Juil 292015
 

Jouer les équilibristes n'est généralement pas la meilleure solution pour garder les pieds secs en randonnéeMême si la sensation de « floc floc » quand on a les pieds trempés peut être amusante au départ, elle l’est beaucoup moins quand la peau se ramollit et que les ampoules et échauffements commencent à apparaître.

Sans aller jusqu’au « floc floc », avoir les pieds humides est problématique – même quand ça provient uniquement de sa transpiration. En effet, la peau ramollie s’abîme plus facilement. En randonnée, avoir les pieds humides peut aussi être un problème en cas de conditions froides – car le froid « pénètre » beaucoup plus facilement.

En ce qui me concerne, je sais que je peux randonner plusieurs heures voire une petite journée avec les pieds mouillés sans que ça ne soit tellement un problème. Par contre, au-delà je sais aussi que ça devient problématique (j’avais testé lors d’une course d’orientation de 24h). Pour moi, garder mes pieds au sec est donc surtout primordial pour les longues randonnées, les randonnées de plusieurs jours et quand il fait froid.

Si je vous parle personnellement de mes pieds, c’est que ça vaut le coup de connaître les vôtres pour savoir quelles « stratégies » adopter. 😉

En effet, tout le monde n’a pas les mêmes pieds, certains ont une peau résistante, d’autres une peau fragile, certains transpirent beaucoup, d’autres beaucoup moins, etc.

Voyons donc en 6 points comment garder (autant que possible) ses pieds au sec en se protégeant de l’eau extérieure (pluie, flaques, ruisseaux, etc.) et de l’eau de son corps (transpiration). Vous allez voir qu’il n’y a pas de solution parfaite et qu’il faut faire des compromis.

1 – Chaussures imperméables ou non imperméables ?

J’en ai déjà parlé dans mon guide sur le choix des chaussures (si vous ne l’avez pas encore, cliquez ici pour le télécharger), on peut distinguer les chaussures de randonnée imperméables des chaussures non imperméables. Les chaussures imperméables le sont généralement grâce à une membrane imperméable et respirante (Gore-Tex ou autres) prise en sandwich dans le matériau qui constitue la chaussure.

Si les notions de respirabilité et d’imperméabilité sont nouvelles pour vous, je vous invite à lire ces deux articles au préalable :
article sur la respirabilité
article sur l’imperméabilité

Pour garder les pieds secs, les chaussures imperméables et respirantes semblent être la solution miracle, mais :

  • Elles sont tout de même moins respirantes (évacuent moins bien la transpiration) que des chaussures équivalentes sans membrane.
  • Elles sont plus chères.
  • Avec l’usure et les plis des chaussures, la membrane risque d’être moins efficace – surtout sur les modèles de chaussures légères.
  • Elles sèchent moins vite que des chaussures sans membrane équivalentes.

Quand il fait froid et qu’il y a des chances de pluie, les chaussures imperméables sont souvent une très bonne option.

Quand il fait chaud et qu’il y a peu de chances de pluie, il vaut souvent mieux opter pour des chaussures respirantes non imperméables, pour évacuer un maximum sa transpiration.

Le problème est quand on peut rencontrer tout type de conditions météo car :

  • Si vous avez des chaussures imperméables (et respirantes) alors qu’il fait chaud, vous transpirerez pas mal dedans et vous aurez les pieds mouillés.
  • Si vous avez des chaussures non imperméables et qu’il pleut, vous aurez les pieds mouillés.

Il faudra donc faire un choix et des compromis, mais voyons tout de suite une option intéressante et peu connue pour s’adapter à des conditions météo changeantes.

2 – Une autre option : les chaussettes imperméables et respirantes

Il existe une autre solution (imparfaite) mais pratique dans certains cas : utiliser une paire de chaussures non imperméables avec des chaussettes imperméables et respirantes.

C’est une option particulièrement intéressante sur des randonnées de plusieurs jours où l‘on peut rencontrer de la chaleur certains jours et de la pluie d’autres.

En cas de pluie, on met ces chaussettes imperméables et quand il fait beau, on met des chaussettes classiques (qui sont plus respirantes).

Le seul problème est qu’après un jour de pluie, les chaussures sont mouillées à l’intérieur et elles n’auront pas nécessairement le temps de sécher pour le lendemain. Dans ce cas, on ne pourra pas forcément remettre tout de suite des chaussettes classiques s’il fait beau et chaud.

Je n’ai testé pour l’instant qu’une seule marque proposant de telles chaussettes (la marque Sealskinz), car c’était une des premières, mais on trouve de plus en plus de marques qui en proposent. Si vous êtes intéressé, n’hésitez pas à regarder dans les boutiques de VTT, car elles sont appréciés par les VTTistes.

Note : comme pour les chaussures de randonnée imperméables légères, les chaussettes imperméables et respirantes n’ont pas une imperméabilité extrêmement durable à cause des frottements et des plis.

