Sep 152011
 

Sac à dos de randonnée trop lourdParmi les nombreuses erreurs commises en randonnée, j’en ai sélectionné deux qui sont plutôt faites par les débutants s’engageant dans des grandes randonnées. J’appelle ici grande randonnée, une randonnée de plusieurs jours minimum.

Pourquoi ces deux erreurs ? Parce que c’est sûrement les deux principales que j’aurais aimé éviter lors de mes premières grandes randonnées. Et aussi parce que j’ai vu énormément de personnes les faire.

Si vous avez déjà fait quelques randonnées d’une journée, et que vous êtes tentés de vous essayer à plusieurs jours, alors je peux vous garantir que vous allez sûrement faire ces erreurs. Ou au moins l’une d’entre elles.

Si vous vous considérez expérimentés, cet article peut aussi vous intéresser. Quasiment tous les débutants font ces erreurs, mais beaucoup de randonneurs expérimentés les font aussi.

Je dirais que 99 % des débutants font ces erreurs. Elles ne sont pas facilement évitables quand on n’a pas beaucoup d’expérience. Bien évidemment, ces erreurs je les ai faites, et pas qu’une fois. 😉

Ces deux erreurs peuvent coûter cher. Beaucoup de personnes abandonnent ou se blessent à cause d’elles. Beaucoup de personnes gâchent leurs grandes randonnées à cause d’elles.

Dans la suite, je vous aide à faire partie de ces 1% qui ne font pas ces erreurs et qui profitent à fond de leurs randonnées.

Avoir un sac trop lourd

C’est sûrement l’erreur la plus commune que l’on retrouve chez les débutants se lançant dans une randonnée de plusieurs jours – mais aussi chez beaucoup de randonneurs expérimentés.

Pendant la préparation de votre randonnée, quand vous mettrez votre sac sur votre dos, vous vous direz probablement « oh c’est lourd, mais ça va le faire » et comme beaucoup, votre sac va devenir votre pire ennemi au cours de votre randonnée. Et il sera trop tard pour regretter d’avoir pris trop d’affaires et de ne pas avoir trop réfléchi au poids de votre sac.

Croyez-moi, randonner avec un sac à dos lourd n’est pas marrant.

Le mythe

Pendant longtemps, un gros sac a été associé à un gage de sécurité, parce que l’on a tout au cas où. Et ça l’est encore pour certains. Mais il est possible de partir avec un sac léger en toute sécurité. Cela demande un peu d’expérience. Il est par exemple possible de descendre en dessous de 10 kg pour une semaine de randonnée en autonomie complète.

Ce mythe est entretenu par toutes les personnes qui vous disent qu’il vous faut absolument un sac à dos de 60-70 litres minimum pour faire une randonnée d’une semaine en autonomie complète. Ca l’est aussi par certains vendeurs qui veulent vous faire acheter un tas d’accessoires inutiles.

Il est facile de tomber dans le piège et de se dire « je prends ceci au cas où et cela au cas où » sans vraiment réfléchir à l’utilité et au poids de chaque objet que vous mettez dans votre sac. Il est beaucoup plus facile de mettre un objet dans son sac en se disant qu’il pourra servir – plutôt que de retirer un objet de son sac en se disant que l’on peut s’en passer.

Certaines personnes remplissent un gros sac pour avoir plus de confort, mais en ce qui me concerne, le confort c’est de pouvoir marcher librement sans avoir mal au dos, les bretelles qui cisaillent les épaules et l’impression de perdre son équilibre à chaque pas.

A chacun de trouver le juste milieu entre confort au bivouac et confort pendant la marche.

Comment l’éviter ?

Si vous êtes débutants il y a énormément de chance que votre sac soit trop lourd. C’est normal, vous n’avez pas d’expérience, vous n’êtes pas sûrs de combien de pantalons prendre donc vous en prenez 3 au cas où ; un vendeur vous a fait acheter un oreiller en vous disant que vous dormirez mieux au bivouac ; vous avez acheté un sac de couchage sans vraiment réfléchir à son poids ; etc.

