci n’est pas vraiment enthousiasmant pour vous.

    • Bonjour,
      Ça me rappelle quelque chose, sans vouloir faire le procès de certains médecins, il m’ arrive de saigner du nez à certaines périodes de l’année, assez régulièrement et notamment en automne qd les ptits rhumes s’ installent. J’en ai parlé à un médecin lui disant que qd je me mouche je saigne du nez et il m’ a répondu sans rigoler, et bien arrêtez de vous moucher… Ça rassure.. Hihihi.

      Çeci dit, cet article sur le mal des montagnes est très intéressant. Merci François.

      Luc.

  7. Merci de ce topo, mais je voudrais lui apporter un complément : un élément important de ces éventuels désagrément est la météo. Pour l’avoir douloureusement vécu une brusque chute de pression atmosphérique peut avoir des conséquences dramatiques. Notre club a perdu 3 de nos camarades dans ces circonstances au sommet du M’Goun, au Maroc.
    Pour souligner l’universalité du danger, lors du franchissement du col Torong La, 5400m, au Népal, notre accompagnateur de l’ethnie Sherpa, a eu quelques difficultés, de même que que notre accompagnatrice, montagnarde confirmée.
    Tout cela pour dire qu’il ne faut pas se limiter aux altitudes et ne pas oublier la météo

    • Il y a effectivement d’autres risques qui peuvent être liés à l’altitude : vent, froid, isolement, secours difficiles, etc.

  8. Merci pour cet article, très clair, de vulgarisation mais pourtant déjà bien précis. A plus de 60 ans, j’ai déjà bien marché a différentes altitudes sur la planète (pas plus de 4000m), a des rythmes intenses (pour le travail), ou plus doux pour le plaisir. Comme je l’ai déjà dis pour d’autres articles ou vidéos : les piqûres de rappel sont toujours utiles car même un ancien peut prendre de mauvaises habitudes. Autre cas de figure : mon oncle, habitué au treck en (très) haute montagne et sportif aussi en plaine, est décédé à 59 ans, après avoir passé une visite médicale (validée) pour être autorisé à (re)faire le Mont Blanc… Comme quoi, il n’y a pas de certitude et surtout, il ne faut jamais trop globaliser : chacun est différent. Cordialement.

    • Oui surtout avec l’altitude, il est quasi impossible de savoir comment notre corps va réagir sans y avoir été confronté.

  9. Personnellement quand je randonne en montagne (j’ai passé quelque fois les 3000m). Je surveille ma toquante (mon cœur) je cible un rythme cardiaque maxi et mini. Quand j’atteins le maxi !!! « stop » J’attends de revenir au mini. Bien entendu mon rythme redescend plus lentement qu’en plaine.

  10. Sans grande expérience de la montagne je suis ravie de lire cet article qui tombe à point nommé pour ma prochaine randonnée en altitude.
    Il y a pleins d’informations que j’ignorais elles me sont vraiment utiles et très intéressantes à connaître pour bien me préparer .
    Merci François pour tes bons conseils.

  11. Merci pour ces bons conseils qui sont très interressant comme toujours Merci Francois

  12. Pour avoir randonnée au Népal à l’automne 2019 sur le fameux trek jusqu’au camp de base de l’Everest et le kala pattar,je peux vous faire part de ma propre expérience où j’ai subi jour après jour le MAM qui m’a conduit à stopper l’ascension à une altitude de 5100 m à peu près juste avant gorak shep. Les diverses manifestations de mon MAM, perte d’appétit ,maux de tête au niveau des cervicales , ballonnements et sommeil quasi inexistant. Étant bien préparer au préalable physiquement c’est ce manque d’appétit ou pendant 2 jours je n’ai mangé que liquide qui m’a été préjudiciable. Plus de jus pour avancer. Le fait de redescendre de 300 mètres d’altitude et de dormir à un niveau inférieur ma requinqué. Il faut être à l’écoute de son corps et ne pas insister si le MAM s’aggrave sinon c’est un grand risque d’œdème pulmonaire à suivre. Le MAM est indépendant de l’âge ,du sexe ,de la forme physique.