3 – Protéger le bas du corps pour éviter que l’eau ne ruisselle dans les chaussettes

Vous avez peut-être déjà essayé de randonner sous la pluie avec des chaussures imperméables, mais en portant un short ou un pantalon non imperméable : le test est loin d’être concluant, car l’eau finit par ruisseler sur les jambes, et mouille les chaussettes, l’intérieur des chaussures et les pieds.

Importance de protéger ses jambes de la pluie

Pour garder les pieds au sec, il ne suffit donc pas de faire un choix stratégique de chaussures et chaussettes, il faut aussi trouver un moyen pour que l’eau ne rentre pas par le haut. Voici quelques options :

  • Un pantalon déperlant (et respirant) qui passe par-dessus les chaussures. C’est une option valable uniquement pour des averses, plus ou moins fortes en fonction de la déperlance du pantalon. Note : il faut distinguer déperlance et imperméabilité. La déperlance est uniquement la capacité d’un tissu à laisser glisser l’eau sans l’absorber.
  • Un pantalon ou surpantalon imperméable et respirant qui passe par-dessus les chaussures.
  • Une jupe de pluie ou un poncho. C’est une option valable surtout s’il n’y a pas trop de vent auquel cas on risque de se retrouver quand même avec les jambes mouillées.
  • Des guêtres imperméables (et respirantes si possible) qui peuvent être utilisées en combinaison avec les autres équipements. Elles ont l’avantage d’éviter que l’eau ne rentre trop de l’extérieur (voir point n°4) et en ruisselant sur les jambes.

A vous de choisir en fonction des conditions météo et des randonnées que vous comptez faire, vous pouvez tout à fait combiner certains équipements mentionnés ci-dessus.

Le choix est souvent plus facile pour des randonnées à la journée où le poids du sac est généralement raisonnable. Par contre, c’est plus délicat pour des randonnées de plusieurs jours – surtout quand on peut tout avoir en terme de météo (chaud, averses, etc.). Au moins, dans des endroits très pluvieux, le choix est plus facile. 😉

Note : si randonner léger vous intéresse, je vous invite à lire cet article.

4 – Il n’y a pas que la pluie qui mouille

Quand on pense à rester au sec lors d’une randonnée ou à garder les pieds au sec, on pense naturellement à la pluie, mais il faut aussi penser aux flaques d’eau, aux ruisseaux, à la neige, aux herbes mouillées (qui sont parfois pire que la pluie), aux névés, etc.

Ce sont donc des « paramètres » à prendre en compte quand vous choisissez votre équipement. Ce n’est pas parce qu’il n’y aura pas d’eau qui tombera du ciel qu’il ne faut pas vous préoccuper de garder vos pieds secs. 😉

Je vous ai parlé tout à l’heure d’une course d’orientation de 24h où j’avais souffert à cause de pieds mouillés. Et bien, il n’avait quasiment pas plu pendant la course. Par contre, à force de marcher dans l’herbe mouillée, mes chaussures et chaussettes ont fini trempées et mes pieds fripés.

Un peu plus de neige que prévu = pieds mouillés

Lors d’une randonnée dans la Drôme, j’ai aussi fini les pieds trempés à force de marcher dans la neige. Mes chaussures étaient imperméables, mais la neige était profonde (en tout cas plus que prévu), et il aurait fallu des guêtres pour que tout le système soit plus imperméable.

En effet, pour des randonnées avec beaucoup d’eau « sur le sol » (herbes mouillées, marécages, neige, etc.), cela peut être une bonne idée de porter des guêtres et/ou un (sur)pantalon imperméable bien serré au niveau des chevilles pour éviter que l’eau ou la neige n’entre.

Les traversées de cours d’eau et de zones inondées

Certaines randonnées demandent de traverser des cours d’eau ou des zones inondées. Je pense par exemple à une randonnée en Nouvelle-Zélande, le Rees-Dart track que j’ai eu la chance de faire. Garder les pieds au sec est dans ce cas un vrai défi. Plusieurs options sont alors possibles :

  • Traversée d'un bras de merEnlever ses chaussures (voire chaussettes quand il n’y a pas de risques de se blesser) pour traverser les cours d’eau et zones inondées, puis se sécher les pieds, mettre une paire de chaussettes sèches (si on en a utilisé une pour la traversée) et remettre ses chaussures.
  • Avoir une paire de chaussures supplémentaire (généralement légères et éventuellement ouvertes) pour les sections très humides. Ça permet de garder une paire de chaussures sèche. L’inconvénient est bien évidemment de porter cette seconde paire de chaussures.
  • Des conditions très humides...Avoir les pieds mouillés. Je ne suis pas très adepte de cette option, mais j’ai vu certains randonneurs se dire qu’ils auraient les pieds mouillés de toute manière et ne pas s’embêter avec les détails. Et je peux confirmer que sur certaines randonnées en Nouvelle Zélande ou Tasmanie que j’ai pu tester, peu importe l’option choisie, les chaussures finissent par être remplies d’eau voire de boue – c’est juste une question de temps. 😉

Dans le cas de zones marécageuses (étendues), l’option 1 n’est pas forcément la meilleure, car il y a des risques de se blesser s’il y a des obstacles dans les marécages. La 2 et la 3 sont souvent les seules possibles.