Pour commencer, qu’est ce qu’un sac trop lourd ? Vous entendrez parfois qu’il ne faut pas avoir un sac plus lourd qu’un quart ou même qu’un tiers de son poids. Je préfère parler de sac trop lourd quand le poids du sac à dos n’est pas optimisé – c’est-à-dire qu’il est possible d’avoir un sac bien plus léger sans compromettre la sécurité.
Cela dépend du type de randonnée et des conditions. Un randonneur peut par exemple avoir un sac de 12 kg bien mieux optimisé que le sac d’un autre randonneur pesant 8 kg. Le premier faisant par exemple un trek éloigné en autonomie totale pendant 2 semaines et le second partant pour 3 jours en moyenne montagne et dormant dans des refuges. Il est donc difficile de désigner un poids maximal à ne pas dépasser. Je dirais, que plus le sac est léger, mieux c’est.

Pour éviter d’avoir un sac trop lourd, je pense qu’il faut changer son état d’esprit : il ne faut pas se dire : « je peux remplir mon sac à dos jusqu’à 15 kg – parce que Yves m’a dit qu’au delà de 15 kg j’aurai mal au dos » mais plutôt « quel est le poids minimal que je peux emporter sans compromettre ma sécurité et en ayant un bon compromis de confort ? »

Les solutions pour essayer d’avoir un sac à dos le plus léger possible sont les suivantes :

  • Réfléchir à l’utilité de chaque objet. Quel est le matériel indispensable et celui dont on peut se passer ?
  • Réfléchir au poids de chaque objet. Comment remplacer chaque objet indispensable par quelque chose de plus léger ?

Si vous êtes débutants, le premier point est le plus important car une fois que l’on s’est débarrassé d’un objet superflu, on n’a pas besoin d’essayer d’alléger cet objet. Pas besoin de tomber dans l’extrême – surtout pour vos premières grandes randonnées – et d’acheter du matériel ultraléger cher. Rien ne sert de dépenser une fortune dans une tente ultralégère pour gagner 500 g si c’est pour avoir 2 kg de nourriture en trop et 3 kg de vêtements en trop.

N’achetez pas non plus de matériel inutile, c’est-à-dire qui n’est pas indispensable, et vous ferez des économies. Vous pourrez ensuite utiliser ces économies pour acheter du matériel indispensable léger.

Toute cette démarche d’allègement prend du temps, demande de l’expérience ainsi que de se remettre en cause constamment. Il faut parfois dépasser certaines barrières psychologiques – certains randonneurs bivouaquent par exemple sans tente ou réchaud.

Je reviendrai plus en détails sur la randonnée légère et ultralégère dans de prochains articles. Pour l’instant je veux surtout vous éviter la randonnée ultralourde. 😉

Edit : Je vous conseille la lecture de cet article pour aller plus loin : « 4 principes (et de nombreuses astuces) pour randonner plus léger ».

Pour les personnes (plutôt expérimentées) que cela intéresse, le forum de la randonnée légère et ultralégère est également une bonne source d’informations sur le sujet.

Marcher trop vite

Une leçon d’école

Souvenez-vous du sport à l’école et surtout des séances d’endurance qui en ont traumatisées certains.

Combien d’entre nous s’essoufflaient et se fatiguaient avant même d’avoir fait un quart de la distance qui nous était demandée. Souvenez-vous des trois quarts restants qui n’étaient que pure souffrance. Sauf pour les petits malins qui feignaient un malaise et passaient le reste de la séance sur le banc…

Le problème était que beaucoup d’entre nous partaient beaucoup trop vite. Voulez-vous ressentir la même chose en randonnée ?

Comment l’éviter ?

Ne partez pas trop vite

En randonnée – comme en endurance à l’école – beaucoup de débutants marchent trop vite, se « mettent dans le rouge » dès le départ et le paye cher par la suite. Il faut savoir que pour la plupart des sports d’endurance, il vaut mieux partir doucement et ensuite accélérer si vous en avez l’envie et la possibilité. Si vous partez trop vite, vous perdrez énormément d’énergie et vous fatiguerez rapidement – même si vous ralentissez après.