  13. J’ai expérimenté – à mon corps défendant- le MAM au Népal. J’habite dans les Pyrénées à 800m d’alt. et je pratiquais régulièrement dans la région, les 3000 m. étant souvent au menu.
    Donc trek au Népal avec un copain . Nous étions en très grande forme. au point d’allonger les étapes et de progresser plus vite qu’il est recommandé (300m max au dessus de 3500m) . Vers 4300m, le MAM a commencé à se manifester vers minuit par une fréquente envie d’uriner (tous les 1/4 h) puis des difficultés à respirer au point de ne plus pouvoir s’allonger, Au petit matin je vais voir un médecin français qui accompagnait une expédition, son diagnostic fut vite fait, rien qu’à voir mes lèvres gonflées m’a t’elle dit. Et l’ordonnance encore plus rapide : descendre de 1500 m immédiatement. j’ai eu des difficultés à respirer pendant deux jours. nous sommes repartis en altitude mais le gokyo peak le khalapattar et le camp de base de l’Everest il a fallu faire une croix dessus
    Je suis revenu 5 ans après avec mon épouse. dénivellé max par jour 250 m. Nous avions le temps ayant prévu 5 semaines de congés en octobre. Ce fut la revanche avec un peu d’amertume parce que mon ami n’avait pu nous accompagner. J’ai distribué beaucoup de conseils et de diamox., l’aspirine parfois pour des maux légers et surtout arrêter de monter dès que ça ne va plus. attendre un ou deux jours. boire des thés au citron , des soupes à l’ail, beaucoup boire.nous avons seulement utilisé des granulés de coca 5ch. (homéopathie) quand on avait un coup de mou.
    Se sachant vulnérables on a tendance à faire une fixation au moindre symptôme. D’autant que le sujet de conversation porte sur ça avec des exemples fatals à la clef.

    J’ai aussi fait le mont blanc avec un autre copain. La nuit au refuge du gouter n’est pas des plus reposantes et nous avons eu tout les deux de fréquentes envies d’uriner (nous n’étions pas les seuls) Mon camarade eut de très grandes difficultés dans le final de l’ascension alors que je n’avais aucun problème. je l’ai littéralement traîné jusqu’au sommet(on ne fait pas le Mt Blanc tous les jours) et la redescente fut un calvaire pour lui. Il ne retrouva ses forces qu’au ref. du Gouter
    Tout ça pour dire que le MAM n’épargne personne même pas les sportifs en grande forme. Et qu’au dessus de 3500 m il peut être rapidement fatal.

    .

    • Vous avez effectué une progression trop rapide malgré votre bonne forme.
      Pour notre part progression classique avec acclimatation 2 jours à namche bazar mais rythme journalier supérieur a la normale ce qui n’est pas forcément une bonne chose.
      Si vous avez pris du diamox il est normal de bcp uriner c ‘est une duretique.il faut doubler sa consommation d’eau qui doit déjà être importante du a l’altitude qui déshydrate énormément.
      Votre descente rapide a été salvatrice sinon c’était sûrement l’oedème pulmonaire.
      Pour ma part si j’y retourne je prendrais plus de temps également .je voudrais faire en plus du kala pattar toutes les passes ,les lac de goykoet le camp de base de l’ama dablam.
      Salutations a vous et bravo pour votre courage.

      • pour le premier Népal je n’avais rien. Pour le second j’avais du Diamox mais je ne l’ai pas utilisé. Nous (avec mon épouse) sommes restés 2 jours à Namche bazar en randonnant autour et surtout en nous limitant dans le gain d’altitude chaque jour suivant .

  14. Merci pour cet article bien documenté.

    Pas de problème jusqu’à 3 500/3 700m. 4 000m ça passe. Et même 5 000 en Himalaya. Mais quelques années plus tard je me suis fais recaler lamentablement au dernier camp du Kilimandjaro : sérieux MAM, fatigue maximale, mal de tête lancinant, la nuit entière passée à sortir uriner… Merci le Diamox, ça m’a bien aidée.