Cela dit, la plupart des randonneurs ont dans ce cas des chaussures imperméables et des guêtres par-dessus pour « limiter la casse », mais c’est surtout un séchage efficace et des chaussettes de rechange qui font la différence (et l’envie de marcher dans des marécages ;-)).

5 – Le choix des chaussettes

J’ai déjà parlé des chaussettes imperméables et respirantes, mais nous allons nous intéresser ici aux chaussettes « classiques ». En effet, pour ne pas trop transpirer et bien évacuer la transpiration, leur choix est important (comme celui des chaussures).

Essayez autant que possible de ne pas prendre des chaussettes trop « chaudes » par rapport aux conditions météo. Généralement, plus une chaussette est épaisse plus elle est « chaude » (pour une même matière).

Prenez aussi en compte le type de chaussures que vous utilisez. Avec des chaussures imperméables et peu respirantes, vous aurez besoin de chaussettes moins « chaudes » qu’avec des chaussures repirantes bien aérées (pour des conditions similaires).

Essayez également de bien choisir le matériau. En fonction de la matière, certaines personnes transpirent plus ou moins et la transpiration est plus ou moins bien évacuée.

Si jamais le synthétique vous déplaît, je vous invite par exemple à essayer la laine mérinos. Je ne vous recommande pas tellement les chaussettes en coton qui évacuent mal la transpiration, à moins que ce ne soient des chaussettes techniques conçues à cet effet (et qui sont très rarement 100% coton).

Note : j’ai écrit un article complet sur le choix des chaussettes de randonnée ici.

6 – Optimiser le séchage

Pendant la journée

Si vos chaussures ou chaussettes sont humides – que ce soit à cause de l’eau extérieure ou de votre transpiration – vous pouvez profiter des pauses pour les faire sécher et aérer vos pieds, voire changer de chaussettes.

Si vos chaussures sont humides le matin (car pas sèches de la veille par exemple), vous pouvez utiliser une paire de chaussettes sèches pendant un certain temps. Une fois cette paire humide, vous pouvez les remplacer par une autre paire de chaussettes sèches et faire sécher (si c’est possible) la paire humide.

Si le temps le permet, vous pouvez la faire sécher sur votre sac. Sinon, vous pouvez les glisser à même la peau ou par-dessus la première couche entre votre cou et votre épaule (sensations garanties ;-)).

Le soir

Séchage de chaussettes en randonnéeAprès une journée de marche, les premières choses qui nous passent par la tête sont souvent : manger, boire, m’assoir, me réchauffer, ne rien faire, etc.

Par contre, « faire sécher ses affaires » met souvent plus de temps à arriver jusqu’à notre cerveau. 😉

Pourtant, pour des randonnées de plusieurs jours, il est important d’optimiser le séchage – même en bivouac, où c’est généralement plus délicat.

Pour les chaussures, je vous conseille de desserrer les lacets et de les ouvrir en grand, de retirer la semelle intérieure et de les mettre dans un endroit sec (et chaud) si possible. Vous pouvez également mettre quelque chose d’absorbant dedans si vous avez ça sous la main : papier, petite serviette, mouchoir, etc.

Et n’oubliez pas de faire sécher vos chaussettes. Si jamais elles sont vraiment trempées, vous pouvez même en profiter pour les rincer avant de les faire sécher.

Note : j’en profite pour rappeler que mettre ses chaussures trop proches d’une source de chaleur n’est pas une très bonne idée. En fait, c’est même une très mauvaise idée ! De nombreux randonneurs ont testé et leurs chaussures se sont déformées, les semelles se sont décollées ou dans les pires cas, elles ont commencé à fondre. 😉

Pour finir…

Pieds fripés, première étape avant que ça fasse vraiment malVue de l’extérieur, ça peut paraître « tordu » d’écrire tout un article là-dessus, mais avoir les pieds mouillés est une source de problèmes et ça peut suffire à gâcher une randonnée ou à devoir abandonner.

Je vous assure que si vous marchez longtemps avec les pieds mouillés, la douleur deviendra insupportable et pourra même durer plusieurs jours – si vous allez assez loin. 😉

Vous avez pu voir et sûrement déjà expérimenté qu’il n’existe pas de solution infaillible pour garder les pieds secs. Cependant, j’espère vous avoir donné quelques outils et astuces utiles pour mettre toutes les chances de votre côté.

Si vous avez encore un peu de temps pour lire un autre article, je vous invite à lire celui-ci pour protéger le contenu de votre sac à dos de la pluie. Il serait dommage que vos chaussettes de rechange prennent l’eau. 😉

Qu’avez-vous pensé de cet article, avez-vous des petites astuces pour garder vos pieds au sec ? Je vous invite à partager tout cela dans les commentaires en dessous.

  72 commentaires à “6 points clés pour garder les pieds secs lors d’une randonnée”

Commentaires (71) Pingbacks (1)
  1. […] les mettre dans votre sac de couchage. Note : je vous invite à lire l’article « 6 points clés pour garder les pieds secs lors d’une randonnée » en […]

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