Ne marchez pas trop vite et adoptez un rythme régulier

La régularité et le rythme de marche sont très importants pour pouvoir se fatiguer le moins possible. C’est pourquoi en endurance à l’école vous étiez notés là-dessus !

C’est surtout dans les montées que l’on s’en rend compte. Un scénario classique : au pied d’une montée, vous partez rapidement, vous dépassez des randonneurs plus lents. Au bout de 10 minutes, vous faites une pause parce que vous êtes à court de souffle et que vos mollets brûlent. Après 30 minutes, vous avez déjà fait 3-4 pauses et vous vous faites dépasser par les randonneurs « lents » que vous aviez dépassés au départ. Au final, ces randonneurs arrivent au col bien avant vous sur une montée de 2-3 heures.

Vous me direz : « où est le problème, ce n’est pas une course ? ». Et vous avez raison ! Mais ces randonneurs « plus lents » et qui gèrent leur effort sont non seulement arrivés bien avant, mais surtout beaucoup moins fatigués. Et à aucun moment ils n’ont vraiment forcé comme vous entre vos pauses. Les seules différences : le rythme de marche et la régularité.

En étant réguliers vous serez plus efficaces et vous vous fatiguerez beaucoup moins. Il vaut mieux cela que de marcher trop vite et devoir faire des pauses toutes les 10 minutes. C’est comme si des marathoniens se mettaient à faire un sprint, faire une pause, refaire un sprint, refaire une pause, etc… tout cela sur 42.195 km.

Attention, cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas prendre de pauses. Prenez des pauses pour permettre à votre corps de récupérer. Et pour prendre le temps de profiter de ce qu’il y a autour de vous et grignoter. 🙂

Comment savoir si vous marchez trop vite ?

Prenez un rythme qui vous permet de ne pas vous essouffler. Basez votre rythme maximal de marche sur celui de votre respiration. Si vous vous essoufflez de plus en plus, c’est que vous marchez trop vite. Idéalement, vous ne devriez pas être obligés de vous arrêter pour reprendre votre souffle. Certaines personnes aiment même avoir un rythme avec lequel elles peuvent avoir une discussion.

Il en est de même pour les muscles. Il est normal que vous ayez mal – surtout pendant les montées et les descentes – mais il ne faut pas que cela empire trop rapidement. Sinon cela veut dire que vous marchez trop vite. Adoptez un rythme avec lequel vos douleurs musculaires n’augmentent pas.

Le rythme de marche ne s’applique pas uniquement à une montée ou à une descente, mais aussi à des périodes plus longues. Sur une randonnée de 5 jours par exemple, si vous partez trop vite le premier jour, vous risquez de souffrir les 2ème et 3ème jours, vous sentir fatigués et sans énergie. Ménagez votre corps ! Gérer son effort demande de l’expérience et de connaître son corps, mais si vous partez tranquillement, vous profiterez au maximum de vos randonnées.

Parfois, il vaut mieux faire une étape en 8h et se sentir assez frais pour repartir le lendemain, plutôt que de la faire en 6h et ne pas apprécier le lendemain car vous êtes trop fatigués.

Si la performance physique vous intéresse en randonnée, vous aurez le temps de faire cela une fois que vous serez plus expérimentés.

Conclusion

Félicitations, vous avez lu cet article jusqu’au bout. Vous faites donc partie d’une minorité qui est prête à randonner en évitant ces erreurs.

Il vous faut maintenant appliquer ce que vous avez appris dans cet article car beaucoup ne le feront pas. Au final ils feront partie des 99% qui font ces erreurs.