  15. Adepte des treks aux Nepal et sur la cordillère des Andes, j’ai la chance de ne pas avoir subi de gros symptôme. Les maux de tête sont présents au delà de 5500m, et surtout lors des descentes après un gros dénivelé positif.
    J ai remarqué que l hydratation était primordiale. Je suis généralement à plus de 4 litres par jour au delà de 5000m. Il y a aussi ce que l on appele les 3F : faim, froid, fatigue. S il y en a un qui ne va pas alors le Mam sera plus actif.
    Il faut respecter son corp et rester à l écoute.

  16. Je voudrai simplement faire part de mes expériences négatives et positives au cours de treks…
    Non seulement j’ai ressenti le souffle court, les douleurs musculaires et les nuits avec délire..car je faisait un oedème « cérébral » à 4200m d’altitude ( trek d’acclimatation au mont Kénia pour préparer l’ascension du Kilimandajo !!?? ) . le médecin de notre groupe à préconisé un descente rapide….8 jours plus tard j’ai pu remonter sur les pentes du Kili, en s’arrêtant à 4200m par précaution .
    Ensuite c’est le NEPAL : Trek dans le Langtang (2000) avec l’ascension du « tsergori « aux environs de 5000m, mais avec quelques jours d’acclimatation au village de Lantang…. puis on continu a son rythme et il n’y a pas de problèmes.
    Même chose dans le grand tour des Annapurnas où en ayant fait quelques jours, d’acclimatation à Manang ( AR à 3700 , 4000, 4500 ) nous avons passé le Col à 5900m sans problème et rejoint la vallée….. Pour moi conclusion : ne pas se presser

    • Je confirme. J’ai effectué le tour des Annapurnas également. Même préparation temporelle. Mêmes résultats positifs. On monte au Col Thorong (5400m de mon temps …) en 3 heures en deuxième partie de nuit, on y reste 30 minutes et on replonge dans l’autre vallée jusqu’à 4000 m sans vraiment s’arrêter. Juste un petit mal de tête et un dégoût sur la bière de 10h du matin. Pas de médicaments.

  17. Juste pour compléter à propos du Diamox , c’est un médicament et comme tout médicament il y a des effets secondaires. Diurétiques il peut poser de sérieux problèmes. Ça ne se prends pas en préventif mais seulement au moment des 1er symptômes du MAM. Il existe un petit carnet d’altitude (on le trouve sur le net) qu’on remplit chaque jour et permet de faire le point. Les randonneurs vont de plus en plus haut et tutoient les conditions d’alpinistes. Bien évidemment un check-up complet et orienté montagne n’est pas un luxe. Pas d’automédication comme je l’ai constaté plusieurs fois.

  18. « En revanche, à partir de 5 000 mètres, tout le monde est concerné, sans condition d’âge, de sexe ou de niveau sportif. »
    Bonjour François,
    Autant, je rejoins tes commentaires sur l’acclimatation qui est indispensable, disons, en -dessus de 4000m, autant je ne partage pas du tout ton avis sur le fait que tout le monde soit concerné par le MAM au delà de 5000m.
    J’ai moi-même effectué un trek au Népal avec quasiment 10 jours passés entre 4900 et 5600, je n’ai jamais eu aucun symptôme du MAM…juste peut-etre une fois avec un léger mal de crâne mais je sais pourquoi : j’ai effectué un parcours à une allure pas très raisonnable et là, le corps m’a rappelé à l’ordre.
    Par contre, j’étais bien acclimaté, avec une semaine de temps pour passer de 2300 à 5000m.

  19. Je viens de faire une ascension à 4800 m.
    A la monté je me sentais très bien, mais à la descente, J’ai commencé à hyperventilé.
    Mon rythme cardiaque s’est accéléré pendant au moins 1h même sur du plat ou en descente.
    J’ai cru que mon coeur allait s’arrêté tellement qu’il battait vite.
    Au bout d’une heure de descente, tout est redevenu normal à peu près 4200 m d’altitude.

  20. j’avais deja pas mal de notion mais ton commentaire est tres explicite complet et utile

  21. Merci à tous pour vos retours très intéressants.

    • Habitué des trek en altitude , Népal, Inde, Pérou, j’ai découvert le mam au Kilimandjaro. Arrivé au sommet sans problème, le temps de boire un thé et de faire quelques photos ,un mal de tête soudain et brutal ,nausées et vomissements .
      Redescendu 250 m plus bas à stella point, tout symptôme disparaissait. Je connais maintenant mes limites. Ou une montée trop rapide avec pas assez d’étapes intermédiaires.

  22. Bonjour
    Lorsque les premiers symptômes bénins apparaissent, on pense en premier lieu aux effets de l’altitude. Ne pas négliger les effets de la déshydratation qui procurent les mêmes sensations désagréables, de surcroît en haute montagne où on ne pense pas toujours à s’hydrater régulièrement (rando, alpinisme).
    Cdlt

  23. Avec mon épouse nous avons fait plusieurs treks en haute altitude – au delà de 5000m . En respectant la règle de 400 à 500m de dénivelé entre bivouacs . Jus qu’ à présent notre acclimatation s’est toujours bien passée . Afin de se prémunir du MAM , nous prenons lors de la première journée au dessus de 4000m des granules homéopathiques.

  24. Bonjour
    Sans aller jusqu’à faire du trek, j’ai eu la « bonne » idée d’enchaîner 15 jours au bord de la mer puis une semaine dans le Mercantour dans la foulée.
    Les deux premiers jours ont été pénibles…

  25. Je me permets quelques remarques désobligeantes pour cet article qui au demeurant est très juste et instructif.
    Une notion fondamentale manquante est la quantité en masse d’oxygène nécessaire au fonctionnement de son corps. Elle est indirectement mesurable par des capteurs de dioxyde de carbone analysant l’air expiré. C’est un expérience qui se fait en SVT au lycée selon la filière et pour obtenir des résultats remarquables, les mesures commencent avec une phase de repos (phase initiale) et après un effort (quelques pompes) en évaluant ou mesurant la quantité de dioxyde de carbone rejetée par litre d’air expiré dans la durée et avec éventuellement un contrôle de la pulsation cardiaque.
    Vous faites plus ou moins remarquer cette notion dans votre exposé.
    En navigation aérienne commerciale, la pression de la cabine est en générale réglée pour avoir l’équivalent d’une altitude de 2000 m même si l’on vole à 10 000 m.

    Sachant cela, pour combattre l’essoufflement, on peut augmenter par l’alimentation (protéines et fer) et un séjour en moyenne altitude, le taux de globules rouges dans le sang sans avoir à recourir à l’EPO, ou en emmenant des bouteilles d’oxygène médical. Les alpinistes accrocs de l’Everest connaissent cette solution en dépassant les 6000 m.

    En ce qui concerne les maux de tête, nous avons en nous un système de mesure de pression qui est ce qu’il est. Les variations brutales de pression le met parfois à rude épreuve et il n’est nul besoin d’être en altitude. Changement de temps ou descente rapide d’une butte de 50 m.
    Quand aux maux de ventre, la pression atmosphérique joue sur l’expansion des gaz et Dieu sait si le biotope intestinal en génère de grande quantité. On estime qu’une personne est soumis à des relâchement allant jusqu’à 8 fois par jour que l’on en soit conscient ou pas.

    En matière de déshydratation, la vapeur d’eau se formant est aussi tributaire de la pression ambiante.
    L’évaporation de l’eau est favorisée par le courant d’air et une diminution de la pression à température constante. C’est la raison d’un séchage rapide du linge en période de grand vent. Pour les chimistes s’est la tension superficielle de vapeur avec laquelle nous jouons pour extraire les huiles essentielles des plantes. Ceux qui montent en très haute altitude se rendent bien compte de ce phénomène parce qu’il peut rendre impossible la cuisson des pâtes qui ont besoin d’une eau à au moins 70°C.