Si j’arrive à vous faire éviter ces erreurs à moitié, je serai déjà très satisfait. Car il est toujours possible d’alléger son sac à dos et d’optimiser son rythme de marche. Et cela ne s’apprend pas qu’en lisant des articles, mais en randonnant et en gagnant de l’expérience. Alors continuez à visiter ce blog et sortez pour appliquer ce que vous y avez appris.  😉

Si vous avez aimé cet article, vous aimerez probablement mon guide « Comment bien choisir ses chaussures de randonnée » que vous pouvez télécharger gratuitement. Vous pouvez également télécharger cet article au format PDF pour l’avoir chez vous:

Cliquez ici pour le télécharger 

  172 commentaires à “Faites-vous ces 2 erreurs de débutants en grande randonnée ?”

Commentaires (160) Pingbacks (12)
  1. […] 8. Vous économiserez de l’argent. Bien évidemment, un GPS de randonnée est un coût supplémentaire (non négligeable). Si vous n’en avez pas vraiment besoin, n’en achetez pas et vous ferez des économies. Vous pouvez même investir cet argent « économisé » dans un sac à dos, une tente ou sac de couchage plus léger. C’est une des stratégies qui peut vous éviter de faire une erreur de débutant que je décris dans cet article. […]

  2. […] dernier conseil que j’ai déjà abordé dans cet article avant de vous laisser : n’achetez que ce qui vous est vraiment utile. Vous ne dépenserez pas […]

  3. […] et que vous ne voulez pas faire la première des deux erreurs de débutants dont je parle dans cet article, prenez de préférence des aliments secs avec une faible conteneur en eau – si vous pouvez […]

  4. […] chez le médecin ou pour qui la médecine n’a rien fait). Modifier sa pratique pourrait être d’alléger son sac à dos, d’utiliser des bâtons de randonnée, de choisir une randonnée sans trop de dénivelé, […]

  5. […] Trop de combustible : le poids de votre sac ne sera pas optimisé car vous porterez une ou plusieurs cartouches de gaz dont vous ne vous servirez pas. Si vous êtes du genre prévoyant et à toujours prendre trop au cas où, je vous invite à lire cet article. […]

  6. […] Faites-vous ces 2 erreurs de débutants en grande randonnée ? Je dirais que 99 % des débutants font ces erreurs . Elles ne sont pas facilement évitables quand on n’a pas beaucoup d’expérience. Bien évidemment, ces erreurs je les ai faites, et pas qu’une fois. Ces deux erreurs peuvent coûter cher. Beaucoup de personnes abandonnent ou se blessent à cause d’elles. […]

  7. […] Au départ, nos sacs à dos pesaient environ 11,5 et 12 kg tout compris (matériel, nourriture et eau). C’était leur poids maximal. Au minimum, ils étaient à environ 5 et 5,5 kg (sans nourriture, sans eau). Partir léger a été un très (très) gros atout pour réussir ce défi avec plaisir. Je reviendrai là-dessus dans un prochain article avec une liste détaillée de notre matériel. Si vous pensez qu’un sac à dos lourd est inévitable (comme nous le pensions tous les deux à nos débuts), cet article vous fera j’espère changer d’avis. […]

  8. […] si vous n’avez pas l’habitude de ce genre d’effort). Prenez aussi en compte que votre sac à dos sera sûrement plus lourd et que les conditions seront peut-être plus difficiles (type de terrain, conditions climatiques, […]

  9. […] l’article « Faites-vous ces 2 erreurs de débutants en grande randonnée », j’avais mentionné qu’avoir un sac à dos trop gros poussait à le remplir. Quand on choisit […]

  10. […] site randonner-malin donne des pistes très intéressantes dans cet article pour se poser les bonnes questions sur le contenu de son […]

  11. […] Accueil » Se préparer pour “après” » Construire un Seau d’Urgence – . https://www.randonner-malin.com/2-erreurs-de-debutants-en-grande-randonnee/ . Hungarian; Icelandic; Italian; Japanese; Latin; Polish; Portuguese  Auteur : Micheline […]

  12. […] une bonne alimentation et une bonne hydratation par exemple. Utiliser des bâtons de randonnée ou réduire le poids de son sac à dos est également […]

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