    Si quelqu’un peut percer le mystère des mineurs de la Cordilière des Andes, je pense que le Mont Blanc ne sera qu’une petite promenade du dimanche…

  26. Les conseils donnés dans cet article peuvent en effet minimiser les risques de MAM et ces règles de bon sens sont bien entendu à suivre . Mais mon expérience personnelle m’a montré que, même entraîné, on n’est jamais à l’abri de ce désagrément. Exemples:
    Au Népal, après une marche d’acclimatation de 8 jours, j’ai gravi le Gokyo peak (5300m) aisément, sans difficulté. Trois jours plus tard, en montant au Kalapathar (5400m) j’ai été très sérieusement malade et obligé de redescendre à Pheriché pour me faire soigner.
    En Oisans, partant d’une altitude de 300 m, et après une 1/2 journée de marche seulement pour atteindre le refuge Caron (3172 m) j’ai gravi le lendemain la barre des Ecrins (4102m) sans le moindre problème lié au MAM.
    En Oisans toujours mais pour une autre ascension, montée au refuge Caron comme ci-dessus. Le soir, envies de vomir, maux de tête et course annulée le lendemain.
    Je précise que dans tous les cas, j’étais correctement entraîné.
    Donc, à mon avis, les règles de prudence sont à suivre, mais elles ne garantissent pas du tout que l’on passera à travers. ce mal aléatoire…

  27. Bonjour François et merci pour cet article qui arrive à point pour moi. Cela peut expliquer pourquoi, venant des Vosges du Nord, j’ai eu un peu de mal à faire hier la boucle de la Dent de Croles. Petite nausée, faible mal de tête et essoufflement peu habituel. J’ai 68 ans et j’avais mis ça sur le compte de l’âge. Mais me voilà rassurée. Je vais encore pouvoir faire de belles randos.
    Bonne journée
    Annie

    • Ça peut effectivement venir de là, je pense que tu devrais t’en rendre compte si tu continues les randos en altitude.

  28. Jean louis dit
    Je rentre d’un trek dans les Pyrénées,j’ai souffert d’un manque d’oxygène à seulement entre 2000et 2500 d’altitude.Moi qui suis toujours devant lors de randos que j’organise,
    Ces 3jours ont été un calvaire,j’ai fait l’Atlas il y a près de 20ans,sans trop de problème ,faut dire que j’ai 70ans et non plus 50.

  29. Merci pour tous ses bons renseignements et aussi les conseils.
    Nous montons souvent à 2400 ou 2500m et c est vrai que en redescendant j ai souvent mal a la tête,
    (Effectivement j y avait pense) et aussi j ai du mal a dormir après cette rando(ce qui ne m avait pas effleuré
    L esprit)
    Par Contre l an dernier nous sommes monté au Canigou et mon mari avait mal a la tête,des vertiges et envie de vomir.Nous avons du nous arrêter et reprendre un peu plus tard.

  30. Je me souviens que lors de ma 1ère (et dernière) course d’alpinisme, nous étions montés au Refuge Albert 1er à Chamonix, et j’ai subi beaucoup des désagréments décrits dans l’article alors qu’il est à moins de 2500 m d’altitude, il me semble. Je me souviens juste qu’on a marché 1 300 m de D+ depuis le parking et que l’accès était magnifique avec les différents paysages qui se succédaient, du végétal jusqu’au plus minéral et enfin le glacier… Maux de tête, vertiges, « mal au coeur », insomnies, je n’ai quasiment pas dormi et pas mangé. Autant dire que je n’étais pas fraiche le lendemain à 4h du mat’ ! A noter, que je souffre aussi du mal de mer et du mal de voiture :/

    • Merci pour ton retour Axelle. Au moins, pour le mal de mer et le mal de voiture, tu es tranquille en montagne ! 😉

  31. L’unité de pression atmosphérique est normalement le hPa (Hectopascal) 1013,25 hPa = 760 mm de mercure.

  32. Article très intéressant, effectivement chaque personne réagit différemment à l altitude. En France en rando mon mari est toujours derrière mais au Pérou il n’a eu aucune difficultés à 5000 m tandis que pour ma part j étais très essoufflée. Du coup j hésite à repartir à des hautes altitudes.

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